‹ Notice sur les travaux scientifiques, avril 1892Chapitre 4 sur 24 · II. — ÉTUDES ZOOLOGIQUES · texte numérisé non relu

II. — ÉTUDES ZOOLOGIQUES

19. — Remarque sur la classification et les affinités réciproques des Chéloniens.

Ce travail résume les leçons faites sur la classification des Chéloniens dans le cours professé au Muséum pendant l’année scolaire 1876-1877. Les différents genres sont groupés autour des cinq types Testudoe t Chelodina, Trionyx , Dermochelys et Thalassochelys , les deux premiers formant la Famille des Tesludinida , les deux derniers celle des Chelonida. Les affinités entre les genres soit du même groupe, soit des groupes voisins, sont indiquées graphiquement sur un tableau qui accompagne le mémoire.

20. — Sur la signification taxinomique du genre Emys, C. Duméril.

Ce travail a pour but de rechercher quelle doit être l’acception

réelle du genre Emys, créé par Constant Duméril en 1804, dans son traité élémentaire d’histoire naturelle et adopté par Brongniart, en 1805. Lorsque les auteurs ont subdivisé cette coupe générique le terme Emys a été très formellement réservé pour les espèces avec plastron rigide, d’une seule pièce, on ne peut donc, comme l’ont fait plusieurs zoologistes modernes, à l’imitation de M. Strauch, l’appliquer à la Cistude d’Europe ( Testudo orbicularis, Linné), chez laquelle cette partie de la carapace est divisée en deux battants mobiles. L’étude historique montre que le type du genre serait l 'Emys picta, Schoepff.

■21. — Note sur me collection de Reptiles rapportée dAssinie par M. Chaper.

Catalogue raisonné des Reptiles et Batraciens tTAssinie donnés par M. Chaper au Muséum d'Histoire naturelle.

( Bull. Soc. zoologique de France, t. IX, p. 343; 1884.)

Énumération de quinze espèces rapportées de la côte d’Or (Afrique occidentale). M. Chaper a fait une observation intéressante, qui tendrait à confirmer les remarques de Valenciennes sur l’incubation active par la mère, chez certains serpents du genre Python.

22. — Faune et flore des pays Çomalis (Afrique orientale). Mission Georges Révoil. — IV' partie ; Reptiles et Bathaciens.

(Paris, 1882,25 pages.)

Description de vingt espèces, dont trois nouvelles, recueillies dans les pays Çomalis, régions encore peu connues. D’après ce que

l’on peut conclure de la petite collection de Reptiles et Batraciens rapportée, la faune, d’un type franchement africain, se rapproche beaucoup de celle de l’Abyssinie avec quelques espèces plus méridionales.

23. — Sur quelques Batraciens de Nossi-Bé ( Madagascar ) appartenant à la collection du Muséum.

Cinq espèces sont étudiées dans cette note. Au point de vue de la répartition géographique des Batraciens, on y trouve mentionnée, pour la première fois, la présence du genre Bufo dans la faune Madécasse.

L’appareil sternal du Rhombophryne testudo, Bott, y est décrit et figuré ; il résulte de cette étude anatomique que cette espèce n’est pas un Firmisternia réel, voisin des Breviceps, comme l’avaient admis les auteurs, il doit plutôt être placé dans la tribu des Arcifera, parmi les Bufonidæ, auprès des Rhinophryne.

24. — Matériaux pour servir à l'histoire herpélologique des lies Comores.

(Bail. Soc. philomathique de Paris, 7' série t. XI, p. 131 ; 2 avril 1887.)

Les Reptiles dont il est ici question ont été rapportés de Mayotte et de la Grande Comore par M. Humblot. Dix espèces appartenant aux Lacertilia sont citées, avec indication de leur répartition géographique ; deux sont nouvelles.

25. — Sur une Tortue terrestre d'espèce nouvelle, rapportée par M. Humblot, au Muséum d'Hisloire naturelle.

Description d'une espèce nouvelle de Tortue terrestre rapportée par M. Humilot.

