I. PHYSIOLOGIE ET PATHOLOGIE DU SYSTÈME NERVEUX
1. — Recherches et expériences sur la physiologie de la moelle épinière. ( Thèse de
doctorat, Paris, 3 janvier 1846, in-4, 30 pages.)
Ce travail se compose de deux parties distinctes : la première ayant surtout pour objet de signaler ce fait nouveau que la faculté réflexe de la moelle épinière, presque nulle après sa séparation de l’encéphale, s’augmente graduellement ensuite; la seconde, traitant des propriétés et des fonctions des divers cordons du centre cérébro-spinal, a pour but principal de montrer, contrairement à l’opinion alors générale, que la transmission des impressions sensitives s’opère surtout par la substance grise et non par les cordons postérieurs de la moelle épinière.
2. — Sur la durée de la vie des batraciens en automne et en hiver, après l’ablation de la moelle allongée et d'autres parties du centre cérébro-rachidien. (I, 1847, vol. 24, p. 363 et p. 688.)
Ce travail contient la première mention faite par l'auteur de sa découverte que la vie peut durer indéfiniment sans altération manifeste de presque toutes les fonc-
(l)Les matières sont disposées d'après leur date de publication pour chacune des séries indiquées par les sous-titres. Pour éviter de fréquentes répétitions, les indications bibliographiques sont renvoyées par des chiffres romains à une table qui suit la notice (p. 63).
tions organiques, après l’ablation de l’encéphale tout entier. Un autre résultat remarquable des expériences décrites dans ce travail consiste en ceci que l’ablation de la totalité du centre cérébro-rachidien, moins la petite partie de la moelle épinière donnant origine à la 2e et à la 3e paires de nerfs, permet une plus longue durée de vie que l’ablation du centre cérébro-rachidien, moins le bulbe rachidien tout entier.
3. — Recherches expérimentales sur les propriétés et les fonctions des moelles épinière et allongée et sur les rapports de ces propriétés et de ces fonctions avec celles des muscles et d’autres organes. (I, vol. 24, 1847, p. 849.)
Le fait principal est que la force des membres abdominaux, par action réflexe, après la section de la moelle épinière près du bulbe, est tellement augmentée que ces membres peuvent soulever des poids doubles ou triples de ceux qu'ils soulevaient par l’action de la volonté.
4. — Recherches anatomiques , physiologiques et pathologiques sur la théorie du
clavier nerveux. (I, vol. 24, 1847, p. 889.)
Faits variés, nombreux et décisifs contre une doctrine qui cependant a survécu, bien que modifiée, et que l’auteur a encore eu à combattre récemment, doctrine d’après laquelle il y aurait des conducteurs se propageant sans discontinuité des centres encéphaliques de volition et de perception des sensations jusqu’aux muscles et aux organes recevant les impressions sensitives et sensorielles.
5. — Recherches expérimentales sur les résultats de l’ablation des centres nerveux et particidièrement de la moelle allongée dans les cinq classes de vertébrés. (I, vol. 26, 1848, p. 413.)
6. — Des rapports qui existent entre les fonctions des racines motrices et celles des
racines sensitives des nerfs spinaux. (IT, 1849, p. 15.)
Faits démontrant que le sens musculaire n’est pas entièrement sous la dépendance des racines postérieures (sensitives) des nerfs spinaux. En effet, les grenouilles peuvent encore sauter et nager après la section des racines postérieures et il n’y a guère chez elles, dans ces conditions, qu’une diminution dans la précision des mouvements volontaires.
7. — Recherches expérimentales sur les plaies de la moelle épinière. (II, 1849, p. 17.)
Première publication de l’auteur sur le fait qu’il a trouvé que la motricité volontaire et la sensibilité peuvent revenir, chez le pigeon, après la section transversale
complète de la moelle épinière, ce qui montre que les bouts séparés par la section se sont réunis. On savait que les nerfs coupés peuvent se réunir, on ne savait pas qu’il en pût être ainsi pour la moelle épinière complètement tranchée. Dans ce travail, l’auteur annonce aussi avoir constaté que les brûlures et les plaies des membres paralysés par la section de la moelle se guérissent tout aussi vite que les mêmes lésions chez des animaux intacts.
