Sur le venin du crapaud commun et du crapmid calamite
{Comptes rendus de la Soc. debiol., 1854, p. 133 et suiv.)
MM. Graliolet et Cloëz (Comptes rendus de HÂcad, des sc., 21 avril 1851 et 11 mai 1852) avaient l’ait voir que le liquide lactescent contenu dans les follicules cutanés du crapaud et de la salamandre terrestre tue en quelques minutes les oiseaux de petite taille, lorsqu’il est introduit sous la peau. Dans une communication ultérieure, faite à la Société philomathique, ils avaient annoncé que ces venins, introduits de même sous la peau des mammifères (bouc, chien), les fait mourir en moins d’une heure.
En 1854, je répétai ces expériences sur les mammifères (chiens, cochons d’Inde) et sur les batraciens (grenouilles), et ce sont les résultats de,ces expériences qui sont consignés dans cette note.
Je me suis appliqué surtout à rechercher le mécanisme de la mort produite par le venin du crapaud, et j’ai vu qu’elle a lieu par suite de l’arrêt des mouvements du cœur.
C’est là, à ma connaissance du moins, le premier fait que la science ait enregistré relativement aux poisons qui ont la propriété d’arrêter complètement les mouvements du cœur, et qui, nommés depuis poisons du cœur, ont été étudiés par plusieurs physiologistes, entre autres par M. Cl. Bernard et par M. Pélikan.
J’avais dit dans cette note que le venin de crapaud n’exerce aucune action toxique sur le crapaud, et, en effet, c’est le résultat que j’avais obtenu dans un grand nombre d’expériences. Mais probablement le venin dont je m’étais servi n’était point extrêmement actif, sans doute à cause
de la saison ou d’autres circonstances qui m’ont échappé, car, depuis, M. Cl. Bernard a montré que le venin de crapaud peut empoisonner les crapauds et arrêter leur cœur, mais plus lentement qu’il ne le fait sur les grenouilles, et à la condition d’en employer une bien plus grande quantité. J’ai constaté plus tard les mêmes faits (voy. n" 98).