Notice sur les travaux scientifiques
2. — Phénomènes de Polarisation qui s'observent dans quelques tissus des animaiix et des végétaux , et, en particulier, dans le tissu musculaire. (Journal de la Physiologie , de Brown-Séquard. 24 pages avec une planche gravée et coloriée, 1862.)
8. — Mémoire sur le tissu contractile et la contractilité. (Journal de la Physiologie, oct. 1863. S6 pages avec 3 planches gravées.)
Ces trois mémoires ont pour but de démontrer :
1“ Que l’agent essentiel du mouvement chez tous les animaux pourvus d'éléments musculaires, est une fibrille onduleuse continue, et constituée par une seule et même substance ; que ces fibrilles contractiles sont les éléments essentiels des muscles lisses aussi bien que des muscles striés, que j’ai même constaté leur existence dans la couche contractile sous-épidermique des polypes hydraires {Hydra fusca et Tubularia) et aussi sous la cuticule à cils vibratiles d’infusoires
3° A cette théorie de la contraction musculaire, basée sur des observations histologiques erronées, j’oppose les résultats de mes observations sur la structure des muscles des Poissons, des Reptiles, des Oiseaux, des Mammifères, et de nombreux invertébrés : Radiaires, Mollusques, Annélides, Articulés, tant dés muscles
établissent que les fibres musculaires, lisses ou striées, sont constituées par des faisceaux de fibrilles tordues en spirale plus ou moins régulière, et que les stries transversales dos faisceaux eux-mêmes sont dues à des plissements, formant un véritablo pas do vis dont j’ai démontré l’existence par l’examen stéréoscopique de photographies des faisceaux striés d'insectes, de reptiles, et de mammifères. C’est également en photographiant mes préparations microscopiques, que j’ai obtenu la preuve irréfutable de l’existence des fibrilles tordues en
4. — Nature de la rigidité musculaire. (Rapport sur l’École pratique des Hautes Études, 1872-1873.)
Les muscles soumis à une température de -t- 41 degrés à + 42 degrés centigrades reconnue insuffisante pour la coagulation de la myosine (la prétendue substance musculaire liquide qui ne se coagule qu’à + 43 degrés), présentent tous les caractères essentiels de la rigidité —improprement appelée cadavérique, — la perte complète d’excitabilité avec rigidité et contracture permanente. Le rétablissement seul de la circulation suffit à rendre à ces muscles leur souplesse, leur contractilité, la constitution et les propriétés du muscle actif. La rigidité n’est donc pas le résultat d’une prétendue coagulation de la substance contractile ; l’arrêt complet de la nutrition l’a produit, le rétablissement de la nutrition l’a (ait disparaître.
6. — De la nature de la substance contractile. (Rapport sur l’Ecole pratique des Hautes Études, 1872-4873.)
D’après une opinion généralement adoptée en Allemagne par les physiologistes, cette substanco serait liquide pendant la vie ; on pourrait l’extraire du tissu musculaire par la pression ; l’état solide, qu’elle présenterait seulement après la mort des éléments musculaires, serait le résultat d’une coagulation de la mgosine liquide, analogue à la coagulation de la fibrine du sang.
Le résultat do mes expériences démontre, au contraire, que, non pas seulement
9. — La contraction musculaire, dans ses rapports avec les modifications de la nutrition. (Rapport sur l'École pratique des Hautes Études, 1872-1873.) L’arrêt de la circulation, ou l’action d’une température de 4- 41“ à + 42“
et non à l’élément nerveux; tandis que chez les vertébrés supérieurs les no] qui accompagnent les divisions multiples du.cylindraxe sont identiques aux noj
cations des fibres piles du réseau , auxquelles appartiennent ces noyaux, Chaque district nucléaire équivaut à une cellule nerveuse ramifiée, soudée à ses congénères, le tout représentant le pins riche bourgeonnement terminal des cellules nerveuses centrales que l’on connaisse, sauf pourtant celui qui constitue le réseau spongieux des lames électriques de la torpille.
14. — Mémoire sur la terminaison des nerfs dans l’organe électrique de la Torpille. (Bulletin de l’Académie de Médecine, t. XXXI, 1866.)