8. — Recherches sur la production de force nerveuse par la moelle épinière. (II, 1849,
Les conclusions 6e, 7° et 8e sont les plus intéressantes. La 6e est que la moelle épinière des grenouilles, séparée de l’encéphale, produit assez de force nerveuse, en 24 heures, pour faire soulever, par un des membres abdominaux, de 100 à 200 kilogrammes (par petites fractions, successivement), à la hauteur de 2 à 5 millimètres (de 4 à S dixièmes de kilogrammètre) . La 76 est que la moelle épinière des oiseaux (pigeons adultes), séparée de l’encéphale, produit assez de force nerveuse, en un jour, pour faire soulever de 500 à 800 kilogrammes, à une hauteur d’environ 3 centimètres (environ 20 kilogrammètres). La 8e est que la force manifestée sous l’influence d’une excitation de la peau d’une patte est, en général, pour les batraciens le trentième et, pour les pigeons, le vingtième de la quantité totale de force nerveuse possédée par la portion de moelle épinière séparée de l’encéphale.
9. — L'action de téter est indépendante du cerveau. (II, 1849, p. 60.)
Elle a lieu, comme l’auteur l’a montré, chez le lapin, après l’ablation du cerveau tout entier.
10. — Production de sueur sous V influence d’une excitation des nerfs du goût. (II,
Ce fait est le premier démontrant clairement qu’une sécrétion autre que celle de la salive peut être causée par une action réflexe provenant des nerfs gustatifs.
11. — Tubercule comprimant la moelle cervicale chez un lapin. (II, 1849, p. 122.)
Convulsions des membres antérieurs ; parésie des quatre membres ; température rectale à 32° seulement, l’air étant à 24°.
12. — Du tournoiement et du roulement consécutifs à l’arrachement du nerf facial.
(II, 1849, p. 133.)
Ce travail, fait en commun avec M. Martin-Magron , montre que l’arrachement du nerf facial d’un côté peut causer un mouvement de manège et que si l’on arrache l’autre nerf facial aussi, il peut y avoir du roulement. Il est singulier que l’irritation
du bulbe, qui a lieu par la secousse due à l'arrachement, cause du tournoiement du côté de la lésion, tandis qu’une piqûre du bulbe en avant du bec du calamus détermine un mouvement de manège du côté opposé.
13. — Sur les altérations pathologiques qui suivent la section du nerf sciatique.
(II, 1849, p. 136.)
On croyait que ces altérations sont dues à la (cessation d’une influence, supposée nécessaire, des centres nerveux sur la nutrition. L’auteur montre que cette opinion est fausse et que ces altérations sont dues à des frictions, des compressions et d’autres causes locales.
14. — Cas de régénération complète du nerf sciatique. (II, 1849, p. 137.)
Ce cas est extrêmement remarquable en ce qu’il démontre la possibilité d’un retour intégral des fonctions perdues.
la. — Recherches sur la physiologie de la moelle allongée. (III, 1849, p. 117.)
Expériences comparatives sur un grand nombre d’espèces d’animaux, montrant que chez les mammifères adultes, dont la température a été préalablement abaissée, la vie peut encore durer de 10 à 20 minutes, après l’ablation de la moelle allongée.
16. — Cas de méningite rachidienne chronique, avec ramollissement des cordoiis
postérieurs de la moelle (en commun avec M. Tailhé. II, 1849, p. 160).
Le cas est important en ce qu’il montre, contrairement à la doctrine combattue par l’auteur, que la sensibilité a persisté malgré une altération considérable des cordons postérieurs.
17. — Recherches sur un moyen de mesurer T anesthésie et l'hyperesthésie. (II, 1849,
Première application faite de la découverte de Weber à la pratique de la médecine ; faits montrant combien peut être grande l'augmentation de la sensibilité tactile.
18. — Sur le siège central de la sensibilité et sur la valeur des cris comme preuve de
perception de douleur. (I, 1849, vol. 29, p. 672.)
Faits démontrant que le cri peut avoir lieu par simple action réflexe, après l’ablation de l’encéphale, moins le bulbe, et que, conséquemment, les physiologistes se trompent qui considèrent la protubérance comme le centre percepteur des impres-
sions de douleur, en se fondant seulement sur le fait qu'un animal sans cerveau, mais ayant conservé le bulbe et la protubérance, peut encore crier.
19. — Des différences d’énergie de la faculté réflexe, suivant les espèces et les âges,
dans les cinq classes d’animaux vertébrés. (II, 1849, p. 171.)
