Notice sur les travaux scientifiques, avril 1892
Les deux premières se rapportent aux sujets qui relèvent de l’enseignement spécial, dont la direction m’a été confiée, depuis bientôt dix-huit ans, au Muséum, d’une part, les Reptiles et Batraciens, d’autre part, les Poissons- Pour chacune d’elles dans un paragraphe sont placés les notes et mémoires sur l’anatomie et la physiologie, dans un autre les études zoologiques proprement dites (répartition géographique, taxinomie, etc.).
En ce qui concerne les Poissons un paragraphe particulier fait connaître les résultats obtenus lors des recherches exécutées sous les auspices du Ministère de l’Instruction publique, avec le concours du Département de la Marine, sur la faune ichthyologique des grandes profondeurs, recherches auxquelles j’ai pu prendre personnellement part. Afin de ne pas scinder le sujet en ce qui concerne la répartition bathymétrique des êtres, quelques études se rapportant è des animaux d’autres Classes y ont été jointes. Un quatrième paragraphe contient les travaux relatifs à l’aquiculture, art dans
lequel l’Ichthyologie trouve des applications pratiques de jour en jour plus multipliées:
Les notes et mémoires sur les Invertébrés (Mollusques — Vers — Spongiaires) forment une troisième section dans cette notice, que termine l’énumération d’un certain nombre de travaux sur quelques autres parties de l’histoire naturelle.
Ces recherches zoologiques ont été pour la plus grande part dirigées vers le double but que comporte l’étude de la classification.
Le plus important a pour objet de déterminer les caractères des êtres et d’en déduire leurs rapports naturels. L’anatomie descriptive et l’anatomie générale, la physiologie, la connaissance d'é la répartition géographique et même des mœurs, fournissant chacune des vues susceptibles de s’éclairer les unes les autres, doivent être mises à contribution pour arriver à la connaissance d’un être donné. En étudiant l’animal à l’état de vie dans ses différentes fonctions, on cherche à remonter de celles-ci à l’organe, duquel, comme plus objectif, seront tirées les caractéristiques, si donc dans ces recherches nous invoquons l’aide de la biologie dans son ensemble, c’est à la morphologie que devront être empruntées les formules.
Une autre question à poursuivre dans le même sens est, suivant les principes posés par Cuvier, ,de reconnaître la subordination de ces caractères et d’établir, pour chaque groupe, entre les différents appareils, une sorte dé hiérarchie suivant leur importance relative dans l’organisme. Les progrès réalisés de nos jours en anatomie générale fournissent sur ce point un puissant secours, car la structure des tissus ou de certains organes semble devoir être
placée au premier rang pour donner les caractères dominateurs. Les Poissons en particulier offrentlii un champ fécond de recherches, et les déductions que l’on peut tirer de l’étude histologique du squelette et des épines des nageoires ou de celle'des écailles chez les Téléostéens, en sont des exemples, auxquelsont trait plusieurs des travaux ici énumérés.
D’autres indications sur les rapports naturels peuvent se tirer de l’étude du milieu, en prenant ce mot dans sa plus large acception, c’est-à-dire appliqué non seulement aux éléments inorganiques, dans lesquels l’animal puise les matériaux premiers de l’existence, mais encore aux êtres qui, cohabitant avec lui, peuvent réagir sur son organisme, comme il réagit lui-même sur le leur. L’étude de la répartition soit en surface, soit en hauteur, répond à ce même genre d’idée. Dans les grandes lignes de rapports qu’une vue encore incomplète nous fait pressentir, on peut soupçonner certaines relations nécessaires, qu’on invoquerait pour justifier ou prévoir certains rapprochements, certaines corrélations. La coexistence d’êtres décomposant l’acide carbonique auprès des animaux qui le forment, celle d’espèces herbivores et d’espèces carnivores au voisinage les unes des autres, sont souvent citées comme faits de cet ordre. Nous pouvons chercher des lumières sur ce point dans la considération des équivalences géographiques, qui nous font voir des espèces très différentes jouant le même rôle en des lieux différents et pouvant offrir des analogies frappantes, bien que leurs affinités soient parfois éloignées ou nulles; les faunes ichthyologiques circumpolaires en fourniraient la preuve.
Les études en vue d’arriver à l’établissement, de la nomenclature, taxinomie, se rapportent à un ordre de travaux
second but de la