‹ Notice sur les travaux scientifiquesChapitre 3 sur 3 · RECHERCHES · texte numérisé non relu

RECHERCHES

plusieurs espèces de Vertébrés ; Girod avait signalé ceux des granules du noir de la poche des Seiches.

J’ai constaté de mon côté que cette mobilité appartient non seulement au pigment visuel des Vertébrés, mais encore à celui des Invertébrés, quel que soit d’ailleurs le degré de complication anatomique de W (SydropMle, Mouche, Pecten, AnnéliOes diverses; chromoMasies o» Sépioles, etc.).

Si l’on suit assez longtemps au microscope quelques-uns de ces gloiules ou chromocytes très fortement pigmentés, on les voit chaîner très fréquemment de forme sous la poussée de véritailes Ilots de granules qui se précipitent sur la paroi, tantôt d'un côté, tantôt de l’autre donnant véritailement l’impression d’un amas de bactéries ; on peut finalement assister à une disparition locale de cette paroi et, par la irèche ainsi produite, ou voit des traînées de granulations se répandre dans le plasma, tandis que d'autres pdnitrent peu à peu dans des éléments cellulaires voisins, globules en dégénérescence ou globules

Chez d’autres Synascidies (DistapUa, Diplosoma), les éléments des ascidiozoïdes en régression sont histolysés dans la tunique et les granules pigmentaires qu’ils engendrent émigrant peu à peu vers la périphérie du cormus par leurs mouvements propres, finissent par être rejetés à l’extérieur par suite de la desquamation qui se produit lentement à la surface do la tunique ; une pareille expulsion s’observe d’ailleurs chez tous les animaux à extoliations épidermiques.

Enfln,j’ai encore mis en évidence, chez les Botryllidés, îes miproilioM des granules pigmentaires des ascidiozoïdes adultes chez leurs embryons. Ceux-ci subissent leur entier développement dans des lacunes sanguines maternelles et ne sont entourés que de deux enveloppes épithéliales simples, très minces. Or, fai vu des traînées de granules pigmentaires s’étendre sans interruption de la cavilé sanguine maternelle Jusque dans les cellules profondes de l’embryon, à travers les enveloppes larvaires.

Cette invasion pigmentaire, qui rappelle de tous points les phénomènes de contagion microbienne du foetus par l’organisme maternel chez les animaux supérieurs, se fait par les mouvements propres des granules, sans intermédiaire d’amibocytes qui leur serviraient de véhicule. Les granules pénètrent un peu partout, principalement dans les éléments qui ont atteint leur différenciation définitive (globules sanguins, chorde, etc.)

26. — Dans cette nouvelle note, j'ai étudié deux points bien déterminés : j’ai précisé les processus de la formation du pigment dans les éléments en hlstolyse et établi la vitalité momentanée des granules pigmentaires.

t» Dans les éléments en régression des Bolrylles, des Botrylléides et des DistapUa, les noyaux perdent très tôt leur réseau chromatique,tout en conservant leur paroi très nette, le cytoplasme se teinte uniformément en rose par le carmin, et c’est aux dépens de cette substance colorée que se différencient les premières granulations pigmentaireSf

des ascidiozoïdes s’avance; mais la paroi nucléaire persiste encore long-

jusque dans les tissus des embryons, ainsi que je l’ai déjà exposé

*""^6 rôle de la chromatine dans ce phénomène est le même que celui qu’a décrit Bataillon dans la formation du pigment des Batraciens, toutefois avec des processus un peu différents.

2» Les mouvements des granules des Botryllidés ne sont certainement pas à tout instant de simples mouvements browniens, comme ceux que P. Carnot a observés chez les pigments mélaniques des Vertébrés. Ces granules possèdent, tout au moins au début de leur formation, et conservent pendant quelque temps une vitalité propre, avec faculté de multiplication. Du pigment pris dans des ascidiozoïdes de différents Botrylles, avec toutes les précautions d’aseptie obligatoires, s’est multiplié temporairement sur sérum et sur gélatine ; mais les nouveaux granules sont incolores ou légèrement jaunâtres.

J’ai fait par comparaison de nombreuses cultures de pigments mélaniques très divers et je n'ai jamais obtenu de résultats.

Quand les granules se différencient dans le cytoplasme des éléments' en histolyse chez les Botryllidés, ils ont donc pendant quelque temps la propriété de s’accroître et do se multiplier ; mais cette double faculté disparaît dès qu’ils ont atteint leur différenciation complète et qu’un chimiste particulier les a imprégnés de matière colorante.

