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Sur le siège de l'olfaction chez le Nassa reticulata

(Bull. Soc. philomathique de Paris, 2" série, t. X,' p. 89; 8 novembre 1873.)

Une expérience très simple montre que ces Mollusques Gastéropodes, habituellement enfouis dans le sable, sortent de leur retraite, si l'on place, près des endroits qu’ils habitent, certaines proies dont ils font leur nourriture. La vue, l’ouïe, le toucher, le goût étant certainement hors de cause, le seul sens qui puisse être en jeu est l’odorat. L’étude des animaux en action vient à l’appui de cette manière de voir; on remarque qu’ils agitent en tous sens leur siphon étendu, cherchant à s’orienter sans doute par les émanations apportées avec le courant d’eau qui le traverse. On peut supposer que l’organe sensoriel énigmatique, découvert par M. de Lacaze-Duthiers, dans la cavité respiratoire, servirait dans ce cas d’appareil récepteur ; le siège de l’olfaction chez ces Mollusques ne serait donc pas dans les tentacules, comme on l’a généralement

86. — Note sur l'existence des organes de la vue chez les Pholades.

(Société dé biologie : Comptes rendus des séances, 3 J l’éne, t. IV, p. 123, 1862. Société philomathique de Paris : extrait des Procès-Verbaux, p. 146 ; 6 décembre 1862.)

■ Ces recherches physiologiques ont été exécutées à Boulogne-sur- Mer pendant l’été de 1862. Elles montrent clairement que, malgré

l’imperfection de leurs organes visuels, ces Mollusques Acéphalés témoignent leur sensibilité à la lumière artificielle lorsque les organes pigmentaires, quiterminentles siphons, sont intacts : ce sont les premières expériences de ce genre qui aient été publiées sur ce sujet.

87. — Remarques sur l’anatomie du Tridacna elongata. {Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des Sciences, t. LXI p, 601 :

Recherches sur la Famille des Tridacnidées.

Ce mémoire se rattache à des recherches entreprises è Suez pendant un séjour de quatre mois, au commencement de l’année 1864 ; on y trouve, d’après le vivant, l’anatomie d'un Mollusque du genre des Bénitiers. Le volume considérable des animaux rendant plus facile l’examen de certaines parties, leur étude pouvait éclairer divers points de l’anatomie des êtres de cette Classe, ce qui m’a conduit à comprendre dans ce travail plusieurs questions se rattachant à l’ensemble du groupe des Acéphalés.

Ce type est assez étrange, ce qui ressort des places très diverses qu’on lui a fait occuper dans la série malacologique, et la difficulté qu’on éprouve pour orienter l’animal peut faire juger de sa singularité. La situation des deux ouvertures siphonaires et de l’ouverture pédieuse sur le demi-contour où ne se trouve pas la charnière,

de l’organisation et qui résulte d’un reploiement du tube digestif dans le plan de symétrie, comme cela n’a lieu que chez les Mollusques supérieurs; aussi, quels que soient les .points de repère quon prenne sur la coquille, suivant les différentes méthodes d’orientation proposées par les auteurs, ils viennent toujours, par

rapport à l'animal inclus, se mettre en désaccord avec la théorie qu’on aura adoptée. Ce point est discuté dans le premier chapitre contenant la description générale de l’animal.

L’étude des organes du mouvement a permis de faire quelques observations nouvelles sur la signification homologique de certaines parties du muscle adducteur. On sait que cet organe, chez l’Huître, est nettement divisé en deux parties et certains auteurs avaient cru pouvoir expliquer ce fait par la fusion en un seul corps des deux muscles des Dimyaires. L’examen attentif des rapports et la gradation organique qu’on peut suivre des Tridacnes aux Huîtres en passant par les Spondyles, prouvent que cette interprétation n’est pas exacte, et que la portion supérieure du muscle des Ostracées doit être regardée comme un pied rudimentaire.

