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ÉTUDES CHIMIQUES SUR LE CERVEAU DE L’HOMME

Ces études contiennent : ■ ■ ,

1“ Une méthode générale d’analyse du cerveau;

2" Un procédé pour obtenir la cérébrine exempte de phosphore.

Dans le courant de mes expériences, j’ai eu entre les mains un corps azoté, de la nature des alcalis organiques, et dont la solution concentrée se prenait en bouillie cristalline par l’acide azotique. Un examen, fait en commun avec M. Berthelot, nous démontra que ce composé n’était pas de l’urée.

J’en étais là de mes recherches, lorsque parut en Allemagne le travail de Liebreich sur le protagon et sur la névrine. C’est ce dernier corps, dont la constitution a été fixée par la belle synthèse de Wurtz, que j’avais obtenu dès l’année 1865.

Si je rappelle ces faits, c’est moins pour réclamer la priorité de. cette découverte que pour indiquer les raisons pour lesquelles je n’ai pas publié un second mémoire sur le cerveau, comme je l’avais annoncé.

Me fondant sur la facile purification de la cérébrine, j’ai émis, l’un des premiers, l’opinion que le protagon était un mélange, et non un composé défini, opinion qui est maintenant généralement admise.

PHARMACOLOGIE

Chargé par la Commission du Codex de 1884 de rédiger les articles de pharmacie galénique, j’ai concentré les diverses communications qui m’ont été envoyées de Paris et de la province. Ayant à ma disposition les laboratoires de la Pharmacie centrale, j’ai comparé les divers procédés préconisés pour préparer les médicaments. Les conclusions de mes recherches ont été adoptées par la Commission : j’ai vérifié notamment les modes opératoires proposés pour obtenir les médicaments nouveaux, et j’ai modifié plusieurs formules anciennes. Ne pouvant développer dans cette notice toutes mes expériences, je vais seulement citer deux ou trois exemples.

Le miel rosat est un médicament fort ancien, qu’on a proposé de préparer de plusieurs manières. Le Codex de 1866 prescrivait de faire une infusion aqueuse de douze heures, d’évaporer aux trois quarts, avant d’ajouter le miel. J’ai reconnu, par des expériences comparatives, que le meilleur moyen d’avoir un médicament astringent, aromatique et d’une bonne conservation, consistait à faire une lixiviation de roses rouges avec de l’alcool à 30 degrés, de distiller l’alcool et de faire un mellite avec une dissolution concentrée. On évite ainsi l’action prolongée de la chaleur, ei. par suite, l’altération des principes astringents qui constituent les principes actifs de cette préparation.

La décoction blanche, imaginée au siècle dernier par Sydenham,

mélange de corne de cerf et de mie de pain; on sucrait à volonté. Plus tard, on fit entrer dans cet apozème de la gomme arabique, en supprimant la mie de pain; puis, à la fois, de la gomme et de la mie de pain. Pour Soubeiran, par exemple, la mie de pain facilite la dissolution du phosphate de chaux. A la suite d’une série d’expériences, j’ai démontré les faits suivants ;

1» La décoction blanche de Sydenham, préparée comme l’indique le Codex de 1866, renferme seulement du phosphate de chaux à l’état de suspension ;

2“ Contrairement à l’opinion de Soubeiran, la mie de pain, pas plus que la gomme, ne peut faire entrer en dissolution une quantité appréciable de phosphate de chaux, mais les deux substances réunies assurent la stabilité de l’émulsion et augmentent la quantité des sels calcaires dissous;

8“ La préparation renferme de l’acide phosphorique en solution lorsqu’on substitue à la corne de cerf du phosphate de chaux, exempt de carbonate de chaux.

Conclusion : il faut remplacer la corne de cerf calcinée par du phosphate de chaux pur ou simplement précipité.

La connaissance de la solubilité des médicaments simples dans divers liquides est d’une haute importance en thérapeutique. J’ai déterminé cette solubilité pour plusieurs corps dans l’eau, l’alcool et l’éther; j’ai pu rectifier plusieurs erreurs qui s’étaient glissées dans les traités de pharmacie et de chimie. J’ai démontré, en outre, ce qui n’avait pas encore été indiqué, que les courbes de solubilité des acides salicylique et benzoïque pouvaient s’exprimer, en fonction de la température, à l’aide de formules qui représentent des paraboles, jusqu’au voisinage de 35 degrés.

Au-dessus de cette température, les solubilités augmentent rapidement et répondent à des courbes paraboliques qui conduisent à des équations du troisième degré.

En 1877, MM. Lasègue et Régnault ont publié un mémoire inti-

tulé ; la Thérapeutique jugée par les chiffres. En collaboration avec M. le docteur de Beurmann, nous avons fait un mémoire faisant suite au précédent. Une période de dix années, allant de 1877 àl886, nous a paru suffisante pour fournir des résultats intéressants sur les modifications survenues dans les habitudes thérapeutiques du monde médical.

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