I. — ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE
1- — Note sur la disposition des vertèbres cervicales chez quelques Chéloniens.
[Bull. Soc. pkilomathiquedePans. série, t. î, p. 13; 23 décembre 1816.)
Remarque sur la disposition des vertèbres cervicaks chez les Trionyx.
[Bull. Soc. philomathique de Paris, 7* série; t. III, p. 239; 36 juillet 1879.)
Sur la disposition des vertèbres cervicales chez les Ciiélo.niens.
Mémoire de la disposition des vertèbres cervicales chez les
Chéloniens.
disposition des vertèbres, surtout des centrums, il la région cervicale chez les Chéloniens.
Ces animaux forment un ensemble des plus naturels et l’aspect extérieur est si peu différent, dans ses traits généraux, pour les divers groupes, qu’on serait tenté de croire, à priori, que l’étude anatomique montrera de très faibles variations, surtout lorsqu’il s’agit d’une partie aussi importante que la colonne vertébrale. Le fait est que les anatoniistes avaient jusqu’ici négligé ;cette question et dans les ouvrages les plus justement appréciés (Cuvier, Meckel, etc.), l’indication fournie par la Cistude d’Europe, si admirablement étudiée par Bojanus, est donnée comme s’appliquant à toutes les autres espèces. Depuis, les zoologistes n’en ont parlé qu’incidemment, c’est il peine si l’on peut citer quelques remarques faites par M. Owen.-et Wilhelm Peters sur ce sujet.
Ayant rassemblé une importante collection de pièces, qui comprend les vertèbres cervicalès de plus dè quatre-vingts individus, appartenant à quarante-sept espèces, réparties dans vingt-deux genres, lesquels représentent d’une manière suffisante les grandes divisions, Familles et Tribus de l’ordre des Chéloniens, il a été possible d’étudier ce sujet beaucoup plus complètement.
On rencontre dans les vertèbres de cette région chez ces animaux, ordinairement même dans une espèce donnée, toutes les combinaisons articulaires du centrum dont les auteurs ont fait mention chez les Vertébrés, c’est-à-dire des centrums soit procœliens, soit opisthocœliens, soit amphicoeliens, soit amphicyrtiens. Suivant que le cou est plus onmoins.mobile,.que la rétraction §ou? la carapace se fait plus ou moins complètement, on obsêrve des combinaisons variées dânsilS manière dont se succèdent- ces différents types d’articulations vertébrales.
Ainsi chez les Chersemydina, franchement cryptodères, ayant le cou très allongé (Te$tudo,, Emys, Cisturio, e te.), on.trouve deux vertèbres ampbicyrtiennes : une postérieure, toujours au huitième rang;, une antérieure, occupant soit le quatrième, soit le troisième, soit le second rang. Dans ce groupe:, les première et septième vertèbres étant toujours amphicçeliennes, toutes les vertèbres qui précèdent la vertèbre amphicyrtienne antérieure sont opisthocoeliennes; celles, qui s.e trouvent en arrière sont procœliennes.
Chez les Tortues de la même Tribu, incomplètement cryptodères, à cou relativement court ( Cinosternoh , Chelydra , Staurotypus) , la huitième vertèbre est constamment procœlienne et l’amphicyrtienné antérieure seule existe, occupant tantôt le quatrième, tantôt le troisième rang. Pour les Tortues de mer, la rétraction du cou se fait de la même manière et la disposition est. semblable. .
Les Tortues qui appartiennent à la Tribu des Chelydina (Élodites pleurodères D. B.), nous offrent deux combinaisons correspondant à celles dont' il vient d’être question. Dans les espèces à cou allongé. (Chelodina, Platemys , Cïïelys, etc.), il existe deux vertèbres amphicyrtiennes, la quatrième et la huitième. Chez celles à cou moins développé ( Siernothærm , Pelomedusa), on n’en trouve plus qu’une, elle occupe le second rang.