15 et!6. — Notes sur la structure de l’organe électrique. (Comptes rendus de l’Acad. des Sciences, 1875.)
17. — Note sur la terminaison des nerfs dans l organe électrique de la Torpille.
(Comptes rendus de l’Acad. des Sciences, 1877.)
18. — Note sur t organe électrique de la Torpille, transformation des forces dans la décharge des nerfs électriques. {Comptes rendus de l’Acad, des Sciences, 1876.)
18 bis. — Analogie de la transformation des forces dans les plaques électriques de la Torpille et dans les plaques terminales des nerfs moteurs. (Note inédite.) L’origine et le mode de production des flux électriques qui se manifestent dans les décharges des appareils spéciaux dont sont munis les poissons électriques , la singularité et la spécialité de ces organes, restreints à un si petit nombre d’espèces, appartenant à des genres si différents, a depuis longtemps préoccupé les physiologistes autant que les physiciens. Depuis la découverte de Galvani. on a cherché avec plus ou moins de succès en se basant sur des analogies d’ordre très secondaire et plus apparentes que réelles, à rapprocher les organes électriques de certains appareils de physique, piles h colonne ou bouteilles de Leyde.
Depuis l’établissement de la doctrine de la transformation et de la corrélation des forces, qui s’applique aux forces du monde vivant aussi rigoureusement qu’aux forces physico-chimiques, les physiologistes devaient être conduits à chercher s’il ne se trouvait pas dans les organes électriques des conditions propres à la transformation d’une force organique en électricité, analogue aux transformations du même genre constatées déjà dans les muscles, celles des forces de
tension dégagées pendant la contraction sous forme dejmouvement mécanique; de chaleur et d’électricité. C’est en me plaçant à ce point de vue que j’ai poursuivi depuis plusieurs années les recherches consignées ci-dessus.
fies premières recherches que j’entrepris en 1866 me conduisirent à confirmer complètement le mode de terminaison des nerfs de l’appareil électrique de la torpille observé antérieurement (en 1856) par Kôlliker et contesté parReichert et Hartmann, mais confirmé aussi par Max Schültze (1862). Je vis, comme Kôlliker et Schültze, les fibres pâles émanées des dernières divisions des tubes nerveux à moelle se terminer en se ramifiant dans la trame d’un réseau lamellaire , véritable dentelle nerveuse dont toutes les mailles sont formées par les divisions et les anastomoses des cylindraxes des dernières fibres pâles ramifiées à l’infini. Comme j’avais également vérifié l’exactitude de la remarque de Kôlliker, que ces détails délicats ne peuvent être constatés que sur des fragments de l’organe pris sur l’animal vivant ou récemment tué, quelques années après j’essayai différents modes de conservation des préparations, et je . réussis, par l’imprégnation avec l’azotate d’argent, à mettre en évidence le réseau terminal do Kôlliker et à en obtenir des photographies plus nettes que celles que l’on obtient avec le tissu à l’état frais.
Dans ces dernières années, trois observateurs distingués, MM. JBoll, Ciacciô et Ranvier, ayant soumis à de nouvelles investigations le mode de terminaison des nerfs de l’organe électrique de la torpille, arrivèrent d’abord isolément, puis ensuite de concert, à nier l’existence du réseau à mailles fermées, décrit et figuré non-seulement par Kôlliker et Schültze, mais par M. Boll lui-même dans un premier travail (1870), et furent unanimes à affirmer que la terminaison en réseau décrite et figurée par Kôlliker, M. Schültze et par Boll lui-même dans l’organe électrique de la torpille et du malaptérure, n’existe pas; que la véritable terminaison dos nerfs électriques est formée de divisions arborescentes, terminées par des extrémités libres et couvertes à leur surface dorsale d’un pointillé, produit
spongieuse réticulée, à mailles de- grandeur i la face dorsale, dans laquelle tous les éléments ide et se fusionnent, sans qu’on y rencontre
opinion, et lorsque la suite de ses recherches lui fit rencontrer dans les annexes du fœtus des éléments renfermant une substance glycogène, il crut avoir découvert un nouvel organe hépatique , chargé temporairement dé la fonction glycogè-
interprétation des faits était incompatible avec les vrais principes de la science et ayant, d’autre part, constaté par mes propres observations que les cellules des prétendues plaques hépatiques de l’amnios ne présentaient, quoi qu’on en eût dit, aucune analogie avec les éléments du foie, et n’étaient rien autre chose que des cellules d’épithélium corné, je fus conduit à envisager la question à un point de vue tout différent de celui auquel on s'était placé jusque-là.
