Identité de la gaslaldite et du glaucophane
(Bulletin de la Société chimique, a* série, t. XII, p. 146.)
On a fait récemment une espèce nouvelle d’un minéral bleu, découvert en Piémont. J’ai pu en comparer un échantillon avec le glaucophane de Syra, et avec celui dont j’ai reconnu l’existence sur de nombreux échantillons, rapportés de la Nouvelle-Calédonie parM. l’ingénieur des Mines Heurteau. La gastaldite s’est trouvée identique avec eux par ses propriétés optiques, par l’angle des prismes, qui seul est mesurable, parla manière de se comporter au chalumeau. L’analogie s’étend jusqu’aux minéraux qui accompagnent le glaucophane dans les trois gisements.
14. Sur quelques phosphates et arsèniates de cuivre et de zinc cristallisés (en commun avec M. E. Sarasin).
. (Bulletin de la Société chimique, a* série, t. XXV, p. 4? 2 *)
Ces phosphates et arsèniates ont été obtenus en mélangeant des solutions d’acide phosphorique et d’acide arsénique en proportions con-
venables avec les carbonates de cuivre et de zinc, et en chauffant le tout dans des tubes scellés b i3o ou i4« degrés. La libéthénie, l’olivénite et l’adamine ont cristallisé de la sorte. M. Debray avait déjà obtenu les deux premiers minéraux par l'action de l’eau à une température élevée, sur les phosphate et arséniate tribasiques de cuivre.
15. Sur la thermo-électricité qui se produit au contact d’un corps bon conducteur de l’électricité et d'un corps mauvais conducteur inégalement chauds.
(Session de Clermont de l’Association française pour l’avancement des Sciences.)
En vue d’arriver à étudier les relations pouvant exister entre l’hémiédrie à faces parallèles et l’opposition de signes thermo-électriques sur des minéraux mauvais conducteurs de l’électricité, j’ai cherché si la thermo-électricité ne pourrait pas être mise en évidence sur ces derniers. J’ai pensé qu’elle pourrait être trouvée sous la forme d’électricité statique et non plus dè courant, comme la thermo-électricité ordinaire, en mettant en contact un corps conducteur et un corps non conducteur à des températures différentes. L’expérience a prouvé qu’il en est bien ainsi. En prenant un plan d’épreuve métallique placé au bout d’une tige isolante et mis en communication avec l’aiguille d’un électromètre de Thomson, en le chauffant et en le plaçant ensuite sur un corps mauvais conducteur, tel que l’apatite, l’azotate de baryte, le gypse, etc., on constate une déviation légère de l’aiguille suivie, lorsqu’on soulève le plan d’épreuve, d’une déviation beaucoup plus forte en sens contraire. Il y a une tension électrique opposée sur le cristal et sur le plan, et le cristal agit sur le plan de manière à y condenser l’électricité comme sur le plateau d’un électrophore. Pour éviter les erreurs pouvant provenir de 1.’électricité dégagée par frottement ou par pression, q’ai remplacé le plan d’épreuve par une demi-sphère de laiton, munie d’un anneau par lequel , on peut la rattacher à l’électromètre et aussi la saisir à l’aide d’un crochet isolant. La demi-sphère est chauffée, dans une étuve, à une température donnée et transportée rapidement sur le cristal. Les mêmes phénomènes se produisent et avec plus de régularité.
Il résulte de là que deux corps inégalement chauds, l’un bon con-
ducteur, l’autre mauvais, prennent des tensions électriques différentes, et que l’on pourra étudier la thermo-électricité sur des cristaux non conducteurs et hémiëdres à faces parallèles. Je m’occupe de cette étude, ainsi que de celle des lois de la thermo-électricité produite dans ces conditions.
Le même mode d’opérer permet de mettre en évidence, d’une façon commode et très-sensible, la pyro-électricité. Si l’on touche avec le plan d’épreuve chaud successivement les deux extrémités froides d’une tourmaline, on observe ( de fortes déviations de l’aiguille de l’électroriiètfe èn sens contraires. Les sens sont renversés si c’est la tourmaline chaude que l’on touche avec le plan d'épreuve froid.
