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FIXATION DES ACIDES GRAS SUR LES CARBURES ACÉTYLÉNIQUES

Lorsque j’ai commencé cette étude en 1883, on rangeait parmi les carbures acétyléniques les corps les plus divers : l’acétylène, le crotonylène, le diallyle, etc. Je me suis proposé

d’établir une classification méthodique de ces différents corps, basée sur leurs réactions chimiques. J’ai utilisé, dans ce but, l’action de l’acide sulfurique et de certains sels métalliques, et je suis arrivé ainsi à les diviser en quatre classes.

t” Carlures acétyléniques vrais. — M. Berthelot a montré que l’acétylène donne, avec le chlorure cuivreux ammoniacal, une combinaison métallique rouge. D’autre part, Friedel a émis l’idée que les carbures acétyléniques monosubstitués, répondant à la formule 11 — C = CH, devaient la propriété de donner des combinaisons métalliques h l’acidité de l’atome d’hydrogène fixé sur la fonction acétylénique =CH. Enfin, Kulscheroff a observé que les carbures acétyléniques se combinent aux sels mercuriques (chlorure, bromure, sulfate, acétate) et que ces combinaisons, chauffées avec de l’eau, engendrent, par hydratation, des cétones.

Les réactifs précédents n’étant pas d’une sensibilité très grande, j’ai songé à utiliser le nitrate d’argent en solution dans l’alcool. J’ai reconnu ainsi que les carbures acétyléniques vrais précipitent ce réactif en déplaçant l’acide azotique du nitrate d’argent, ce qui vérifie l’idée émise par Friedel. De plus, le sel argentique ainsi formé R—C=C —Ag s’unit à une molécule de nitrate d’argent pour donner un dérivé de la forme R—C = CAg, AzCFAg : cette réaction a été utilisée depuis par M. Griner, dans son travail sur la dipropargyle, et par M. Leroy dans ses études sur la naphtylacétylène.

Le nitrate d’argent en solution alcoolique est le réactif le plus sensible des carbures acétyléniques, surtout si l’on s’adresse aux termes élevés. Cela se conçoit facilement ; en effet, le réactif et le carbure sont solubles dans l’alcool, condition éminemment propre à favoriser la réaction; en outre, le carbure réagit sur deux molécules de nitrate d’argent, dont l’une est simplement fixée par addition. La sensibilité de la méthode est donc

plus que doublée. On retrouve facilement avec ce réactif l’acétylène dans le gaz de l’éclairage; en une ou deux minutes, un courant de gazlavé dans la soude fournil un précipité blanc ; cependant, le gaz d’éclairage ne renferme que 0,06 •/. d’acétylène.

J’avais donc entre les mains un réactif sûr, permettant de caractériser les carbures acétylèniques vrais.

J’ai ensuite hydraté ces carbures par l’intermédiaire de l’acide sulfurique; cette méthode avait été indiquée par M. Berlhelot, à propos de l’acétylène; je l’ai étudiée dans la série et j’ai montré que les carbures acétyléniques vrais donnent toujours naissance à des méthylcétones :

R-CsCH + H’O = R —CO —CH’.

En un mot, l’oxygène se fixe sur l’atome de carbone non hydrogéné. Comment se produit cette réaction? Y a-t-il scission de la molécule de l’eau en oxygène et hydrogène? et l’hydratation de ces carbures est-elle différente de celle des carbures élhyléniques?

M. Berthelot a montré que l’acide sulfurique réagit sur les carbures élhyléniques (éthylène, propylène) avec formation d’acides sulfoviniques.

Ceux-ci sont de véritables éthers sulfuriques répondant à la constitution suivante :

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