Je recherchai aussitôt et trouvai, suivant mes prévisions, dans la plupart des épithéliums et dans quelques autres éléments cellulaires du fœtus, les caractères -attribués aux prétendues cellules glycogènes spéciales des organes hépatiques. Il
L’amidon granuleux est représenté par le paramylum, que j’ai rencontré chez
La cellulose a pour analogue, non-seulement la substance du manteau des tuniciers, mais aussi celle qui forme l’enveloppe et le squelette de tous'les articulés, la chitine. On avait déjà soupçonné l’analogie de cette substance avec celle qui forme la base des tissus des végétaux, mais on n’avait pas pu le démontrer d'une manière directe. J’ai fait voir que la chitine se colorait en bleu en présence de la teinture d’iode et du chlorure de zinc, comme la cellulose végétale. De plus,
y constater directement l’existence de cette manière glycogène chez l’embryon et chez les animaux adultes dans certaines conditions spéciales, telles que l'hibernation et le repos absolu.
La présence de l 'acide lactique, en quantité notable dans le suc exprimé de ces organes, indique aussi d’une manière presque, certaine qu’une matière glycogène s’y détruit ou s’y transforme constamment par le fait de la nutrition.
Chez les invertébrés, j'ai constaté la présence de lazoamyline non-seulement chez les embryons de l'Hydre verte, A’Hirudinées, de Mollusques gastéropodes, mais aussi chez des larves aquatiques d’insectes ( Libellules, Tipulides) , où elle entre pour une grande part dans la constitution de l’organe counu sous lo nom de corps adipeux : ce même organe m’a paru contenir encore cette substance chez des insectes (Orthoptères) adultes.
Enfin, j’ai observé un plasma amylacé dans la cavité du corps de la Naisproboscidea, d’un Hhabdocélien, et dans le parenchyme ou sarcode d’infusoires ciliés (Spirostomes) ou parasites (Bursaria ranarum) . Ce fait ne s’est pas présenté d’une manière constante chez les mêmes espèces, il m’a paru en rapport avec la digestion.
Les cellules hépatiques, qui reçoivent les premières par la veine porte les produits de l’absorption intestinale, les absorbent et les modifient. Pour ce qui concerne la glycose et la dextrine provenant de la digestion des substances féculentes, elles les transforment en graisse ou en glycogène (zoamyline); emmagasinées à l’état de réserve dans les [ cellules hépatiques, ces substances sont ensuite excrétées, et restituées au sang et à la lymphe.ii l'état de savons solubles et de sucre, et sont reprises et assimilées par d’autres tissus, le tissu musculaire
On avait remarqué, depuis longtemps, que tout aliment complet (le lait,[les œufs, les graines des végétaux, etc.) renferme, indépendamment de l’eau et des sels minéraux, des principes immédiats albuminoïdes , gras, féculents ou sucrés.
les trois espèces concourent, dans des proportions variables, à la constitution de différents tissus (épithélium, cartilages, muscles, parenchyme hépatique, tissu
S’il est établi que certaines substances alimentaires puissent passer d’un groupe dans un autre, que le sucre et les fécules, par exemple, puissent, comme
à des modifications de la nature de celles que l’on observe dans les corps dits isomériques ou dans les dérivés d’un même radical; l’albumine végétale, l’albumine de l’œuf, la fibrine des muscles, la légumine, etc., deviennent de l’albuminose, de l’albumine du sérum, et celle-ci, b son tour, se métamorphose en substance contractile, en substance donnant de la gélatine ou de la chondrine) en globuline, on hémato-cristalline, etc., toutes substances protéiques du même
En est-il de même des substances amyloïdes? A l’époque où l’attention était blir que ce phénomène était absolument indépendant de la nature de l’alimenta-
tradiction avec l’interprétation exacte des résuli nard : « La décoction du foie d’un chien nourri ùoïdes est parfaitement limpide ; la décoction (
proportion de sucre. En présence de ces .derniers faits, il n’est guère permis de douter que les substances glycogènes des aliments ne soient la principale, sinon l’unique source des principes amyloïdes des tissus, de même que les aliments azotés sont, comme on le reconnaît généralement, la source des composés protéiques de l’économie.
