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ALUMINATES ALCALINS. - INDUSTRIE DE L'ALUMINE

L’un des procédés actuellement employés dans l’industrie à la préparation de l’alumine, consiste à fabriquer de l’aluminate de soude en attaquant le minerai aluminique par de la soude caustique ; l’aluminate obtenu est alors agité fortement avec un peu d’alumine cristallisée, telle que celle qui se produit en traitant la dissolution d’aluminate par un courant d’acide carbonique ; il se précipite de l’hydrate aluminique facile à laver et, au bout de quelques heures, il ne reste qu’une faible proportion d’alumine dissoute dans le liquide qui rentre dans la fabri-

cation ; l’alumine cristallisée détermine seule la réaction et ne peut être remplacée par de l’alumine gélatineuse.

j’ai démontré que cette propriété singulière tient à la décomposition de l’aluminate par l’eau et aux transformations que subit l’alumine précipitée.

Si l’on dissout de l'aluminate de potasse, par exemple, dans de l’eau froide, le sel se détruit en alumine et potasse, jusqu’à ce que l’équilibre correspondant à la température de l’expérience soit atteint ; la liqueur fdtrée est transparente, mais elle est dans un état instable, elle se trouble au bout de quelques instants, le dépôt d’alumine augmente peu à peu, il forme bientôt, contre les parois du vase, un enduit adhérent de petits cristaux transparents d’hydrate cristallisé .41*0’, 3H*0; enfin l’aluminate se décompose graduellement et bientôt il ne reste qu'une proportion très minime d’alumine en dissolution.

J’ai donné l’explication de ce fait en montrant que l'alumine en gelée est plus soluble dans une solution étendue de potasse que l’hydrate cristallisé. Si donc on considère une solution d’aluminate en équilibre, c’est-à-dire renfermant de la potasse libre et de l’alumine dissoute dans cet alcali, il suffit d’y faire tomber un cristal d’alumine hydratée pour rompre l’équilibre ; ce cristal peut se former soit par l'introduction d'une trace d’acide carbonique, soit par une faible élévation de température en un point où un peu d’aluminate se décomposera. Dès lors, l’alumine dissoute dans la potasse libre se comporte au contact des cristaux comme une solution sursaturée de cet hydrate, elle cristallise en partie, et, devenant par cela même moins soluble que l’alumine primitivement dissoute, elle sort du champ de réaction et ne joue plus de rôle appréciable dans l’équilibre chimique de la liqueur, elle se conduit comme le fait l’hydrate de peroxyde de fer, qui provient de la décomposition d’un de ses sels par l’eau et qui, éprouvant une série de transformations à la suite desquelles il devient insoluble dans les acides étendus, amène la décomposition progressive de ces sels. Ici l’alumine devenant moins soluble dans la liqueur alcaline, amène la décomposition progressive de l’aluminate de potasse. J’ai montré du reste que tout ce qui favorise le contact de l’alumine dissoute avec les cristaux d’hydrate facilite la décomposition de l’aluminate, et que ce qui rend ce contact plus difficile la retarde. J’ai expliqué, en même temps, le rôle de l’acide carbonique de l'air quand il intervient dans le phénomène.

Puisque l’aluminate alcalin se détruit graduellement au contact de cristaux d’alumine hydratée et que l’agitation favorise sa destruction, on comprend aisément ce qui a lieu dans la préparation industrielle. En second lieu, puisque l’alumine en gelée ne peut déterminer la cristallisation de l’alumine dissoute et, par suite, rompre l’équilibre de la liqueur, il devient clair que dans la préparation elle ne puisse remplacer les cristaux d’alumine hydratée.

L’aluminate de soude se comporte absolument comme celui de potasse, et j’ai eu, .au cours de mon travail, l’occasion de l’obtenir cristallisé pour la première fois, ce qui est difficile en raison de son extrême solubilité dans l’eau. Il faut mettre le sirop saturé d’aluminate en contact avec du sel desséché, exposer le mélange à des variations de température, et la matière non dissoute finit par se transformer en groupes de petites aiguilles incolores, transparentes et assez déliquescentes pour se liquéfier au contact de l’air en s’emparant do la vapeur d’eau qu’il renferme.

URANIUM.

COMPOSÉS FLUORÉS DE L’URAHIUM.

J’ai obtenu un certain nombre de ces combinaisons, qui n’étaient pas connues, en faisant agir l’oxyde vert U* O* sur de l’acide fluorhydrique ; l’action, lente à froid, est plus rapide vers 80” et donne une liqueur jaune et un résidu vert ; la liqueur évaporée abandonne de beaux cristaux transparents.de fluorhydrate de fluorure U-F1‘, 2 H Fl. Ce composé, chauffé dans un vase de platine, fond, puis so décompose au contact de l’oxygène ; de l’acide fluorhydrique se dégage et l’on obtient nne masse qui se dissout partiellement dans l’eau et laisse un résidu noir de protoxyde d’nranium cristallisé ; la liqueur évaporée dépose des cristaux de sesquifluorure U® FF.

La substance verte, qui demeure comme résidu de l'attaque de l’oxyde salin par l’acide fluorhydrique, est difficile à purifier et son analyse conduit à la regarder comme le fluorure d’uranyle (U' O*) FF ; la réaction

de l’oxyde vert sur l’acide fluorhydrique peut donc être exprimée par l’équation ;

2U>0‘ + i8H F1 = 2(U’ FI*,2HF1) + (ü*0’)F1’ + 6H’0 + H’ que j’ai vérifiée en partant d’un poids connu d’oxyde vert et pesant les produits delà réaction.

Le fluorure d’uranyle, chauffé dans un creuset fermé, fond au rouge, puis émet des vapeurs très denses qui se condensent sur les parties les moins chaudes du creuset en belles aiguilles blanc jaunâtre transparentes ; il reste au fond du creuset des cristaux noirs de protoxyde d’uranium. Les aiguilles blanches sont un nouvel oxylluorure U" O Fl* et la décomposition du fluorure d’uranyle a lieu suivant la formule :

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