Etude physiologique des venins du crapaud, du triton
et de la salamandre terrestre.
{Mémoires de la Soc. de biol., 1856, p. 124 et suiv.)
Les propriétés toxiques de l’humeur lactescente contenue dans les follicules de la peau des tritons sont ici signalées pour la première fois, et je rapporte diverses expériences montrant que cette substance introduite dans une plaie empoisonne les mammifères (chiens, cochons d’Inde) et les grenouilles. Ce venin est un peu moins actif que celui des crapauds ; comme lui il arrête le cœur des animaux empoisonnés. Mis en grande quantité dans des plaies faites à des tritons, il ne les a pas empoisonnés. Depuis lors, souvent j’ai répété ces expériences, et n’ai pas encore pu empoisonner un triton avec du venin de triton. Au contraire, ce venin empoisonne les crapauds sous la peau desquels on l’a fait pénétrer. Ce mémoire contient aussi la relation d’expériences faites avec le venin de la salamandre terrestre. Ce venin n’est point un poison du cœur et il produit chez les grenouilles un état convulsif des plus bizarres. Je n’avais fait alors qu’une seule expérience pour essayer l’effet de ce venin sur la salamandre terrestre, et je n’avais observé aucun phénomène d’intoxication générale. J’ai répété, depuis, cette expérience avec le même lesultat négatif, de telle sorte qu on peut dire que l’action du venin de la salamandre terrestre sur la salamandre terrestre elle-même est nulle ou pour le moins extrêmement faible.