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III. — ÉTUDES ZOOLOGIQUES

54. — Recherches sur les affinités naturelles des Familles composant le Sous-Ordre des Poissons Malacoptérygiens abdominaux.

La classification des Poissons Tëléostéens présente encore à l’heure actuelle de grandes imperfections. Le nombre des espèces est considérable, les formes sont très analogues, et, depuis les travaux des premiers ichthyologistes, la méthode reste toujours en grande partie basée sur la considération de la nature des rayons et des épines, qui soutiennent les nageoires, sur la position des ventrales et autres caractères dont la valeur, en tant que caractères dominateurs, peut être regardée comme contestable.

Pour chercher si l’on ne pourrait pas trouver des rapports d’un autre ordre entre les différentes Familles, qui, elles, peuvent être considérées comme réellement naturelles, au moins pour la plupart, j’ai tenté dans ce travail, qui résume une partie du cours professé au Muséum en 1882-1883, dans lequel dix-huit leçons ont été consacrées à l’étude des Malacoptérygiens abdominaux ou Abdominales, d’indiquer les affinités que les Familles, qui le composent, présentent entre elles.

En ayant égard aux différences tirées de la composition de la mâchoire supérieure, de la présence ou de l’absence de nageoire adipeuse, de Féeaillure, de la position de la dorsale à rayon, on peut distinguer cinq types principaux : les Silures, les Cyprins et les Brochets, les Saumons et les Harengs.

C’est autour de ces Familles prises comme centres, que les autres groupes ont été graphiquement disposés sur un tableau qui accompagne le mémoire; les rapports de passage d’une Famille è l’autre, soit dans un même cercle ou même groupe principal, soit entre deux cercles différents, sont indiqués par des lignes ponctuées. La position d’un groupe dans un cercle donné exprime, par son plus ou moins grand éloignement du centre, le degré approché d’affinité des

différentes Familles. Un cercle central réunit les Scopelidæ , les Sioj miatidæ , les Sternoptychidæ , lesquels, tout en appartenant respectivement aux groupes des Cyprins, des Esoces et des Salmonidés, offrent entre eux des analogies frappantes, qui peuvent être attribuées à des influences extérieures, en particulier celle de l’habitat; ces Familles renferment la majeure partie des espèces bathyoïkésites du Sous-Ordre.

A la fin de ce travail se trouvent quelques considérations sur la distribution des Abdominales en rapport avec la nature du milieu. Dans ce groupe la plupart des Familles, près des deux tiers, ne renferment que des espèces habitant les eaux douces. Si l’on a égard au nombre des types spécifiques, la proportion des espèces marines devient encore plus faible, car il n’en existe pas dans le groupe des Silures; pour les Cyprins et les Saumons nous ne trouvons que les familles des Scopelidæ et des Sternoptychidæ. Le nombre augmente dans le groupe des Esoces et encore plus dans celui des Clupes.

Enfin, si l’on étudie cette même question d’habitat à un point de vue plus général pour l’Ordre des Téléostéens proprement dits ou Chorignathes, on voit que les Abdominales renferment la grande majorité des espèces des eaux douces. On peut en effet estimer celles comprises dans ce dernier Sous-Ordre à 2000, sur lesquels 1900 environ, soit 98 p. 100, se trouvent dans les eaux douces; les Anacantiiini, beaucoup moins nombreux, 350 espèces, n’en ont que 3, moins de 1 p. 100; les Aoanthoptervgii, sur à peu près 3000 espèces, en offrent 295 comme des eaux douces soit 10 p. 100.

55. — Sur la distribution géographique des Percina ( première section des Percoïdes).

(Omîtes rendus hebdomadaires de »séances de^tAcadémie des Sciences, t. LXXV, p. 1278 ;

L’étude de ces animaux montre qu’ils peuvent fournir, au pointde vue de la répartition des espèces, des équivalences géographiques analogues à celles qu’on a signalées depuis longtemps dans d’autres groupes.

