PHYSIQUE MÉDICALE
Sur l’ophthalmoscope.
(Thèse de doctorat, 5 avril 1869.)
Théorie physique de l'audition.
(Thèse de concours d’agrégation, 1869.)
Nouveaux éléments de physique médicale (1 vol. in-8°, Paris, Savy, 1870).
En collaboration avec M. Desplats, agrégé delà Faculté de médecine.
Application de la spectroscopie d Vanalyse des eaux minérales. — Recherches spéciales sur les eaux de Vais (source Madeleine ), démontrant la présence du potassium et du lithium.
. (Note présentée à l'Académie de médecine, le 23 décembre 1872 ; Gazette hebdomadaire,
10 janvier 1873.)
Dans cette note, sans insister sur la valeur de la spectroscopie comme méthode analytique, nous avons tenu à signaler la simplicité des procédés à employer et la précision sur laquelle on peut compter même avec des appareils peu compliqués. Nous avons indiqué avec quelques détails la marche que nous avions suivie pour rechercher la présence des métaux alcalins dans des résidus provenant d’eaux minérales qui avaient été mis à notre disposition. Cette méthode est devenue usuelle maintenant, elle ne l’était pas alors.
Nous avons pu reconnaître avec certitude, dans les résidus provenant des eaux de Vais (source Madeleine), l’existence des métaux suivants :
Sodium, potassium, lithium et calcium.
Distribution du magnétisme dans les aimants. — Etude des champs magnétiques.
1 1872, p. 336; Comptes rendus de VAcadémie dessciences, 1873, t. LXXV, p. 1761.)
J’ai étudié, à l’aide d’une méthode spéciale, la distribution du magnétisme dans les aimants, ou, d’une manière plus générale, la constitution des champs magnétiques. Je n'ai pas cherché de valeurs absolues, bien que, par certaines modifications, la méthode puisse s’y prêter, et j’ai déterminé seulement des intensités relatives.
La méthode que j’ai employée consiste à étudier l’intensité du courant d’induction produit dans une petite bobine d’épreuve qui se meut dans un champ magnétique qui n’est pas uniforme. La Bobine d’épreuve était constituée par un noyau de sëpt fils de fer doux bien recuit et entourée d’un fil de cuivre d’un faible diamètre, isolé, et de 7 mètres de longueur environ. Cette bobine était mobile à l’extrémité d’un long levier, et pouvait se retourner sur elle-même. Elle faisait partie d’un circuit comprenant, entre autres pièces, un galvanomètre à réflexion dont les déviations initiales donnaient l’indication de l’intensité du courant développé. Par l’emploi d’un commutateur à mercure de construction spéciale, dans laquelle j’avais évité les contacts dissymétriques de métaux hétérogènes, le courant pouvait passer dans le galvanomètre successivement dans l’un et l’autre sens.
Pour faire une mesure, la bobine était amenée au point dont je voulais déterminer l’intensité magnétique, et le galvanomètre était réduit au zéro. La bobine était rapidement écartée, d’un mouvement aussi régulier que possible; l’aiguille du galvanomètre était déviée, et je notais la valeur de la déviation. Pour éviter toutes les causes d’erreur, j’effectuais tous les retournements possibles, tant pour la bobine que pour le galvanomètre, ce qui faisait huit lectures pour chaque point. En opérant de même pour d’autres points, on obtenait d’autres déviations.
Comme moyen de contrôle, j’avais disposé dans le circuit une bobine creuse à l’intérieur de laquelle pouvait se mouvoir, toujours de la même quantité, un barreau aimanté. En le déplaçant, il produisait une déviation dans le galvanomètre, et cette déviation devait être constante : c’était là un moyen de
contrôle. On aura une idée de la précision des renseignements qu’il fournit en disant qu’il donnait en moyenne une déviation de l’image lumineuse de 80 millimètres environ, et que les différences n’atteignaient pas 1 millimètre.
La bobine d’épreuve était montée sur un chariot que l’on pouvait déplacer de manière à mesurer avec exactitude les déplacements. On pouvait ainsi explorer successivement les divers points du champ magnétique.
J’ai étudié à l’aide de cet appareil la distribution normale du magnétisme dans des barreaux de formes et de dimensions diverses ; les modificatio n survenues dans cette distribution par l’approche, jusqu’au contact, d’un fer doux, ou par le voisinage d’un autre aimant, etc.
Entre autres résultats qui montrent la sensibilité du procédé, nous avons reconnu que la distribution magnétique d'un aimant placé dans le méridien magnétique varie si on retourne l'aimant bout pour bout. Ce résultat est conforme aux prévisions théoriques; il est intéressant de voir qu'il est possible de le mettre en évidence expérimentalement.
Radiations.
(.Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales. — 1.874.)