[Bull. Soc. philomathique de Paris, V série, t. IX, p. 118 ; 27 juin 1888.) i

Description d'une Tortue terrestre d’espèce nouvelle (Testudo yniphora) (Nouvelles Archives du Muséum,d'Histoire naturelle, 3* série, t. I, p. 161, pl. XII h XV;

Cette Tortue, dont le volume est celui d’une Tortue rayonnée de forte taille (M. Humbloten a vu des exemplaires de dimension au moins double), appartient au groupe des Ckersina, caractérisé par la présence d’une écaille gulairé simple. La forme particulière du plastron, prolongé en une longue pointe recourbée, d’où le nom de Testudo yniphora, ne permet de là confondre avec aucune autre

D’après les renseignements fournis par les matelots arabes, auxquels ees Tortues avaient été achetées, on avait pu croire qu’elles provenaient d’un Ilot situé vers le N.-N.-E. des Comores, dans la direction d’Aldabra; toutefois des renseignements reçus depuis par M. Grandidier rendent plus probable que cette espèce se trouve ù Bali, sur la côte N.-O. de Madagascar.

26. — Remarques complémentaires sur les Tortues gigantesques de Madagascar.

(Comptes rendus hebdomadaires des fonces de l’Académie des Sciences, t. C, p. 874;

Avec les débris d 'Æpyornis, d ’Hippopotamus Lemerlii, de Crocodilus robustus,M. A. Grandidier a trouvé ù Étséré et Amboulintsatre,

les restes de Tortues gigantesques, représentées par un nombre Considérable de fragments de la boîte osseuse et quelques os des membres. Le rétablissement effectué par M. Stahl, sous ma direction, de carapaces presque entières, permet de se faire une idée fort exacte de ces animaux et confirme la présence de deuxespèces : l’une à carapace épaisse et à plaques cornées saillantes, fortement striées, l’autre à carapace mince et à plaques cornées lisses. La première est la plus grande, n’ayant pas moins de 1“,21 de longueur, et de forme orbiculaire, surbaissée; la seconde, au contraire, est plus élevée, les parois costales sont presque verticales. Une différence, qui n’est pas sans importance au point de vue des rapports à établir avec d’autres Chéloniens gigantesques, c’est que pour l’une des espèces la première vertèbre amphicyrtienne cervicale est au troisième rang, chez l’autre elle occupe le quatrième. On sait que M. Günther a fait voir qu’en ayant égard à la position de cette vertèbre, on pouvait établir une différence entre lès Chéloniens terrestres d’Aldabra et ceux des Mascareignes et des Galapagos. A Madagascar on rencontrerait à la fois les deux dispositions.

La première espèce doit prendre le nom de Testudo Grandidieri Vaill., la seconde conservant celui de Testudo abrupto, qui lui avait été donné par M. Grandidier.

27. — Sur le genre Ptychogaster, Pomel, Chêlonien fossile de Saint- Gérand-le-Puy.

(Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des Sciences, t. XCVII, p. 1 ISS ;

Le gisement de Saint-Gérand-le-Puy renferme une grande quantité d’ossements de divers Reptiles et en particulier de Tortues, dont une espèce, appartenant à la famille des Testudinida, est particulièrement abondante. M. Alphonse Milne-Edwards en a rassemblé une nombreuse collection comprenant, avec plusieurs carapaces complètes, des os des membres, des vertèbres, particulièrement celles de la région cervicale, un crâne presque intact avec sa mâchoire inférieure, ce qui a permis de reconstituer un squelette à peu près entier de l’animal.

M. Pomel en a fait un genre Ptychogaster , basé sur la mobilité de la partie postérieure du plastron, articulé à la jonction des pièces hyosternales et hypûsternales : l’examen des exemplaires plus complet de cette collection justifie sa manière de voir; il montre, de plus, que cette mobilité devait être faible, à peu près comme pour la Tortue maùritanique [Testudo pmilla Shaw.), car dans les Ptychogaster, comme dans celle-ci, la suture articulaire osseuse ne se trouve pas exactement il la jonction des écailles cornées correspondantes, ce qui a lieu lorsque le mouvement est étendu, comme chez les Cistudes et les Sternothères.