Les travaux de MM. Günther, Canestrini, Gill, établissant là circonscription de ce groupe des Percina, si l’on étudie l’extension des principaux genres des eaux douces, on voit qu’au nord de l’Altaï et des chaînes qui le prolongent vers le détroit de Behring d’une part et la mer Caspienne de l’autre, le Poisson caractéristique du groupe est le Perça fluviatilis, qui existe sur toute cette étendue. Au sud, il est remplacé par le Siniperca en Chine, les Lates, aux Indes et en Afrique. Dans l’Amérique septentrionale se trouvent, au nord le Perça flavescens , au sud les Centropomus. A côté de ces genres à aire étendue s’en rencontrent d’autres moins importants, qui, au contraire, sont très limités, mais entre lesquels peuvent cependant se saisir certaines relations de l’Ancien au Nouveau Continent.

Enfin, la considération des espèces marines fait voir qu’elles sont cantonnées d’une manière analogue aux espèces d’eau douce près desquelles elles se trouvent. Ainsi, en face du Perça fluviatilis vivent nos trois espèces, très voisines d’ailleurs, de Labrax européens, et sur les côtes de l’Amérique, où habite le Perça flavescens, deux autres espèces appartenant également au genre Labrax, tandis qu’en Chine, vis-à-vis des Siniperca, se rencontrent les Percalabrax.

On peut encore faire remarquer que les Perça et les Labrax, les /Smi/îercaetles Percalabrax, sont en dehors des tropiques ; les Lates et les Centropomus, au contraire, habitent des zones plus chaudes. D’une manière générale, les Percina sont des Poissons propres sur-, tout à l’hémisphère boréal; les Percichthys au Chili, VEnoplosus armatus sur les côtes de la Nouvelle-Hollande font seuls exception, en y joignant sans doute le Laies colonorum, Günther, animal de ce dernier pays.

56. — Observations sur les Poissons de la région centrale de l Amérique. — Mission scientifique au Mexique et dans l'Amérique centrale, ouvrage publiépar ordre du Ministre de VInstruction publique.

Ce travail a pour objet de faire connaître la riche collection de Poissons du Mexique et du Guatemala rassemblée par M. Bocourt,

membre de l’expédition. Les trois livraisons parues renferment l’étude des Percoïdes et des Sciénoïdes avec le commencement de celle des Sparoïdes.

La première famille comprend dix genres et trente-huit espèces (CentropomMS,Lacép., 13 sp. ; Apoÿon, Lacép., 1 sp. ; Serranus, Cuv., 44 sp.; Plectropoma, Cuv., 2 sp.; Lutjanus, Bl., 6 sp.; Centroprislis. C. Y., 1 sp. ; Micropterus, Lacép., 4 sp.; Holocentrum, Cuv., 1 sp.; Polynemus, Linné, 3 sp. ; Sphyrœna , Bl. Schn., 1 sp.). Les Sparoïdes renferment onze genres et seulement vingt-sept espèces ( Ololithus , Cuv., 3 sp.; Corvina, Cuv., 6 sp.; Umbrim , Cuv., 2 sp.; Paralonc/(«)'«s,Boc., 1 sp.; Polycbrhus, Boc., 1 sp .-,Micropogon,C. V., 1 sp.; Diabasis, Desm., 4 sp.; Conodon, C.V.,1 sp.; Pristipoma, Cuv.6sp.; Pomacentrus, Lacép., 1 sp.; Glyphisodon, Lacép., 1 sp.). Le genre Sargus Cuv. commence la série des Sparoïdes.

Pour certains genres spéciaux à la région, tels que les Cenlropomus, Lacép., les Micropterus , Lacép., afin de rendre plus précises les descriptions, on ne s’est pas contenté d’exposer les caractères de celles rapportées par la Commission, les diagnoses différentielles sont données pour toutes les espèces du genre. C’est dans le même but que, pour des groupes très nombreux en types spécifiques, tels que les Serranus, Cuv., les Plectropoma , Cuv., les Lutjanus, Bl., la répartition systématique des espèces de la collection du Muséum d’Histoire naturelle a été présentée sous forme de tableaux.

