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PHÉNOMÈNES DE DISSOCIATION

SDR LA VOLATILISATION APPARENTE DD SÉLÉNIUM ET DD TELLDRE, ET LA DISSOCIATION DE LEURS COMBINAISONS HYDROGÉNÉES.

Quand on chauffe au-dessus de 300" une des e.Ntrémités d’un tube de verre renfermant du sélénium et de l’hydrogène, on voit, au bout d’un temps variable avec les conditions de l’expérience, apparaître en dehors de la partie chauffée, des aiguilles de sélénium entrelacées de manière à former un réseau qui peut embrasser toute une section du tube ; elles se déposent en un point où la température est peu inférieure à la fusion du sélénium et s’accroissent en nombre et en étendue quand on prolonge l’expérience. Le tellure donne beu à des phénomènes analogues. La présence de l'hydrogène est d’ailleurs' indispensable; un autre gaz ne produirait rien de pareil. Comme le sélénium et le tellure ne sont pas volatils à ces températures, j’ai dû étudier complètement, pour arriver à. élucider ces phénomènes de transport, la manière dont s’effectue la combinaison du sélénium et ilu tellure avec l’hydrogène et la façon dont les acides sélénhydrique et tellurhydrique se décomposent sous l’influence de la chaleur.

.l’ai montré que le sélénium se combine avec l’hydrogène dès 230" : la quantité d’acide sélénhydrique formé est fonction de la température ; elle augmente depuis le point de fusion du sélénium jusqu’à 320" imviron, pour diminuer ensuite quand on chauffe au delà. J'ai prouvé, d’autre part, que l’acide sélénhydrique commence à se décomposer vers 130"; que la quantité dissociée atteint vers 270" une valeur à partir de laquelle elle décroît peu à peu, et passe vers 300" par un minimum.

La décomposition de ce corps offre donc un phénomène comparable à celui que MM. Troost et Hautefeuille ont constaté sur le sous-chlorure de silicium.

Ces études m’ont permis de me rendre compte de la formation de l’anneau de sélénium cristallisé. En effet, si l’on considère un tube présentant en ses différents points des températures différentes et renfermant à la fois du sélénium, de l’hydrogène et de l’acide sélénhydrique en vapeur, la proportion d’acide qu’il renferme quand l’équilibre s’est établi est précisément la quantité maxima de cet acide qui existerait dans ce tube s’il était porté entièrement à la température de son point le plus chaud. Si donc un tube renfermant du sélénium et de l’hydrogène est plongé partiellement dans une enceinte à une température fixe, il se produira dans la partie chaude une certaine quantité d’acide sélénbydrique qui viendra se décomposer partiellement dans les parties plus froides, surtout dans celles où sa dissociation est rapide, en y déposant du sélénium. L’hydrogène provenant de la décomposition de l’acide sélénbydrique s’unit sans cesse, dans la partie chaude, à du sélénium qu’il abandonne en se refroidissant à son tour ; <le sorte qu’il existe une région du tube dans laquelle du sélénium se dépose constamment. On peut ainsi transporter par une volatilisation apparente et avec une quantité limitée d’hydrogène une quantité indéfinie de sélénium.

J’ai montre aussi dans ce mémoire que le tellure peut, comme le sélénium, se combiner directement à l’hydrogène et que l’acide tellur- ■ hydrique qui se forme, décomposable par la chaleur, présente comme l’acide sélénbydrique un minimum de dissociation. Lors donc qu’on plonge partiellement dans une enceinte à température fixe un tube renfermant du tellure et de l’hydrogène, il se forme en un point du tube un anneau de tellure cristallisé : l’explication de ce phénomène est identiquement la même que celle qui permet de se rendre compte de l’anneau de sélénium.

Ces recherches établissent que l’hydrogène joue le rôle d’un véritable agent minéralisateur vis-à-vis le sélénium et le tellure. Enfin, j ai obtenu le premier le sélénium et le tellure cristallisés par voie sèche, le sélénium en aiguilles hexagonales très fines, ayant l’éclat de 1 acier, la couleur bleuâtre du silicium ; — le tellure en beaux prismes hexagonaux réguliers possédant avec la blancheur de l’argent l’éclat

HïDRACIDES SUR l ACIDE SÉLÉNIEUX.

J'ai fait voir que l'acide sélénieux anhydre absorbe avec une énergie extrême et un grand dégagement de chaleur l’acide chlorhydrique et l’acide bromhydrique. — Avec l’acide chlorhydrique, il se forme d’abord un composé Se Oy 2 HCl liquide, puis une combinaison cristallisée Se O”, 4 HCl. J’ai étudié la dissociation de ces composés et déterminé les courbes qui la représentent. Le premier commence à dégager de l’acide chlorhydrique à 26“ et sa tension de dissociation est égale à la pression atmosphérique aux environs de 106°. La tension du second, nulle seulement au-dessous de — 30', atteint dès 23“ la valeur de 760"".

Avec l’acide bromhydrique, on obtient des composés analogues. Le corps SeO%4HBr est en paillettes brillantes gris d’acier; j’ai étudie sa dissociation, et montré qu’il n’a pas de tension appréciable au-dessous de 35“. Plus haut il se détruit, mais les actions secondaires entre l’acide sélénieux et l’acide bromhydrique ne permettent pas de mesurer les tensions; on obtient du brome, de l’eau, du sélénium et do beaux cristaux de bromure de sélénium.

Outre le comjiosé SeO^ LHBr, il en existe un autre 2SoO^10HBr; j’ai dil pour mesurer la tension de dissociation de ce dernier, opérer avec un appareil particulier qui m’a permis de mesurer la valeur de ces tensions depuis — 23“ où elle est nulle, jusque vers 60“ où il commence à se produire des réactions secondaires avec formation de vapeur de brome.

Enfin, j’ai étudié l’action de l’acide sélénieux sur les acides iodliydrique, cyanhydrique, fluorhydrique et sélénhydrique; cette dernière action m’a donné un moyen commode d’obtenir par voie humide, et en quantité quelconque, du sélénium cristallisé soluble dans le sulfure de carbone.

ACTION DES HYDRACIDES SUR L'ACIDE TELLÜREDX.

J’ai fait voir que l’acide tellureux anhydre est capable, lui aussi, do se combiner avec les hydracides en dégageant de la chaleur. Avec

l’acide chlorhydrique, on obtient, à — 10° environ, un composé do formule Te 0% 3 HCl qu’une légère élévation de température décompose en donnant une seconde combinaison Te O”, 2 HCl. Quand on chauffe ce dernier corps, la chaleur est sans action sur lui jusque vers 190°, mais plus haut il commence à se décomposer, et pas du tout comme son analogue Se 0°-, 2 HCl ; chauffé doucement, il donne de l’eau et de l’oxychlorure de tellure qui, à plus haute température, se détruit à son tour en donnant du chlorure de tellure et de l’acide tellureux.

. L’acide bromhydrique donne naissance à des cristaux du composé TeO*,3HBr qui n’est stable qu’au-dessous de — 14", de sorte qu’il est impossible de le préparer au-dessus de 0°. Entre 0* et 60’ on obtient la combinaison Te O*, 2 H Br, très stable à cette température, mais dont la décomposition commence vers 70’ avec des phases absolument comparables à celles de la destruction de TeO*,2HCl. Enfin, j’ai constaté que l’acide tellureux pouvait aussi se combiner avec l’acide fluorhydrique anhydre et avec Tacide iodhydrique.

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