ACTION DE L'ACIDE AZOTIQUE MONOHYDRATE SDR LES AZOTATES MÉTALLIQUES
Lorsque j’ai entrepris ce travail, on n’avait jamais obtenu d’azotate acide; je suis arrivé à en préparer plusieurs.
L’azotate d’ammoniaque se dissout rapidement dans l’acide azotique en donnant lieu à un dégagement de chaleur notable ; il se combine avec lui pour former un sel acide ; .àz-O®, (AzH‘)*0,2 (Az®0*, H-0) liquide à la température ordinaire; il fond et se solidifie à 18”, mais il peut rester en surfusion jusqu’à-j-5°. Ce composé est susceptible de dissoudre encore de grandes quantités d'azotate d’ammoniaque et quand il en est saturé on a un liquide incolore, huileux, ne fumant pas à l’air; c’est un nouvel azotate acide : Az’0',{AzH‘)“0, .4zW,H'0 qui pré-
sente à un point de fusion et de solidification bien net, mais qui peut conserver jusque vers -|-4" l’état solide si on le refroidit progressivement.
L’azotate de potasse donne lieu à un phénomène du même ordre : il se dissout dans l’acide monohydraté et donne un liquide très peu fumant, même à 50°; c’est un azotate acide fondant et se solidifiant à — 3°, mais pouvant demeurer en fusion jusqu’à —10"; sa composition peut être représenté par (Az*0*,K°-0) 2(Az*0’,H*0). L’azotate de rubidium donne un composé analogue : 2 ( Az*0“, Rb*0) o (Az*0% H-0), et le sel de thallium, l’azotate acide : (Az*0’,TR0) 3(Az’0*,H-0). Ces azotates acides sont liquides à la température ordinaire et l’eau les décompose immédiatement; sous l’influence de la chaleur, ils se dissocient on perdant des vapeurs d’acide azotique monohydraté et en présentant une tension de dissociation que j’ai pu mesurer pour quelquesuns d’entre eux.
Mais les azotates n’ont pas tous la propriété de former des sels acides ; beaucoup d’entre eux, après avoir été déshydratés et même partiellement décomposés sous l’action de ta chaleur, se dissolvent encore avec facilité dans l’acide azotique fumant et leur solubilité augmente quand la température s’élève ; cependant les cristaux, souvent très beaux, qui se déposent par le refroidissement de la liqueur, ne retiennent pas d’acide azotique ; ce sont des hydrates nouveaux renfermant beaucoup moins d’eau que les hydrates ordinaires. J’ai pu obtenir de cette façon des cristaux renfermant H“-0 avec l’azotate de manganèse; ;H^O avec celui de zinc; 2H-0 avec celui de manganèse; 3H'0 avec ceux de magnésie, de cuivre, d’uranium; dH-0 avec celui d’alumine, etc.
Enfin d’autres azotates ne se combinent pas à l’acide azotique et y demeurent presque insolubles même à chaud ; tels sont ceux de soude, lithine, baryte, chaux, strontiane, nickel, cobalt, cadmium, bismuth, mercure et argent.
J’ai montré ainsi que, eu égard à la manière dont les azotates métalliques se comportent vis-à-vis l’acide azotique, on peut les diviser en trois groupes renfermant : le premier, des azotates qui s’unissent avec l’acide pour former des sels acides dont aucun n’était connu ; le second, des azotates solubles dans l'acide concentré et se déposant en donnant des hydrates bien moins riches en eau que ceux qui se séparent des solutions aqueuses; le troisième enfin, des azotates très peu solubles
dans l'acide azotique monohydraté, quelle que soit la température à laquelle on opère.
action de l’ACIDE CH10RHTDRI8DE SDR LES CHIORDRES MÉTALLIQUES.
J’ai constaté que les chlorures mis en présence de l’acide chlorhydrique se comportent de deux façons bien différentes : les uns se dissolvent d’autant mieux que la liqueur acide est plus concentrée ; la solubilité des autres diminue au contraire dans les mêmes circonstances.
Les chlorures dont l’acide chlorhydrique augmente la solubilité, se divisent à leur tour en deux groupes ; certains d’entre eux demeurent toujours très peu solubles, même à chaud, et les solutions ne donnent par refroidissement que le chlorure anhydre considéré : tel est le cas dos chlorures cuivreux, cuivrique et du chlorure d’argent. Pour d’autres, la présence de l’acide chlorhydrique augmente énormément la solubilité et, dans ce cas, l’on obtient des combinaisons cristallisées du chlorure et de l’acide ; j’ai pu obtenir ainsi avec le chlorure mercurique, par exemple, les composés :
2HgCl*,HCI, 6H>0; Hg01>,2H01,7H’0; 3HgOP,4HCl, MH’O 2HgOt’,HCl, 4,5H*0; 3Hg0t’,HCl,5H*O,
et j’ai montré que les chlorures d’or, de platine, de bismuth, d’antimoine se rangent dans cette catégorie en donnant des chlorhydrates de chlorures décomposables par l’eau.
Les chlorures dont l’acide chlorhydrique fait décroître la solubilité, se subdivisent, eux aussi, en deux séries : l’une d’elles comprend des sels dont la solubilité dans l’acide chlorhydrique concentré est à peu près nulle, lors même qu’ils sont tort solubles dans l’eau, et cet acide les précipite anhydres de leurs solutions aqueuses ; tels sont les chlorures alcalins et celui de baryum. Dans l’autre enfin, viennent prendre place des chlorures très solubles dans l’eau, très solubles encore dans les solutions d’acide chlorhydrique, mais se séparant de ces dernières sous la forme de cristaux renfermant beaucoup moins d’eau que ceux qui se séparent des solutions aqueuses; c’est ainsi que j’ai obtenu des hydrates à 2H-0 des chlorures de strontium, calcium, magnésium, qui retiennent ordinairement 6 H®0 ; des monohydrates des chlorures de
nickel, cobalt, manganèse, cuivre qui cristallisent ordinairement avec six ou avec quatre molécules d’eau.
L’acide chlorhydrique en agissant sur les chlorures, peut donc, comme l’acide azotique mis en présence des azotates, donner tantôt des .sels acides, tantôt de nouveaux hydrates, tantôt enfin seulement une variation dans la solubilité du composé considéré.