Le critérium de la vitalité des granules ne peut pas être fourni par leur mobilité ; il faut observer leur multiplication dans des milieux appropriés. Ainsi le sublimé et le formol en solutions fixatrices, une température de 140» et même 170“ ne suppriment pas les mouvements de la plupart des granules des Botrylles et des Distaplia, mais leur enlèvent la faculté de se multiplier.

Enfin chaque granule pigmentaire se compose d’un corpuscule incolore de matière organique, insoluble dans l’acide acétique, l’alcool et le xylène, et imprégné de matières colorantes variables qui ne sont élaborées que dans les conditions de la vie normale, car aussitôt après la mort les Botryllidés prennent tous une teinte rouge vineuse, quelle qu’ait été leur coloration primilive.

Par leur composition, leur vitalité momentanée et leur pouvoir absorbant pour la lumière, les granules pigmentaires rappellent certainement les leucites des végétaux et jouent vraisemblablement, comme ces derniers, un rôle biologique important que des recherches ultérieures viendront préciser quelque jour. (Voir p. 46).

régulièrement mes vacances aux bords de la mer pour recueillir les divers Tunioiers que je pouvais y rencontrer et ajouter, si possible, aux recherches déjà si importantes de Lacaze-Duthiers et Delage (les Molgulidées et les Cynthiadées des côtes de France) ainsi qu’à celles de Lahille (les Synascidies des côtes de France).

Je fus ainsi amené à constater en certains points de nos côtes la présence d’espèces nouvelles ou d’espèces rares, ainsi qu’à modifier ou à étendre certaines diagnoses. Mon maître, M. Perrier, devait par la suite me confler l’étude de l’importante collection des 'Puniciers du Muséum, qui était toute entière à déterminer.

Roule avait créé assez récemment (1886) le sous-genre Eagvriovsfi^ pour une forme de la Méditerranée qui possède, comme les BotrisclïObranchus de Trausfedt, une seule glande génitale à gauche et une branchie à petits trémas courbes de Molgule. L'espèce de Roule et celle de Traüstedt doivent être versées dans un même genre, qui sera essentiellement caractérisé par sa glande génitale gauche et sa branchie a

établir ce classement et pour fixer les caractères des nouvelles espèces que j’ai fait connaître.

Je me contenterai de présenter ci-dessous la liste de ces espèces, classées méthodiquement. Cette liste aura en outre l’avantage de montrer que sur les neuf genres bien caractérisés que comprend à l’heure actuelle la famille des Molgulidées, il n’y en a que trois qui ne sont pas représentés dans les collections du Muséum. {Eugyra, Eugyriopsis et Ascopera).

35. — Dans le cours de mes recherches encore inédites sur la révision des BoUéninées appartenant aux collections du Muséum, j’ai trouvé, mélangée avec des Bolténies, une nouvelle forme de Molgulidée possédant des caractères génériques très différents de ceux que m’avaient présentés les autres Molgulides de la collection, et dont j'ai fait le g- Meristocarpus. Dans toutes les espèces connues jusqu’ici, chaque glande génitale se montrait formée d'une partie mâle et d'une partie femelle accolées en une masse unique ; celle de droite était toujours située au-dessus du rein et celle de gauche, quand elle existait, était toujours située au-dessus de l’anse intestinale.

iéum par de très nombreux spécimens remplissant plus de 300bocaux irovenant de presque toutes les mers. Celles des côtes de France sont ore le moins bien représentées ; à mesure que je procéderai à l’étude diBérents genres, je compléterai la collection avec mes spécimens sonnels que j’ai recueillis à la grève ou dragués en différents points

,a révision de cette famille est d’ailleurs très peu avancée pour le ment et je n’ai encore publié que la description du nouveau genre

se divise, comme on le sait, en trois tribus : les BolUninées, les inées et les Styélinées.

• La première tribu n’a pas de représentants sur les côtes d’Eu- J’ai commencé la détermination d’une trentaine de spécimens enant aux collections du Muséum et provenant de diverses explos, entre autres du Talisman. Jusqu’à présent ils ne m’ont offert B espèce nouvelle.

- La seconde tribu, les Cynthinées, ne renferme jusqu’à présent ois genres : Cynthia, Microcosmus et Foriesella. Le premier de

Page 1