La disposition des vertèbres cervicales,. parmi lesquelles la quatrième et la huitième sont amphicyrtiennes, la septième amphicœlienne avec les cinquième, sixième et septième articulations en ginglymes, donne'pour cette espèce la composition articulaire connue chez le Cistudo oràicularis, Linné. La forme de la tête, la gracilité des os des membres, l’angle presque droit sous lequel se réunissent l’omoplate et l’acromion, enfin la présence de deux écailles sus-caudales rapprochent le genre Ptychogaster des anciennes Élodites cryptodères; il doit être regardé comme un des passages entre les Cistudo et les Emys.

M. Pomel a admis plusieurs types spécifiques, mais l’étude de nombreuses carapaces montre que les variations signalées dans la forme de la première écaille vertébrale, la courbure et le rapport des diamètres de la dossière, doivent plutôt être considérées comme des variations individuelles et l’on ne devra admettre qu’une seule espèce, le Ptychogaster emydoides, Pomel.

28. — Remarques sur les caractères qui peuvent permettre de distinguer le Sternothærus nigricans, Laclpède , du Sternothærus castaneus, Schweigger.

(Bttii. Soi. philomathique de Paris, g* série, t. III, p. 94 ; 12 avril 18M.)

Les espèces de Tortues pleurodères appartenant au genre Sternothærus sont, de l’aveu de M. Boulenger, d’une distinction très difficile, cette note montre que l’observation d’animaux vivants peut, dans certains cas, être pour cela d’un grand secours. Chez

les deux Sternothères ici étudiés, la coloration de l’iris diffère notablement, celui-ci était uniformément brun chez le Stemothærus nigricans, tandis qu’il a son bord pupillaire cerclé d'argent chez le S. castaneus. D’autres caractères fournis par l’écaillure de la tête et du cou s’ajoutent h cette différence pour justifier la distinction spécifique, non admise dans le Catalogue du British Muséum. Les caractères sont résumés sous forme de tableau à la fin du travail.

29. Note sur quelques Tortues pleurodères jeunes provenant de îAfrique occidentale.

(Bull. Soc. philomathique de Paris , 8‘ série, t. II, p. 171 ; 28 juin 1800.)

Ces animaux ont été rapportés du Congo français par la Mission de l’Ouest africain. Us appartiennent au moins à deux espèces du genre Stemothærus , mais la détermination précise est à peu près impossible ; il y aurait intérêt à ce que les voyageurs s’efforçassent de rapporter des séries de tailles aussi variées que possible d’un même type, pour permettre de s’éclairer sur les changements que l’âge peut apporter.

30. —Sur le Crocodile fossile et A mboulinlsatre (Madagascar).

(En collaboration avec M. Alfred Grandidier.)

(Comptes rendus hebdomadaires des stances de l'Académie des Sciences, t. LXXV, p. ISO ;

Remarque sur le Crocodilus robustus Vaill. et Grand., de Madagascar.

Les ossements de ce Crocodile ont été rapportés par M. A. Grandidier, qui a si fructueusement exploré à différentes reprises la grande lie de Madagascar. Ils ont été signalés pour la première

fois dans une note présentée à, l’Académie des sciences le 14 décembre 1868 par ce naturaliste. Avec.eux se trouvaient des débris de l’Æpyornis et d’Hippopotame.

Les pièces sont assez nombreuses et plusieurs d’entre elles suffisaient pour permettre d.’arriver à une détermination aussi approchée que possible. C’était un animal de grande taille et excessivement robuste, appartenant très certainement au genre des Crocodiles proprement dits; la formule dentaire ” — 8, la gouttière latéromaxillaire pour recevoir la quatrième dent inférieure justifient ce rapprochement; toutefois l’intermaxillaire ne présente pas de perforation pour le passage de la première dent inférieure, et même la fossette, qui reçoit celle-ci, est peu profonde ; le museau était court.

Une première déduction à tirer de cet examen fut que cet animal diffère absolument dn Crocodilus madagascariensis , Grand, remarquable au contraire par la gracilité et l’élongation de son museau. En second lieu, si l’on cherche les Crocodiles actuels’ avec lesquels il offre le plus de rapports, on trouve qu’il a surtout des analogies soit avec le Crocodiluspalustris, Lesson, des Indes, soit avec le Crocodilus niger Latr., du Sénégal; mais, comme il diffère par des caractères marquants, soit de l’un, soit de l’autre, nous lui avons imposé le nom spécifique de Crocodilus robuslus.

