CONCLUSIONS
Le nombre de phases est sans doute plus considérable que celui que nous avons indiqué dans ces tableaux, mais nous avons tenu à n’y faire figurer que les genres dont nous nous étions plus particulièrement occupé.
Nous n’y avons pas'fait entrer les rhizomes, car cette forme de tige n’est pas encore connue pour la plupart des végétaux fossiles.
Tout incomplets qu’ils sont ils peuvent fournir les remarques suivantes :
Les rhizomes des Sigillaires lisses qui renferment les deux bois associés dans lè cylindre ligneux et dans le faisceau des feuilles submergées, occuperaient dans le tableau I la colonne 4, la tige aérienne moins avancée, étant placée dans la colonne 3.
Ce résultat paraît singulier au premier abord, mais il devient moins extraordinaire si on admet qu’un certain nombre de plantes anciennes, avant de pouvoir devenir aériennes, ont vécu sous terre ou dans l’eau sous forme de rhizomes 1 . Dans le Dévonien on rencontre des Stigmaria : St. annularis, St. froides, St. pusilla, etc...., et pas une seule Sigillaire; à cet état les tiges ont pu prendre tous les perfectionnements dont elles étaient susceptibles.
Nos premières conclusions seront’donc que :
1° Les Stigmaria anciens sont en avance sur les Stigmaria plus récents des terrains houillers et permiens appartenant aux Sigillaires lisses, puisqu’ils se sont dépouillés de leur bois centripète à l’intérieur de la tige, vers l’époque de la formation des terrains houillers moyens.
- 2° Que les Sligmaria des terrains houillers et permiens qui montrent du bois secondaire dans la tige et dans les appendices, sont plus perfectionnés que les Sigillaires lisses qui n'ont que du bois cryptogamique sans bois secondaire dans la portion aérienne de leur cordon foliaire.
3° L’apparition du bois secondaire dans le cylindre ligneux d’une tige, et dans la portion caulinaire du cordon foliaire, ne se fait pas en même temps ; car dans le Lepidodendron selaginoides le cylindre ligneux, quand il est âgé, est composé de faisceaux centripètes et d’une couche plus ou moins épaisse de bois rayonnant secondaire; la portion caHlinaire du cordon est formée seulement dé bois primaire. Dans les Heterangium les vieilles tiges sont également munies d’un bois secondaire assez épais, mais la portion caulinaire du cordon ne montre que des traces de bois centrifuge.
C’ést à la 4* colonne qui renferme les Poroxylées, les Sigillariopsis, qu’il faut arriver pour trouver du bois secondaire dans le cylindre ligneux, dans la portion caulinaire et dans la portion aérienne du cordon foliaire.
. Nous pouvons donc admettre que :
4 4 L’apparition du bois secondaire se fait successivement dans la tige, la partie caulinaire, puis dans la partie aérienne du cordon foliaire.
La disparition du bois cryptogamique suit la même marche que celle de l’apparition du bois secondaire.
Ën effet, en passant des Sigillaires cannelées ( Anabathra, Diploxlan?) aux Sigillaires lisses, aux Poroxylons, on voit le bois centripète perdre peu à peu de son 1 importance.
Les Ptychoxylon n’en ont plus que dans leur cordon foliaire, le bois de la tige en est dépourvu.
Les genres qui occupent la 7“ colonne possèdent un faisceau diploxylé seulement dans leurs feuilles. Enfin ceux de la 8 e ont perdu toute trace de bois cryptogamique dans leur tige et leurs feuilles ; par conséquent :
5° Le bois centripète ou cryptogamique disparaît d’abord dans les rhizomes,'puis dans les tiges, la partie caulinaire du cordon foliaire, enfin dans la partie aérienne de ce cordon.
6° La portion de bois centripète du cordon foliaire aérien, que l’on observe chez les Cycadées vivantes, peut être considéré comme un caractère d’atavisme reliant ces plantes aux Cryptogames vasculaires.
Le tableau Ii montre par les vides nombreux qui s’y trouvent quo
plantes qui ont apparu, ainsi que nous l’avons démontré plus haut, dès l’époque houillère.
N° 168. — Remarques diverses.
1° Si l’on jette un coup d’œil sur le tableau I : en allant des Lépidodendrons aux Conifères, il semble que l’on rencontre des plantes de plus eh plus élevées en organisation. Le perfectionnement apparent a consisté dans l’atténuation du bois cryptogamique et son remplacement par du bois phanérogamique. Mais il faut tenir compte qu’en même temps d’autres changements s’opèrent. A une spore unique produisant un seul prothalle, succèdent deux spores différentes donnant naissance à deux
dans l’autre de ces divisions. Chacun d’eux possède une somme de caractères cryptogamiques qui ne permet pas de les ranger parmi les Phanérogames proprement dites, mais aussi un certain nombre de caractères phanérogamiques qui empêche de les mettre au nombre des Cryptogames, telles que nous les définissons au moyen des plantés actuelles. Leur place ne sera définitivement fixée que lorsque l’étude de tous leurs organes aura montré les liens plus ou moins nombreux qui les unissent à l’un et à l’autre embranchement.
2° La distance qui sépare une Lycopodiacée d’une Gymnosperme est en partie occupée par une série de genres assez voisins, qui, eux-mêmes, seront reliés plus étroitement par les découvertes futures. La plupart de
laires qui se sont montrées sur le globe ont été des Cryptogames, et que les plantes à bois secondaire centrifuge ne sont venues que plus tard; car, ainsi que nous l’avons déjà fait remarquer, dès. l'époque silurienne ? la présence des Psilophyton et des Cordaïtes annoncent les deux embranchements; mais on ne les connaît jusqu’ici qu’à l’état d’empreintes. Dans le terrain dévonien, aü contraire, quatre types primordiaux, avec structure conservée, représentent le règne végétal ; ce sont :
1“ Le type Fougèrè, Clepsydropsis, Hierogramma, Sphenopteris dèvoniéa
2° Le type Calamariée, Asterophylliles eoronalm, Unger.
3° Le type Lycopodiaeée, Lepidodgndron nothum, Lep. Richteri. 1
4“ Le type Gymnosperme, Cordaixylon (aporoxylon) primigeniim, Cladoxylon, etc., Unger.
Les trois premiers types font partie de l’embranchement des Cryptogames vasculaires; le dernier appartient aux Phanérogames.
Nous avons vu de plus que, dès cette époque, l’association du bois cryptogamique centripète, et du bois secondaire centrifuge, s’était déjà effectuée dans le Stigmaria vascularis.
A l’époque dévonienne, il existait donc déjà quatre types de végétaux distinots et un sous-type intermédiaire, celui des Stigmariées. Les genres pouvant relier’ ces différents types n’ont apparu que plus tard. Nous avons indiqué, dans les pages qui précèdent, ceux qui depuis le Culm jusqu’au terrain permien pouvaient servir de lien entre deux de ces types primordiaux, celui des Lyoopodiacées et celui des Gymnospermes.