Article Æsthésiomètre. (XVI, 1865, vol. 2, p
102. — Sur les progrès récents de nos connaissances à l'égard du diagnostic et du traitement des affections nerveuses. (XV, 1866, vol. 1 , p. 1, p. 85, p. 139, et p. 247.)
103. — Leçons sur le diagnostic et le traitement des affections nerveuses fonctionnelles,
publiées en anglais, à Philadelphie, 1868, 1 vol. in-8.
Daus cet ouvrage, l’auteur a essayé de donner au diagnostic et à la thérapeutique
des bases nouvelles fournies par la physiologie. Il a aussi essayé d'établir plusieurs lois relativement à la production des affections nerveuses. Les deux principales de ces lois sont les suivantes : 1° La même cause périphérique d’irritation, agissant sur un même nerf à action centripète, peut produire les effets les plus variés, y compris chacune des affections nerveuses fonctionnelles; 2° Le degré d'excitabilité des diverses parties du système nerveux, non-seulement varie extrêmement chez différentes personnes, mais il peut aussi s’augmenter ou décroître considérablement chez la même personne sous l'influence d’un grand nombre de causes.
104. — Sur une altération spéciale de la sensibilité tactile dans certaines affections
de la base de l' encéphale . (XVII, 1868, vol. 1, p. 157.)
La sensibilité peut être modifiée d’une telle manière que le malade sente deux pointes de l’æsthésiomètre lorsqu’on n’en applique qu’une, ou trois pointes lorsque deux sont appliquées.
105. — Nouvelles recherches sur le trajet des diverses espèces de conducteurs d’impressions sensitives clans la moelle épinière. (XVII, 1868, vol. 1, p. 610 et p. 716; et 1869, vol. 2, p. 236 et p. 693.)
Ce travail, basé sur un nombre considérable de faits, démontre qu’il n’y a pas au bulbe rachidien ou à la protubérance d’entre-croisement pour les conducteurs des impressions sensitives, venant des membres ou du tronc et que si un entre-croisement est nécessaire, il s’opère en entier dans la moelle épinière chez l’homme.
106. — Expériences sur l’influence d’une irritation des nerfs de la peau sur la température des membres (en collaboration avec M. J. -S. Lombard. XVII, 1868, vol. 1,
A l’aide d’un appareil thermo-électrique d’une grande délicatesse, des résultats très-nets ont été obtenus, montrant qu’un pincement même très-léger de la peau d’un membre détermine une augmentation de température du membre entier et une diminution de température du membre homologue du côté opposé.
107. • — Physiologie pathologique , symptômes et diagnostic de l’ hémiplégie spinale.
(XV, 1868, vol. 2, p. 593, p. 659, p. 755 et p. 821.)
L’auteur avait déjà donné l’histoire de cette espèce d’hémiplégie (voyez n° 99), mais il y ajoute ici des traits nouveaux.
108. — Sur les lésions delà moelle épinière qui produisent quelques-uns des symptômes de l’hémiplégie spinale. (XV, 1869, vol. 1, p. l,p. 219, p. 703 et p. 873.)
Travail contenant nombre de faits pour servir à l’établissement des vues de l’auteur sur la physiologie et sur le diagnostic des maladies de la moelle épinière.
109. — Faits démontrant que le cordon latéral de la moelle épinière ne sert pas à la
respiration. (II, 1869, p. 64, et 1872, p. 18.)
Voyez ci-après n° 121.
110. — Sur une différence radicale entre la moelle épinière et les nerfs , quant au re-
tour des fonctions perdues. (II, 1869, p. 65.)
Il s’agit non-seulement de la différence, trouvée par l’auteur, relative au retour de la sensibilité, mais aussi du renouvellement de l’action des fibres spéciales dont il a découvert l’existence et qui sont les agents conducteurs d’irritations convulsivantes.
111. De l'influence du centre nerveux cérébro-rachidien sur les échanges entre le sang
et les tissus. (II, 1869, p. 98.)
Faits expérimentaux montrant que le système nerveux peut arrêter la transformation du sang artériel en sang- veineux.
112. — Paralysie réflexe de l’abdomen après la section du nerf sciatique. (Il, 1869,
Ce fait singulier montre bien l'influence qu’une irritation périphérique peut exercer sur un centre nerveux.
113. — Influence sur la pupille, de parties de la moelle épinière, en arrière du centre
cilio-spinal. (II, 1869, p. 121.)
114. — Influence de la section du nerf sciatique sur la sécrétion lactée. (II, 1869, p. 121
et p. 319.)
Cette influence consiste en une augmentation de la sécrétion.
115. — Influence des nerfs cutanés du bras chez l’homme sur la circulation de la face.
(II, 1869, p. 146.)
Expériences faites avec M. Lombard, démontrant que les vaisseaux sanguins se dilatent et la température s’élève quelquefois à la face après une irritation de la peau du bras, comme dans le cas d’une pneumonie.
116. — Sur des altérations de nutrition au cou après la section du nerf sciatique. (II,
Faits montrant que la nutrition peut être altérée à un degré très-considérable, par influence réflexe, très-loin du lieu de l'irritation première.