Enfin, dans les Triônychida une disposition très' différente se rencontre : toutes les vertèbres, sauf les deux extrêmes, sont opisthoccèliennes.Lapremière, vertèbre odontoïdienne, est, commetoujours, amphicœlienne. Quant à la huitième, le mode d’articulation du centrüm en,est uniquejusqu’ici parmi les Vertébrés ; celui-ci, terminé en avant par une tête à double condyle, en arrière s’atténue en pointe et ne se trouve joint à la première dorsale que par un ligament. L’union de ces deux os est assurée par les apophyses articulaires, les jiostérieures dé la dernière cervicale s’enroulent autour des antérieures de la première dorsale pour former un véritable gond, qui retient très solidement les os, tout en permettant uh mouvement si étendu dans le plan vertical, que les faces inférieures de ces deux vertèbres peuvent s’appliquer l’une contre l’autre.
On observe encore dans le. mode d’articulation des vertèbres cervicales d’autres modifications qui ne sont pas sans importance sur le jeu des organes. Dans la portion antérieure les surfaces,articulaires, têtes et côtyles, sont de forme hémisphérique, donnant lien à des diarthroses condyliénnes, qui permettent des mouvements plus ou moins étendus en tous sens. A la partie postérieure au contraire les surfaces s’allongent transversalement et d’ordinaire, Comme déjà l’avait figuré Bojanus, sont composées d’une double tête répondant à une cavité également double ; dans ce cas les seuls mouvements sont ceux de flexion et d’extension, on a donc un véritable .ginglyme. L’èxamen des espèces étudiées dans ce travail
montre que le nombre de ces articulations ginglymoïdes, toujours les dernières dans la série, est variable suivant les types. Dans les Tortues réellement cryptodères et aquatiques on en trouve trois, il n’y en a que deux dans les espèces du même groupe mais terrestres ; les Tortues imparfaitement cryptodères et les Tortues do mer n’en ont qu’une. Malgré le type particulier d’articulation de leurs vertèbres cervicales, les Trionychida présentent également des articulations ginglymoïdes, deux chez le Cycloderma Aubryi et le Trionyx ægypliactis, une seule chez le Trionyx javanicus eiVEmyda granosd. Ces articulations limitant la possibilité des mouvements à ceux qui se passent dans le plan vertical, manquent naturellement chez les Tortues pleurodères ; pour celles-ci la disposition des apophyses articulaires donne des ginglymes qu’on peut appeler horizontaux.
Le tableau ci-cohtre,oùse trouvent schématiquement représentées ces différentes dispositions, permet de juger d’un coup d’œil de leur singulière variété. Les diverses sortes de vertèbres, établies d’après la disposition des surfaces articulaires, y sont distinguées par dès hachures : nulles pour les vertèbres amphicœliennes, verticales pour les procœliennes, horizontales pour les opisthocœliennes, quadrillées pour les amphicyrtiennes. Les articulations ginglymoïdes sont indiquées par une forme en double croissant et un trait. Les chiffres placés à gauche désignent le rang de la vertèbre, chiffre arabe, et le rang de l’articulation, chiffre romain.
En résumé, il existe là un nombre relativement considérable de combinaisons et on constate qu’elles répondent en grande partie aux groupes déjà établis par les auteurs récents, dans la classification de ces animaux. Toutefois pour la tribu des Chersemydina, il serait utile, eu égard au nombre différent de vertèbres amphicyrtiennes, d’y établir deux sections ; les Chelydreæ, avec une seule de ces vertèbres, les Testodinæ, qui en possèdent deux. Quant à la position de la première vertèbre amphicyrtienne, autant qu’on en peut juger, elle n’a qu’une médiocre importance, car des espèces très voisines diffèrent sous, ce rapport, sans qu’il nous soit encore possible d’en saisir la raison, par exemple la Tortue marginée et la Tortue mauritanique, qui l’ont au quatrième rang, tandis qu’elle occupe le troisième chez la Tortue grecque.
Ces différences dans les vertèbres de la région cervicale sont en
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relation avecles nécessités diverses d’existence des Chéloniens. Dans cet Ordre nous observons des mœurs variées, il existe tous les. intermédiaires entre la vie complètement terrestre et la vie complètement aquatique, des espèces sont herbivores, d’autres sont carnivores. Si l’on se rappelle que les membres, contournés pour sortir de la carapace au travers des ouvertures qui leur livrent passage, conservent pour unique rôle de servir à la progression, on ne s’étonnera pas des adaptations diverses données au cou et par suite à la tête, seule partie dont la mobilité permette à ces animaux de se mettre en rapport par le tact avec les objets qui les entourent.