A l’occasion du genre Serranus, quatre-vingt-quinze espèces ont pu être examinées, et les différents caractères tirés de la dentition, delà forme des pièces operculaires, de la disposition des nageoires, des proportions du corps, de la coloration, caractères généralement employés par les auteurs, sont discutés pour chercher à se rendre compte de leur constance, de leur importance dans l’établissement des types spécifiques, et aussi des variations qu’ils peuvent subir suivant l’ftge des animaux, considérations qui, sans doute, serviront utilement en zoologie générale et que l’abondance des matériaux d’étude fournis par. la collection du Muséum permettait d’aborder plus facilement que partout ailleurs. Un tableau donne les principales dimensions, rapportées h des mesures communes pour trois espèces de Serranus de la section des Epinephelus : Serranus gigas, Gmel., Serranus æneus, Geoff., Serranus hexagonatus, Forst.,

prises pour chacune d’elles sur des individus de tailles et par conséquent d’âges aussi éloignés que possible; la différence de dimension va pour deux d’entre eux jusqu’au rapport de 1 à 6. On peut conclure de ces comparaisons que, sauf la dimension de l’œil, proportionnellement plus volumineux chez le jeune que chez l’adulte, les dimensions générales du corps n’offrent que peu de variations dans une même espèce. Un autre résultat, c’est que la longueur du museau et la dimension de l’espacé interoculaire, pour obtenir, des chiffres plus sûrs dèvraient être comparées non, comme on le fait habituellement, au diamètre de l’œil, variable avec l’âge on vient de le voir, mais à la longueur de la tête.

L’étude des écailles de la ligne latérale fournit aussi d’utiles indications sur le groupement des espèces et même les distinctions génériques; on les a examinées, dans tous les groupes. Elles sont sans prolongement tubuleux dans l’air spinigère chez les Centropomus, Lacép'., Micropterus, Lacép., Holocenlrum, Cuv., Pohjnemus , Linné, Sphyræna , Bl. Sch.. Paralonchurus, Boc., Pomacentrus, Lacép. Elles présentent un canal postérieur simple chez les Centroprislis, C. V., une partie des Semmus,C\i\., des Pleclropoma, Cuv. Dans d’autres espèces de ces deux derniers genres, chezles Lutjanus , BL, Otolithus, Cuv., Corviiia, Cuv., Umbrina, Cuv., Pohjcirrhus, Boc., Micropogon , C. V., Diabasis, Desm., Conodon, C. V., Pristipoma, Cuv., Glyphisotlon, Lacép., Sargus, Cuv., le canal postérieur étendu dans l’air, spinigere, est multifide.

La constitution de ces écailles, tantôt cténoïdes, tantôt adénoïdes, jointe â la considération de là forme de la caudale, permet de diviser les Seiranus en cinq sections: Serranus s. sir., Paralubrax , Paranthias, Epinephelw,llaiara; dont quelques-unes, la quatrième entre autres, mériteront probablement d’être élevées au rang de genres. Une division analogue est indiquée pour les Plectropoma. Dans les Lutjanus, chez lesquels les écailles de la ligne latérale sont établies sur un type beaucoup plus uniforme, les espèces peuvent être groupées d’après la considération des dents vomériennes et linguales. Pour chacun de ces genres le tableau systématique des espèces, que renferme la collection du Muséum, est établi suivant ces différentes données.

La partie iconographique de ce travail est d’une grande perfee-

tion, M. Bocourt ayant pu prendre d'après le vivant, des croquis d’une exécution remarquable, qui ont permis de reproduire la coloration avec une exactitude qu’on peut rarement obtenir en pareil cas.

37. — Synopsis des espèces de Siluridæ recueillies par M. le D'Jobert à Calderon [Haut-Amazone).

Trente-quatre espèces sont énumérées, dont trois nouvelles. M. le D r Jobert a rapporté une très nombreuse collection, prise sur l’Amazone en des points parfaitement déterminés ; l’étude de ces Poissons donnera de précieux renseignements sur la distribution géographique des êtres de cette région.

58. — Mission scientifique du cap Horn 1882-1883 — Poissons (T. VI. Zoologie, i t0 partie, Paris, 1891. Tirage à part paru en 1888.}

Cette partie de la publication faite par la Mission scientifique du cap Horn, renferme l’étude des collections ichthyologiques rapportées par les savants attachés à cette expédition.

Un premier chapitre expose l’état de nos connaissances sur ces contrées et se termine par une liste systématique de tous les Poissons connus de la région fuégienne, comprenant avec l’extrémité sud du Nouveau Continent, les lies Falkland et la Géorgie méridionale. Le nombre des espèces s’élève à soixante-six et la composition de cette faune relativement pauvre, au moins dans l’état actuel de nos connaissances, montre des analogies frappantes avec la faune arctique. Les types spécifiques sont sans doute autres et même bien des Familles diffèrent; mais celles-ci se suppléent en quelque sorte l’une l’autre, tels sont par exemple les Scorpænidées au pôle Nord, remplacés par les Trachinidées au pôle Sud. La similitude va jusqu’à montrer dans les types équi-

valents des différents groupes, des ressemblances singulières dans la distribution des couleurs.

