‹ Notice sur les travaux scientifiquesChapitre 5 sur 5 · III · texte numérisé non relu

III

PUBLICATIONS Süll LES DÉBRIS HUMAINS ET SUR LES ANIMAUX DE L’ÉrOOUE QUATERNAIRE.

Bien que le terrain quaternaire soit le plus superficiel, son étude est encore peu avancée ; j'ai taché de contribuer à faire connaître les débris qu’il renferme.

Contemporanéité de l’espèce humaine et de diverses espèces animales, aujourd'hui éteintes.

Il a fallu quelque temps à M. Boucher de Perthes pour démontrer l’importance de ses découvertes. En 1859, MM. Prestwich, Evans, Flower sont venus explorer le diluvium de la Picardie, et, comme M. Boucher de Perlhes, ils y ont trouvé des silex taillés. Malgré l’habileté bien connue de ces savants, leurs découvertes ont été accueillies en France avec un peu d’hésitation ; on s’est demandé si l’espérance d’un gain n’avait pu déterminer quelque ouvrier à introduire dans le diluvium des silex tirés des couches supérieures. J’ai formé alors le dessin d’entreprendre des fouilles dans le diluvium de la Picardie et de les continuer jusqu’à ce que j’aie obtenu une solution. J’ai fait creuser le terrain sur sept mètres de longueur et à peu près autant de hauteur dans une des carrières de Saint-Acheul. On a commencé par abattre toutes les couches supérieures au diluvium : je n’y ai trouvé aucun silex taillé. Après avoir fait mettre à nu le diluvium, de manière à être certain d’éviter tout glissement des débris des couches supérieures, j’y ai découvert neuf haches ; je les ai retirées moi-même avec des dents de grands Bœufs, semblables à celles qu’on voit près de là à Saint-Roch, associées avec les débris du Rhinocéros tichorhinus, du Mammouth et de l’Hippopotame. Ces haches ont été déposées sur le bureau de l’Académie des sciences dans la séance du 3 octobre -1859.

Sur les instruments humains et les ossements tTanimaux trouvés par MM. Martin et Rehoux dans le terrain quaternaire de Paris.

(N° U de la liste des travaux.)

Les travaux considérables qui ont été exéculésdans Paris depuis une trentaine d’annéesont imprimé une grande activité à l’exploitation des sablières du dttuvium, notamment à Grenelle, à Levallois et à Clichy. MM. Martinet Reboux ont bien voulu remettre au Muséum des silex taillés et de nombreux débris d’animaux qu’ils y ont recueillis; j’en ai donné l’indication.

Sur des ossements quaternaires que M. labbè David a recueillis en Chine.

Dans cotte note, j’ai présenté une liste de quelques débris d’animaux quaternaires trouvés en Chine; j’ai décrit et figuré le bois d’un cerf qui m’a paru d’espèce nouvelle.

Sur une dent d'Elephasprimigenius tiouvée par M. Pinart dans rAlaska.

J’ai donné deux figures de cette pièce qui a été découverte par M. Pinart au 59" degré de latitude et au 156“ degré de longitude ouest de Paris. J’ai fait ressortir la ressemblance qui existe entre plusieurs animaux fossiles de l’Amérique du Nord et ceux de nos pays ; cette ressemblance est trop grande pour ne pas supposer qu’il y a eu, à certains moments, une jonction entre l’Ancien et le Nouveau Continent pendant l’époque tertiaire et l’époque quaternaire.

Matériaux pour thistoire des temps quaternaires, V fascicule.

11 est probable qu'après l’époque du forest-bed, il y a eu celle du boulder-clay; qu’après cotte époque il y a eu celle du diluvium et qu’après celle du diluvium il y a eu l’âge du Renne. Il est probable aussi que le climat de nos pays, très-chaud encore pendant le dépôt du pliocène inférieur de Montpellier, s’est abaissé durant la formation du pliocène plus récent d’Issoire ; le boulder-clay appartient sans doute à la grande époque glaciaire ; peut-êlre notre diluvium (tout au moins en partie) correspond à un adoucissement dans la température coïncidant avec une fonte considérable des glaciers, et l’âge du Renne a été marqué par un retour du froid. Mais il faut avouer que ce sont là des hypothèses qui ne s’appuient pas sur des bases bien solides. Pour arriver à établir la chronologie des temps quaternaires, il faut encore apporter patiemment bien des matériaux; c’est pourquoi j’ai cru devoir entreprendre l’ouvrage intitulé Matériaux pour Thistoire des temps quaternaires , destiné à renfermer des monographies de gisements particulièrement instructifs.

