AZOTATE DE SOUDE
Les nombres donnés par les divers auteurs comme exprimant la solubilité de ce sel dans l’eau à diverses températures ne concordaient pas entre eux et paraissaient indiquer, vers zéro, un maximum de solubilité ; de plus, d’après les chiffres indiqués, une solution saturée à zéro aurait dû déposer des cristaux pour peu que la température vint à varier dans un sens ou dans l’autre. J’ai montré qu’il ne se produit rien de semblable, etj’ai déterminé la solubilité du nitratede soude entre zéro et 68°; elle est représentée par une courbe très régulière.
Mais une dissolution saturée à zéro ne cristallise pas quand on la refroidit; on peut abaisser sa température jusqu’à— 15° sans qu’elle se trouble ; l’agitation, l'addition d’un cristal de nitrate ne provoquent pas davantage la cristallisation, on n’est donc pas en présence d’une dissolution sursaturée. Vers— lo°,7 on voit apparaître des cristaux, mais ce sont des lames micacées, minces, formées d’aiguilles accolées, et non plus des rhomboèdres, et entre— 16“ et—20° la liqueur se prend en une masse solide d’aiguilles enchevêtrées. Les cristaux qui se produisent à— 10°, 7 fondent à cette même température en un liquide qui peut
être refroidi avec précaution jusqu’à — 17”; l’introduction d’un cristal provenant d'un tube plus froid provoque immédiatement alors la cristallisation de la substance et la température remonte à — 15°,7.
Ce sont là les caractères d’une combinaison définie, et en effet les cristaux, comme le liquide, ont une composition exprimée par la formule Az®0*,Na*0,14H*0; cet hydrate est solide au-dessous de —15',7, liquide au-dessus de cette température, et, dans cet état, sa densité à zéro est 1,357.
Le nitrate de soude peut donc, comme celui de lithine, contracter combinaison avec l’eau à basse température; il s’écarte par là du nitrate de potasse qui ne donne d’hydrate dans aucune circonstance.