117. — La section des canaux semi-circulaires ne cause le tournoiement que parce
quelle s’ ac Compaq ne d'une irritation du nerf auditif . (II, 1869, p. 157.)
118. De l'influence du système nerveux sur la nutrition. (II, 1869, p. 239, et 1870,
Faits nouveaux à l'appui des doctrines de l'auteur, d'après lesquelles la nutrition ne dépend pas essentiellement d’influences nerveuses, mais peut néanmoins être altérée de manières extrêmement variées par une irritation de centres ou troncs nerveux.
119. — Fait démontrant que l’ absorption peut avoir lieu par action réflexe. (II, 1869,
120. — Remarques à propos d’un cas de tumeur de la moelle épinière. (XVIII, 1869,
vol. 2, p. 296.)
Fait favorable à la théorie de l’auteur sur la transmission des impressions sensitives.
121 . — Sur l’augmentation d'énergie des mouvements respiratoires, d’une section d’une
moitié latérale de la moelle épinière. (XVIII, 1869, vol. 2, p. 299.)
La question du lieu de passage dans la moelle épinière des conducteurs servant aux mouvements respiratoires est résolue par les faits mentionnés dans ce travail et dans un précédent ( n° 109). De plus, l'auteur fait voir que l’action du diaphragme et d’autres muscles respiratoires s’augmente après l’hémisection de la moelle au-dessus de l’origine du nerf phrénique.
122. — Faits qui montrent que les fibres nerveuses servant aux mouvements volontaires ne sont pas celles qui font contracter les muscles dans les convulsions. (XVIII, 1869, vol. 2, p. 672.)
123. — Remarques sur une cause d’erreur dans l’ appréciation des degrés de sensibilité clans les cas de maladie des centres nerveux et particulièrement des cordons postérieurs de la moelle épinière. (XVII, 1869, vol. 2, p. 761.)
Il existe une cause d’hyperesthésie qui masque plus ou moins l’anesthésie.
124. — Faits démontrant qu'il existe trois espèces de syncope, caractérisées : l’une par l’arrêt du cœur, une seconde par l’arrêt de la respiration, et la troisième par l’arrêt de quelques-uns des échanges entre les tissus et le satig. (XVII, 1869, vol. 2, p. 767.)
Ces trois états particuliers et distincts peuvent être produits par des causes morales comme par des irritations de parties diverses du système nerveux. Ces variétés de syncopes peuvent coexister ou se montrer séparément.
125. — Physiologie pathologique et diagnostic de V hémiparaplégie. (XV, 1869, vol. 2,
p. 429 et p. 867.)
Caractères et mode d’origine d’un type de paralysie décrit par l’auteur.
126. — Faits contraires à la théorie des centres trophiques de Waller. (II, 1870, p. 5, et
1871, p. 170 et p. 207.)
Le premier fait est que le bout central d’un nerf coupé s’altère, bien que conservant ses relations avec les prétendus centres trophiques ; le second fait est que les ganglions spinaux s’atrophient après la section du nerf sciatique.
127. — Hypertrophie des capsules surrénales, causée par une lésion de la moelle épi-
nière. (II, 1870, p. 27).
128. — Différences entre les deux moitiés du cerveau , montrant que le côté droit devient surtout un centre de nutrition et le gauche un centre de vie intellectuelle ; (II, 1870, p. 27, p. 97 et p. 112, et 1871, p. 96.)
Les deux moitiés du cerveau ont des fonctions et des propriétés semblables, mais par la mise en jeu de certaines propriétés et l’exercice de certaines fonctions dans une moitié plus que dans l’autre, des différences considérables surviennent entre ces deux parties, la droite arrivant à produire plus souvent que la gauche des altérations de nutrition dans les membres et ailleurs, et la gauche arrivant à donner lieu plus que la droite à des troubles variés de l'intelligence.
129. — Sur les effets à distance, dans les cas de lésion des nerfs. (XXIV , vol.
L’objet de cet article est de montrer que la lésion d'un nerf chez l’homme peut déterminer les effets les plus variés : toutes les névroses, les paralysies, l’anesthésie, la perte des sens et des fonctions du cerveau, des altérations très-variées de nutrition, y compris même la gangrène, etc.
130. — Faits montrant que la sécrétion des phones s'augmente en arrière et du côté
d’une hémisection de la moelle épinière. (II, 1870, p. 41.)
131. — Influence des parties inférieures de la moelle épinière sur ses parties supé-
rieures. (II, 1870, p. 45.)
132. — Pointe sentie lorsqu'une seule des pointes de /’ æsthésiomètre est sentie.
(II, 1870, p. 61.)
C’est la supérieure, c’est-à-dire celle qui dans la longueur du tronc de la tète ou des membres est au-dessus de l’autre, dans l’attitude debout.
133. — Fait démontrant que le symptôme connu sous le nom de constriction en ceinture et qu’on croit dépendre toujours d’une affection de la moelle épinière, peut être causé par une irritation d’ un nerf cutané . (II, 1870, p. 87.)
134. — Une piqûre du poumon peut causer une occlusion partielle des paupières.
(II, 1870, p. 97.)
Influence réflexe sur le nerf grand sympathique.