En comparant des phénomènes de nutrition chez les végétaux et les animaux, on établit une parfaite analogie dans les différentes phases de la transformation des substances amyloïdes dans les deux cas. La cellulose, qui se forme pendant
gomme, etc., et la proportion de ces substances est plus considérable à l’époque où la végétation est plus active. Dans une plante qui gèrme, comme nous en avons déjà fait la remarque, la fécule de la graine ou du tubercule se transforme en sucre, et celui-ci se métamorphose à son tour en enveloppe de cellulose, ou en
De même chez les animaux, la fécule des végétaux se change en sucre qui passe dans le sang,et c’est aux dépens de ce sucre que, par un effet régressif,se forment les principes amyloïdes des tissus eux-mêmes.
Chez les mammifères herbivores, le sang qui arrive au placenta contient du sucre en-notable proportion, et c’est surtout chez eux que les tissus de l’embryon
sang qui sort de cet organe des quantités très faibles de matières sucrées ainsi qu’il semble résulter des expériences de W. Pavy. Mais la circulation hépatique vient-elle à être troublée soit par un obstacle à la respiration, soit par compression du foie, soit par une irritation directe ou réflexe de ses nerfs vaso-moteurs (Schiff), aussitôt la congestion ou l’hypérémie du foie est suivie d’un accroissement plus ou moins exagéré de l’activité nutritive (irritation nutritive de Virchow) , le sucre apparaît en quantité plus ou moins considérable dans le sang des veines sus-hépatiques, et, ne pouvant pas être détruit dans le sang si sa proportion dépasse 3 pour 100 (Lehmann), il passe dans les urines. La production d’un diabète artificiel par l'introduction de substances irritantes (éther, chloroforme, térébenthine) dans le sang de la veine porte, est un des faits qui concordent le mieux avec cette manière de voir. Quant à l’influence de l’irritation des pneumogastriques, de la piqûre du plancher du quatrième ventricule sur la production du sucre par le foie, Bernard lui-même ramène toutes ces actions à un effet commun, à l’excitation réflexe des nerfs musculaires du foie et à la congestion active des vaisseaux hépatiques qui en est la conséquence : afflux sanguin plus abondant dans cet organe, activité plus grande de la nutrition, augmentation dans la production du sucre, ce sont là trois termes évidemment corrélatifs. La piqûre de la moelle au-dessous des nerfs phréniques ralentit la circulation abdominale, les vaisseaux du foie sont moins pleins de sang , la température s’abaisse, la nutrition se ralentit, le sucre disparaît. En résumé certains tissus animaux possèdent , comme élément constituant , une substance amyloïde; dans l'acte d'échange des matières, acte essentiel de la nutrition, ces tissus, après s'être approprié d'abord, en les transformant en substance glycogène ou amyloïde, le sucre ou la dextrine introduits dans le sang par l'alimentation, rendent à ce fluide, directement ou par l'intermédiaire des lymphatiques, du sucre, produit de désassimilation formé ou plutôt reformé dans l'organisme. La production du sucre n’est pas le but, mais seulement la conséquence de la présence de matières amyloïdes dans certains tissus organiques : elle résulte de la désassimilation de ces matières comme l’urée résulte de la désassimilation des substances protéiques ou albuminoïdes.
20. — Note sur les corpuscules des os et le développement des os secondaires.
(Journal de la physiologie, etc., vol. I, octobre 1838.)
J’établis par des faits nouveaux, fournis par l’observation du développement du tissu osseux, que les cellules du cartilage primitif ou de la moelle persistant plus ou moins modifiées à toutes les périodes d’évolution du tissu osseux, con-
propre de chaque espèce de tissu, de même que, dans les glandes, les cellules spéciales du parenchyme élaborent le plasma commun du sang, de façon à produire la sécrétion propre à chacun de ces organes.
