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Théorie de la réaction

(Comptes rendus, t. LXXXV, p. 74 .) : î*rS>i

Dans toutes les réactions énumérées plus haut, le chlorure d’aluminium et ses analogues ne semblent intervenir que par leur présence.

Entre un chlorure organique ou mélalloïdique et la benzine, la réaction peut toujours être exprimée par une simple élimination d’acide chlorhydrique avec soudure des résidus. Le chlorure d’aluminium se retrouve d’ailleurs intact ou sensiblement tel à la fin de l’opération.

Nous pensons que ces faits peuvent s’expliquer de la manière sui-

Le chlorure d’aluminium réagit sur une faible portion de la benzine et forme avec elle un composé organo-métallique, avec élimination d’acide chlorhydrique

C*H* + Al* Cl* = C* H* Al* Cl* + H Cl.

Le chlorure organique ou métalloïdique entre à son tour en réaction et attaque le composé organo-métallique, avec formation du composé, hydrocarboné ou autre, qui est le produit final de la réaction, en régénérant le chlorure d’aluminium

C*H* Al* Cl* + CH* Cl* = C*H* CH* + Al* Cl*.

La réaction peut ainsi se poursuivre indéfiniment, à condition qu’il n’intervienne pas d’humidité.

Cette hypothèse, que nous n’avons pas encore pu vérifier directement, est d’accord avec tous les faits observés. Elle nous a conduit à prévoir les réactions suivantes qui en sont une conséquence naturelle et qui ont été vérifiées par l’expérience. .

10. Fixation directe de l’oxygêne et du soufre sur la benzine.

' (Comptes rendus, (i LXXXVI, p. 884 . et Bulletin de la Société chimique, t. XXIX, • p. 99 , 142 et 338.)

Si le chlorure d’aluminium forme avec la benzine une combinaison organo-meialliquc analogue au zinc éthyle, ou plutôt au chlorure C 2 H ! .ZnCl, on doit pouvoir fixer directement l’oxygène sur ce composé, et, en traitant par l’eau le produit d’addition, on doit obtenir des dérivés oxygénés de la benzine.

C’est en effet ce qui a lieu. En faisant passer un courant d’oxygène ou d’air sec ou humide, dans de la benzine additionnée de chlorure d’aluminium et doucement chauffée, on obtient, après traitement par l’eau, un liquide aqueux, auquel l’éther enlève facilement du phénol pur et cristajlisable. Il se produit, en même temps, d’autres dérivés plus complexes.

Le toluène fournit de même un crésylol liquide.

Le soufre se comporte comme l’oxygène et donne, avec la plus grande facilité et en abondance, les mêmes dérivés sulfurés que le chlorure de soufre. Il y a, en même temps, un abondant dégagement d’hydrogène sulfuré et d’acide chlorhydrique.

Ces faits tendent à prouver l’exactitude de l’hypothèse faite pour expliquer la réaction du chlorure d’aluminium. On en trouvera d’autres analogues dans le numéro suivant.

11. Fixation directe de l'acide carbonique et de l ’acide sulfureux

sur la benzine.

Revue scientifique, VIP année, u* série, p. 8ï4.)

L’acide carbonique sec, passant dans un mélange de chlorure d’alu-

minium et de benzine, maintenu aune température voisine de l’ébullition du carbure, se fixe en partie sur la benzine et fournit un acide qui n’est autre que l’acide benzoïque. On retrouve celui-ci, après traitement par l’eau, dans le liquide aqueux, d’où il est facile de l’extraire par l’éther, après addition d’acide sulfurique.

L’acide sulfureux agit de même, mais avec une énergie beaucoup plus grande. 11 se dégage beaucoup d’acide chlorhydrique, et en traitant par l’eau, ajoutant au liquide aqueux de l’acide chlorhydrique et extrayant par l’éther, on obtient, après évaporation à froid de ce dernier, de beaux cristaux blancs d’un composé qui est l’hydrure de sulfophényle C 6 H s SO ! H. Ce corps avait été obtenu, comme on sait, en traitant le chlorure phénylsulfureux par le zinc éthyle (Kalle) ou par l’hydrogène naissant (Otto et Ostrop). Sa préparation, par l’un oul’autre de ces procédés, n’est pas très-facile, tandis qu’il s’obtient aisément à l'elat de pureté par l’action de l’acide sulfureux sur la benzine, en présence du chlorure d’aluminium.

12. Décomposition des hydrocarbures par le chlorure d'aluminium.

Dans l’action du chlorure d’aluminium sur le chlorure d’amyle, nous avons indiqué la formation d’hydrocarbures plus simples et gazeux, et d'autres bouillant à une température’élevée. La présence du chlore, dans le corps mis en contact avec le chlorure d’aluminium, n’est pas nécessaire pour que ces dédoublements et ces complications moléculaires se produisent. Les hydrocarbures du pétrole en subissent d’analogues et la naphtaline elle-même est fortement attaquée avec production de benzine et d’autres carbures. Il y a là un fait intéressant, au point de vue de l’étude des carbures complexes par leur dédoublement à l’aide de réactifs autres que les oxydants. Il semble que l’on peut expliquer ces décompositions, comme les réactions précédemment décrites, par la formation de combinaisons organo-métalliques, peu stables et se détruisant avec production d’hydrocarbures divers, ainsi que cela se voit, par exemple, dans les préparations du zinc éthyle, du sodium-éthyle, etc.

13. Sur divers arséniates de cuivre, et de cuivre et de sodium (en commun avec M. E. Sarasin).

(Revue scientfflque, t. VII, p. 4»3.)

En cherchant à reproduire certains arséniates naturels, on a obtenu, outre l’olivénite, des composés cristallisés non encore trouvés dans la nature et qui sont des arséniates anhydres de cuivre ou de cuivre et de sodium, correspondant à i, 2 ou 3 molécules d’acide arsénique.

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