135. — Constance d’une congestion des capsules surrénales après une lésion considérable d'un côté de l' encéphale . (11, 1870, p. 113.)
136. — Production d’ hémorrhagie pulmonaire par certaines lésions cérébrales.
(II, 1870, p. 117.)
Voyez plus loin, n° 148.
137. — Similarité des effets produits par la section d’une moitié latérale de la moelle épinière et par une irritation des nerfs dorsaux, sur les mouvements volontaires et sur la respiration. (II, 1870, p. 140.)
Faits importants dans la grande question de savoir comment agissent les lésions des centres nerveux dans la production des effets qu’on observe.
138. — Tournoiement causé par l’irritation du ganglion thoracique . (II, 1870, p. 141.)
Fait à ajouter à d’autres qui ont servi à l’auteur pour montrer que les mouvements rotatoires peuvent être causés par une irritation périphérique.
139. — Sur le lieu de passage, dans la moelle épinière, de fibres nerveuses motrices distinctes de celles servant aux mouvements volontaires. (XV, 1870, vol. 1, p. 2.)
140. — Relations entre Ihypocondrie et une altération particulière des poils. (Il,
141. — Mouvements rotatoires dus à une lésion de la partie lombaire de la moelle
épinière. (II, 1871, p. 104.)
Premier fait de ce genre observé jusqu'ici.
142. — Faits démontrant que la mort, dans les affections cérébrales, peut être due à ce qu’elles ont produit des lésions pulmonaires. (II, 1871, p. 101.)
Il importe donc, dans les affections cérébrales, de chercher par l'auscultation et la percussion si ces lésions existent.
143. — Fait nouveau relatif à la sensibilité tactile. (II, 1871, p. 105.)
144. — Hémorrhagie et gangrène de T oreille, produites par des lésions du système nerveux. (II, 1871, p. 119 et p. 126, et IX, 1869, p. 184 et p. 201.)
Faits nouveaux montrant quel est le mécanisme de l’hématome de l’oreille chez les aliénés.
145. — Arrêt de la respiration par action réflexe. (II, 1871, p. 134, p. 138 et p. 156.) Faits nouveaux montrant comment l'insufflation pulmonaire, l’acide carbonique,
etc., agissent pour produire l’inhibition de la respiration.
146. — Eschare se montrant du côté opposé à celui dune lésion de la moelle épinière ,
(II, 1871, p. 146.)
La nutrition peut donc être influencée d'une manière croisée par une irritation provenant de la moelle, comme elle l'est par une irritation cérébrale.
147. — Altération de nutrition d'un centre nerveux due ci une lésion lointaine dans un nerf. (II, 1871, p. 171.)
Montrant une influence s’exerçant loin du point lésé.
148. — Sur la production d’hémorrhagies, d’anémie, d’œdème ou d emphysème dans les poumons, par certaines lésions de la base de l’encéphale. (XV, 1871, vol. 1, p. 6.)
L’auteur a rassemblé dans ce travail tous les faits qu’il a trouvés, montrant : 1° que les vaisseaux sanguins des poumons peuvent être influencés de différentes manières par la base de l’encéphale ; 2° que les nerfs vaso-moteurs des poumons ne passent pas comme on le croit par le nerf vague, mais bien par la moelle épinière
et le grand sympathique thoracique ; 3° qu’un emphysème immédiat peut être causé par l’irritation de la base de l’encéphale.
149. — Pneumonie double, causée 'par une action réflexe provenant de l inflammation
d’un seul nerf vague. (Il, 1872, p. 18.)
150. — Preuves que c’est par une irritation de fibres centripètes venant des racines du nerf spinal que l’insufflation pulmonaire arrête la respiration. (II, 1872, p. 22.)
151. — Faits nouveaux contre l'opinion que c’est par une action du nerf vaque que se produisent les ecchgmoses pulmonaires dans les lésions cérébrales. (II, 1872,
152. — Production immédiate d’ emphysème pulmonaire, par la galvanisation du
nerf vaque. (II, 1872, p. 181 et p. 187.)
Fait montrant que les petites bronches peuvent se contracter avec énergie.
153. — Sécrétion de mucus palpébral par la galvanisation du nerf trijumeau dans
le crâne. (II, 1872, p. 188.)
Cette sécrétion peut donc comme les autres être augmentée par une influence nerveuse.
154. — La section du nerf sciatique peut causer de l’exophthalmie unilatérale. (II, 1872, p. 194.)
C’est là un des plus singuliers effets que l’auteur ait trouvés après une section de ce nerf.
155. — Atrophie du cerveau causée par une lésion de la moelle épinière et par la section du nerf grand sympathique cervical. (II, 1872, p. 194 et p. 195.)
Maintenant que l’on cherche à établir la doctrine de la localisation des centres moteurs des membres à l’aide de cas d’atrophie partielle des lobes cérébraux chez des amputés, il importe de montrer que des lésions de la moelle ou du grand sympathique peuvent causer l’atrophie du cerveau.
156. — Remarques sur quelques effets intéressants, observés dans trois cas de lésion
de nerfs. (XVIII, 1873, p. 54.)