Dans le premier fascicule, j’ai donné un résumé de l’état de nos connaissances sur l’histoire des Mammifères quaternaires de nos pays. Sauf de rares exceptions, les animaux quaternaires de l’Europe appartiennent aux mêmes espèces que les animaux actuels ; par conséquent faire leur histoire, c’est faire l’histoire des êtres qui vivent aujourd'hui. Les espèces actuelles de Mammifères ne remontent pas loin dans la série des temps géologiques ; l’ensemble de la faune du tertiaire inférieur a un aspect très-différent des faunes vivantes ; cependant on y peut apercevoir quelques-unes des formes qu'Agassiz appelait des formes prophétiques. Les genres actuels augmentent dans le miocène inférieur, encore plus dans le miocène moyen, encore plus dans le miocène supérieur, et, à partir du pliocène les espèces se

rapprochent si insensiblement de celles d’aujourd'hui que les paléontologistes ne peuvent s’accorder sur la question de savoir où finit l'époque tertiaire, où commence l’époque quaternaire.

Après ces généralités sur les animaux quaternaires, j’ai abordé un sujet spécial, l’étude des fossiles de la Mayenne. Ce département renferme plusieurs riches gisements du Mammifères fossiles. MM. Perrot et OEhlert ont bien voulu me communiquer tous les ossemenls qu’ils y ont recueillis ; j’ai fait figurer sur 1 1 planches in-4" les principaux spécimens ; en oûtre j’ai intercalé dans le texte des gravures qui représentent la disposition des terrains. L’endroit le plus productif a été le couloir dé Louverné; on y a trouvé réunis des os qui.indiquent YUrstts ferox , le Blaireau, la Fouine?, le Renard (race septentrionale), le Loup, l’Hyène tachetée (race spelœa ), Te Lion (race 'actuelle et race spelœa J, la Panthère, la Marmotte, le Lièvre, le Mammouth, le Rhinocéros iichorhinùs, lë Sanglier, le Cheval, le Taureau (race actuelle et race primipenia), le Cerf (race actuelle et race du grand çanadensis), le Renne et plusieurs Oiseaux. Ces divers animaux ont dû vivre ensemble ; sur une longueur de plus de vingt mètres, l’étroit couloir de Louverné a été enfermé dans les calcaires carbonifères, de telle sorte qu’il est difficile d’y supposer un mélangé de fossiles de différents âges; souvent, au contraire,dansles formations quaternaires qui -on I été dues à des transports, on peut craindre lés mélanges des fossiles. Ce qui m’a particulièrement frappé dans les associations des Mammifères de Louverné, c’est la preuve que des Lions semblables aux Lions actuels (au moins pour la taille) ont vécu avec les grands Lions appelés Felis leo (race spelœa)-, c’est aussi que nos Taureaux actuels ont eu pour compagnons les Taureaux de la racé nommé primipmiu, et que des Cerfs comme ceux de nos forêts d’aujourd’hui se sont rencontrés avec d’énormes Cervrn elap/ms (race çanadensis). Cela nous montre que plusieurs des races des animaux modernes ont pu se former dans notre propre pays et établit des liens étroits entre l’époque du Mammouth et I époque actuelle.

située près de la Palestine, l'tle de Chypr 'énements politiques qui viennent d’atlir irope. Lorsque j’y suis arrivé, elle n’avai géologique, sauf une mention de ses »