Les observations sur l’évolution des os de la voûte,du crâne, chez le fœtus do l’homme et des mammifères, ont confirmé le fait du développement normal, de tissu osseux aux dépens de membranes fibreuses, et montré en même temps que s’il n’était pas vrai que, dans ce cas, le tissu cartilagineux se développât de toutes pièces, à mesure que progressait l’ossification, celle-ci était, cependant, précédéed’une modification restée inaperçue ou mal interprétée jusque-là, et consistant dans la métamorphose de la substance fondamentale fibreuse, en substance homogène transparente et compacte ( chondroïde ). Les cellules plasmatiques, qui appartenaient primitivement au tissu fibreux, persistent, au contraire, dans leur intégrité à toutes les périodes do l’ossification.
21. — Développement des tissus conjonctifs. (Rapport sur l’École pratique des Hautes Études, 1874-1875.)
Dans mon travail sur les migrations et les métamorphoses des globules blancs, dans mes mémoires sur le développement des capillaires sanguins et
. 23. — Mémoires sur le développement des nerfs chez les larves de batraciens.
54 pages in-8° avec 5 planches. (Archives de physiologie, 1875.)
Observations sur le développement des nerfs périphériques chez les larves de
pâles indépendantes, qui produisent, par scission longitudinale d’abord, puis par simple transformation, les derniers tubes à moelle.
VI. Développement du névrilème ou g aîné adventice des rameaux nerveux. — Les rameaux nerveux de la membrane natatoire chez les batraciens sont le plus souvent dépourvus de toute gaine commune. Cependant, sur des larves ayant dépassé la première moitié de leur évolution, il n’est pas rare de trouver [Hyla
fiées, accolées sur les ramuscules nerveux, et, plus tard, des segments de gaines en tout semblables à ceux dont j’ai antérieurement observé le développement sur les capillaires artériels. Ces gaines sont aussi, en effet, formées par des colonies de leucocytes ou de mélanocytes migrateurs.
sans être discontinue : mais cette continuité de la moelle est difficile à contrôler chez la plupart des espèces de vertébrés à cause du plissement de la gaine et de la couche médullaire qui a lieu au niveau de l’étranglement qui simule une discontinuité de la gaine médullaire. Dans l’organe électrique de la torpille, où ces plissements n’existent pas, les segments des tubes médullaires conservant la forme embryonnaire de fuseaux effilés à leurs extrémités, j’ai pu constater de la manière la plus évidente la continuité de la gaine médullaire dans toute l’étendue du tube nerveux et au niveau même des ramifications. La constatation est plus difficile chez les reptiles, les oiseaux et les mammifères, et cependant j’ai pu m'assurer quo, dans les nerfs à moelle des animaux des différentes classes, la continuité de la moelle au niveau des étranglements est si fréquente qu’on peut la considérer comme la règle.
On n’est donc nullement autorisé à fonder sur l’existence de ces étranglements une prétondue démonstration de la formation des nerfs par des cellules soudées bout à bout, non plus que l’hypothèse sans fondement sérieux d’après laquelle les tubes nerveux ne pourraient absorber les liquides nutritifs qu’au niveau de ces étranglements.
lodytes punctatus, Cultripes provincialis, Peloba on punctatus et Tritonpalmatus; et poursuivies e nifère et sur les Batraciens et Mammifères adulte capillaires sanguins et lymphatiques des amph
se couvre d’un réseau de plus en plus riche de capillaires sanguins et lymphatiques, satellites des vaisseaux sanguins. Aucun élément cellulaire, autre que les cellules endothéliales des parois vasculaires, sanguine et lymphatique, ne prend part à la multiplication de ces canaux.
Le nouveau canal vasculaire devenu perméable, les noyaux se multiplient par divisions successives, et le protoplasma se segmentant à une certaine distance du noyau et suivant des lignes obliques, le canal, creusé d’abord dans l’intérieur d’une cellule protoplasmatique polynucléaire, se trouve revêtu de segments cellulaires distincts, mais intimement accolés, sans ciment intercellulaire et sans membrane de cellule. Le protoplasma de tous ces segments cellulaires se creuse dans toute sa masse de vacuoles, caractéristiques de l’endothélium vasculaire sanguin et lymphatique ; persistant à l’état adulte, elles dotent les parois des capillaires d’une faculté d’absorption beaucoup plus active que celle des cellules à protoplasma compacte, comme le prouvent les effets de l'absorption de solutions trfes-faibles d’azotate d’argent.
