‹ Notice sur les travaux scientifiquesChapitre 36 sur 40 · CHLORURES · texte numérisé non relu

CHLORURES

On sait depuis longtemps que lorsqu’on plonge une lame d’étain dans une solution de protochlorure faite dans l’acide chlorhydrique et surmontée d’une couche d’eau, il se forme rapidement des cristaux

d’étain « la surface de séparation et au voisinage ; cette cristallisation du métal n’avait pas été expliquée.

Nous avons démontré qu’il s’agit ici d’un phénomène d’électrolyse ; si l'on considère en effet le système constitué par la lame de métal et les deux liquides, il revient à deux électrodes identiques plongeant dans deux solutions différentes, séparées par leur surface do contact et l’on aperçoit comme sources de force électromotrice, d’une part, le contact de l’étain avec la liqueur acide qui le dissout, d'autre part, le contact des liquides par leur surface commune à travers laquelle l’acide chlorhydrique se diffuse dans l’eau avec un dégagement notable de chaleur et production d’un courant allant dè l’acide à l’eau, à travers la surface de séparation. Or, la cristallisation de l’étain est bien due à une électrolyse, car on peut remplacer la portion de la lame d’étain qui, au-dessus de la surface de séparation, joue le rôle d’électrode négative, par tout autre conducteur, tel qu’un fil de platine ; mais si l’on vient à remplacer cette lame par un système de deux barreaux, placés sur le prolongement 1 un de l’autre et séparés par une partie isolante traversant la surface de séparation, il ne se produit plus rien, jusqu’à ce que, grâce aux progrès de la diffusion, la base du barreau supérieur et le haut du barreau inférieur soient noyés dans des liquides conducteurs de composition différente qui les mettent en communication ; on voit alors apparaître des cristaux sur cette base et sur ce sommet.

En second lieu, l’attaque de l’étain par l’acide chlorhydrique et le courant qui en résultent sont indispensables, car on n’observe plus la formation de cristaux si la couche liquide inférieure est une dissolution neutre de chlorure d’étain.

Nous avons montré enfin que ce courant est insuffisant pour électrolyser à lui seul le sel d’étain dissous ; que la force électromotrice qui prend naissance au contact des deux liquides et le courant dû à la diffusion de la liqueur acide dans l’eaü, ne suffisent pas davantage pour provoquer l’électrolyse, mais que la réunion de ces deux causes est indispensable ; nous avons pu rendre compte de tous les phénomènes que l’on observe, de la séparation de l’étain sous tous les aspects qu’il peut présenter, depuis une poudre noire très divisée, jusqu’à des cristaux très brillants et très nets, aspects divers que l’on rencontre, suivant que l’on donne à l’expérience telle ou telle chsposition particu-

L'étain n’est pas le seul métal capable de cristallisée de cette façon ; nous avons obtenu avec le cadmium des résultats du même genre auxquels les mêmes explications sont applicables et, en plongeant une lame de cadmium dans une solution acide de son chlorure, surmontée d'une couche d’eau, nous avons vu se former de très belles aiguilles de ce

Les deux sources de force électromotrices précitées étant nécessaires pour produire l’électrolyse, un métal inattaqué par l’acide chlorhydrique no devait pas cristalliser comme l’étain et le cadmium; nous avons constaté qu’en effet l’antimoine et le bismuth, qui sont dans ce cas, ne donnent jamais trace de cristaux. De même, un corps susceptible de décomposer l’eau, capable par suite d’être attaqué par les acides très dilués no doit pas cristalliser davantage, car les cristaux formés seraient dissous par un liquide trop étendu pour être conducteur ; nous avons vérifié que le zinc et le fer, qui répondent à ces conditions, ne donnent jamais de cristaux dans ces circonstances.

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