Ce travail montre i — * 1° que la faculté réflexe n’est pas, comme on l’a cru, en raison inverse du degré qu’occupe un animal dans la série des vertébrés; 2° que cette faculté n'a pas les relations qu’on a signalées avec le degré normal de chaleur animale; 3° que l’énergie de cette faculté n’est pas, comme on l’a cru, en raison inverse de l’âge; 4° que le degré de cette faculté est en proportion directe de la quantité de substance grise dans la moelle épinière.
20. — De la transmission des impressions sensitives dans la moelle épinière. (II, 1849,
Ce travail est le premier dans lequel l’auteur mentionne les deux découvertes suivantes : 1° que la section d’une moitié latérale de la moelle épinière produit de l’anesthésie du côté opposé et de l’hyperesthésie du côté correspondant; 2° que la section des cordons postérieurs est toujours suivie d’hyperesthésie.
21. — Régénération des tissus de la moelle épinière. (II, 1850, p. 3.)
Avec l’aide de Follin, l’auteur trouva des cellules et des fibres nerveuses de nouvelle formation dans la cicatrice unissant les bouts d’une moelle épinière de pigeon coupée transversalement.
22. — De l’ arrêt passif des battements du cœur par l’ excitation galvanique de la moelle allongée et par la destruction subite du centre cérébro-rachidien . (II, 1850, p. 26.)
Le fait nouveau dans ce travail consiste en ce que le cœur peut s’arrêter en diastole par une irritation mécanique du bulbe ou de la moelle épinière, comme par une irritation galvanique du nerf vague ou du bulbe.
23. — De la conservation de la vie sans trouble apparent des fonctions organiques , malgré la destruction d'une portion considérable de la moelle épinière, chez des animaux à sang chaud. (II, 1850, p. 28 et p. 49; I, 1850, vol. 30, p. 828.)
Faits démontrant que des oiseaux ayant perdu la moitié de la longueur de la moelle épinière (cette moitié avait été complètement détruite) ont grandi et gagné en poids autant que des oiseaux intacts, et que les fonctions suivantes — respiration, circulation, digestion et les sécrétions essentielles à la digestion, chaleur animale, nutrition et production des plumes — ont paru continuer comme à l’état nor-
mal chez ces animaux rendus partiellement amyèles. D’autres faits ont montré que la mort, chez les mammifères, après la destruction d’une petite partie de la moelle, est due à la perte de sang.
24. — De la transmission croisée des impressions sensitives par la moelle épinière.
(II, 1850, p. 33.)
Les faits nouveaux de ce travail consistent : 1° en ce qu’une section d’une moitié latérale de la moelle épinière, faite très-haut, à la région cervicale, a montré que les deux membres opposés deviennent alors anesthétiques ; 2° que bien que dans cette expérience, très-peu de fibres du cordon antérieur aient échappé à l’hémisection, l’animal (un cobaye) pouvait encore se tenir sur ses quatre membres, et même marcher un peu.
25. — De l’influence des nerfs vagues sur les battements du cœur. (II, 1850, p. 45.)
Expériences décisives démontrant que chez les batraciens, contrairement à ce qui était soutenu, l’extirpation des ganglions des nerfs vagues ne semble pas abréger la vie et ne modifie en rien la force et la régularité des mouvements du cœur.
26. — De la persistance de la faculté réflexe, malgré des altérations considérables de
la moelle épinière. (Il, 1850, p.46.)
Parmi les faits exposés dans ce travail, plusieurs font voir combien peu d’éléments nerveux suffisent pour la persistance d’actions réflexes très-nettes. Dans un cas où une moitié latérale de la moelle épinière, dans toute la longueur du renflement lombaire, avait été détruite complètement, l’autre moitié a suffi pour causer des mouvements réflexes dans le membre correspondant.
27. — Explication de l’ hémiplégie croisée du sentiment. (II, 1850, p. 70.)
L’explication de l’auteur est que les conducteurs des impressions sensitives s’entrecroisent dans toute la longueur de la moelle épinière. Cette manière de voir a été presqu’universellement acceptée, après plus de dix ans d’efforts de la part de l’auteur. On trouvera plus loin les additions et modifications qu’il a eu à faire subir à ses propres doctrines sur ce point important et sur d’autres points qui ont avec celui-ci de grandes connexités.
28. — Troubles survenant dans la nutrition de l’œil, par suite de la section d’une moitié latérale de la moelle épinière au dos. (II, 1850, p. 134.)
Ces altérations de nutrition sont très-variées quant à leur siège (cornée, cris-
tallin, etc.) et à leur nature. Elles ressemblent quelquefois h celles qui suivent la section du nerf trijumeau.
