SUR LES PHÉNOMÈNES CAPILLAIRES
30. — Sur la tension superficielle des liquides. [Annales de chimie
et de physique, t. XXI, 1871.)
Je montre dans ce mémoire que l’emploi du compte-gouttes fournit un moyen à la fois exact et pratique d’évaluer la tension superficielle ou constante de capillarité des divers liquides, et que ce procédé est exempt à la fois des complications théoriques dont l’avait cru entouré M. Dupré, et des causes d’erreur que l’on rencontre dans la mesure des hauteurs soulevées dans un tube capillaire.
Je profite des facilités offertes par ce procédé de mesure pour étudier la question de la stabilité des émulsions. Je montre qu’elle dépend comme facteur principal de l’égalité des tensions superficielles des deux liquides en émulsion". Comme facteurs secondaires interviennent: 1“ la différence des densités qui amène plus ou moins rapidement la séparation en deux couches ; 2“ la viscosité des liquides qui rend plus ou moins facile la circulation des globules émulsionnés ; 3“ la persistance de la durée de la mousse qui se forme à leur surface quand on les agite, persistance qui donne une mesure assez précise de la résistance à l'écrasement des systèmes laminaires qu’on peut former avec eux. Ces conclusions m’ont servi plus tard dans mes études sur le.lait.
31. — De Vinfluence de la tension superficielle des liquides sur les
mesures arèométriques {Journal de physique, 1. 1, 1872.)
Je montre par l’expérience, dans ce travail, les causes d’erreur auxquelles on est exposé, dans l’emploi des aréomètres, quand on néglige les varia-
lions dans la tension superficielle des liquides où on les plonge. Je prouve que la construction d’un aréomètre densimétrique exact est théoriquement impossible, et j’indique les règles auxquelles est astreinte la graduation de tout alcoomètre précis.
32. — Sur les tensions superficielles des solutions aqueuses d!alcools
et diacides gras. {Ann. de ch. et de phys., t. Xlll, 5" s., 1878, et
Comptes rendus, t. LXXXV, p. 1068, 1877.)
Dans ce mémoire, j’emploie encore le compte-gouttes .pour étudier la variation de tension superficielle de l’eau àlaquelle on ajoute des proportions croissantes d’alcools ou d’acides gras, et, au point de vue pratique, les tables que j’y ai insérées peuvent fournir dans certains cas de très précieux moyens de dosage de ces substances.
Au point de vue théorique, l’étude des courbes de variations conduit ù la curieuse loi suivante ;
Si avec les divers alcools ou les divers acides gras on compose des solutions à des titres variés, et si l’on compare entre elles celles de ces solutions qui ont même tension superficielle, les proportions centésimales, en volumes, d’alcool ou d’acide qu’elles renferment sont entre elles dans un rapport constant, indépendant de la valeur de la tension.
En d’autres termes, si nous appelons x la proportion centésimale d’un alcool ou d’un acide entrant dans un liquide de tension superficielle T, et si nous représentons pas iu=/"(T) l’équation de la courbe des tensions pour une substance donnée, x=kf(i) sera l’équation delà même courbe pour une autre substance. En d’autres termes encore /(.T) est la même pour tous les corps d’une même, série organique, et ne se modifie de l’un à l’autre que par l’introduction d’un coefficient constant k, caractéristique ' de chaque corps.
Cette loi dilfère des autres lois établies en capillarité, telles par exemple que la loi dite des modules, en ce qu’elle est établie sur une base très large, les trois facteurs dont dépend son énoncé, à savoir : densités, tensions superficielles et composition centésimale des liquides étudiés, parcourant presque en entier l’échelle de variation sur laquelle ils peuvent se mouvoir.
33. — Théorie élémentaire de la capillarité, gr. in-S». Paris, Gaulhier- Villars, 1872.
J’ai essayé, dans ce travail, de grouper en corps de doctrine, en les simplifiant, les résultats épars sur la tension superficielle et d’en faire une théorie tout élémentaire qui explique tous les faits connus, éclaircit toutes les difficultés, ne peut soulever aucune controverse théorique parce qu’elle s’appuie uniquement sur l’expérience, et l’emporte par suite, au point de vue pédagogique, sur toutes celles qui existaient alors dans l’enseignement.
TRAVAUX