La présence simultanée dans ce gisement de deux espèces perdues l 'Æpyornis maximus , et VHippopolamus Lemerlii, avaient induit h penser que le Crocodilus robuslus devait être égalément éteint, les recherches de M. Humblot dans les grands lacs de l’intérieur de nie, ont démontré qu’il n’en est pas ainsi. Plusieurs dépouilles de ce Reptile ont été rapportées par ce zélé voyageur, dont l’une, mesurant environ 6 mètres, a été déposée dans les galeries du Muséum ; on aurait vu des individus encore plus gigantesques.

L’examen de ces pièces confirme de tous points les conclusions déduites de l’étude des débris d’Amboulintsatre quant à la légitimité de la distinction spécifique.

- Sur les Crocodiliem fossiles de Saint-Gérand-le-Puy.

Étude zoologique sur les Crocodiliens fossiles tertiaires de Saint- Gêrand-le-Puy.

(Annales des Sciences géologiques, t. III, art. n" 1,1812.)

Ce travail a pour objet de faire connaître les espèces de Crocodiliens, auxquelles se rapportent les nombreux débris que l’on rencontre dans les dépôts tertiaires de Saint-Gérand-le-Puy.

Plusieurs naturalistes, Geoffroy Saint-Hilaire (1835), M. Pomel (1846-1847-1853), entre autres, avaient déjà signalé dans ces couches les restes de Crocodiles ; ce dernier même, dans son Catalogue méthodique et descriptif des Vertébrés fossiles découverts dans le bassin hydrographique supérieur de la Loire, donne les caractères sommaires d’une espèce pour laquelle il a fondé le genre Dip/ocynodon. Ces travaux, dont le plus complet n’est qu’un simple prodrome, sont loin de suffire pour des déterminations exactes. Les riches matériaux rassemblés par M. Alphonse Milne-Edwards ont permis d’étudier plus complètement ces Reptiles.

Une question préliminaire était d’établir le - catalogue des espèces auxquelles on devait comparer les Crocodiles de Saint- Gérand. Ces derniers appartenant à la tribu des Procœliens, on peut laisser de côté les Crocodiliens de la craie ou plus anciens, et la conformation générale de leur tête les éloignant des espèces actuelles, on peut se borner à 1 étude des Reptiles tertiaires et quaternaires. Cette révision faite avec le plus de soin possible, non seulement en vue du travail actuel, mais dans l’espérance de faciliter les recherches aux zoologistes qui entreprendraient des travaux analogues, comprend quarante-neuf espèces appartenant à différents genres ; on devrait les réduire à quatorze ou quinze, en déduisant les doubles emplois, dus à la présence d’un même animal dans deux genres ou sous deux noms différents, et surtout en supprimant les espèces nominales décrites d’une manière incomplète d’après des fragments insuffisants. Sur ce nombre, en n’ayant pas non plus égard aux espèces appartenant aux genres Gavialis, Plerodon et Pristichampsus, dans lesquels les Crocodiles de Saint-

Gérand-le-Puy ne peuvent entrer, comme le prouve l’examen le plus sommaire, il n’en reste que six assez voisines pour qu’il soit nécessaire d’établir une diagnose différentielle.

On peut conserver le genre Diplocynodon , Pomel, qui cependant n’est sans doute qu’une simple section des Crocodiles proprement dits, mais utile à conserver au point de vue paléontologique, les différentes espèces qu’il renferme paraissant se trouver dans des niveaux très rapprochés. Son caractère distinctif est de même ordre que celui admis pour différencier les Crocodiles des Caïmans, le rapport des troisième et quatrième dents inférieures avec la mâchoire opposée.