29. • — D’une action spéciale qui accompagne la contraction musculaire et de T existence de cette action dans certains cas pathologiques et dans ce que M. Magendie a appelé sensibilité récurrente. (II, 1850, p. 171.)
Faits qui paraissent démontrer que la douleur des crampes est due à une exagération d’un changement galvanique qui accompagne toute contraction musculaire et qui nous donne la sensation de l’état de nos muscles, sensation d’après laquelle nous dirigeons nos mouvements.
30. — De la conservation partielle des mouvements volontaires après la section
transversale d’une moitié latérale de la moelle épinière. (II, 1850, p. 195.)
Le résultat indiqué a été observé chez des cobayes et des pigeons. (Voyez n° 24.)
31. — De l’innocuité de la mise à nu de la moelle épinière. (II, 1850, p. 202.)
Même après l’extirpation des arcs postérieurs de huit à dix vertèbres, chez le cobaye, la vie a persisté sans trouble apparent.
32. — Mémoire sur la transmission croisée des impressions sensitives dans la moelle
épinière. (I, 1850, vol. 31, p. 700.)
33. — Déviation et contracture permanentes des membres après V écrasement de la
moelle épinière. (II, 1851, p. 16.)
Expériences montrant comment se produisent certaines formes de pied-bot congénital.
34. — De la survie des batraciens et des tortues après l’ablation de la moelle allongée.
(II, 1851, p. 73.)
Faits montrant : 1° que la moelle allongée n’est essentielle à la vie que chez les animaux qui ont besoin de la respiration pulmonaire pour vivre ; 2° que la peau diffère des poumons, en ce qu’elle absorbe d’autant plus d’oxygène qu’il y en a davantage dans le milieu ambiant; 3° que les mouvements du cœur ne dépendent pas de la moelle allongée.
35. — Des actes de la qénération chez des animaux atteints de parapléqie incomplète.
(II, 1851, p. 75.)
La sécrétion testiculaire persiste malgré des altérations considérables de la moelle épinière.
36. — Expérience nouvelle sur la voie de transmission des impressions sensitives dans
la moelle épinière. (II, 1851, p. 77.)
Le fait consiste en deux sections tranversales d’une moitié latérale de ce centre et l’ablation de la partie intermédiaire. Le résultat est que de l’anesthésie a lieu du côté opposé et de la paralysie du côté correspondant.
37. — Sur plusieurs cas de cicatrisation de plaies faites à la moelle épinière avec retour
des fonctions perdues. (II, 1851, p. 77.)
Ces faits établissent définitivement les deux points suivants : 1° que chez les oiseaux, après une section partielle de la moelle épinière, la réunion des surfaces séparées peut s’opérer et les fonctions perdues revenir et même réacquérir bien à peu près l’état normal.
38. — Sur une nouvelle espèce de tournoiement. (II, 1851, p. 79.)
C’est un mode particulier de mouvement de manège dù à certaines lésions du mésoeéphale. Parmi les faits mentionnés dans ce travail, il en est un qui mérite une attention particulière : une piqûre des tubercules quadrijumeaux d’un côté produit un état convulsif de l'œil du côté opposé.
39. — Influence d’une partie de la moelle épinière sur les capsides surrénales.
(II, 1851, p. 146.)
Les effets produits consistent en congestion, hémorrhagie et plus tard hypertrophie. Pour la première fois il a été montré, dans ce travail, qu’une hémori'hagie a pu être causée par la lésion d’un centre nerveux.
40. — Recherches expérimentales et observations cliniques sur le rôle de l’ encéphale et particulièrement de la protubérance annulaire dans la respiration. (Ces recherches sont exposées dans la thèse inaugurale de M. J. -B. Coste, Paris, 1er août 1851.)
Expériences montrant que l’ablation des parties de l’encéphale qui sont en avant et au-dessus de la moelle allongée cause la mort par asphyxie, et, conséquemment, que la base de l’encéphale (protubérance, pédoncules cérébraux, etc.) sert à la respiration. Nombre de faits cliniques conduisent à la même conclusion.
41. — Expériences démontrant que la vie peut durer longtemps chez des mammifères, après l’ablation d’une partie considérable de la moelle épinière. (IY, 1852, p. 321.)
Plus du tiers de la longueur de la moelle a été détruit sur un jeune chat qui a grandi après l’opération presque autant qu'un autre de la même portée.
