ANALYSE SOMMAIRE DES TRAVAUX
Le Crétacé moyen des Alpes françaises et des régions voisines
Parmi les sujets de travail que W. KiliaN, d’accord avec Münier- Chalmas et E. Haug, me conseilla d’aborder comme pouvant faire l’objet d’une thèse de doctorat, se trouvait l’étude approfondie, pour le Sud-Est de la France, de la partie moyenne des terrains crétacés. Si, en effet, la connaissance des étages inférieurs du Système avaient atteint dans le Bassin du Rhône un haut degré de précision et pouvait passer à bon droit pour un modèle stratigraphique, tout à fait comparable au tableau donné du Jurassique de rAlIemagne du Sud par les immortels travaux de Quenstedt et d’OppEL, il restait à établir une chronologie géologique détaillée, à revoir les faunes successives et à dresser des esquisses paléogéographiques exactes pour la série mésocrétacée, correspondant principalement à l’étage Albien et aux niveaux qui l’encadrent dans l’Aptien Supérieur et le Cénomanien, L’œuvre se présentait d’autant plus attrayante qu’elle n’avait été tentée jusque-là nulle part et pouvait ainsi combler une lacune importante dans la stratigraphie générale. Ce fut donc à cet objet que, presque dès l’abord, s’attachèrent mes travaux.
Une première série de gisements, ceux de Clansayes, près de Saint-Paul-Trois-Châteaux, dans la Drôme, ne devaient guère tarder à amorcer mes résultats. Il s’agit là de couches à phosphates, autrefois exploitées, dont on trouve des fossiles dans la plupart des
dans le Jura, dans le Bassin de Paris et jusque dans les Alpes orientales et sur la plate-forme russe [25], Bref, j’ai visé à obtenir une reconstitution de l’histoire, principalement du Sud- Est de la France, pendant l’époque envisagée. A ce sujet j’ai fourni des esquisses paléogéographiques et des schémas de variation latérale de faciès (Loc. cit., PI. Il, III et IV), qui ajoutent quelques feuillets de plus à l’analyse stratigraphique de l’Ecole de
Grenoble, dont les travaux sont connus des spécialistes du monde
Études sur les Rhynchonelles
Le centre du géosynclinal dauphinois — la fosse voconlienne de V. Paquier — s’est trouvé, pendant le Portlandien, le Crétacé intérieur et le Crétacé moyen, entouré d’auréoles néritiques, dont Ch. Lory, puis W. Kilian et sès élèves ont déterminé les niveaux et délimité les extensions. Ce magnifique compiexe stratigraphique du Sud-Est français et des pays voisins fournit un champ d’obser-
Études glaciologiques
Les glaciers du Dauphiné, c’est-à-dire ceux des Massifs du Pelvoux et des Grandes Rousses, n’ont fait qu’assez tardivement l’objet d’observations suivies. C’est le Prince Rol,vnd BoNAPAnTE qui tut en France l’initiateur en cette matière par ses deux séries de repérages et de mesures, respectivement en 1890 et 1891; après quoi W. Kilian et M: g. Flusin, aidés de divers concours dauphinois, ont assuré les mêmes opérations jusqu’en 1901.
Avec MM. G. Flusin et J. Ofeneh, nous avons conduit les observations glaciologiques de 1903 à 1911. Chaque année, sauf en 1910 en ce qui me concerne, nous y avons consacré une campagne d’environ trois semaines aux hautes altitudes. Les subsides matériels nous sont venus, progressivement plus importants, en particulier du Service de l’Hydraulique et des Améliorations agricoles, qui a fini par assurer la publication coûteuse de nos documents. Nous avons, dès 1903, résolument dépassé la pratique, seule employée jusque-là, des mesures et du repérage vers le front des glaciers, en étendant notre champ d’action jusqu’aux crêtes, pour procéder à des observations nivométriques, puis à de véritables levers de glaciers. Ainsi sont sorties, en 1904 avec le concours topographique de M. Lafay, au moins une ébauche au 1/10.000" du Glacier Noir et du Glacier Blanc en Vallouise [11] et, en 1909 avec le même concours, une véritable carte au 1/10,000" de tous les glaciers des Grandes Rousses [34], fruit des campagnes de 1905 et de 1906. Les années suivantes, ta vaste calotte glacée du Mont de Lans et de la Girose a été levée avec le concours de M. Raffin ; mais notre carte est jusqu’ici restée inédite. Un autre lever a été poursuivi sur le Glacier de la Selle; il est en voie de publication par M. Gi- GNOUX, qui a collaboré aussi à son établissement.