1. Bellardi. Avec le concours de M. Amé irte géologique de Chypre au 1^555- M t accompagnée de 70 gravures représe

meut au-dessus des eaux de la mer n’a eu lieu qu’après la période tertiaire moyenne. Les terrains qui furent alors mis à jour sont des calcaires compactes, des macignos et des marnes blanches. Los premiers soûl identiques; pour l’apparence, avec ces masses de calcaires il liippurites qui abondent dans le midi de l’Europe, se retrouvent en Asie, eu Afrique, et représentent l’emplacement d’une mer immense dont la Méditerranée actuelle n’est plus qu’un lambeau. La formation des macignos a succédé à celle des calcaires compactes ; elle appartient sans doute à la première période tertiaire ; ses caractères sont les mêmes qu’en Italie. Les marnes blanches superposées aux macignos se confondent avec les roches de la période tertiaire moyenne décrites en Asie Mineure par M. de Tchihatchef; |e les ai retrouvées dans le Liban ; leur extension permet de présumer que, pendant la période tertiaire moyenne, la mer couvrait encore en Orient une bien plus vaste étendue que de nos jours.

Après le dépôt des marnes blanches, deux soulèvements parallèles se produisirent : l’un forma la chaîne septentrionale de Chypre, l’autre la chaîne de l’Olympe ; en même temps l’tie fut en grande partie émergée. Ces soulèvements furent accompagnés de l’épanchement de masses ophitiques et serpenlineuses ; le groupe plutonique dei’Olympe s’étend sans aucune interruption sur une longueur qui n’a pas moins de vingt-cinq lieues. Il se pourrait que les roches serpentineuses eussent été à peine fondues, quelles fussent sorties les dernières et seulement par l'action de pressions violentes ; elles n’auraient pas coulé, mais leurs diverses parties auraient glissé les unes sur les autres; on s’expliquerait ainsi pourquoi elles forment le centra de l’Olympe et pourquoi elles ont l’aspect singulier de matières passées au laminoir. Près de leur pourtour, les massifs plutoniques sont trèsaltérés, pénétrés de silice et de substances métalliques. Les couches sédimentaires qui les entourent présentent des exemples de métamorphismes très-remarquables : le fer, le manganèse, la silice, la magnésie ont été substitués à la chaux ; ainsi les calcaires et les marnes dans le voisiuage des massifs plutoniques sont à l’état de calcaires

ferrifères, siliceux, magnésiens; de riches teintes vertes, .jaunes, rouges les colorent ; et, lorsqu’ils sont en contact avec les massifs, ils sont remplacés par des ocres et des jaspes.

Après les soulèvements qui suivirent la période tertiaire moyenne, une partie de l’!le resta encore plongée sous la mer; mais les régions émergées furent couvertes d’une masse d’eau beaucoup moins puissante que pendant les périodes précédentes ; du moins l’abondance et la nature des coquilles fossiles, aiusi que la grossièreté des sédiments, tendent à le prouver. Les terrains qui se déposèrent alors représentent là troisième période tertiaire ; mais sans doute les uns appartiennent au commencement, les autres à la fin de cette période, car à l’est de Chypre le tiers seulement des fossiles a ses analogues vivants dans nos mers, tandis qu’au centre de l’ile les deux tiers des fossiles ont encore leurs analogues vivants. La dernière période tertiaire a été terminée par de faibles soulèvements qui émergèrent la pointe orientale de Chypre, nommée le Carpas, produisirent dans les plaines du centre quelques rides parallèles à cette pointe, et enfin donnèrent à peu près à l’ile sa configuration définitive:

Un des traits remarquables de la géologie de Chypre est l’existence d’un cordon littoral presque continu formé de calcaires grossiers, de conglomérats et de sables dans lesquels on trouve des coquilles encore fraîches et identiques avec les espèces qui vivent aujourd’hui dans la Méditerranée.