42. — Sur la faculté de régénération ou de réunion des plaies de la moelle épinière.
(IY, 1852, p. 379.)
Nouveau fait observé chez un pigeon.
43. — Sur la faculté réflexe comme cause de sécrétion. (IY, 1852, p. 485.)
Expériences montrant que par une action réflexe provenant des nerfs du goût, il se produit une sécrétion abondante des sucs gastrique, pancréatique, biliaire et intestinal.
44. — Recherches sur l'influence du système nerveux sur les fonctions de la vie
organique. (IV, 1852, p. 486.)
Faits démontrant : 1° qu’à l’exception de l’atrophie, les altérations de nutrition, qui s’observent quelquefois après la section des nerfs, ne dépendent pas de l’absence d'action du système nerveux sur la nutrition, mais de causes locales d’irritation dans les parties paralysées; 2° que la croissance en longueur peut se faire d’une manière normale dans une partie paralysée; 3° que les brûlures, les plaies, les ulcères peuvent se cicatriser aussi vite dans les parties paralysées par suite de la section de leurs nerfs que dans les parties saines; 4° que l’atrophie, après la section des troncs nerveux des membres, a lieu non-seulement dans les muscles et dans les os, mais aussi dans la peau qui s’amincit manifestement; 5° que la section du nerf grand sympathique au cou est suivie d’une paralysie des vaisseaux sanguins de la tète, et que c'est en conséquence de cette paralysie que les vaisseaux cèdent à l’impulsion du sang et se distendent, tandis que la température et la sensibilité s’augmentent par suite de l’accroissement de la quantité de sang ; 6° que la galvanisation du nerf grand sympathique cervical détermine la contraction des vaisseaux sanguins de la tête, et comme conséquence de cette contraction une diminution de la quantité de sang, de la température et de la sensibilité (1); 7° que la moelle épinière donne origine aux nerfs des vaisseaux de la tête ; 8° que la sécrétion du suc gastrique peut continuer chez les grenouilles après la section des nerfs pneumogastriques ; 9° que les muscles, les os et la peau des membres paralysés peuvent se développer comme à l’état normal, sous l’influence du galvanisme, chez de jeunes animaux; 10° que les lésions delà moelle épinière peuvent produire des congestions, de l’hypertrophie ou une hémorrhagie dans les capsules surrénales ; 11° que la sécrétion urinaire peut continuer d’une manière normale après la des-
(1) C’est dans ce travail que les découvertes principales de l’auteur sur le système nerveux vasomoteur ont été mentionnées pour la première fois.
truction de la moelle épinière dans une étendue considérable (plus du tiers de la longueur de cet organe) et que cette sécrétion peut s’opérer aussi après l’ablation de la moelle allongée; 12° que chez les animaux, paraplégiques à la suite d’une section transversale complète de la moelle épinière, les brûlures et les plaies, dans les parties paralysées, se guérissent aussi vite que dans une partie saine quelconque chez des animaux non paralysés; 13° que l’érection et l’éjaculation peuvent se produire sous l'influence d’irritations de la moelle épinière, etc.
45. — Sur le tournoiement et le roulement, comme phénomènes dus à des lésions
du système nerveux. (II, 1852, p. 498.)
Faits montrant : 1° que des parties voisines, à la base de l’encéphale, peuvent déterminer des mouvements rotatoires dans des directions opposées l’une à l’autre; 2° que la moelle allongée peut, comme les autres parties de la base de l’encéphale, déterminer des mouvements rotatoii'es; 3° que le nerf auditif possède aussi cette puissance; 4° que les théories de Magendie, Flourens, Henle, Lafargue et Schiff sont en opposition avec nombre de faits ; 5° que la principale cause des mouvements rotatoires est un état convulsif de certains muscles du tronc, et spécialement de ceux qui s’insèrent à la tète et aux vertèbres cervicales.
46. — Sur les relations qui existent entre l’organisation des fibres nerveuses et leurs
propriétés vitales. (IY, 1852, p. 563.)
Expériences démontrant que la substance médullaire des tubes nerveux n’est pas leur partie douée de propriétés vitales.
47. — Sur un fait nouveau relatif à la physiologie de la moelle épinière. (Y, vol. 47,
nov. 1852, p. 334.)
Des expériences ont conduit l’auteur à découvrir qu'il existe des fibres sensitives qui, au lieu de monter directement vers l’encéphale, descendent dans les cordons postérieurs se rendant à la substance grise.
