‹ Notice sur les travaux scientifiquesChapitre 16 sur 40 · MERCURE · texte numérisé non relu

MERCURE

ACTION RÉCIPROeOE DES SELS HALO'lDES AlCAliINS ET MERCUREÜX.

On savait vaguement que le calomel est décomposé par le sel marin, en chlorure merourique soluble et en métal; j’ai montré que ce n’est là qu’un cas particulier d’une action générale des sels haloïdes alcalins et mercureux, et que cette-action peut s’accomplir de deux façons bien différentes

La décomposition du chlorure mercureux par exemple en mercure et sel mercurique est endothermique ; mais il peut arriver que le sel alcalin mis en présence puisse donner, avec le sel mercurique, un composé formé avec un dégagement de chaleur tel, que la réaction, calculée en tenant compte de ce composé, soit exothermique et se réalise ; c’est ce qui a lieu par exemple au contact du chlorure mercureux et du cyanure de potassium.

Il peut se faire au contraire que, même en tenant compte des sels doubles qui peuvent se produire, le calcul de la réaction conduise à un nombre négatif; c’est précisément le cas du calomel et du chlorure de jiolassium, et cependant la décomposition peut être réalisée.

J ai inonti-é qu’il est aisé de se rendre compte de ces actions, en

considérant que les sels haloïdes mercureux sont décomposés par l’eau, très faiblement il est vrai, surtout à froid, en sel mercurique et mercure. Le sel mercurique s’unissant au sel alcalin donne un composé double, lui-même plus ou moins dissocié par l’eau, l’équilibre primitif est donc détruit, ce qui entraîne la dissociation d’une nouvelle dose de sel mercureux, et ainsi de suite; il résulte de ces décompositions la production d’équilibres complexes, et j’ai établi qu’ils varient avec la concentration des liqueurs employées et la température des expériences.

CHLORURE MERCURIQUE.

Lorsqu’on traite le chlorure mercurique par une dissolution d’acide chlorhydrique, on constate qu’il s’y dissout en quantités d’autant plus grande que la liqueur est plus riche en acide ; il se forme des chlorhydrates de chlorure de mercure et j’ai pu isoler les suivants :

HgCP, 2HC1,7H®0 ; en cristaux blancs, brillants et transparents qui fondent à — 2° en perdant de l’acide chlorhydrique;

3HgCl*-, 4HC1,14H*0; prismes volumineux, transparents et incolores, qui fondent vers -j- 5“ en sè décomposant ;

4HgCl-,2HCl, 12H®0; prismes allongés, transparents, qui blanchissent à l’air en devenant opaques; ils fondent très facilement en perdant de l’eau et de l’acide chlorhydrique ;

6HgCl®, 2HC1, lOH'O ; composé déjà obtenu par M. Rindell.

Ces résultats établissent qu’une solution chlorhydrique de chlorure de mercure prise à une température déterminée, renferme de l’acide et du chlorure libres provenant de la dissociation des chlorhydrates possibles dans les conditions de l’expérience ; et en même temps, suivant ces conditions mêmes, un ou plusieurs de ces composés à l’état de dissolution.

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