Ce travail favorablement accueilli par différents spécialistes, MM. Günther, Zittel, etc., a été pris en considération par M. Baur dans ses études sur la classification des Chéloniens et par M. Boulenger dans son récent Catalogue du British Muséum.
2. — Note sur la composition anatomique des battants du plastron fermant la carapace chez les Cistudes et les Cinosternes.
(Bull. Soc. philomathique de Paris, 1" série, t. I, p. 36; 10 février 1813.) j
Cette note a pour but d’attirer l’attention sur la valeur taxinomique que peut parfois avoir la carapace osseuse.
Dans les Tortues où le plastron présente deux parties mobiles, les Cistudo et les Cinostemon par exemple, la composition squelettique des battants peut être très différente, le nombre des pièces osseuses du plastron restant d’ailleurs le même. Chez les premières le battant antérieur est constitué par cinq pièces, les quatre autres forment le postérieur. Pour les Cinosternes, la partie dormante moyenne comprend les quatre pièces osseuses intermédiaires, hyosternums et hyposternums, trois forment le battant antérieur et les deux dernières le postérieur.
Les plaques cornées n’offrent pas la même différence, car dans 1 un et 1 autre genre le battant antérieur est toujours recouvert des trois premières paires d’entre elles.
3. — Note sur la disposition des pièces osseuses dans le plastron des Sternothêres.
Chez ces Reptiles, comme l'avait remarqué M. Cope, le plastron osseux présente une complication inusitée. 11 est composé de onze pièces au lieu de neuf, nombre habituel chez tous les Chéloniens de la période actuelle. Les deux pièces supplémentaires, placées entre les hyosternums et les hyposternums, pourraient être désignées sous le nom de mésosternums.
M. Owen, pour les Pleurosternes, Tortues trouvées dans le terrain crétacé, avait signalé cette même composition; toutefois, les deux genres ne peuvent être confondus, car dans l’espèce fossile le plastron est immobile, la partie antérieure forme au contraire un battant operculaire clausile chez les Sternothêres.
4. — Note sur une disposition particulière observée sur la langue du Chelydra Temminckii, Troosl.
La langue de cette Tortue aquatique présente un certain nombre de papilles longues de plusieurs centimètres, on les voit parfois sur le vivant faire saillie hors de la bouche. Ce sont sans doute des organes gustatifs et tactiles ; mais ils paraissent également pouvoir jouer le rôle de filaments pêcheurs pour attirer les poissons, dont la Chélydre fait sa proie.
S. — Disposition du tube digestif chez les Chéloniens. — Première note; Chéloniens herbivores.
(Bull. Soc. philomathique de Paris, 7« série, t. X, p. 135 ; 17 avrill886.)
Le régime des Chéloniens varie beaucoup suivant les espèces,
bien que les données positives sur l’alimentation de ces Reptiles soient jusqu’ici peu nombreuses, car l’observation présente plus de difficultés qu’on ne le supposerait au premier abord.
Cette étude, poursuivie îi la Ménagerie du Muséum, a donné quelques résultats exposés dans cette note en ce qui concerne certains Chéloniens herbivores. Ceux-ci appartiennent il des types très différents, les Tortues terrestres (Chersites de Duméril et Bibron) et quelques Tortues d’eau douce (Élooites des mêmes auteurs) confondues dans le genre Emys.
Parmi les premières les Teshido campanulata, Walb., T. pardalis, Bell, T.pusilla, Shaw., T. elongata, Blyth, Cinixys erosa, Schweig., C. Belliana , Gray, ont été examinées, parmi les secondes les Emys flaviventris, Günther, E. incisa, Bocourt, Tiironyæ longicollis, Lesson. Pour ces dernières espèces la Famille à laquelle elles appartiennent a pendant longtemps été regardée comme renfermant exclusivement des animaux carnivores, des observations consignées dans ce travail mettent hors de doute qu’il en est autrement pour les types cités.