La première espèce, \e Diplocynodon gracile, n. sp., se distingue, comme son nom l’indique, par ses proportions grêles et la formule dentaire g - g - ; les troisième et quatrième dents de la mâchoire inférieure passent dans une gouttière de la mâchoire supérieure. La-seconde, assimilée au Diplocynodon Ralelli, Pomel, est au contraire remarquable par les saillies et les rugosités des os crâniens, la force de ses mâchoires et ses troisième et quatrième dents reçues chacune dans des fossettes spéciales; la formule des dents donne ’! - g, celles de la mâchoire inférieure sont placées en dedans des supérieures et non entre elles lors du rapprochement des mandibules, contrairement à ce qui a lieu chez le Diplocynodon gracile. La troisième espèce appartient aux Crocodiles proprement dits, c’est le Crocodilus æduicus, n. sp.; la quatrième dent, seule très développée, s’engage dans une simple gouttière latérale; la formule dentaire n’est que g - fî- Ces quelques mots suffisent pour indiquer les principales différences entre ces espèces ; leurs caractères sont d’ailleurs exposés en détail et figurés dans le travail ici analysé ; il en est de même pour les distinctions à établir entre ces Crocodiliens de Saint-Gérand et les fossiles analogues de différentes contrées.

L’abondance des pièces a permis d’étudier d’une manière toute spéciale différentes particularités anatomiques des parties osseuses. Dans la diagnose de son genre Diplocynodon , M. Pomel avance que l’intermaxillaire chez ces animaux porte « six dénis, dont la seconde et la cinquième sont les plus grosses et la sixième la plus petite ». Le fait serait d’autant plus extraordinaire que chez tous les Croco-

diliens, tant vivants que fossiles, cet os n’en porte que cinq. L’examen d’un grand nombre d’intermaxiliaires provenant des deux espèces de Diplocynodon montre que c’est là une erreur dont on peut s’expliquer l’origine. Sur certains fragments, en effet, la fossette de réception pour la première .dent inférieure est non seulement très profonde, mais encore, au lieu de se trouver en arrière de la série dentaire, se place, surtout chez 1 a Diplocynodon gracile , au niveau des autres dents ; on comprend qu’il soit dans ce cas possible de la prendre pour une alvéole ; cependant, sur des échantillons convenablement nettoyés, la forme à elle seule doit empêcher toute confusion.

Avec ün squelette entier du Diplocynodon gracile , qui a servi de type pour cette espèce, avaient été trouvées un grand nombre d’écailles dermiques provenant de ce même individu. Cette circonstance a permis d’étudier ces organes; trop ordinairement négligés parles zoologistes, quoique, dans ces^ derniers temps, quelquesuns, Huxley en particulier, aient donné sur ce point de précieux renseignements. Lé Crocodilien de Saiht-Gérand (présenté six formes distinctes d’écailles, ou plutôt cinq, puisque deux sortes de ces pièces, en se réunissant deux à deux, constituaient des écailles composées ventrales. 11 possédait : des écussons cervicaux réunis probablement en un bouclier; des. écussons dorsaux de deux variétés; des écussons arrondis, sans doute de la nuque ou des flancs; des écussons composés ventraux; enfin dé petites pièces, qui devaient se trouver au centre d’écàillès imparfaitement ossifiées. La remarque la plus importante à faire sur ces diverses parties est que les écussons dorsaux et ventraux, présentant une facette de glissement à l’un de leurs bords, se recouvraient èn s’imbriquant, comme on l’observe encore dans les espèces des groupes Caïman et Jacare, tandis que chez les Crocodilus , les Gavialis , ces pièces sont simplement placées les unes à côté des autres.

De cette étude peut se tirer cette conc lusion, qu’à l’époque du dépôt de ces ossements à Saint-Gërand-le-Puy existaient trois espèces de Crocodiles, intermédiaires par leurs caractères aux Crocodiles, aux Caïmans et aux Jacarés, une d’entre elles plus voisine, par la disposition de son armure dermique, de ces derniers, qui sont des Reptiles exclusivement américains à l’époque actuelle.

32. — Description d'une espèce nouvelle de Chamæleon de Madagascar.

(En collaboration avec M. Alfred Grandidier.)

{Bull. Soc. philomathique de Paris, 7“ série, t. IV, p. 148; 21 avril 1880.) |

Chamæleo furcifer, voisin des Chamæleo bifurcus , Brong. et C. minor, Günt., se distingue par un prolongement nasal bifide à l’extrémité, simple à la base.

Pour indiquer plus clairement la position de cette espèce dans le genre, qui n’en comprend pas moins d’une cinquantaine aujourd’hui, un tableau emprunté au cours fait au Muséum dans l’année scolaire 1879-1880, se trouve reproduit dans cette note :

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