La seconde partie de mon Mémoire a été consacrée à l’examen des substances minérales utilisées dans les arts; j’ai rencontré en divers endroits de l’ile des monticules qui ne sont autre chose que d’immenses amas de scories provenant des anciennes exploitations métalliques; elles sont marquées sur ma carte géologique. Grâce surtout au secours que m’ont fourni les ouvrages do Meursus, j’ai pu réunir de nombreuses citations des auteurs de l’antiquité sur les roches et les minéraux de Chypre, particulièrement celles de Théophraste, de Dioscoride, de Pline et de Galien. Les conseils de M. Cordier et de M. Alexis Damour m’ont été très-précieux pour m’aider à recon-

Lecuivre parait avoir été le plus important des produits de Chypre; c’est là qu’il a été exploité pour la première fois; les Romains lui ont donné le nom de cette tfe (cuprum, x«Xm's des Grecs). On en a indiqué quatre minerais : le chalcite, le scolex, le chalcanthe et le sory. Je pense que le chalcile élait du sulfure de fer et de cuivre, que le scolex naturel était de la malachite, que le chalcanthe était du sulfate de cuivre et que le sory était un mélange de sulfate de cuivre et de sulfate de fer. On fabriquait cinq composés cuivreux : du scolex, de la chrysocolle, de là spode, de l'airain brûlé et de l’écaille de cuivre. La lecture des textes grecs et latins autorise à supposer que le scolex artificiel était du sous-acétate de cuivre, que la chrysocolle était du sous-sulfate ou du carbonate de cuivre mélangé de parties terreuses, que l’airain brûlé était tantôt de l’oxyde rouge de cuivre, tantôt du sulfure de cuivre noir, que l’écaille de cuivre élait de l’hydrocarbonate de cuivre; j’ignore ce que pouvaient être la spode et le diphryge. Outre lecuivre, lésanciens ont signalé à Chypre la cadmie (calamine des modernes), le pompholyx (oxyde de zinc), la pyrite de fer, le mysi (sulfate de fer), la galène, confondue par Pline avec le, molybdène et indiquée par lui comme un minerai de plomb et d’argent. Le peroxyde de manganèse (magnésie noire des anciens) abonde en Chypre et forme une partie notable des scories que j’ai rapportées ; cependant je n’en ai pas vu la mention dans les ouvrages de l’antiquité, Je n’ai trouvé non plus aucune citation d’exploitation de fer, bien que le fer oligiste cristallin du mont Sainte-Croix semble de très-bonne qualité. Voici les noms des pierres de Chypre qui ont le plus attiré l’attention des anciens : cristal de roche, jaspes d’une admirable beauté, sangenon et paideros (sortes d’opales), amiante, morion (je ne peux appliquer la description de celte substance qu'à l’hydrolithe couleur de chair), émeraudes (les pierres ainsi nommées étaient probablement du quartz prase, de la malachite ou de la heulandite verte), diamant de Chypre (ce n’était point Mu quartz, ainsi

<jue l’ont pensé les voyageurs modernes, mais de l’analcime), oyanos (c’était peut-être de l’azurite). Le cæruleum était un minéral différent du cyanos. La substance brune connue dans le commerce sous le nom de terre d’ombre de Chypre n’est pas une terre d’ombre, mais une ocre; elle se trouve au contact des couches sédimentaires et d’un massif aphanitique nommé Mavro-Vouni. La terre verte provient de l’altération des roches plutoniques ; comme la terre brune, elle sert pour la peinture. De nos jours, les produits minéraux les plus importants pour Chypre sont le sel, la pierre à bâtir et le gypse. Le sel se reforme chaque année dans de grands lacs naturels; il constitue un revenu considérable. Le cordon littoral des roches quaternaires dont j’ai déjà parlé fournit de magnifiques pierres calcaires qui ont été utilisées dans l’antiquité pour les temples de Paphos, et au moyen âge pour les nombreux édifices que les princes français de Lusignan et les Vénitiens ont fait élever. Le gypse est d’une grande abondance et d'une beauté exceptionnelle; il forme une variété tabulaire trèsemployée en Orient pour le dallage des maisons.

À la fin de mon travail géologique sur Chypre, j’ai donné un catalogue détaillé des fossiles que j’ai trouvés dans cette die.

(iê&logie de TAUtque.