Un faisceau solaire dont nous avons, en général, la première notion, par la sensation lumineuse qu’il fait naître en nous, produit en même temps des effets divers; d’une part, il produit une sensatiou différente, celle de la chaleur; mais, d’autre part, il donne naissance à divers phénomènes objectifs : il échauffe les-corps, les dilatant, changeant quelquefois leur état; il donne naissance à des actions chimiques qui, suivant les circonstances, peuvent être des compositions ou des décompositions; il produit enfin les phénomènes variés, mais semblables au fond, de la phosphorescence et de la fluorescence.
Ces effets, qui sont les seuls qui aient été observés (peut-être en existe-t-il de tout autre nature que nous ne soupçonnons pas, et qui pourront être mis ultérieurement en évidence), ces effets se manifestent aussi par l’action d'un corps en combustion, d’un corps incandescent quelconque.
L’étude de ces phénomènes peut être faite à divers points de vue. On peut d’abord les étudier isolément, recherchant les lois auxquelles ils obéissent, les conditions de leurs productions; on peut se préoccuper de faire connaître
spécialement les effets qu’ils produisent dans les êtres organisés, dans les êtres vivants, et ces effets, pour n’être pas tous encore bien précisés, n’en sont pas moins intéressants.
Enfin, ou peut rechercher les causes de ces phénomènes si variés dans leurs manifestations. Convient-il d’admettre, comme on peut être porté à le penser tout d’abord, qu’à chaque nature de phénomène correspond une cause distincte? ou bien ne doit-on pas concevoir qu’une seule et même cause peut les engendrer tous? Cette idée s’impose de plus en plus à mesure qu’étudiant les phénomènes, on voit que, quel que soit le mode de manifestations, ils obéissent aux mêmes lois. Il y a à considérer la réflexion, la réfraction, la polarisation pour les faisceaux lumineux, comme pour les faisceaux calorifiques ou chimiques, etc. Une seule cause, le mouvement vibratoire de ce milieu impondérable, ou plutôt de ce milieu nnpondéré qu’on appelle Xéther, mouvement que tout démontre être l’origine des phénomènes lumineux, produirait également les phénomènes d’autre nature. La diversité des effets, des sensations, ne permet d'ailleurs de rien préjuger sur la diversité ou l’unité des causes; car on ne doit pas oublier que l’effet, la sensation, dépend plus de la nature, de la constitution de l’appareil ou de l’organe dont l’activité est mise en jeu, que de la cause qui agit sur l’organe.
L’étude de ces questions, qui se rattache à ce que l’on désigne maintenant par le mot de radiations, cette étude, outre qu’elle fait connaître des phénomènes intéressants, permet donc de donner des idées générales importantes sur les notions premières de la physique et sur la constitution de l’univers. Aussi, chaque fois que nous avons été appelé à la Faculté de médecine à faire un cours complémentaire ou à suppléer le professeur, nous avons consacré plusieurs leçons, huit en moyenne, à l’exposé de ces questions, en insistant d’une manière toute spéciale sur l’influence exercée par les radiations prises en général sur les êtres vivants, les êtres organisés.
C’est dans cet esprit que nous avons composé l’article Radiations du Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales; à cause de cela, cet article nous a paru mériter d’être signalé d’une façon spéciale ; ce n’est pas une simple compilation.
Appareils de démonstration tïoptique élémentaire.
(Association française pour l’avancement des sciences ; Comptes rendus du Congrès de Lille, 1874, p. 244, et de Montpellier , 1879, p. 423; Journal de physique, t. IV, p. 140, et t. IX, p. 340; la Nature, 23 octobre 1880; Cronica cientiflca de Barcelone, 25mars 1881.)
L’étude de l’optique présente, au point de vue des applications médicales et physiologiques, une importance telle que nous pensons que c’est le point sur lequel on dou le plus insister dans les cours destinés aux étudiants en médecine, d’autant plus qu’il n’existe sur ce sujet aucune incertitude. Il est utile d’insister également à un autre point de vue, car les idées qui sont données dans les cours élémentaires sont peu satisfaisantes : la question est traitée d’une manière trop géométrique, et le fait physique disparaît presque absolument. D'autre part, la nature des études faites à l’École de médecine ne permet pas de présenter les questions en se basant sur des formules même simples. Aussi ai-je cherché, par la construction de divers appareils de démonstration, à faciliter la compréhension des lois de l’optique géométrique, et je crois être arrivé h des dispositions pratiques qui, présentées, d’une part, à la Société française de physique, et, d’autre part, aux divers congrès tenus par l’Association française pour l’avancement des sciences, ont reçu un accueil favorable de personnes compétentes, en même temps que leur emploi dans les cours que j’ai faits à la Faculté de médecine a paru satisfaire les auditoires auxquels ils ont contribué à faire concevoir les faits capitaux de l’optique.
Les appareils que j’ai imaginés et combinés doivent se diviser en deux groupes, suivant qu’ils constituent une représentation schématique des phénomènes ou qu’ils les manifestent d’une manière directe et visible.