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J’ai publié un traité de chimie ayant pour titre : Traité de chimie organique d’après les théories modernes , dont j’ai commencé la rédaction de la troisième édition.
L’ensemble des deux volumes qui le composent a plus de deux mille pages. Il est précédé d’une préface de M. Friedel.
J'ai divisé cet ouvrage en trois parties. Dans la première, j’ai exposé les notions générales nécessaires à l’étude de la chimie organique et j’ai employé un nouvelordre dans leur exposition. J’ai adopté, en effet, la marche que l’on doit suivre pour étudier un corps nouveau et j’ai groupé autour de chacune des opérations les lois et les principes sur lesquels on s’appuie.
J’ai donné, dans cette partie, une importance assez considérable à,la stéréochimie; j’en ai développé les notions fondamentales. J'ai montré comment, par deux chemins tout à fait différents, on arrive à cette notion que, dans le méthane, le centre de gravité de l’atome de carbone étant supposé placé au centre d’une sphère, les centres de gravité des atomes d’hydrogène sont situés sur cette sphère à égale distance les uns des autres, ce qui conduit, en reliant ces points deux à deux, à metlre en relief une figure tétraédrique.
J’ai fait, dans le courant de l’ouvrage, l’application constante de ces données et montré leur accord avec les faits.
La partie descriptive a été scindée en deux séries : la série
cyclique et la série acyclique et, dans chacune d’elles, j’ai étudié les corps par fonction, principe adopté depuis déjà longtemps par M. Berlhelot, dans son Traité classique.
L’exposition procède du simple au complexe. J’ai étudié d’abord les corps qui ne renferment qu’une fonction, puis ceux qui en renferment deux, trois, et ainsi de suite.
J'ai passé en revue toutes les théories émises sur ces différents sujets ; je les ai présentées sous la forme la plus simple, m’efl'orçant d’inciter l’esprit à suivre les raisonnements sur lesquels elles sont basées. Quand plusieurs de ces théories se sont trouvées en présence, je les ai discutées en montrant leurs points faibles et leurs avantages.
Chacun des chapitres qui composent ce livre comporte l’exposition des réactions et des propriétés générales des corps que l’on étudie. Un grand nombre ont été rassemblées par mes soins ; Je me suis appliqué surtout à doter l’élève de connaissances très générales et en même temps très étendues, lui permettant d’embrasser sans trop de fatigue le champ immense de la chimie organique. 11 ne m’appartient pas de porter un jugement sur mon œuvre. Je me contenterai de reproduire quelques extraits des articles relatifs à ce livre.
Extrait de la préface de M. Friedel :
« M. Béhal, qui a eu le mérite d’introduire la notation, et, ce qui vaut mieux, les idées atomiques dansl’enseignement del’École de Pharmacie, et qui est non seulement un professeur plein d’entrain, mais un chercheur habile et heureux, a su donner à son livre ce double caractère théorique et pratique. Il y a fait une large part aux généralités en appuyant particulièrement sur ce qui concerne la détermination des poids moléculaires par les méthodes physico-chimiques les plus récemment introduites et sur les consi-
déralions stéréochimiques dont la valeur pratique a été établie par les magnifiques travaux de M. E. Fischer, sur les matières sucrées.
« Dans les généralités comme dans la description des corps et de leurs propriétés, il s’est attaché à suivre l’ordre rationnel suivant lequel procéderait un chimiste dans son laboratoire.
« Abondance de faits, connaissances pratiques permettant d’éliminer ceux qui sont sans importance réelle et de mettre les autres dans leur vrai jour, enchaînement rationnel et commode, tout cela donne une valeur sérieuse au Traité de chimie organique de M. Béhal. 11 ne semble pas que ceux qui l’auront étudié puissent conserver à l’égard de la théorie atomique les scrupules de M. Ostwald ; celle-ci constitue un ensemble fort présentable, que rien ne saurait actuellement remplacer, et qu’en héritiers respectueux, mais indépendants de la génération qui disparaît, les chimistes d’aujourd’hui peuvent accepter sans crainte, quoique sous bénéfice d’inventaire.
« C. Ffiedel, de tInstitut. »
Extrait du compte rendu fait par M. Grimaux, dans le Bulletin de la Société chimique :
« Voilà un bon livre et qui atteint complètement le but que s’est proposé l’auteur : faire connaître la chimie organique, l’état actuel de ses doctrines, de ses idées générales, étudier les caractères fonctionnels des corps en citant les termes principaux, sans se perdre dans le détail minutieux des préparations et sans s’occuper des applications techniques.
« Plusieurs chapitres méritent d’être cités à part par l’abondance et la précision des renseignements; tel est le chapitre des sucres, dont l'histoire scientifique a été absolument renouvelée dans ces dernières années. Du reste, ce livre n’est autre que la
reproduction du cours que M. Béhal fait, depuis plusieurs années, à l’École de Pharmacie, et le succès de son enseignement prouve l’excellence de la méthode.
« Je puis ajouter que le livre de M. Béhal ne sera pas seulement utile aux débutants, les vieux chimistes comme moi y trouveront aussi leur profit. Pour ma part, j’ai déjà eu et j’aurai encore l’occasion de le consulter avec fruit; j’avais donc raison de dire, en commençant : « Voilà un bon livre » et qui honore la Science française.
« E. Grimaux, de l'Institut.
J'ai publié une étude sur les Dérivés radiques et leurs applications industrielles.
Ce travail, qui a fait l’objet de ma thèse d’agrégation à l’École supérieure de Pharmacie de Paris, a été édité en un volume chez Carré, rue Racine (1889, 172 pages). C’était la première fois qu’on réunissait en un corps de doctrine tous les faits relatifs aux composés azoïques.
J’ai fait un certain nombre de Conférences au laboratoire de M. Friedel. Elles ont été publiées dans les Actualités Chimiques et réunies dans les volumes de conférences éditées chez Carré. En voici les titres :
1” Relations entre deux groupements fronclionnels dans la molécule ;
2” Dérivés azoïques;
3" Carbures acétyléniques ;
4' Les oximes;
5“ Créosote officinale;
6" Stéréochimie de l’azote ;
T Sur la chloralimide;
8' Sur la constitution du camphre (2 conférences) ;
9" Sur la nouvelle nomenclature.
Wurlz, publié sous la direction de M. Friedel, un grand nombre d’articles
Je ne mentionnerai, pour en donner une idée, que les articles parus dans la lettre A :
Acétoximes; aldoximes; carbures acélyléniques; acorine; amariné; amidoximes; amines, amylènes; amyléniques (glycols); amyliques (alcools); amyliques (aldéhydes); andromédoloxine; asarique(acide), asarone; auranliamarique (acide); azophénylallyle; azoxime; azylines.
Enfin, je citerai encore les projets de uomenclalure des corps à fonctions complexes, présentés, l’un au Congrès de l’Exposition de 1889, et l’autre au Congrès de Genève.