Dans le premier de ces trois faits, des phénomènes ont eu lieu, démontrant une influence exercée sur la moelle épinière par une irritation du nerf médian ; dans le second, il y a des preuves qu’un nerf séparé du centre cérébro-spinal peut agir
spontanément pendant quatre jours ; dans le troisième, il y a la preuve qu’un spasme vasculaire considérable peut persister très-longtemps (plus de vingt ans), sous l’influence d’une irritation nerveuse.
157. — Recherches expérimentales et cliniques sur l’arrêt soudain de la respiration et d'autres phénomènes normaux ou morbides. (XVIII, 1873, p. 87.)
Dans ce travail, l’objet principal de l’auteur est de montrer que le champ des phénomènes inhibitoires ou d'arrêt est infiniment plus étendu qu’on ne croit et que l’étude de ces phénomènes est d’une immense importance pour les progrès futurs de la physiologie et de la médecine. Il place les phénomènes suivants, quand ils proviennent de certaines lésions, côte à côte, comme étant produits par un même mécanisme : Arrêt du cœur, des mouvements respiratoires, des échanges entre les tissus et le sang, de l'activité du principal centre vaso-moteur, de l’activité cérébrale (d’où résulte la perte de connaissance), de l’activité des cellules nerveuses encéphaliques servant aux mouvements volontaires, de l'activité cérébrale servant à la sensibilité, de l’activité cérébrale servant à exprimer les idées par la parole (aphasie), de la puissance visuelle (amaurose), de la puissance des nerfs auditifs, olfactifs, ou du goût (surdité, anosmie, pei'te du goût), de l’activité des cellules nerveuses formant le centre réflexe des sphincters vésical et anal, de l’activité des cellules nerveuses servant à l’érection du pénis, de la puissance réflexe de l'axe cérébro-spinal, des mouvements de l’intestin, du vomissement, des convulsions (épileptiformes, hystériques, tétaniques, etc.), d’une activité morbide du cerveau ou de la moelle épinière (guérison soudaine de la folie, de l’aphasie, de la paralysie, etc.), des sécrétions, de différents états morbides, etc. — En abordant dans ce travail l’étude de certaines inhibitions, l’auteur étudie d’abord des causes nouvelles ou peu connues de l’arrêt du cœur (p. 89-93), puis les mouvements respiratoires qui peuvent être suspendus dans des circonstances pleines d’intérêt et non examinées jusqu’ici, circonstances dans lesquelles, malgré la cessation de l’oxygénation du sang, il y avait un état syncopal au lieu d’asphyxie.
158. — Sur le mécanisme de production des symptômes dans les affections organiques du cerveau. (XVIII, 1873, p. 117 etp. 251.)
Dans ce travail , l’auteur montre que la physiologie de l’encéphale est tout entière à refaire. Les notions admises sur tous les points importants doivent être rejetées et remplacées entièrement par de nouvelles notions. Ce qu’il démontre pour l’histoire physiologique de l’encéphale, l'auteur le démontre aussi pour l’histoire symptomatologique des maladies encéphaliques.
159. — Sur des espèces d' hémiplégie très-peu connues ou inconnues jusqu’ici et sur leur diagnostic, comparé à celui des hémiplégies spinale, alterne et cérébrale. (XVIII, 1873, p. 134, avec une planche.)
Le principal objet de ce travail, indépendamment du côté pratique des questions examinées, est de montrer que l’hémiplégie ne dépend pas, comme on le croit, de la perte d'action de la partie lésée dans l’encéphale. Ceci est surtout clairement démontré par des cas, tels que ceux que l’auteur rapporte, dans lesquels la sensibilité et le mouvement volontaire sont perdus du côté même où la protubérance ou le bulbe rachidien étaient lésés.
160. — Leçons sur les nerfs vaso-moteurs, sur l’épilepsie et sur les actions réflexes normales et morbides, traduites de l’anglais par le docteur Béni-Barde, 212 pages in-8. Paris, 1872.
Cet ouvrage se compose de parties extraites de plusieurs publications faites par l’auteur en Angleterre et aux Etats-Unis.
161 . — Sur la production d’effusions sanguines, par influence nerveuse.
(XVIII, 1873, p. 148.)
L’objet principal est de montrer que les ecchymoses et les hémorragies produites, surtout dans les poumons, par l’irritation mécanique ou galvanique de la base de l'encéphale dépendent d’une contraction simultanée des artères et des veines de la partie où elles ont lieu, contraction qui, commençant aux troncs vasculaires, se propage de là aux veinules et artérioles, de façon à pousser tant de sang dans les capillaires que ceux-ci après distension se déchirent et causent ainsi l’effusion.
162. — Leçons sur la force nerveuse (faites au Lowell Institute, à Boston, Etats- Unis, en février et mars 1874, et publiées, en anglais, dans le journal The Tribune, et à part dans la Collection intitulée Tribune Extras, n° 15, p. 12).
Les vues nouvelles exposées par l’auteur dans ces leçons réclameraient trop de détails pour être comprises.
163. — Effets de T irritation du nerf grand sympathique obtenus, chez l'homme, par action réflexe. (II, 1875, p. 131.)