Le byssus avait été déjà l’objet d’un travail spécial de Millier en 1837, et cet anatomiste donne une figure, à certains égards excellente. du byssus de la Tridacne; mais l’insuffisance des matériaux dont il pouvait disposer (un seul individu conservé dans l’alcool), les idées qui régnaient à cette époque sur l’origine de certains produits que l’on compare volontiers au byssus, les poils, avaient empêché cet habile observateur de comprendre d’une manière complète l’appareil qu’il avait sous les yeux. Les circonstances favorables dans lesquelles ont été faites les études m’ont permis de pousser beaucoup plus loin ces recherches, et d’établir que le byssus n’est pas formé de sortes de vases munis de manches, emboîtés et empilés les uns sur les autres, mais qu’il se compose de deux parties formées chacune par un organe de sécrétion spécial, à savoir : une portion centrale, le tronc, sur lequel sont jetés, comme des lacs, des filaments, formant boucle autour de lui et adhérant, par leurs extrémités réunies sur une certaine longueur, aux corps étrangers, ce qui constitue, le chevelu. Le tronc est formé d’une multitude de fibres partant du fond de la cavité byssifère et comparables à des faisceaux tendineux du rétracteur du pied ; les filaments du chevelu sont sécrétés par une gouttière spéciale, dont on peut suivre toute l’étendue sur la paroi delà cavité.

En examinant à un point de vue général le jeu du ligament et sa composition histologique, je crois être arrivé à indiquer plus complètement que cela n’avait été fait jusqu’ici, la véritable action de

cèt organe, qui réagit toujours par élasticité de pression et dans aucun cas par élasticité dé traction, comme l’avaient admis la plupart des auteurs pour ce qui est du ligament externe. Après avoir reconnu deux substances élémentaires : une non élastique, une élastique, cette dernière comprenant deux variétés suivant qu’elle fait ou non effervescence sous l’action des acides, j’ai pris pour exemples deux types de ligaments : celui du Peigne et celui du Bucarde. Si l’on examine les groupes principaux des Mollusques Acéphalés à ce point de vue, on trouve qu’au premier type doivent se rapporter les Huîtres, les Crénatules, toutes lés Malléacées, les Pétoncles, les Limopsis, etc., au second, les Amphidesmes, les Moules et les coquilles chez lesquelles le ligament est généralement dit externe. Deux types aberrants sont aussi à signaler : celui des Spondyles, où la substance non élastique fait défaut; celui des Pholades, chez lesquelles au contraire elle existe seule.

Le volume de ces êtres et la disposition spéciale du bord de la coquille ont permis d’instituer un certain nombre d’expériences sur la force déployée par ces animaux au moment de la fermeture des valves. On peut en;déduire qu’une Tridacne fait équilibre à un poids égal à plus de trois fois et demie celui de ses valves.

L’examen du système nerveux montre que le ganglion postérieur est de beaucoup plus important par son volume et les nerfs qu’il envoie dans le manteau à des organes des sens, tels que les points oculiformes et les tentacules des ouvertures siphonaires ; il présente aussi certains plis singuliers, qui n’avaient jamais été indiqués chez les Acéphalés.

L’appareil digestif contenait, chez plusieurs exemplaires, des fragments de végétaux volumineux, en disproportion évidepte avec l’ouverture buccale, ce qui conduit ù penser que les tentacules pourraient bien aider activement à l’introduction des aliments, Il existe,, comme l’avaient reconnu déjà Quoy et Gaimard,un stylet hyalin.

Quant ù l’appareil vasculaire, la taille des animaux a encore servi utilement pour en connaître la disposition et la structure. Il se compose, suivant le type que H. Milne-Edwards a figuré et décrit,' sur la Pinne et divers autres Acéphalés, d’un organe d’impulsion central envoyant, par des canaux artériels bien limités, le sang dans toutes les parties du corps ; le retour aux branchies a lieu

dans le manteau, organe en partie respiratoire, par des sinus et dans la masse du corps par des sortes de lacunes interorganiques à parois indiscernables ; les vaisseaux ne reparaissent réellement que dans les feuillets branchiaux mêmes. La structure comparée des artères et des veines s’observe facilement sur des coupes du bord palléal, où les premières peuvent n’avoir pas moins de i"",5 à 2 millimètres de diamètre ; les artères présentent extérieurement une tunique propre de tissu conjonctif, doublée en dedans d’une couche épithéliale ; cette dernière existe seule comme paroi dçs veines. Dans le ventricule, traversé par le rectum, on observe des fibres musculaires dirigées de la paroi du premier sur le second, disposition qui a pour effet d’empêcher l’occlusion du tube intestinal au moment de la systole.