Chez ces Chéloniens herbivores le tube intestinal, plus ample, présente sur certains points des dilatations où les aliments séjournent pour subir une digestion plus complète et pour favoriser l’absorption des matières nutritives. Ces réservoirs ne dépendent jamais des parties antérieures, c’est-à-dire de l’estomac ou de l’intestin grêle (lesquels ne diffèrent pas notablement par leur aspect de ce qu’on observe dans les espèces carnivores) ils sont toujours formés aux dépens du gros intestin, soit par l’existence d’un véritable cæcum (Tortues terrestres), soit par des dilatations placées sur le trajet de cette portion du canal ( Emys flamentris, Günther, E. incisa, Bocourt). Une autre particularité c’est que la différence de longueur entre l’intestin grêle et le gros intestin est toujours moindre chez les Tortues herbivores, au point que, pour certaines espèces, il y a égalité de dimension entre l’un et l’autre, les Chéloniens carnivores ont toujours au contraire le gros intestin comparativement peu développé.
6. — Observations faites à la Ménagerie des Reptiles sur les préludes de l’accouplement chez l 'Emys elegans.
(Bail Soc. philomathique de Paris, 7" série, t. IV, p, 436 ; 10 avril 1880.)
Les mâles dans certaines espèces d'Émydes, présentent aux pattes antérieures des ongles grêles, droits et démesurément allongés. Des observations faites à la Ménagerie des Reptiles ont permis de constater que, dans la saison des amours, le mâle, ayant pris les couleurs brillantes caractérisant lit parure de noce, se place à la surface de l’eau en face d’une femelle, étend ses pattes antérieures une de chaque côté de la tête de celle-ci, puis les ongles s’agitent par une sorte de vibration, qui se communique à l’eau environnante. C’est une excitation génésique comparable à ce qu’on connaît chez différents Reptiles ou Batraciens ; tel doit être l’usage, jusqu’ici inconnu, de ces appendices anormalement développés.
7. — Altération pathologique du plastron chez un Testudo radiata.
(Bail. Soc. philomathique de Paris , 7" série, t. I, p. 38 ; 10 février 1877.).
On rencontre fréquemment chez les Tortues, surtout au plastron, des tumeurs placées sous les écailles cornées et entourées par une capsule osseuse produite aux dépens de la carapace. L’examen histologique montre qu’elles sont constituées par des amas de cellules épithéliales. Il paraît probable qu’elles doivent leur origine à une irritation causée à la matrice des écailles, au point de jonction de celles-ci, par l’introduction de corps étrangers, tels que grains de sable, petites pierres, etc.
8. — Observations anatomo-pathologiques sur un Platemys Macquaria, Cuv.
Cet individu présentait des altérations consistant en des dépôts
d’apparence calcaire dans différents organes : l’intestin, le bulbe aortique et les gros vaisseaux, le poumon. Ces dépôts étaient assez abondants sur certains points pour constituer de véritables plaques.
9. Sur certaines méthodes destinées à apprécier l'angle d'écartement des branches du maxillaire inférieur chez les CrocodiÙens.
(Bait. Soc. philomathique, 6* série, t. IX, p. 142; 8 juin 1872.)
Dans cette note, sont exposés des essais en vue de déterminer d’une manière plus positive l’allongement proportionnel de la tête chez les Crocodiles. Généralement on se contente du rapport de la longueur à la largeur exprimé au moyen d’une fraction ordinaire, telle que t/3, 1/4, 2/3, etc. On pouvait se demander s’il ne serait pas plus commode de substituer à ces indications des mesures angulaires exprimées par un nombre simple; les méthodes analogues employées en anthropologie pour les comparaisons des crânes, peuvent servir de guide.
L’écartement des deux branches de la mâchoire inférieure paraît donner sur ce point d’utiles indications et être d’un emploi facile. On peut l’apprécier par la construction de deux triangles ayant pour base commune la distance qui sépare les onzièmes dents et pour sommets, l’un la symphyse de la mâchoire (angle symphysaire ), l’autre le point de rencontre des lignes menées par les onzième et cinquième dents de chaque côté (angle prêsymphysaire). La mesure de ces angles s’obtient graphiquement ou par un calcul trigonométrique très simple.