Les Acanthoptérygiens entrent dans la composition de la faune pour un peu plus de moitié, les Trachinidées en formant de beaucoup la plus grande part.

Les collections de la Mission comprennent trente-cinq espèces, un catalogue raisonné en est donné dans la seconde partie, quatre sont nouvelles, un genre, Enantioliparis, serait également inédit.

59. — Recherches sur les Poissons des eaux douces de tAmérique du Nord reunis par M. Agassiz sous le nom d’Etheostomatidæ.

Sur les affinités des Etheostomata.

(Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des Sciences, t. LXXVI, p. 1423;

Les grands fleuves de la partie nord du Nouveau Continent nourrissent un nombre considérable de Poissons de petite taille, qui jusqu’ici n’avaient jamais été l’objet d’un travail d’ensemble. Les recherches auxquelles ils ont donné lieu, se trouvent disséminées dans lin grand nombre de recueils américains et en Europe on peut dire qu’ils étaient presque inconnus. C’est à peine si M. Günther, dans son remarquable Catalogue des Poissons du Musée britannique, signale en passant quelques genres, la plupart simplement nommés, et donne la diagnose de quatre ou cinq espèces. La confusion, qui règne dans la plupart des notices publiées sur ces êtres, rend, il est vrai, ce travail de révision difficile. Ayant trouvé dans les collections du Muséum un certain nombre d’exemplaires se rapportant à ce groupe dé Poissons et provenant d’envois dus surtout à L. Agassiz et à M. Cope, il m’a paru qu’il ne serait pas sans utilité de les faire connaître par des descriptions et des figures, en

cherchant à rassembler tous les documents bibliographiques concernant ces animaux. C’est le but de ce mémoire.

Une prèmière partie historique indique les travaux publiés sur ces Poissons ; les recherches' de Rafinesque, qui, dès 1820, ale premier décrit plusieurs de ces animaux, et fondé le genre Etheostoma ; puis de Kirtland (1838-1839), Storer père et fils (1841 à 1851), ceux de Dekay (1842), llaldeman (1843), les deux mémoires très importants de L. Agassiz (1850 et 1854), dans lesquels le groupe a été établi à. titre de Famille distincte ; les travaux de Holbrook (1855-1858), de Baird et Girard (1858 et 1859), d’Abbot (1860), de Putnam (1863), et en dernier lieu de M. Cope (1864-1869) y sont analysés.

Après cet exposé, la question, qui se présente naturellement, est de savoir jusqu’à, quel point l’établissement d’une Famille spéciale pour ces Poissons est justifié. Ici j’ai cru devoir m’éloigner des vues émises par Agassiz pour revenir aux idées anciennes de Rafinesque, adoptées d’adleurs par M. Günther et par M. Cope, c’està-dire regarder simplement ces êtres comme de la Famille des Percôïdes et ne formant sans doute qu’une sous-section parmi les Percina. En effet, les principaux caractères sur lesquels se fonde l’éminent zoologiste sont contestables ou ne paraissent pas avoir la généralité qu’il leur a supposée. Le premier serait l'état incomplet de l’arcade sous-orbitaire ; or, chez plusieurs espèces de Pileoma,ie Boleosoma, de Poecilichthys, c’est-à-dire dans des genres très variés, j’ai trouvé que la série des os sous-orbitaires s’étendait en chaîne continue de la partie antérieure de la face au frontal postérieur, comme chez les véritables Perches. La vessie natatoire se rencontre chez les Pileoma et manque chez les Boleosnma-, l’argument tiré de son absence serait donc loin d’avoir une valeur absolue. Dans le premier de ces derniers genres, j’ai trouvé une pseudobranchie. Quant à la présence d’écailles ventrales spéciales, caractère donné par quelques naturalistes pour justifier l’établissement de la Famille, on sait que cela n’est constaté que pour certains genres seulement, et les observations peuvent même porter à penser qu’il peut y avoir des variations individuelles tenant au sexe ou à la saison. Chez nos Poissons d’eau douce d’Europe, on trouve des faits analogues ; c’est ainsi que les écailles ventrales des Aprons sont