IL Formation de la tunique adventice ( conjonctive ). — Les vaisseaux sanguins des amphibiens et des reptiles écailleux sont généralement revêtus d’une tunique adventice formée de tissu conjonctif à cellules pigmentaires ramifiées, semblable à celui que l’on observe autour des troncs vasculaires sanguins de la choroïde des vertébrés supérieurs. Il résulte de mes observations sur les larves do batraciens que cette tunique adventice a pour origine des leucocytes migrateurs métamorphosés en mélanocytes que l’on trouve disséminés au voisinage des vaisseaux. Un certain nombre d’entre eux se dirigent à l’aide de mouvements amiboides vers un capillaire de nouvelle formation, se fixent sur lui, émettent des prolongements qui se multiplient, se ramifient, se mettent en communication avec ceux d’autres mélanocytes de même provenance, et finissent par constituer un tube pigmentaire complet qui enveloppe le plus souvent des segments isolés du vaisseau laissant nues les parties intercalées du tube vasculaire.
26. — Note sur la contractilité de capillaue cmgum et u le développement
de la tunique contractile des vaisseaux. (Comptes rendus de l’Acad. des Sciences,
Hé nouvelles recherches sur le développement des vaisseaux des larves d’amphibiens m’ont permis de mettre hors de doute la contractilité des cellules à prolongements protoplasmatiques ramifiés, que j’ai décrites dans les vaisseaux de la membrane hyaloïde de la grenouille adulte.
entièrement semblables aux cellules (globules) du sang des mêmes animaux.
28. — Structure des globules colorés du sang chez les vertébrés inférieurs, les embryons de mammifère et les mammifères adultes. (Rapport sur l’École pratique des Hautes Études, 1876.)
On peut séparer l’un de l’autre l’enveloppe et le contenu des globules chez
arrivés au dernier terme de l’évolution cellulaire, et inaptes à vivre dans un autre milieu que le sang, peu de temps après leur sortie des vaisseaux ils cessent de se
Les globules blancs, au contraire, éléments jeunes et doués au plus haut point de tous les modes d’activité cellulaire, se comportent comme ces organismes inférieurs, indépendants et libres dans leur premier âge, et ne se fixant que dans
Nés de la prolifération de cellules fixes (tissu conjonctif adénoïde, des glandes lymphatiques, de la rate, etc.), amenés dans le système vasculaire sanguin par la circulation lymphatique, ils l’abandonnent dans certaines conditions confondues sous le nom de diapédèse.
Chez les larves d’amphibiens, dans les conditions les plus normales, on trouvé constamment des globules blancs isolés, engagés dans la paroi vasculaire, la
Après l’absorption et lp mélange au plasma du sang, des solutions de curare ou d’éther à doses très faibles, déterminant seulement l’engourdissement et l’immo¬
bilité de l’animal sans aucun trouble appréciable de la circulation, la diapédèse de globules blancs seuls se produit dans beaucoup de vaisseaux. Autour des foyers d’inflammation, on constate également une abondante diapédèse de globules blancs seuls formant de véritables manchons, autour de sections des veinules ou d’artérioles, les plus rapprochées du point lésé et dans un état de dilatation paralytique ; la colonne des globules rouges circulant du reste régulièrement, au centre du canal vasculaire! Dans ces divers Cas on ne peut, je crois, méconnaître que le rôle des globules blancs est actif et qii’ils n’obéissent pas
aux conditions générales de la circulation, auxquelles restent soumis les globules rouges. S’ils s’engagent dans épaisseur de la paroi des vaisseaux et la traver-
sent seuls, c’est en vertu de leur activité propre, qui continue à se manifester par les mouvements amiboïdes à l'aide desquels ils s’éloignent peu à peu du vaisseau d’où ils ont émigré.