J’ai pu, par ce procédé, reconnaître que la topaze est pyro-électrique, non pas avec des pôles centraux, comme l’avaient dit Riess et Rose, qui ont peut-être opéré sur un échantillon offrant une particularité exceptionnelle, mais avec un axe de pyro-électricité qui coïncide avec l’axe d’hémiédrie a faces inclinées, comme cela a lieu pour la cala-
16. Sur des cristaux de fer oxjdulè présentant une déformation singulière.
(Comptes rendus des séances de l’Académie des Sciences, t. LXXXÏÏI, p. 996.)
Des cristaux de fer oxydulé du puy de la Chopine m’ont présenté une déformation curieuse. Ils sont tous fortement allongés dans le sens d’un des axes de symétrie. Pour la plupart des cristaux, c’est dans le sens d’un des axes de symétrie ternaire, et les cristaux ont l’apparence d’un rhomboèdre aigu terminant un prisme hexagonal à faces rugueuses. Deux des faces de l’octaèdre, celles perpendiculaires h l’axe du prisme, ont disparu.
Sur d’autres cristaux, le prisme est à base carrée et terminé par un sommet octaédrique; la déformation est un allongement dans le sens d’un des axes de symétrie quaternaire.
J’ai observé d’autres déformations analogues, d’apparence hexagonale, sur des cristaux de tennantite de Framont, et de plus curieuses encore sur des échantillons de galène du Devonshire. Celles-ci sont
d’apparence orthorhombique et proviennent de la disparition régulière de deux faces d’un trioctaèdre, qui laissent un pointement de symétrie orthorhombique là où elles devraient donner un biseau.
17. J’ai fait les déterminations cristallographiques des corps sui-
Bibenzoate et bisalicylate d’éthylène (Meyer, Comptes rendus, t. L1X, p. 444)'fc> , ' n ' >
Acétate de cupro-ammonium (H. Schief, Annalen der Chemie und Pharmacie, t. CXXIII, p. 43).
Sulfure d’éthylène et sulfure d’éthylidène (Craets, Comptes rendus, t. LIV, p. 1277).
Benzoate de propylidène (Oppehheim, Mémoires de l’Académie de Berlin, 1867).
Dinitrophénate de baryte ettribromure d’allyle tribromé (Oppenheim).
Bromure d’éthylène perbromé, éthylène tribromé, bromure d’éthylènè tribromé, acide pyrotartrique normal (Beboul).
Benzine bibromée (Coüper, Bulletin de la Société chimique, 2' série, t. XI, p. 38).
Acide thymotique (Naqxjet).
Acétopyrophosphite de potasse (Memschutkine).
Glycol dibenzoïque, acide diglycolique, chlorhydrate de trioxéthylénamine, chloroplatinate de la base éthylénovinylique, nitrate de méthylurée, chlorhydrate, chloroplatinate, chloraurate d’isoamylamine, chloroplatinate de névrine, acide dérivé du dialdol, paraldol (Würtz).
Azotite de baryte (Berthelot, Bulletin de la Société chimique, 2 e série, l. XXV, p. 49).
Camphre monobromé (cristaux obtenus par M. Cliw, Bulletin de la Société chimique, 2» série, t. XXV, p. 5o).
Chloroplatinate de propylamine (Silva).
Xylène.bibromé (Grimaux).
Tétra-iodure de silicium, hexa-iodure de silicium, hydrate de pinacone ( Annales de Chimie et de Physique, 4' série, t. XVI, p. 3 9 4).
Fluosilicate de magnésie (Kessler, Bulletin de la Société chimique, 2' série, t.VII,p.i 7 ).
Sesquioxyde de titane ( Annales de Chimie et de Physique, & série, t. VIII, p. 3 9 ).
Acétodiphénylamine et formodiphénylamine (Willm et Girard).
Et plusieurs autres.
Une partie de ees déterminations n’out pas encore été publiées, les Mémoires détaillés des auteurs n’ayant pas encore paru.
18. Dans les articles minéralogiques du Dictionnaire de Chimie de M. Wurtz, rédigés en collaboration avec mon ami, M. G. Salet, beaucoup des formules chimiques attribuées à divers minéraux ont été simplifiées ou mises mieux d’accord avec les données des analyses ou avec les poids atomiques admis aujourd’hui pour les éléments qui y entrent.
Je citerai, par exemple, celles des espèces suivantes : amphibole, amblygonite, argyrylhrose, atacamite, boracite, bournonite, çhalcopyrite, coballine, épidote, érinite, euclase, feldspaths, klaprothine, libéthénite, linarite, malachite, mispickel, olivénite, pétalithe, pharmacolithe, pharmacosidérite, etc.