L’auteur a trouvé qu’on produit la dilatation de la pupille et quelquefois une diminution de température à la face lorsqu’on irrite la peau du cou par le cautère actuel.
164. — Sur la localisation de fonctions dans certaines parties du cerveau.
L'auteur, loin de nier, comme on le dit, le principe des localisations, a proposé le premier un système de localisations entièrement différent de celui que l’on admet. Pour mettre en harmonie l’idée que toute action spéciale implique l’existence d'un organe spécial, et les faits très-nombreux que les vivisections et la clinique nous fournissent montrant que toute partie de l'encéphale peut être détruite ou profondément lésée sans qu’il y ait perte de la fonction qu’on lui attribue, — l’auteur émet la supposition (entièrement d’accord avec les faits qui lui sont connus) que les cellules nerveuses qui possèdent une des fonctions cérébrales, au lieu d’être groupées au voisinage l’une de l’autre et de constituer ainsi une des parties distinctes du centre nerveux intra-crânien, sont disséminées dans la masse de ce centre, de telle façon qu'il y en a partout. Il croit aussi que les cellules servant à une même fonction sont liées l’une à l’autre par des fibres leur permettant d’agir ensemble. Il rapporte nombre de faits expérimentaux ou cliniques entièrement contraires à la supposition, pourtant admise généralement, qu'il existe dans les circonvolutions cérébrales des centres pour le mouvement du bras, pour celui de la jambe, pour celui de la face ou de la langue ou pour l’expression des idées par la parole, etc.
16b. — Production des effets de la paralysie du nerf grand sympathique cei'vical par l’ excitation de la surface du cerveau. (II, 187b, p. 3b3 et p. 372, et XVII, 187b, p. 854.)
Ce résultat d’une irritation des circonvolutions cérébrales est bien intéressant. On voit apparaître après la cautérisation thermique de la partie supérieure d'un hémisphère cérébral du même côté la contraction pupillaire, l’occlusion palpébrale, la dilatation vasculaire, l’élévation de température, etc., que l’on observe après la section du grand sympathique, au cou.
166. — Atrophie de T œil du côté de la cautérisation du cerveau.
(II, 187b, p. 3b4.)
Ce fait très-curieux est sans doute lié à la paralysie vaso-motrice que l’auteur a constatée après la cautérisation du cerveau.
167. — Des altérations qui surviennent dans la muqueuse de l’estomac, consécutivement aux lésions cérébrales. (XXV, 187b, p. b97.)
Le principal de ces effets d’une irritation cérébrale a consisté dans une inflammation locale, suivie d’ulcère de l’estomac qui n'a pas été fatal parce que les bords
se sont soudés à la rate. L’auteur montre que les hémorrhagies, l’inflammation, le ramollissement et l’ulcération ayant lieu à l’estomac, après certaines lésions cérébrales, ne peuvent pas être expliqués, comme on le croit, simplement par une paralysie vaso-motrice.
168. — V ataxie des mouvements après la piqûre du sinus rhomboïdal de la moelle épinière, chez les oiseaux, est due à l'irritation de nerfs des méninges. (II, 1875, p. 393.)
Cette ataxie résulte donc d’une action réflexe de ces nerfs sur la moelle.
169. — Sur la variété des effets paralytiques ou spasmodiques causés par l' irritation thermique du cerveau. (II, 1875, p. 14-6, p. 360, p. 372, p. 376, et 1876, p. 8.)
Les différences que l’auteur a constatées sont excessives et montrent clairement combien est grande la variété d’effets que peut produire une même cause d’irritation appliquée à une même partie. L’application d’un fer à cautère chauffé au rouge ou au blanc, sur la portion d’un hémisphère cérébral d'un chien ou d’un autre mammifère, correspondant aux circonvolutions qui, chez l’homme, limitent la scissure de Rolando, produit de la paralysie ou une altération du sens musculaire, ou de la contracture ou ces divers effets à la fois, soit dans tous les membres, soit dans trois ou deux, soit enfin dans un seul. Lorsque deux membres sont atteints, ce sont les postérieurs, les antérieurs, ou ceux de droite ou ceux de gauche. Ces expériences jettent une vive lumière sur le mécanisme de production des troubles moteurs (paralytiques et autres), dans les cas de lésion cérébrale chezldiomme. Elles servent à miner la seule base des doctrines universellement admises à l’égard des relations entre le cerveau et les muscles, c’est-à-dire l’idée que les paralysies dépendent de la perte de fonction de la partie où se trouve la lésion. Elles montrent de plus que la moelle épinière peut être influencée si rapidement et d’une manière si notable par une irritation du cerveau que tous les symptômes d’une inflammation du centre nerveux et rachidien de ses membranes peuvent se montrer subitement après la cautérisation de la surface du cerveau, chez le chien, sans pourtant que cette inflammation existe.
170. — Sur V apparition d’une paralysie du côté d’une lésion encéphalique. (II, 1875,
p. 424, et 1876, p. 2 et p. 13, et XY, 1876, vol. 1 , p. 2, p. 79 et p. 159.)