Mêlés aux globules rouges extravasés par diapédèse passive, ou accumulés autour de caillots hémorrhagiques, les globules blancs ne s’attaquent aux globules rouges que lorsque ceux-ci, sortis depuis plusieurs jours de leur milieu normal, commencent ù s’altérer. Alors les globules blancs enveloppent de leurs prolongements amiboïdes les hématies, les englobent dans leur masse, les digèrent , et s’infiltrent de résidus pigmentaires. En même temps leurs dimensions s’accroissent, et ils se métamorphosent en cellules pigmentaires; celles-ci, douées toujours de mouvements amiboïdes, émigrent vers différentes destinations : les unes pénètrent dans les voies lymphatiques et se dirigent vers le système vasculaire sanguin, où leur destinée ultérieure n’est pas encore connue ; d’autres vont se fixer sur les vaisseaux, sur les nerfs, et s’y ramifient pour constituer les tuniques adventices; d’autres, également ramifiées, forment les couches pigmentaires noires et jaunes chromatogènes, à la surface du derme ; d’autres . enfin pénètrent jusqu'au-dessous des couches épidermiques, ou même dans l’épaisseur de la couche profonde, et deviennent los cellules étoilées du pigment sous-épidormique.
Sous l’influence d’un excès d'irritation formatrice, conséquence de lésions traumatiques, les globules blancs hématophagos métamorphosés en cellules pigmentaires s’accumulent au niveau des cicatrices, et forment des néoplasies, dont la constitution et le mode de développement offrent une très grande analogie avec celle des bourgeons charnus, des fongosités, et des végétations cicatricielles , chez les vertébrés supérieurs.
30. — Développement des œufs et de tovaire chez les mammifères après la naissance. (Comptes rendus de l’Acad. des Sciences, janvier 1879.)
Chez les mammifères qui naissent lés yeux fermés {chien, chat, lapin), l’ovaire au moment de la naissance est encore constitué par dos cordons cellulaires tortueux, ramifiés et anastomosés, qui ont pour racine des extrémités coniques enchâssées dans l’épithélium muqueux de la surface de l’ovaire. Les cordons corticaux semblent entièrement constitués par des ovules pressés les. uns contre les autres. Les cordons qui occupent la région médullaire, formés de petites cellules i noyaux ovoïdes, no renferment d’ovules enchâssés au milieu de leurs cellules propres que dans la région limitrophe de la zone corticale. Ces cordons médullaires sont homologues aux conduits seminifères.
mâle, où ils n’ont plus de relations avec l’épithélium prétendu germinatif, que dans la glande femelle, où elles persistent. La multiplication est bientôt telle dans la partie corticale des cordons cellulaires, que dans les deux tiers de l’épaisseur pour la glande mâle, un tiers seulement pour la glande femelle, ils sont complètement envahis par les ovules, dont le volume s’est accru en même temps que le nombre. Ces ovules pressés les uns contre les autres, imbriqués les uns sur
— iS —
d’indifférence sexuelle, non-seulement les ovules de la glande femelle, mais aussi les ovules de la glande mâle des adultes.
Ainsi la présence d’ovules, comme éléments essentiels du testicule, constatée d’abord par Balbiani chez les Plagiostomes et récemment, par le même observateur, chez des embryons de mouton de 9 centimètres, apparaît comme une condition constante de 1 organisation de la glande mâle chez les mammifères, chez l’homme et, selon toute probabilité, chez tous les vertébrés. Quant aux cordons cellulaires qui reçoivent les ovules primordiaux dès leur première apparition au milieu des éléments de l’épithélium ovarique, ces cordons cellulaires sontiden-
ocellé, â la période d’indifférence sexuelle) aux cordons segmentaires décrits par Max Braun dans la glande génitale des reptiles écailleux. L’évolution comparée telle qu’elle est aujourd’hui connue rattache par l’intermédiaire des Reptiles, des Amphibiens et des Plagiostomes, ces cordons segmentaires des embryons de Mammifères aux organes segmentaires des Vers, conduits vecteurs des éléments essentiels de la génération, ovules et spermatoblastes.
32. — Recherches sur P action physiologique et sur l'absorption des sels d’argent.
(Archives de Physiol. normale et pathol. Juillet 1873.)