tantôt cténoïdes, tantôt cycloïdes, que chez, les Grémilles. la gorge est parfois nue, parfois au contraire couverte de larges écailles. En ajoutant que chez tous ces animaux les ventrales thoraciques, bien développées, présentent un rayon dur et cinq mous, que l'operculaire est toujours pourvu d’une épine saillante, enfin qu’il existe des dents vomériennes et palatines (excepté Hyostoma) et des cæcums pyloriques médiocrement nombreux, il parait difficile d’admettre l’opinion qui voudrait rapprocher ces êtres des Cottoïdes et des Gobioïdes; on doit plutôt les regarder comme les analogues de quelques-uns de nos Poissons des eaux douces d’Europe, surtout des Aspro , avec lesquels les Pileoma offrent des rapports frappants.

L’étude anatomique faite sur le Pileoma zébra, Agass. et le Boleosoma Olmstedi, Storer, peut surtout aider dans la discussion de cette question taxinomique. Des figures du squelette et de l’appareil digestif font connaître les différentes particularités qu’on observe chez ces deux espèces .

Cette introduction se termine par un coup d’œil sur la distribution géographique de ces êtres et l’énoncé des régions établies par Putnam pour la répartition des Poissons d’eau douce aux États- Unis, divisions adoptées dans le cours du travail.

La seconde partie du mémoire a pour objet l’étude descriptive. On peut regarder ces Poissons comme formant dans la première section des Percoïdes, les Percina , ùn ensemble distingué des autres genres par leur préopercule sans dentelures, six rayons branchiostèges, des écaillesproportionnellement grandes. Ils forment d’ailleurs un type dégradé, ce qu’indique en particulier le nombre plus variable des rayons durs de la première dorsale. Les genres admis sont au nombre de douze, dont deux, incomplètement connus. Un tableau synoptique en expose les caractères les plus sadlants.

Ces genres ët les espèces qu’ils renferment sont étudiés en détail. Pour les premiers, la diagnose, la discussion de la synonymie, l’examen critique des espèces, la distribution géographique de celles-ci, sont successivement traitées. Quant aux espèces, il a été indispensable d’établir dans presque tous les genres une division eu espèces certaines et douteuses, les premières étant celles, soit étudiées sur nature, soit décrites et figurées avec assez de soin par

les auteurs pour qu’il n’y ait aucun doute sur leurs affinités. Sué les cinquante-trois citées dans le Mémoire, vingt-cinq, dont dix-neuf existent dans les collections du Muséum, peuvent être regardées comme convenablement connues.

Les genres étudiés sur nature ont été tous figurés par une ou plusieurs espèces. Pour les types de la collection on trouvera toujours une description méthodique détaillée, qui pourra permettre de faire les assimilations avec autant d’exactitude que possible ; ce mémoire, en effet, a eu principalement pour but de rassembler des matériaux en vue de faciliter à des zoologistes, mieux placés pour cela, un travail plus approfondi. Les descriptions se rapportent à des exemplaires dont le numéro d’ordre au catalogue général est soigneusement indiqué.

60. — Sur un genre nouveau pour la faune ichthyologique de tAtlantique.

[Bail. Soc. philomathique de fa ris, T série, t. XII, p. 1; 12 novembre 1881.)

Sur la présence d'un Poisson appartenant au genre Neopercis dans l'Atlantique. .

Ce Poisson, que j’ai nommé Neopercis atlantica, provient des recherches faites pendant la campagne du Talisman, mais appartient à la zone côtière, ayant été pris aux lies du Cap-Vert par une profondeur de 75 à 90 mètres.

11 se rapproche beaucoup du Neopercis multifasciata, Dôderlein, tant pour la forme que pour la distribution même des couleurs, aussi faut-il y regarder de près pour trouver des différences, elles justifient toutefois une distinction spécifique. 11 est curieux, alors que toutes les espèces du genre Neopercis et même du genre voisin Perds sont propres au grand océan Pacifique et ii la mer des Indes, d’en trouver un représentant dans l’océan Atlantique, ce n’est pas d’ail-

leufs le seul exemple d'équivalence de ce genre qu’on puisse citer entre les deux faunes.