48. — Cause de l'arrêt des mouvements du cœur à la suite d’une excitation de la moelle allongée ou du nerf vague . (IV, 1853, p. 141 .)
Ce travail contient des expériences qui montrent que le cœur arrêté n’a rien perdu de sa puissance d’action.
49. — Sur un trouble singulier des mouvements volontaires lorsqu’on expose à l'air le ventricule spinal chez les oiseaux. (IV, 1853, p. 144.)
Titubation et autres désordres des mouvements l’essemblant à ceux que cause l’ablation du cervelet.
50. — Cas de perte de sensibilité dé un côté du corps et de perte du mouvement de
l'autre côté . (IY, 1853, p. 288.)
51. — Sur les différences dans le degré de l' excitabilité des nerfs de sensibilité, dans diverses parties de leur trajet. (IV, 1853. p. 291.)
Expériences montrant que l’excitabilité est une propriété absolument distincte de la faculté de transmission, soit des impressions seusitives, soit des impressions produisant des actions réflexes.
52. — Le nerf auditif peut agir comme un centre nerveux. (IV, 1853, p. 490.)
Faits montrant que les lésions du nerf auditif peuvent déterminer de la paralysie, de l’hyperesthésie, de la contracture, comme les lésions du centre cérébro-rachidien et que le toui’noiement et les autres résultats de l’irritation du nerf auditif chez la grenouille peuvent avoir lieu même après l’ablation des lobes cérébraux.
53. — Sur quelques résultats nouveaux de la section d'une moitié latérale de la moelle
épinière. (II, 1853, p. 151.)
Série de faits nouveaux relativement aux racines spinales postérieures, et aux propriétés vitales des muscles et des nerfs après une hémisection de la moelle.
54. — Effets de la section des nerfs vagues sur le cœur. (II, 1853, p. 152.)
Preuves que la force du cœur s’augmente d’abord, puis diminue après la section des nerfs vagues. Chez les animaux qui meurent vite après l’opération, la période de diminution de la force du cœur apparaît vite, et chez ceux qui survivent trèslongtemps (comme les chiens), elle apparaît beaucoup plus tard.
55. — Nouveau fait relatif à l'arrêt du cœur par la galvanisation du nerf vague.
(II, 1853, p. 153.)
Si l’on substitue à la cause normale d’irritation du cœur une autre cause telle que le passage direct d’un courant galvanique faible à travers le cœur, pendant son arrêt par la galvanisation du nerf vague, il bat de nouveau régulièrement, mais s’arrête encore dès que le courant cesse de passer, si l’irritation du nerf vague est maintenue.
56. — Nouvelles preuves de /’ entrecroisement des fibres sensitives dans la moelle
épinière. (II, 1853, p. 154.)
Faits montrant que l’oreille perd sa sensibilité du côté opposé à celui de l’hémisection de la moelle épinière près du bulbe.
57. — Sur une question de p?'io?'ité l'elative au toxmioiement . (II, 1853, p. 167.)
58. — Note su?' la découverte de quelques-uns des effets de la galva?iisatio?i du nerf
gra?id sy?npathique, au cou. (VII, 1854, p. 22.)
Il s’agit des faits qui ont conduit l’auteur à l’établissement de la théorie des nerfs vaso-moteurs maintenant admise par tout le monde.
59. — Sur les ?'ésultats de la sectio?i et de la galvanisatio?i du ?ierf gra?id sympathique
ce?'vical. (I, 1854, vol. 38, p. 72, et VII, 1854, p. 117.)
Plusieurs faits nouveaux qui ont servi de base à l’auteur pour la démonstration de la théorie vaso-motrice.
60. — I?iflue?ice des ?ierfs vagues sur les vaisseaux sa?igui?\s des pou?no?is. (VIII, February 1855, p. 171.)
61 . — Recherches expé?'i?ne?itales et cliniques sur la physiologie et la pathologie du cexitre cérébro-rachidien . (VIII, Marçh and April 1855, p. 177 et p. 283.)
Ce travail étendu, publié plus tard en un volume in-8°, contient l’exposé des vues nouvelles de l’auteur sur la transmission des impressions sensitives et sur celle des ordres de la volonté aux muscles, dans le centre cérébro-rachidien. Il contient aussi des recherches sur plusieurs autres questions, et entre autres sur les mouvements et sur diverses actions nerveuses chez les monstres anencéphales et amyèles.