Mes premières observations sur l’absorption des sels d’argent ont été faites sur des larves d 'Amphibiens de différents genres; répétées ensuite sur des animaux adultes du même groupe, elles m’ont fourni des résultats semblables aux premiers , mais plus intéressants et plus complets. Les phénomènes que j’ai constatés alors se rapprochent beaucoup, dans leur ensemble, de ceux que présentent les grenouilles immobilisées par une faible dose de curare. Les mouvements
après avoir persisté quelque temps, disparaissent également; la circulation seule continue à s’accomplir avec régularité, et se maintient, non pas, il est vrai, pendant des jours, mais pendant une durée qui varie de une demi-heure à deux heures.
Ces effets de l’intoxication argyrique chez les batraciens semblent n’avoir aucun rapport avec ceux qui ont été observés chez les chiens dans les veines desquels on a injecté des sels d’argent.
Cependant, les éléments premiers des tissus, dont Pactivité est la source essentielle de tous les phénomènes de la vie, sont constitués sur le même type et doués des mêmes propriétés fondamentales dans les organismes les plus simples et dans les organismes les plus compliqués : ils ne sauraient être affectés diversement par les mêmes agents, et les différences apparentes ne peuvent
variations secondaires, les phénomènes essentiels de l'action des solutions d’ar-
J’ai entrepris dans ce but de nouvelles recherches sur des animaux appartenant, à toutes les classes de vertébrés, à plusieurs ordres do Mammifères, et je n’ai même pas cru inutile de descendre jusqu’à certains invertébrés. Insectes et Crustacés. Les expériences sur les Amphibiens, à l’état de larve ou à l’état adulte, ont
de la même espèce.
Dans mes premières observations sur les amphibiens, je n’avais employé que des solutions d’azotate d’argent au 400” ou au 100” ; j’ai fait usage ultérieurement d’hyposulfite d’argent, préparé par la dissolution du chlorure d’argent dans l’hyposulfile de soude, ou de l’azotate d’argent en dissolution dans l’hyposulfite de
Dans toutes ces expériences, l’agent toxique a été introduit dans l’organisme par absorption.
torpeur, somnolence, jusqu’aux plus graves : perte complète des mouvements volontaires, par convulsions, contractures ou paralysies.
il faut alors une excitation extérieure pour provoquer ces convulsions réflexes ; mais il suffit d’un ébranlement et d’un simple contact. Lorsque l’arrêt de la respiration a déjà eu lieu, l’excitation mécanique provoque, en même temps que des mouvements des membres et du tronc, le retour de mouvements respiratoires, qui durent au début un peu plus que les convulsions. Celles-ci offrent la plus grande analogie avec le tétanos produit par la strychnine, soit qu’on ait fait usage de l’azotate d’argent, soit qu’on ait employé rhyposulfite d’argent.
Chez tous les animaux soumis à l’intoxication argyrique : vertébrés et invertébrés, mammifères, reptiles ou poissons, le cœw est le dernier organe gui manifeste encore son activité, quand le poison a déjà détruit toutes les autros
Conclusion. — Quelle que soit la variété apparente des accidents que détermi-
duites par absorption dans l’organisme, ces accidents sont toujours la conséquence directe de l’intoxication des éléments des centres nerveux encéphalo-rachidiens, compliquée dans quelques cas de l’intoxication des éléments musculaires de la vie
(de dix minutes à deux heures après la perte des mouvements volontaires), reviennent ainsi que les mouvements respiratoires. Le curare agit donc d’abord sur les centres volontaires, puis sur le centre respiratoire, sur les centres réflexes • ce n’est que postérieurement à ces effets qu’il supprime non pas l’activité des nerfs moteurs, comme le démontre péremptoirement l’expérience de Kolliker, mais la
contractilité musculaire est affaiblie, et persiste moins longtemps dans les membres séparés de l’animal, que lorsqu’il n’a pas été curarisé. Les centres vasomoteurs sont les derniers atteints; si la dose de poison a été faible, la circulation peut même continuer sans autre modification qu’une dilatation générale des vaisseaux périphériques, accompagnée de diapédèse des globules blancs,
La plupart des poisons, à l’exception peut-être dos poisons du cœur,
volontaires et intellectuels, ce qu’ils ont de commun avec des substances qui ne sont pas à. proprement parler toxiques, l’éther, l’alcool, les liqueurs à la dose