De [ostéomalacie sénile
En commun avec M. Charcot.
Nous avons fait, M. Charcot et moi, plusieurs communications à la Société de biologie, en 1863 et années suivantes, sur le ramollissemenT des os chez les vieillards, envisagé tant au point de vue anatomo-pathologique qu’au point de vue clinique. Nous avons eu l’occasion d’observer un grand nombre de cas de cette affection, qui n’avait peut-être pas appelé l’attention autant qu’elle le mérite. Dans plusieurs cas qui se sont présentés dans nos salles de l’infirmerie de la Salpêtrière, nous avons pu voir, pour ainsi dire, la lésion se développer de plus en plus, surtout dans les os du tronc (côtes et vertèbres dorsales et lombaires), quelquefois aussi dans les clavicules et omoplates, et, pendant cette période progressive, l’affection était caractérisée non-seulement par des déformations de plus en plus marquées de la colonne vertébrale et des côtes, par la production facile de fractures des côtes ou même des clavicules, lors des mouvements spontanés de déplacement exécutés par les malades ; mais, de plus, on constatait l’existence de douleurs spontanées très-vives au niveau des os altérés, douleurs que le moindre contact exagère à un degré extrême, qui déterminent parfois des raideurs comme spasmodiques des muscles du cou, et qui nécessitent un traitement spécial. Il s’agissait là, en définitive, d’uiie affection particulière,j {(arfois très-douloureuse, se montrant dans la vieillesse et méritant de' prendre place au nombre des maladies de l’âge sénile. Dans les cas qui ' se sont terminés par la mort, nous avons fait une étude histologique complète; nous avons constaté et fait voir aux membres de la Société de biologie les lésions ordinaires trouvées à l’autopsie : des fractures multiples, complètes ou incomplètes, et souvent très-nombreuses des côtes, la dilatation des cavités aréolaires du tissu spongieux et la multiplication des éléments de la moelle, soit dans ces os, soit dans les vertèbres, soit dans les os coxaux, soit dans les extrémités des os des membres. En i même temps, nous avons appelé l’altention sur la remarquable décaici- J bcation qui a lieu alors dans les os atteints d’ostéomalacie, et sur la transformation du tissu osseux en tissu osléoïde.
\ 46. Note sur F état des muscles et des nerfs du voile du palais dans un cas d angine diphthéritique.
En commun avec M. Charcot,
(Comptes rendus de la Soc. de biol., 1862, 3' série, t. IV, p. 155 .)
Cette note a fait connaîtrè l’existence de lésions très-évidentes, dans un groupe de paralysies considérées par beaucoup d’auteurs comme des paralysies essentielles. L’altération des muscles cl des nerfs du voile du palais, dans le fait dont nous avons entretenu la Société de biologie, n’était pas une particularité exceptionnelle, et nous l’avions bien fait pressentir ; il est même probable qu’elle existe toujours lorsqu’il y a paralysie du voile du palais à la suite d’une atteinte d’angine diphthéritique. Rien ne s’oppose même jusqu’ici à ce qu’on admette que, dans les cas où une paralysie plus ou moins généralisée se manifeste à la suite de la diphthérite, il y ait des lésions plus ou moins analogues des muscles et des nerfs des diverses parties du corps affectées.