62. — Recherches sur la tra?ismissio?i croisée des impressioxis se?isitives da?is la ?noelle épmière. (I, 1855, vol. 41, p. 118, et plus au long in IX, 1855, p. 575 et p. 655.)
Ce travail contient l'ensemble des faits découverts par l’auteur, conduisant à la théorie qu’il a fait admettre, que les conducteurs des impressions sensitives s’entrecroisent dans la moelle épinière.
63. — Nouvelles recherches sur la voie de tra?is?nissio?i des i?npressio?is se?isitives da?is
la?noellé épmière. (I, 1855, vol. 41, p. 347, et VI, 1855, p. 50.)
Faits nombreux démontrant que les cordons postérieurs de la moelle épinière ne sont pas les voies de transmission des impressions sensitives à l’encéphale, et que cette transmission s’opère surtout par la substance grise de la moelle. L’auteur démontre en outre : 1° que la section des cordons postérieurs est si positivement suivie d’hyperesthésie que la perte de sensibilité a lieu manifestement plus tard dans le train postérieur que dans l’antérieur chez les animaux chloroformisés après la section transversale des cordons postérieurs à la région dorsale ; 2° que les cor-
dons postérieurs paraissent être insensibles ou fort peu sensibles ; 3° que la racine bulbaire du nerf trijumeau perd sa sensibilité dans l’intérieur du bulbe ; 4° que la substance grise de la moelle épinière, bien qu 'inexcitable , est conductrice nonseulement pour les impressions sensitives, mais pour les actions nerveuses motrices (action de la volonté et action réflexe) ; 5° que quelquefois les ganglions des racines postérieures des nerfs spinaux paraissent être insensibles ; 6° que la transmissibilité et X excitabilité (soit pour les sensations, soit pour le mouvement) sont deux propriétés distinctes; 7° que la sensibilité récurrente peut être produite par action réflexe.
64. — Recherches expérimentales sur la distribution des fibres des racines postérieures dans la moelle épinière et sur la voie de transmission des impressions sensitives dans cet organe. (I, 1835, vol. 41, p. 477, et plus au long in YI, 1855, p. 77.)
Les deux conclusions suivantes sont les principales : 1° Les impressions sensitives, à leur arrivée à la moelle épinière, passent par les cordons postérieurs, les cordons latéraux et les cornes grises postérieures ; 2° Dans ces différentes parties de la moelle, les impressions sensitives montent ou descendent, et, après un court trajet (vers l'encéphale ou dans la direction opposée), elles quittent ces parties pour entrer dans la substance grise centrale, dans laquelle elles sont finalement transmises à l’encéphale.
65. — Recherches expérimentales sur les voies de transmission des impressions sensitives et sur des phénomènes singuliers qui succèdent à la section des racines des nerfs spinaux. (YI, 1855, p. 331.)
Faits anatomiques, expérimentaux et cliniques démontrant la fausseté des théories admises en France et en Allemagne sur les questions traitées dans ce mémoire.
66. — Lettre sur les propriétés et les fonctions de la moelle épinière. (X, 1855, p. 468.)
67. — Note sur quelques caractères, non encore signalés, des mouvements réflexes chez
les mammifères . (II, 1857, p. 102.)
Les principaux traits de ce travail se résument ainsi : 1° Les mouvements réflexes des membres après la section transversale de la moelle épinière n’ont pas lieu immédiatement après l’excitation ; 2° Tant que l’on continue l’excitation (si sa durée n’est pas de plus de dix à douze secondes), le mouvement ne se produit pas, mais il a lieu dès que cesse l’excitation ; 3° Plusieurs séries de mouvements ont lieu après une seule excitation, et un intervalle de repos complet existe après chaque série.
68. — Recherches sur la moelle épinière et la moelle allongée considérées comme conducteurs pour les sensations et les mouvements volontaires. (XI, 1857, vol. 8, p. 591.)
Ce travail contient nombre de faits nouveaux, parmi lesquels les suivants : 1° Une piqûre perpendiculaire du bulbe peut être faite sans produire de mouvements, tandis qu’une piqûre oblique cause des contractions ou du tournoiement ; 2” L’irritation des olives montre qu’elles sont sensibles et capables de causer des mouvements, bien qu’elles ne soient pas des voies de transmission pour les sensations ou les mouvements volontaires ; 3° Il n’y a guère de paralysie après la section des cordons antérieurs tout près du bulbe, tandis que la section des cornes antérieures et des cordons latéraux est suivie de la perte complète du mouvement volontaire.
