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BIOXYDE D’ÉTAIN

J’ai indiqué des méthodes générales qui m’ont permis d’obtenir des stannates cristallisés; j’ai résumé (p. 21) ces méthodes et les résultats auxquels elles m’ont conduit.

protoxyde d’étain m’a fourni un procédé avantageux pour préparer le stannate de potasse, et j’ai pu avoir ainsi de grandes quantités de ce composé bien cristallisé. Il renferme SnO-,K-0, 3H-0 à la température ordinaire; quand on les chauffe, les cristaux perdent leur transparence en même temps qu’une partie de leur eau, ils deviennent d’abord blancs et opaques, puis ils jaunissent sans perdre leur forme en devenant anhydres; le stannate est alors une substance très avide d eau qui se combine à ce liquide avec un grand dégagement de chaleur.

L’acide carbonique, en agissant sur les dissolutions de stannates alcalins, parait donner lieu à des phénomènes du genre de ceux que les aluminates nous ont présentés; j’ai montré qu’il n’en est rien. L’acide carbonique décompose bien une dissolution de stannate en mettant de l’acide stannique en liberté, mais le fait tient simplement à ce que l’acide carbonique en se combinant à un alcali, dégage un nombre de calories à peu près double de celui que met en liberté le bioxyde d’étain dans les mêmes circonstances, et l’oxyde d’étain ne se dépose jamais sous la forme de cristaux; les bicarbonates alcalins se comportent comme l’acide carbonique, mais les carbonates neutres ne donnent jamais lieu à la formation d’un précipité.

— Le bioxyde d’étain, qui se combine si facilement aux bases, peut aussi s’unir aux acides pour donner des composés définis et cristallisés.

J’ai rnontré que toutes les variétés de bioxyde d'étain peuvent se dissoudre dans l’acide sulfurique; l'oxyde gélatineux avec une facilité extrême, l’oxyde fortement calciné, avec une extreme lenteur; on obtient dans tous les cas une liqueur incolore qui, évaporée, laisse déposer des cristaux dont la forme dépend de la concentration de la liqueur dans laquelle ils se produisent; si elle est riche en eau. les cristaux sont de fines aiguilles ; dans les liqueurs plus concentrées on obtient des lames rhomboïdales ou des cristaux rhomboédriques, constitués d’ailleurs parle même composé SnO®,2 (SO^H'O). Quand, au lieu d’opérer en présence d’un grand excès d’acide sulfurique, on fait dominer le bioxyde d’étain, on obtient de très fines aiguilles transparentes d’une nouvelle combinaison SnO®, SO‘HL

Avec l’acide sélénique il se produit de beaux cristaux transparents, prismes à six pans terminés par des biseaux très aplatis, et dont la composition SnO-,(SeO’',H-0) est la môme que celle des cristaux précédents obtenus avec l’acide sulfurique.

Une petite quantité d’eau décompose tous ces cristaux, mais l’oxyde d’étain formé, soluble dans les acides sulfurique et sélénique, s’y dissout à mesure qu’il se produit et la liqueur reste limpide ; ce n’est qu’en ajoutant beaucoup d’eau qui, diluant les acides, y rend le bioxyde d’étain moins soluble, qu’on voit ce dernier apparaître sous la forme d’un précipité gélatineux.

VANADIUM.

ACIDE VANADIQOE.

J’ai entrepris une étude complète de cet acide dont les propriétés et les dérivés n’avaient été examinés que d’une manière superficielle ; je commence par établir l’existence de trois variétés différentes d’acide vnnadiquc.

Quand on chauffe un oxyde inférieur du vanadium avec de l’acide nitrique et qu’on évapore doucement le mélange, jusqu’à ce qu’il ne se dégage plus de vapeur d’aucune espèce, il reste un résidu jaune rougeâtre, ocreux, d’acide vanadique anhydre et pur; cette matière abandonnée au contact de l’air en absorbe l’humidité et se change en une poudre rouge pourpre foncé, d’un aspect velouté, qui est un hydrate renfermant, suivant les conditions de température et d’humidité, une, deux, ou huit molécules d’eau.

Ces hydrates, au contact d’une petite quantité d’eau, se changent en une pâte visqueuse, presque gélatineuse, entièrement soluble dans l’eau froide en donnant une liqueur rouge sang foncé qui, saturée à 20", retient environ 8®' par litre d’acide vanadique. Cette solution ne se trouble pas quand on la fait bouillir, mais l'acide azotique et les dissolutions salines, comme le chlorure de potassium, en précipitent des flocons couleur do rouille.

Les oxydes inférieurs du vanadium chauffés dans un courant d’air à i iO" se changent en une poudre jaune clair légèrement verdâtre d’acide vanadique pur soluble dans l’eau chaude en donnant une solution jaune d’or qui, saturée à 100", ne contient que BOO’"*' d’acide. Il existe des hydrates correspondant à cette seconde variété de l'acide vanadique : quand on ajoute de l’acide nitrique aux solutions rouge sang de la première variété, les flocons que l’on obtient, bien lavés et séchés à l’air libre, laissent une poudre rouge renfermant deux molécules d’eau; c’est un isomère de l’un des premiers hydrates obtenus, mais il n’en a pas les propriétés, car il ne se modifie pas comme eux au contact de l'eau, et même à 1(10" il se dissout très peu dans ce

liquide en donnant la même solution jaune d’or que l'acide anhydre correspondant.

Enfin l’acide vanadique fondu cristallise en belles aiguilles, d’un éclat gras, d’une teinte rouge brun foncé et transparentes sous une faible épaisseur ; les cristaux sont très peu solubles dans l’eau ; un litre de ce liquide à 100“ n’en retient que S0“*''.

L’acide vanadique présente donc trois variétés isomériques bien nettes ; 1“ acide ocreux attirant l’humidité de l’air en donnant des hydrates rouge foncé, notablement solubles dans l'eau qu’ils colorent en rouge de sang ; 2“ acide jaune n’attirant pas l’humidité atmosphérique, donnant des hydrates qui se dissolvent fort peu dans l’eau en la colorant en jaune clair ; 3“ acide fondu et cristallisé, ne se combinant pas avec l’eau qui n’en dissout plus que des traces.

Tous les réducteurs décomposent l’acide vanadiqne : dans l’hydrogène il devient d’abord bleu en perdant le cinquième de son oxygène, puis vert en se changeant en trioxyde ; la réduction ne va pas au delà. Chauffé avec du soufre en excès, il laisse comme résidu un dépôt de trioxyde ; avec l’arsenic il reste une pondre bleu foncé cristalline, exempte d’arsenic et soluble à froid dans l’acide azotique ; c’est un oxyde intermédiaire V'‘0’ ou V^O", V’O*. Dans un courant d’acide sulfureux on a de belles aiguilles bleu foncé de tétroxyde de vanadium pur ; avec une dissolution chaude de cet acide la réduction devient très rapide, mais elle s’arrête quand tout le vanadium est à l’état de tétroxyde dans la dissolution.

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