La partie de mon ouvrage sur la Grèce qui a été consacrée à l’étude des terrains est accompagnée de dix planches représentant des profils et des coupes (9 in-4, 1 in-folio) et d’une carte géologique au 2 ôô^ôôô • Les coupes sont munies d’une échelle métrique. J’ai voyagé dans le Péloponèse, en Béotie, en Phocide et dans plusieurs lies, afin d'étudier le prolongement des terrains de l’Attique. J’ai été aidé par plusieurs savants, notamment par M. Daubrée pour la détermination, des roches, par M. Fischer pour celle des coquilles; les plantes ont;

éti'i étudiées par M. Brnnguiart et M. de Saporta. Les terrains que j’ai eu l’occasion d’observer sont les suivants :

Terrains métamorphiques. — Le métamorphisme qui s’est manifesté dans les pays du Midi 'de l’Europe sur des surfaces considérables ne s’est nulle port produit avec plus d’énergie que dans l’Attique; si cette contrée a un cachet particulier, elle le doit principalement au métamorphisme, car ses calcaires changés en marbres cristallins se sont brisés au lieu de se ployer lors des soulèvement, et de là sont résultés tous ces petits escarpements qui contribuent tant à la beaulé des panoramas. Outre les marbres que les artistes grecs onl rendus célèbres et que l’on exploite encore au Pentélique, les terrains métamorphiques comprennent des chloritoschistes, des calschistes et des micaschistes. Je crois qu’une partie des marbres se lie au calcaire à hippurites, qu’une partie des chloritoschistes et des calschistes représente l’étage des marnolites bigarrées et qu’une partie des micaschistes est une modification de l’étage des psammiles. Lés terrains métamorphiques occupent principalement la portion orientale de l’Attique : le Pentélique, l’Hymète et le Laurium.

Étage despsammites. — A l’ouest de l’Attique (dans le mont Parnés, le mont Icarus, le mont Ægaleus), les terrains secondaires sont beaucoup moins modifiés que dans l’est; cependant, pour me bien reudre compte des caractères qu’ils ont eus avant d’avoir été modifiés, j’ai dû les suivre en Béotie et en Phocide. Les couches non modifiées les plus anciennes que j’aie vues sont des psammites alternant avec des macignos; ces couches sont remarquables par leur disposition extrêmement tabulaire. Je n’y ai aperçu que quelques empreintes de végétaux carbonisés.

Étage des marnolites bigarrées. — En taisant l’ascension du Parnasse, j’ai vu au-dessus de l’étage des psammites et au-dessous du calcaire à hippurites de puissantes couches de marnolites bigarrées, vertes, grises, souvent lie de vin, qui alternent avec des calcaires. Ces roches frappent de loin les regards par leurs colorations; je les ai retrouvées sur plusieurs points, notamment dans le Pélo-

ponèse où elles ont été décrites par MM. de Boblaye el Virlet.

Étage du calcaire à hippurites (Turonien de d’Orhigny). Ce calcaire est très-développé ; à Capréna, en Béotie, j’y ai Irouvé de nombreux fossiles qui ont été étudies par ’M. Munier Chalmas. J’ai recueilli aussi des fossiles du même etage au sommet du Parnasse. Le calcaire à liippurites a été soulevé dans beaucoup d’endroits par des masses de serpentines et d’eurites qui y ont produit de très-curieux effets de métamorphisme.

Étage nummulitique. — Je n'ai pas su découvrir cet étage dans l'Hellade, mais, suivant la recommandation de M. d’Arehiac, j’ai été le voir à Tripolitza dans le Péloponèse où MM. de Boblaye et Virlet l’avaient cité; j’en ai rapporté des Âlvéolines et cinq espèces de Nummulites qui ont été déterminées par M. d’Archiuc.

Terrains miocènes et pliocènes. — Ce sont ces terrains qui ont surtout attiré mon attention, parce qu il était important de bien déterminer la position du gisement de Pikermi. J'ai donné de nombreuses coupes pour établir les relations des terrains tertiaires; ces coupes montrent d’une manière très-nette les limons rouges à ossements de Pikermi reposant en couches horizontales dans les dépressions des couches très-fortement relevées du puissant étage des gompholites. Les coquilles et les plantes que j’ai rapportées indiquent que les gompholites appartiennent à l’époque miocène. Les terrains pliocènes ont été marqués sur ma carte par trois couleurs différentes : une couleur pour les limons et les conglomérats terrestres formés à la surface du sol par 1 usure superficielle des roches; une couleur pour les dépôts lacustres et une couleur pour les dépôts marins. J’ai présenté quelques considérations théoriques pour tâcher d’expliquer le rassemblement des ossements de Pikermi au pied du mont Pentélique.