69. — Sur la ressemblance entre les effets de la section du nerf grand sympathique cm cou et ceux de la section transversale d’une moitié latérale de la moelle épinière. (XI, 1857, vol. 8, p. 594.)
Dans les deux cas, il y a paralysie de vaisseaux sanguins et, comme conséquence, afflux de sang, élévation de température, plus grande activité de la nutrition et par suite augmentation des propriétés vitales des nerfs, des muscles et des vaisseaux sanguins. D’autres causes servent à produire les phénomènes observés dans les cas de section d’une moitié latérale de la moelle épinière : — action de l’oxygène de l’air sur la moelle épinière, paralysie des vaisseaux sanguins de cet organe en arrière et du côté de la section, augmentation d’énergie des muscles et des nerfs paralysés, pendant la première période de leur repos.
70. — Nouvelles recherches expérimentales sur la transmission des impressions sensitives dans la moelle épinière. (II, 1857, vol. 45, p. 146; XII, vol. 23, p. 7; et avec plus de détails in XIII, 1858, vol. 1, p. 177).
Nouveaux faits montrant que la substance grise est la principale voie de transmission.
71. — Recherches sur les causes de la mort après l’ablation de la partie de la moelle
allongée qui a été nommée point vital. (XIII, 1858, vol. 1, p. 217.)
Travail dans lequel l'auteur a insisté plus qu’ailleurs sur l’absolue nécessité dans la recherche des causes des phénomènes vitaux, normaux ou morbides, de tenir compte d’un élément presque toujours négligé, bien que ce soit lui qui le plus souvent produise entièrement ou en partie les effets dont on cherche la cause. Dans les cas de lésion traumatique ou par maladie d'une partie quelconque des centres nerveux ou des autres organes de l’économie animale, il peut exister (ainsi que l’a
montré l’auteur depuis longtemps) deux causes des effets que l’ori observe : l’une consistant en conséquences directes ou immédiates de la perte de fonction de la partie lésée; l’autre, celle qu’on néglige presque constamment, consistant en effets de l’irritation que la lésion produit. Dans le mémoire dont il est ici question, l’auteur fait voir que l’une des expériences les plus remarquables que les physiologistes aient faites, celle qui a conduit un savant très-célèbre à conclure que le foyer de la vie, la source de la force vitale, se trouve dans une très-minime partie du système nerveux, donne le résultat si singulier que l’on connaît (l’arrêt subit de presque tous les actes vitaux), non pas parce que l’animal a perdu le « nœud vital », — non pas parce que la partie lésée est douée d’une puissance essentielle aux actes fondamentaux de la vie, — mais parce que les parties voisines, étant irritées, agissent à distance sur nombre d’organes de façon à suspendre leur activité. End’ autres termes, ce n'est pas une action d’un prétendu centre qui cesse; c’est au contraire une action qui est produite, une irritation qui , se rendant de son lieu d’origine à presque toutes les parties de l’organisme, y agit de façon à arrêter les mouvements respiratoires, l’action du cœur, les échanges entre les tissus et le sang, etc. Dans ce travail, l'auteur montre que la partie nommée nœud vital peut être extirpée sans que les grandes fonctions soient altérées d’une manière évidente et d’une autre part il rapporte des faits démontrant qu'une irritation même légère des parties voisines de ce prétendu centre vital (qui, dans ces cas, n’a nullement été lésé), a suffi pour produire cette mort rapide et souvent soudaine qu’on observe d’ordinaire après l’ablation de ce centre.
72. — Sur l'influence qu'une moitié latérale de la moelle épinière exerce, dans certains
cas, sur la moitié correspondante de l'encépliale et delà face. (XIII, 1858, vol.
Expériences montrant qu’une lésion très-éloignée de la tête détermine souvent des changements dans la nutrition , les sécrétions et les propriétés et fonctions de l’encéphale, de l’œil et de la peau de la face et du cou.
73. — Sur la sensibilité tactile et sa mesure dans V anesthésie et l’hyperesthésie. (XIII,
1858, vol. 1, p. 344.)
74. — Recherches sur la physiologie et la pathologie de la protubérance annulaire.
(XIII, 1858, vol. 1, p. 523 et p. 755, et 1859, vol. 2, p. 121.)
Comparaison des résultats de vivisections et de faits cliniques venant à l’appu des vues de l’auteur sur le passage des trois espèces de conducteurs servant au mouvement volontaire , à la sensibilité et à l’action vaso-motrice , dans le centre