Le souci topographique en matière de glaciers nous est venu de l’étranger. On n’étudie bien qu’un appareil connu par toute sa surface et même son épaisseur : à ce dernier point de vue, M. G. Flusin songeait à des sondages à grandes profondeurs tels que ceux
t€s perspectives, dar e, cédant à d’autres obligations, je n’ai pas quitta
que les calcaires du Perdu viennent dessiner un nouveau pli vers le Sud. Ce pli est tectoniquement plus élevé que Gèdre-Gavarnie et il va à son tour, tout comme le Turbon, la Pena Montanese, etc., chevaucher le Synclinal de l’Aragon. La charnière anticlinale, frontaie vers le Sud, est visible des deux côtés du Rio Ara, dans la région du Pont des Navarrais; les calcaires nummulitiques du syn-
sous-pyrénéen, tandis qu’on parle de région nord-pyrénéenne pour le territoire des rides précédentes, ne doit pas être quelque chose de bien différent de celles-ci. Sur l’ensemble est jeté un revêtement sédimentaire avec les deux séries qui sont dites nord et souspyrénéenne, mais dont la délimitation latérale est sans doute beau¬
coup moins tranchée qu’on ne l’a cru. Une grande onde tectonique, un choc plutôt, est venu du Sud. Nous en avons eu besoin déjà pour
expliquer le décollement de la cm onde, ce choc, a poussé la Zone a pyrénéens et ceux-ci contre les r( sédinicntaire s’est prêté, s’est con vemeiit relatif des masses profonc de parler de la mise en. place fherzolites et autres; mais il n’es montées qui se rangeraient dans
Géologie appliquée
La loi française impose avec raison aux communes qui établissent des projets d’adduction d’eau ou de cimetières, de les faire visiter par un collaborateur du Service de la Carte géologique de France. Ces petites expertises sont rarement intéressantes au point de vue scientifique, mais eüés font Tes frais de sorties et permettent parfois des études latérales. J’ai donc sollicité et obtenu de M. P. Termier, depuis 1923, pour mes collaborateurs et pour nioi, le contrôle des huit départements de l’Académie de Toulouse. Une visite de source a amené, en janvier 1927, M. Astre à recueillir, près de Siradan, dans la Haute-Garonne, les premières observations qui ont déclenché notre mise à l’étude du versant septentrional des Pyré-
Les expertises industrielles sont aussi parfois l’occasion de constatations scientifiques intéressantes. A éoup sûr, elles ne sont point inutiles pour compléter une formation géologique.
W. Kilian m’a mêlé à quelques-unes des siennes. La plus longue a comporté, en 1907, en collaboration.avec M. S. Franchi, l’étude d’un projet de grand tunnel sous le Mont-Blanc [27]. La coupe géologique de surface est simple; mais l’établissement des probabilités géothermiques du massif nous a conduits à rechercher une documentation de comparaison dans la bibliographie des grands tunnels alpins alors construits. Un peu plus tard, en 1909, j’étais chargé, en coilaboration avec M. J. Révil, de l’élude d’un grand tunnel sous le Petit Saint-Bernard [35].
En 1910, pendant mon séjour à Bordeaux, l’étude dans le désert d’Atacama, au Chili, d’un vaste gîte de cuivre natif du style de Corocoro m’a fourni l’occasion d’un vovage en Amérique du Sud. J’ai traversé l’Argentine et les Aimes et parcouru le Chili depuis la célèbre région des nitrates jusqu’à l’île de Chiloe. Dans la partie méridionale de mon trajet, j’ai eu la bonne fortune d’être accom-' pagné par le regretté sismologue, le Comte de Montessus de Bal- LORE, qui représentait alors si dignement la science française à
)électriques. Le raiMÎs transports
me de 1904.
puis longtemps une pépinière ! collègues, nous continuons tement inutile d’avoir en pro-
MM. Bourret, Patte, Fromaget, Daguin et dans celle en cours de Ml. Astre, sans parler de quelques jeunes qui apparaissent à
Il ne me reste plus à considérer que les organisations matérielles et les collections.
■J’étais à Grenoble, au moment du transfert du Laboratoire de géologie dans l’ancien évêché ; de plus, W. Kilian m’a confié le déménagement et l’installation de la splendide Collection Gevrey, lorsque l’aimable magistrat qui avait consacré une partie de sa vie à la recueillir sur les gisements du Sud-Est en a fait don et a
En Indochine, j’ai trouvé des collections et une installation bien au point, avec un judicieux emploi de la main-d’œuvre indigène. Bien des fois, depuis, j’ai regretté l’absence d’une aide matérielle aussi intéressante dans nos laboratoires métropolitains.
de sciage des roches et de polissage; il fonctionne depuis 1913 au profit des laboratoires, tant de Toulouse que d’ailleuTS. En rentrant d’Indochine, j’ai trouvé mon service agrandi de locaux rendus disponibles par la construction d’un Institut de Chimie. Ces locaux étaient nus. Il a fallu les aménager, les garnir de meubles, grâce aux fonds Pasteur, puis à la taxe d’apprentissage. Aujourd’hui, Us vont présenter une collection locale, dont mon prédécesseur,
terrains du Bassin de l’Aquitaine. Nous nous attachons surtout au Crétacé supérieur et à l’Eocène local. Avec les Petites Pyrénées, nous avons déjà l’un des plus beaux maestrichtiens connus. Si l’on y joint une installation photographique modeste, mais suffisante, et qui va être complétée par un banc microphotographique acheté avec les fonds Loutoeuil, le laboratoire de Toulouse est maintenant outillé pour le travail courant. C’est peut-être ce qui lui a valu d’être récemment rattaché à l’Ecole pratique des Hautes- Etudes.
J’ajoute enfin que la Ville de Toulouse m’a confié, depuis 1926, la conservation des collections géologiques, minéralogiques et paléontologiques de son Musée. Il y a là des richesses avec les matériaux de J.-B. Noulet et de bien d’autres, notamment en restes de vertébrés et en fossiles d’eau douce du Bassin de TAqui-
de les déterminer et de les présenter. A cette besogne encore j’associe des étudiants.