SI
donnant des composés particnliers formés avec dégagement de chaleur. De plus, comme ces combinaisons sont détruites par l’eau, ce ne sont pas les mêmes qui se produisent dans des liqueurs à divers titres de sol ammoniac; par conséquent la concentration de ces liqueurs jouera un rôle dans les phénomènes, ce qui n'avait pas lieu avec les solutions de sel marin.
J’ai montré que, même en ne tenant pas compte de la formation do ces sels doubles, l’électrolyse d’une solution de sel ammoniac pai’ un couple zinc-platine est une opération exothermique, et la décomposition de ce chlorure sous l’influence du courant qui se produit donne du chlore et de l'ammoniaque qui entre en dissolution. Au voisinage de la lame de platine, 1 ammoniaque qui se produit diminue la densité de la solution salée ; elle est augmentée au contraire auprès du barreau de métal grâce à la formation de chlorure de zinc ; donc, comme avec le sel marin, le liquide de la pile ne reste pas homogène, le chlorure de zinc tendant à descendre vers la région inférieure tandis que l’ammoniaque s’élève près de la surface ; le liquide se partagera par conséquent en portions ne présentant ni la même densité, ni la même composition. Il y aura réaction là où le chlorure do zinc rencontre la liqueur alcaline, mais sans donner lieu à la formation d’un dépôt d’oxyde, car celui-ci se changera en composés sqlubles, dont la composition varie avec la concentration du sel ammoniac et qui se déposent quand la liqueur en devient saturée ; on n’observera donc.plus autour du barreau de zinc une gaine d’oxyde se prolongeant à un certain niveau par une sorte de cloison perméable, mais seulement un dépôt, sur ce barreau, de cristaux dont l’aspect et la composition diffèrent avec la composition des liqueurs qui baignent les deux métaux.
J’ai étudié enfin le cas où l’on substitue au zinc le cadmium qui, non seulement ne décompose pas l’eau comme lui, mais qui est également sans action à froid sur les dissolutions de chlorhydrate d’ammoniaque. Les choses ont lieu dans une pile ainsi constituée comme dans la pile au zinc, à cela près qu’il se forme des combinaisons d’oxyde de cadmium et de chlorure d’ammonium ; il y a électrolyse du sel ammoniacal avec production d’ammoniaque et de chlorure de cadmium, qui occasionnent dans les diverses régions du liquide des différences de densité et de composition. Là où ces liqueurs arrivent en contact, le composé : CdO, 2(.AzH‘Cl) prend naissance, et comme il est peu soluble, on voit se reproduire, avec le cadmium, des phénomènes du
même genre que ceux que nous avons constatés dans le cas du zinc et du sel marin; le cadmium s’enveloppe d’une gaine qui, à une certaine hauteur au-dessus du fond du vase, se prolonge par une nappe horizontale séparant la liqueur en deux parties, mais cette gaine au lieu d’être constituée par un oxyde amorphe est formée par de beaux cristaux de la combinaison d’oxyde de cadmium et de chlorure ammo-
En substituant à la laine de platine de nos éléments, le vase poreux ou l’aggloméré employés dans la pile Leclanché, j’ai montré que les dépôts de cristaux sur les diverses parties des éléments se modilient ainsi que la composition du liquide en ces divers points. Mais si la forme et la disposition des électrodes jouent un rôle, comme dans les piles au sel marin, nous avons pu encore rendre compté aisément de tous les faits observés comme lorsqu’il s’agissait des éléments simples.
Au résumé, j’ai fait voir que dans foutes les piles que j’ai étudiées l’action fondamentale est une électrolyse, toujours exothermique, de la liqueur salée, de laquelle résultent un alcali et du chlore qui forme avec le métal employé, le chlorure correspondant. Grâce aux différences de densité que présentent les solutions alcalines et les liqueurs chargées do chlorures métalliques, le liquide de la pile n’a pas la même composition en tous ses points, par suite la résistance de ses diverses couches horizontales au passage du courant est variable, et l’électrolyse ne se fait pas à tous les niveaux avec la même intensité, circonstance qui explique une partie des phénomènes observés. D’autre part, te mélange de l’alcali et du sel métallique donne lieu tantôt à la précipitation d’un oxyde, tantôt à la formation de composés cristallisés plus ou moins complexes, plus ou moins solubles, et le dépôt de ces corps dans telles ou telles régions du liquide, est la cause de tout un ensemble de faits dont nous avons donné l’explication.