Ces recherches contiennent des faits et des arguments décisifs pour démontrer que des lésions très-variées quant à leur siège, à leur nature et à leur étendue, peuvent déterminer de la paralysie de l’un ou des deux membres du côté d’une lésion encéphalique. On comprend aisément que si de telles paralysies existent, il
est impossible de considérer la perte du mouvement volontaire (c'est-à-dire une paralysie) comme le résultat de la perte de fonction de la partie lésée dans l’encéphale. Et si la paralysie n'a pas cette signification, toutes les doctrines admises en physiologie et en médecine sur les relations entre le cerveau et les muscles perdent leur base principale.
171. — Où se font les entre- croisements des conducteurs des ordres de la volonté aux
muscles? (II, 1876, p. 14.)
Dans ce premier travail, à ce sujet, l'auteur montre que ce ne peut être ni au bulbe rachidien ni à la protubérance annulaire que ces entre-croisements s’opèrent.
172. Sur l'anesthésie du côté de la lésion encéphalique. (II, 1876, p. 24.)
Les faits mentionnés par l’auteur ne laissent aucun doute sur l’existence d’une telle anesthésie.
173. — Sur les convulsions unilatérales du côté de la lésion encéphalique. (II, 1876,
Ces convulsions montrent clairement que l'idée, généralement admise maintenant sur leur mode d’origine, est absolument fausse.
174. — La volonté n’agit pas comme on l’admet quand elle produit des mouvements.
(II, 1876, p. 40.)
Le nombre de fibres conductrices suffisant pour que les mouvements volontaires continuent dans le cas de lésion de la base de l’encéphale, est beaucoup trop petit pour que l’on puisse continuer à accepter, même en partie, la théoi'ie du clavier. L’auteur substitue à cette théorie une hypothèse, très-bien supportée par les faits, et d'après laquelle la volonté agirait sur des groupes de cellules dans la moelle épinière et dans le bulbe rachidien, en leur envoyant un message semblable à une dépêche télégraphique. Ce mécanisme, impliquant l’existence de centres psychiques inférieurs, sans spontanéité, mais capables de recevoir un ordre et de l’exécuter, est en harmonie, non-seulement avec les faits qui montrent qu’un nombre de conducteurs excessivement petit peut suffire aux actions volontaires , mais aussi avec beaucoup d’autres faits, et notamment celui-ci que la volonté ne fait pas autre chose que de donner un ordre dont l’exécution peut continuer, même pendant le sommeil.
175. — Recherches sur le mode de production des symptômes dans les maladies organiques du cerveau. (XV, 1876, vol. 2, p. 75.)
Ce travail contient de nombreux arguments contre les doctrines reçues sur la
physiologie des centres nerveux et sur le mécanisme de production des symptômes dans les cas d'altérations organiques de l’encéphale.
176. — Leçons faites au Collège royal des médecins de Londres sur la physiologie pathologique du cerveau. (XV, 1876, vol. 2, 1877, vol. 1, et 1878, vol. 1.)
Ce travail, en cours de publication (il en a paru vingt-deux parties), contient l’exposé des vues nouvelles de l’auteur sur la physiologie normale et la physiologie pathologique de l’encéphale, étudiées à l’aide des cas de paralysie si abondants dans les recueils périodiques et dans les ouvrages de médecine et de chirurgie. Si l’auteur a raison, la physiologie tout entière du centre cérébro-rachidien devra être radicalement changée et toutes les données générales que l’on admet universellement devront être, complètement ou au moins en très-grande partie, remplacées par d’autres. L’auteur croit que les faits ne laissent aucun doute à l’égard de la fausseté des doctrines admises, et que ses efforts pour démontrer cette fausseté obtiendront certainement, après un temps plus ou moins long, l’assentiment des physiologistes et des médecins. Quant aux vues nouvelles qu'il propose, elles ont les caractères essentiels des hypothèses scientifiques. Quoiqu’il eu soit, voici un résumé de quelques-uns des points qu’il a essayé d’établir :
1° Une paralysie peut survenir d’un côté seulement, bien que les deux moitiés de l’encéphale soient le siège d’une même lésion et de même étendue, dans la même partie ; 2° De même qu'il peut y avoir de la paralysie du côté de la lésion encéphalique, il arrive assez souvent que, lorsqu’il y a lésion dans les deux moitiés de l’encéphale, mais plus d’un côté que de l’autre, la paralysie survienne du côté de la plus considérable lésion ; 3° Deux attaques d’hémiplégie peuvent avoir lieu , la seconde après guérison de la première, toutes deux du même côté bien que la lésion existe dans le premier cas d’un côté, dans le second cas de l’autre côté de l’encéphale, de telle sorte qu’une paralysie directe est produite dans un des cas et une paralysie croisée dans l’autre ; 4° Inversement, une paralysie peut être causée dans un cas d’un côté, dans un autre de l’autre côté, par une seule ou par deux lésions dans une moitié de l’encéphale ; S° Une paralysie peut apparaître et persister où que soit la lésion dans l’encéphale, que ce soit en dehors des parties considérées comme motrices ou dans une de ces parties ; 6° Une même lésion dans une même partie peut ne déterminer aucune paralysie, ou causer une paralysie directe ou une paralysie croisée ; 7° Une paralysie peut être très-étendue, être complète et persistante, alors que la cause qui la produit n’occupe qu’une partie très-minime de l’encéphale ; 8° Une paralysie peut se montrer dans les deux moitiés du corps, y occupant les quatre membres ou trois, bien que la lésion ne soit que dans une partie de l'encéphale ; 9° Une paralysie peut se montrer dans les deux membres inférieurs ou dans