Mon ouvrage sur l’Attique a été terminé par un chapitre intitulé : Des lumières que la géologie peut jeter sur quelques points de l’histoire ancienne des Athéniens.

Géologie du Léberon.

Dans mon ouvrage sur les Animaux fossiles du mont Léberon, j’ai donné une description des terrains qui forment le versant Sud de cette montagne. Ma description est accompagnée d’une planche in-4 où sont représentés les profils et les coupes des terrains où sont enfouis les ossements de mammifères. L’étude des assises miocènes montre une succession d exhaussements qui sans doute ont été lents, car on yoit d’abord des couches do mer profonde (mollasse bleue), puis des couches de mer moins profonde (mollasse jaune à grands Pec.ten), puis les couches de rivages de Cabrière, puis des couches palustres (calcaires à Hélix Christolii ), et enfin on trouve les limons où sont engagés les débris des Mammifères tout à fait terrestres du mont Léberon.

J’ai publié quelques travaux qui ne rentrent pas daus les catégories précédentes. Je citerai les suivants :

Sur {origine et la formation des silex de la craie et des meulières des terrains tertiaires.

(NM (le la liste des travaux.)

J’ai étudié au microscope un grand nombre de silex de la craie, afin de déterminer les corps organiques qu’ils renferment. Cet examen m’a montré qu’ils sont en général composés des mêmes débris que la

craie environnante, de sorte qu’on ne peut pas attribuer leur formation à des matières organiques, notamment à des éponges comme quelques naturalistes l’avaient pensé.

Recherches scientifiques en Orient. — Partie agricole.

Cet ouvrage dété publié par le Ministère de l’agriculture, du commerce etdestravauxpublics.il est accompagné de 8 planches et d’une carte agricole de l’ile de Chypre au g^qui aété faiteen collaboration avec M. Amédée Damour. Mon travail a reçu une médaille d’or de la Société centrale d’agriculture; il comprend des études sur l’agriculture delà Grèce, de la Syrie, de la Basse-Égypte et surtout de l’Ile de Chypre. J’ai insisté sur les rapports de l’agriculture avec la géologie.

Sur quelques indices de l’existence et Edentés au commencement de tépoque miocène.

J’ai annoncé dans cette note la découverte de deux phalanges provenant des phosphorites du Quercy qui prouvent la présence d’Edentés dans des terrains plus anciens que ceux où ils avaient été rencontrés jusqu’alors. Dernièrement M. Gervais a signalé les traces d’un Edenté d’un âge encore plus reculé.

Sur de nouvelles pièces fossiles découvertes dam les phosphorites du Quercy.

Les pièces qui ont été décrites dans cette note et la précédente ont été figurées dans le Journal de zoologie de M. Gervais. J’ai décrit des

morceaux des genres Chalkothenum, Lophiomeryx, Tapirulm et Adapis. Quand M. Delfortrie a découvert la tête du PaUeolemttr, j’ai fait remarquer que ce Lémurien était le même que tes genres Adapis et Aphelotherium qui avaient été rangés auprès des Pachydermes par les plus éminents paléontologistes; la conséquence à tirer de ces faits était que VAdapis est intermédiaire par sa tête entre les Lémuriens et les Pachydermes. Il était curieux de savoir si par ses membres il serait plus près des Lémuriens ou plus près des Pachydermes; ur. humérus que j’ai décrit porte à penser que, par ses membres, il était plus près des Lémuriens.

Sur un yrand Reptile fossile , Eurysaurus Raincourti.

J’ai signalé sous le nom à'Eurysaurus un grand Reptile que M. de Rainconrt m’a communiqué et qui a été trouvé dans le calcaire à Entroques des environs de Vesoul. Ce Reptile, dont la gueule est remarquable par sa largeur, paraît avoir été un Enaliosaurien, voisin des Plésiosaures, mais à tète beaucoup plus lourde, portée sans doute sur un cpu bien plus court; en outre, ses vertèbres diffèrent parce que leur corps est légèrement convexe en arrière.

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