Enfin, les branchies offrent une modification curieuse du type Lamellibranche et qui se trouve signalée ici pour la première fois, quoiqu’on puisse la retrouver sur une des figures de Quoy et Gaimard. Par suite de l’extension de la lame criblée qui les forme, celle-ci a dft se replier de telle sorte que chaque branchie semble se composer d’un raphé médian supportant latéralement des lamelles empilées les unes sur les autres. Cette particularité peut être regardée comme établissant le passage aux branchies de Mollusques, d’un autre ordre, lés Pectiiiibf anches.

Les Tridacnes, on. le voit, offrent dans plusieurs points de leur orgar al an des faits remarquables, dont l’ensemble tendrait à les faire regarder comme élevés dans la série des Acéphalés conchifères.

3. — Mémoire sur l’anatomie de deux Mollusques de la Famille des Malléacées, les Vulsella lingulata et Crenatula phasianoptera.

Ces deux Mollusques Acéphalés'sont remarquables par l’habitude qu’ils ont, de se loger dans les Éponges ; leurs coquilles' seules étaient connues jusqu’ici.

Le type général de leur organisation est bien tel qu’on l’avait

suppose, et les opinions émises par Deshayes sur leur position zoologique se trouvent pleinement confirmées ; mais ils diffèrent des autres genres par l’absence de byssus, fait sur lequel M. Fischer s’était appuyé pour en former un groupe à part parmi les Malléacées, Ces êtres présentent un pied fendu à sa base ; cet organe, qui semble superflu à des animaux absolument sédentaires, est même plus développé que dans aucun des autres genres de cette Famille ; il est probable qu’ils s’en servent pour réprimer l’envahissement dont ils sont menacés par les Éponges qui les entourent; dans tous les cas, sa présence les éloigne certainement des Ostracées.

En se basant sur l’étude de la structure de la coquille, et particulièrement sur la disposition du ligament, on peut partager les cinq genres vivants compris dans les Malléacées en deux séries ; ceux à ligament simple, Avicula, Maliens , Vulsella , faisant passage des Mytilacées aux Ostracées ; ceux à ligament multiple, Perna et Crenatula.

89- — Recherches sur la Faune malacologique de la baie de Suez.

(Journal de Conchyliologie, 3' série, t. V, p. 97, pl. VI, fig. 1-2, 1863. — Rapport de M. Blanchard sur le prix Savigny).

Ces études ont eu surtout pour objet d’établir aussi nettement que possible l’état actuel de la Faune malacologique de Suez à cette époque, en vue. des changements que pouvait y apporter l’ouverture du canal maritime; elles ont permis en outre d’établir définitivement la signification de bon nombre des figures données par Savigny dans l’admirable Atlas de la description de l’Égypte.

Les espèces signalées sont au nombre de quatre-vingt-sept, dont cinq nouvelles. Trois de ces dernières, le Mytilus ccenobita,le Lithodomus Lessepsianus, le Diplodonta Savignyi , étaient représentées dans l’Atlas de Savigny; les deux autres, Syndosmya strigilloides , Cumingia Deshayesiana , sont figurées dans le travail.

90. — Note sur quelques objets océaniens empruntés au test de différents Mollusques.

Il résulte de l’examen microscopique de différents instruments haches, bracelets, cuillers, décrits dans cette note, que les habitants des lies océaniennes sè servent des volumineuses coquilles de Tridacnes, de Troques, de Nautiles, pour fabriquer des objets ouvrés de grandes dimensions. Les pièces étudiées font partie de la collection de la Faculté des sciences de Montpellier, où elles ont été déposées par feu le contre-amiral Bérard.

Ces études sont de nature it éclairer dans certains cas les recherches pétrographiques. (Voir Damour : Note sur une hache enpierre de l’île d'Oualan (Océanie). — Bull. Soc. géologique de France , 2* série, t. XXIII, p. 551 ; 7 mai 1886.)

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