les deux membres supérieurs, bien que la lésion ne soit que dans une moitié de l’encéphale ; 10° La paralysie alterne peut avoir lieu dans des cas de lésion centrale de la protubérance ; elle peut aussi avoir lieu dans des cas de lésion d’un des lobes latéraux; 11° Une paralysie du bras seul peut être causée par une lésion située dans une partie quelconque des lobes cérébraux, des corps opto-striés, de la base de l’encéphale ou du cervelet; 12° Une paralysie limitée à la jambe peut être produite par une lésion dans des parties très-diverses de l’encéphale ; 13° Une altération profonde de la presque totalité d’un hémisphère peut produire une paralysie limitée au bras ou limitée à la jambe; 14° Des lésions à peu près semblables dans les deux moitiés du cerveau ont produit une paralysie limitée au bras ou à la jambe; lo° La face peut être paralysée sans qu'il y ait de paralysie ailleurs, dans des cas où la lésion siège dans des parties extrêmement variées de l'encéphale; 16° La face peut être paralysée des deux côtés, bien qu'il n’y ait de lésion que dans un des lobes cérébraux; 17° La forme de paralysie faciale qu’on croit n’appartenir qu’à une lésion du nerf facial dans la protubérance ou au dehors d’elle peut être causée par une lésion encéphalique ailleurs que dans la protubérance ou dans le bulbe rachidien; 18° La langue peut être frappée de paralysie dans une de ses moitiés, quel que soit le siège de la lésion dans l’encéphale ; 19° La langue peut être atteinte de paralysie dans ses deux moitiés, sans qu’il y ait d'aphasie, dans un cas de lésion unilatérale de diiférentes parties des lobes cérébraux ou de la base de l’encéphale au-dessus de l’origine des nerfs hypoglosses; 20° Les paralysies locales (bras, jambe, face ou langue) peuvent, comme l’hémiplégie ordinaire, avoir lieu du côté de la lésion comme du côté opposé, quel que soit le siège de la lésion ; 21° Les paralysies locales, comme l’hémiplégie, peuvent être produites par des lésions de parties en dehors de celles qu’on considère comme motrices. — Des faits et des arguments accumulés dans ces leçons, il ressort que la paralysie peut ne pas avoir lieu ou survenir avec les caractères les plus variés, quel que soit le siège de la lésion, s’il n’y a pas destruction de la totalité des libres nerveuses établissant des communications entre une partie, au moins, d’une moitié du cerveau et la moelle épinière.
177. — Leçons faites au Collège des Médecins de Dublin sur l'anesthésie, l’amaurose et l’aphasie, causées par des lésions encéphaliques. (XIX, n°* de janvier, février et mars 1877.)
Ces leçons ont eu pour objet d'établir pour l’anesthésie, l’amaurose et l’aphasie, ce que l’auteur a établi dans ses leçons faites à Londres (voyez ci-dessus n° 176), pour les paralysies. Il démontre que les centres encéphaliques de la parole et des sensations générales ou visuelles n’existent pas là où les physiologistes supposent qu’ils se trouvent. Il fait voir d’une part que des lésions partout ailleurs que là où
l’on place ces prétendus centres, peuvent produire la perte de la fonction de ces centres, tandis que des lésions destructives des parties où l’on admet que ces centres se trouvent peuvent exister sans l’altération des fonctions qui devraient disparaître. A l’égard de la vision, l’auteur fait voir par nombre d’arguments que la théorie de Wollaston doit être absolument rejetée.
178. — Introduction à une série de mémoires sur la physiologie et la pathologie des diverses parties de ! encéphale. (XVII, 1877, p. 409 et p. 6oo.)
Dans ce travail, dont deux parties seulement sur cinq ou six ont paru, l’auteur essaie d’abord d’établir la nécessité absolue, dans l’étude des phénomènes physiologiques ou morbides, de rechercher si ces phénomènes proviennent directement, immédiatement de la lésion ou n’en proviennent que d’une manière indirecte et par l'intermédiaire d’une action ou de la cessation d’action d’une autre partie que celle qui est lésée. Il donne les caractères différentiels de ces deux groupes distincts de phénomènes. Il passe ensuite à la démonstration de la proposition suivante : L’hémiplégie, l’hémianesthésie, l’amaurose unioculaire, les convulsions épileptiformes, la contracture, la chorée unilatérale, le tremblement peuvent se montrer du côté de la lésion encéphalique, contrairement aux théories généralement reçues, d’après lesquelles ces manifestations morbides devraient toujours survenir du côté opposé. Dans ce travail, comme dans les deux qui précèdent, l’auteur essaie d’établir que l’amaurose, l’anesthésie, comme la paralysie ou l’aphasie, sont produites, dans les cas d’affection organique du cerveau par un mécanisme semblable à celui de l’arrêt du cœur qui quelquefois se produit alors ou de l’arrêt soit du cœur, soit des mouvements respiratoires qu’on cause en galvanisant le nerf vague ou le bulbe rachidien, c’està-dire que dans ces diverses sortes de cessation d’activité une irritation part du lieu de la lésion ou du point galvanisé, se rend de là aux cellules nerveuses (ou qu’elles soient) possédant l’activité qui va disparaître et agit sur ces cellules de façon à arrrêter, h suspendre complètement ou à diminuer notablement leur activité propre. Parmi les faits de contracture ou de convulsions ayant lieu du côté de la lésion, il en est dans lesquels les fibres irritées étaient celles d’un des pédoncules cérébraux, celles que tout le monde considère comme les conducteurs servant aux mouvements volontaires et s’entre-eroisant à labasede l’encéphale. Or, la contraction musculaire aurait dû avoir lieu du côté opposé, d’oii il suit que ces libres ne sont pas ce qu’on suppose.