10. — Sur les Macroscincus Coctei D. B., récemment arrivés à la Ménagerie du Muséum d'Histoire naturelle.
Ces Lacertiens ont été rapportés par M. Delaunav, lieutenant de vaisseau, qui, grâce au concours de M. le contre-amiral Perrier
d’Hauterive et de M. Ferrand, avait pu se les procurer à l’Ilheo Branco (archipel du Cap Vert), seule localité oü ils se rencontrent habituellement aujourd’hui.
Les observations faites sur ces Reptiles à la Ménagerie du Muséum confirment l’opinion que le régime de ces animaux est exclusivement herbivore, contrairement à ce que les habitants du pays avaient assuré à M. Delaunay.
11. — Les premiers actes du travail disgestif; préhension des aliments et déglutition chez les Ophidiens.
(Mémoires puUits par la Société philomathique de Ports i l’occcasion du centenaire de sa fondation. Sciences naturelles, p. 31 ; Paris 1888.)
Le mode suivant lequel les Serpents prennent ou, pour parler plus exactement, engloutissent les animaux, dontilsfont leur nourriture, a toujours excité la curiosité; jusqu’ici toutefois on paraît s’être borné .à une étude superficielle, car les ouvrages, même spécialement consacrés à ces Reptiles, ne donnent sur ces phénomènes que des indications assez vagues et se rapportant toujours aux grosses, espèces Boas, Pythons, etc. En observant les Ophidiens nombreux et variés que renferme la Ménagerie du Muséum, il a été possible de reconnaître des différences assez notables dans ces actes physiologiques et d’analyser de ;plus près le mode suivant lequel ils s’accomplissent.
Les serpents constricteurs,' que leur volume désigne à l’attention et qui peuvent être plus facilement observés, ont été pris pour type. On sait qu’ils enroulent leur proie pour la tuer par asphyxie en immobilisant les parois thoraciques. C’est à cela que tout se réduit, il n’y a pas, comme on l’a dit parfois, fracture et broiement des os pour faciliter la déglutition d’une proie trop volumineuse, des observations positives, rapportées dans le travail, montrent le mal fondé de cette supposition.
La déglutition peut être divisée en trois périodes successives, qui ont été désignées ici sous le nom debuccale, de bucco-pharyngienne et d’œsophagienne. Dans la première les mâchoires seules agissent et cela en décomposant leur action en trois temps; la mâchoire su-
périeuré s’avance d’abord pendant que les deux branches de l’inférieure lui servent de point d’appui ; celles-ci à leur tour se portent en avant l’une après l’autre, la mâchoire supérieure restant alors immobile. La même succession de mouvements se répète ensuite, jusqu’à ce que la tête de la victime ait dépassé la bouche et se soit logée dans le pharynx, à ce moment les parois même du corps viennent en aide aux mâchoires, en tirant sur la proie pour hâter son introduction, c’est la période bucco-pharyngienne. La période œsophagienne commence lorsque la proie a franchi en totalité, la bouche, et se termine lorsque l’aliment est arrivé dans l'estomac. Il faut noter que chez ces animaux l’aliment n’est pas à proprement parler transporté dans l’appareil digestif, c’est celui-ci, qui progresse; la bouche d’abord, l’œsophage ensuite, marchent sur la proie, qui en réalité ne bouge que peu ou point de place.
Dans d'autres espèces la déglutition buccale s’effectue en deux temps suivant un mode bilatéral, les mâchoires supérieure et inférieure s’avancent simultanément d’un même côté et alternativement avec le côté opposé ( Coronella , Spilotes, Coryphodon).
C’est de même manière que la déglutition buccale a lieu chez les serpents venimeux ( Vipera , Echidna, Crola/us, Trigonocephalus), 11 faut noter que chez eux les tiges ptérygo-palatines seules agissent à la mâchoire supérieure, les maxillaires et intermaxillaires étant ou privés de dents ou portant les crochets spéciaux de l’appareil à venin, lesquels servent, à tuer la proie sans pouvoir être d’aucune utilité dans la déglutition.
Le mémoire se termine par l’exposé des observations faites sur les serpents Opisthoglyphes, qui ne peuvent tuer les animaux dont ils se nourrissent qu’après les avoir amenés au fond de la bouche où se trouvent les crochets venimeux, et sur les Ophidiens qui déglutissent leur proie vivante, comme la Couleuvre à collier.