6t. — Sur les Poissons des eaux douces de Bornéo.

Note préliminaire sur une collection fort curieuse acquise par le Muséum de M.Whitehead et provenant de la montagne de Kina-Balu. Une espèce mérite d’attirer l’attention, c’est un Poisson de torrents, dont les nageoires pectorales et ventrales se développent en formant à la partie inférieure du corps une surface plane, susceptible d’agir comme ventouse pour permettre à ces Poissons d’adhérer solidement au sol et de résister ainsi aux courants impétueux, qui, sans cela, risqueraient de les entraîner. Lés caractères ambigus de ce Lepidoglanis monticola rendent difficile de juger s’il appartient aux Siluridées ou aux Cyprinidées, se rapprochant des premiers par sa forme générale, des seconds par la présence d’écailles.

î. — Sur une collection de Poissons recueillis a hle Thursday (détroit de Torrès) par M. Lix.

Note sur quelques caractères transitoires présentés par le Ciielmo rostratus, Linné , jeune.

En se rendant à la Nouvelle-Guinée, M. Lix, voyageur naturaliste du Muséum, a profité de son passage à .l’ile Thursday, détroit de Torrès, pour récolter une série de Poissons comprenant trente-six individus,: représentant treize espèces.

11 a rapporté, entre autres objets intéressants, plusieurs exemplaires de Congrôgàdus montrant des caractères intermédiaires

entre lésC. subducens, Richardson, et C. nebulatus, Bleeker, ce qui porte à penser que ces espèces ne méritent pas d’être regardées comme distinctes.

Deux jeunes individus du Chelmo rostratus, Linné, mesurant mesurant 21 et 19 millimètres, offrent cette particularité d'avoir l’angle du préopercule armé d’une forte dent dirigée en arrière, particularité qui distingue, on le sait, les Holocanthus des Chelmo. Ces derniers présentent donc, à l’état transitoire, le caractère permanent des premiers, et peuvent par suite leur être regardé comme supérieurs dans l’ordre naturel.

63. — Matériaux pour servir à l’histoire ichthyologique des archipels

de la Société et des Pomotous.

(Ml. Soc.philomathique de taris, 7' série, t. XI, p. 49; 18 décembre 1886.)

Cette petite collection ne comprend que vingt-quatre espèces, mais est remarquable par le soin avec lequel M. Pradier, sous la direction de M. Ingouf, lieutenant de vaisseau commandant le Volage, en a réuni les matériaux et a fait exécuter par M. Heimsch, maître mécanicien du bord, une série de maquettes donnant d’une manière très exacte l’aspect de Ces. animaux,à l’état frais. Des notes fort intéressantes sur l’emploi économique de ces animaux accompagnaient cet envoi.

64. — Note ,sur une nouvelle espèce <1 Élasmobranche Hypotrème,

te Cephaloptera Uochebrunei.

(Oull.Soc.philomathique,de Paris,I e série, t. III, p. 187; 10 mai 1879.), , ,

Ce Céphaloptère, dontle disque mesure transversalement 1““,09, a été rapporté du Sénégal par M, Trémeau de Itochebrune.

65. — Sur les Raies recueillies dans t Amazone par M. le D' Jobert..

Le fleuve des Amazones, dans la partie supérieure de son cours,

est habité par un certain nombre de Poissons Élasmobranches, voisins des Raies. M. Jobert, pendant un voyage entrepris sous les auspices du gouvernement brésilien, a pu en récolter de nombreux exemplaires, qui ont été, remis au Muséum d’histoire naturelle. Ces animaux, dans un magnifique état de conservation, permettent de mieux fixer les caractères des Tæniura Müller,ko t T. Dumeriliv, on trouve de plus une espèce nouvelle, le T. constellala. D’autres exemplaires montrent que les Trygon strongylopterus et Ellipesurus spinicauda doivent être assimilés au Trygon orbicularis Bl. Sch.

Enfin, une série très complète du Trygon l)umerilii , depuis la sortie de l’utérus jusqu’à l’état adulte, fait voir que ce poisson, d’abord entièrement lisse, acquiert graduellement les sclérites, qui, sur l’animal arrivé à son état parfait de développement, rendent la peau très rugueuse; ceci devra être pris en considération pour déterminer les espèces dans ce groupe.

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