179. — Sur a localisation des fonctions cérébrales, dans ses applications d l'emploi du
trépan. (XV, 1877, vol. 2, p. 107.)
Le principal argument employé par l'auteur contre ces applications d’une doc-
trine qu’il considère comme erronée, est que les convulsions ou les paralysies qui conduisent les localisateurs à admettre que la lésion se trouve en un certain point de la surface du cerveau, peuvent survenir quel que soit le siège, — superficiel ou profond — de la lésion. De plus, ces manifestations morbides peuvent se montrer du côté lésé comme du côté opposé. Il ne faut donc pas se fier à des phénomènes si variables quant à leur siège, leur étendue, leur intensité, etc.., pour appliquer le trépan dans un point plutôt que dans un autre ou pour l'appliquer quand il n’y a pas d’autres indications pour son emploi.
180. — Deux leçons sur les convulsions et les paralysies, considérées comme effets de lésions de la base de l' encéphale , faites à Philadelphie le 15 et le 16 février 1878 et publiées en une brochure de 32 pages in-8°, en anglais.
L’objet de ces leçons a été de montrer que nombre de faits relatifs à la base de l’encéphale sont absolument contraires aux doctrines reçues relativement aux relations entre les muscles et l’encéphale dans les mouvements volontaires.
181. — Recherches démontrant la non-nécessité de ï entre-croisement des conducteurs servant aux mouvements volontaires , à la base de l' encéphale, ou ailleurs. (I, vol. 86, 1878, p. 1113.)
L’auteur montre d’abord que si les conducteurs s’entre-croisent à la partie inférieure du bulbe, leur entre-croisement n’est nullement nécessaire puisque nous savons que ces conducteurs peuvent être coupés chez les animaux ou détruits chez l’homme sans qu'il y ait de paralysie marquée. Il montre ensuite que l’entre-croisement des conducteurs dans la protubérance, où l’on suppose maintenant qu'il s’opère à bien peu près complètement, ne peut, s’il existe, être nécessaire. En effet, s’il l’était, la lésion d’uné moitié latérale de ce centre nerveux devrait produire une paralysie complète ou à bien peu près des deux moitiés du corps, car dans la moitié lésée de la protubérance se rencontrent tous les conducteurs venant des deux côtés du cerveau, les uns s’y trouvant avant, les autres après leur entre-croisement. Or, on sait qu'en général il n’y a alors de paralysie que du côté opposé à celui de la lésion. L’auteur montre ensuite que les lésions expérimentales du bulbe rachidien, de même que les lésions de l’encéphale chez l’homme peuvent produire les effets paralytiques les plus variés. Il résulte clairement de ces recherches qu'il faut rejeter la supposition, universellement admise, que les ordres de la volonté aux muscles se transmettent nécessairement, en totalité ou en grande partie, par des conducteurs s’entre-croisant à la base de l’encéphale ou ailleurs.
182. — Remarques sur la perception des impressions sensitives. (Recherches communi-
quées à la Société de Biologie dans sa séance du 4 mai dernier.)
Dans le travail précédent (n° 181), l’auteur a essayé de montrer qu’une seule moi-
tié du cerveau peut suffire à l’action de la volonté sur les muscles des deux côtés du corps. Dans ce nouveau travail, il examine, à l’aide d’une série particulière de faits, la question de savoir si les impressions sensitives venant des deux côtés du coi’ps sont toujours perçues simultanément, ce qui impliquerait (d’après la théorie admise que les impressions sensitives d’une moitié du corps se rendent au côté opposé de l'encéphale) l'existence de deux centres percepteurs, l’un dans la moitié gauche du cerveau pour le côté droit du corps et l’autre dans la moitié droite pour le côté gauche. Il fait voir que lorsqu’on applique simultanément sur les côtés de la ligne médiane du tronc, de la face, de la tète ou du cou les deux pointes d’un compas æstliésiométrique, on peut observer comme pour les autres parties de la peau qu’il y a, suivant l'intervalle entre ces pointes, perception de l'une d’elles seulement ou des deux. Or, si les deux moitiés de l'encéphale étaient des centres percepteurs distincts, il devrait y avoir toujours perception des deux pointes, quel que soit leur voisinage.