12. — Sur la coloration des petits au moment de téclosion chez la Vipère fer-de-Iance (Botdrops glaücus, Lin.)
[Suit. Soc. philomathique de Paris, 7< série t.:XI, p.. »8;ilé décembre 1886.)
Une Vipère fer-dé-lance, envoyée par M. Thierry, du Jardin Bota-
nique de Saint-Pierre (Martinique), ayant mis bas trente-six petits, peu de temps après son arrivée au Muséum, on a constaté que ceuxci se partageaient en deux groupes très distincts d’après la coloration; quatorze étaient d’un brun gris sombre, vingt d’un joli jaune clair un peu orangé (deux ont disparu). C’est là une simple variation individuelle, qui se modifie peut-être plus tard, elle n’est pas en tous cas en rapport avec le sexe, comme l’a démontré l’examen anatomique.
13. — Note sur la structure de la peau chez quelques Batraciens.
En comparant la peau d’un Batracien anoure, tel que la Grenouille, à celle de Batraciens urodèles ou pérennibranches, comme le Salamandra communie , le Triton cristatus, le Siren lacerlina, on voit que chez le premier la peau se compose de deux couches : l’épiderme et la couche dermo-papillaire ; tandis que chez ces derniers il s’y ajoute une couche dense de fibres nacrées.
14. — Note sur la structure des téguments chez quelques Urodèles (Molge vülgaris, Linné, et Molge palmata, Schneider.)
(Bull. Soc. philomathique ie Paris, » série, t. Il, p. 137 ; 14 juin 1800.) . . i :
On sait, bien que les auteurs ne se soient guère appesantis sur ce point, que plusieurs Tritons de nos pays ont, suivant les saisons, un aspect si différent, qu’ils deviennent méconnaissables, le Triton ponctué (Molge vülgaris, Linné) et le Triton palmipède ( Molge palmata, Schneider), en offrent des exemples typiques. Ces livrées sont en rapport avec des changements d’habitudes, ces animaux étant terrestres en dehors de la saison des amours, aquatiques pendant celle-ci, c’est-à-dire au printemps.
Un fait frappant qui n’avait pas été signalé jusqu’ici, c’est que, sous le premier état, les Tritons se mouillent avec la plus grande difficulté, leur peau sèche restant enveloppée d’une couche d’air
argentée, quand on les plonge dans l’eau, tandis que sôus le second letégumentestlubrifié, couvert de mucus, comme celui des Poissons.
L’étude histologique montre dans la structure de la peau, des différences notables. Pendant la vie terrestre, celle-ci est doublée d'une couche de grosses glandes à contenu granuleux, qui diminuent au point de disparaître presque complètement lorsque l’animal a revêtu sa livrée vernale. La reproduction des parties coupées chez ces Batraciens permet d’observer sur le même point les deux dispositions sur un même individu.
15. — Note sur la ponte du J > \emofà\e de Waltl, observécàla Ménagerie des Reptiles du Muséum d'Histoire naturelle. (Bull. Soc. philomathique de Paris, 7" série, t. IV, p. 127 ; 13 mars 1880.)
Sur la ponte du Pleurodeles Walllii.
Les manœuvres qui accompagnent l’accouplement chez les Batraciens urodèles, ont, depuis les recherches de llusconi sur le Triton à crête, donné lieu à différentes remarques montrant qu’elles offrent, suivant les espèces, des particularités singulières. 11 a été possible de les observer sur le Pleurodèle de Waltl à la Ménagerie du Muséum et d’y reconnaître un mode nouveau.
Ici le mâle se place au-dessous de la femelle, de telle sorte que son dos réponde â la face ventrale de celle-ci : il se maintient dans cette position en enlaçant ses pattes antérieures autour de celle de sa compagne. De temps à autre, lâchant la patte de droite, il pivote autour de la patte gauche et vient se placer sur le côté de la femelle, agitant sa queue et semblant chercher à ce moment à opérer la fécondation.
On a pu suivre le développement des œufs et élever un très grand nombre de petits.