LXXXVII. — Nouveau système de Nomenclature
C’est une application à toute la Chimie organique du système indiqué plus haut pour les hydrocarbures seuls (LXIII). M. Maumené recommande ce système à toute l’attention des chimistes et de tous ceux qui savent apprécier la valeur d’un langage exact.
Un seul exemple peut suffire ici pourfaire apprécier tout le système.
L’acide connu sous le nom d 'acide acétique, C‘H‘0*, se forme dans le vin et dans une multitude d’autres corps fermentés. Le nom acétique, dérivé du latin acetum, aigre, n’est pas du tout convenable, car tous les acides sont aigres; il n’a d’ailleurs aucune signification conforme aux règles de Lavoisier et des auteurs de la Nomenclature de.1787.
M. Maumené, pour maintenir la généralité de ces règles, a imaginé le moyen suivant : exprimer par une seule lettre le nombre des équivalents d’oxygène contenus dans l’acide.
On a, dans l’acide iWiacétique, un hydrocarbure C 4 H 4 et de l’oxygène, 4 é, > O 4 . L’hydrocarbure, désigné par M. Maumené sous ie nom de «&'*»«■(2C*H 1 == C‘H V , diéne), se prête à la désignation d’un acide par l’emploi delà terminaison ique, dictée par l’ancienne Nomenclature. On pourrait dire acide diénique. Mais cela ne suffit pas, il faut indiquer non seulement la qualité d’acide, mais encore la quantité d’oxygène à laquelle est due cette acidité. M. Maumené exprime cette quantité, le nombre des équivalents d’oxygène, par la lettre de l’alphabet dont le rang est exprimé par le même nombre. Il y a 4*> d’oxygène, et la lettre r/ est la quatrième de l’alphabet; on intercale Centre diéne et ique, ce qui donne, avec l’élision ordinaire, diédique.
Ce système, si simple, peut être appliqué même aux corps quaternaires et servir à désigner la composition numérique de tous les composés de la Chimie, organique ou minérale.
Il n’est pas encore adopté : pourquoi?
LXXXVIII. — Théorie générale (vingt-troisième Mémoire). Fermentation sans ferments.
do l’Académie dos Sciences, t. LXXVI, p.
Ce travail, dont je puis signaler l’extrême importance, a été seulement indiqué, dans les Commet rendus , par son titre; il faisait connaître pourtant la raison vraie des transformations profondes éprouvées par une multitude de corps organiques (et minéraux), sans l’intervention des corps appelés ferments.
Le bitartrate de potasse, par exemple, éprouve dans le vin des altérations successives, qui sont les phénomènes, souvent principaux, de ce qu’on appelle les maladies de ce liquide ; ces altérations résultent de deux faits indiqués et calculables par la Théorie générale :
i° Le sel, dans une solution hydro-alcoolique telle que le vin, se décompose en ses deux éléments : acide tartrique et potasse. C’est un cas général de la décomposition provisoire, nommée dissociation par H. Deville, et non le moins intéressant.
2“ Les deux éléments : l’acide tartrique et la potasse, dont les équivalents sont très différents, i5o et 56, obéissent alors à la grande loi des poids égaux. L’acide se divise en deux parties, ou davantage, pour satisfaire à l’équation
[M] • « = ^ = a,68, soitf,
8KO, HO a- 3 C ! H* 0” = a C‘H‘ 0\ KO a- C*H‘ O s , KO a- 4 CO’, KO a-uHO a-(CO*) ! ,KO.
Les 8KO,HO, qui sont réellement enprésence, obligent 3C ! H"0” à se décomposer en
2 équivalents d’acide triéjique C«H«0>» (do Maumené) i » » triédiquo C*H<0‘ (propioniquo)
Ces corps existent dans les vins, d’après Maumené et d’autres chi-
Ces actions s« continuent et la Théorie générale explique ainsi l’en-
semble des faits complexes, et jusqu’à elle on ne peut plus obscurs, de la transformation des vins. Elle explique évidemment aussi tous les phénomènes analogues, tous ceux qui se rapprochent le plus des actions dites vitales dans les plantes et dans les animaux.
Que leur importance ait été jusqu’ici méconnue, on a peine à le comprendre.
LXXXIX. — Théorie générale, (vingt-quatrième Mémoire). Sur les combustions incomplètes.
Comptes rendus de l'Académie des Sciences, t. LXXVI, p. 216. - Bulletin de la Société chimique, t. XIX, p. e43. - Théorie générale do l’action chimique, p. 278.
Comme beaucoup d’autres, ce travail de M. Maumené se trouve indiqué seulement par son titre dans les Comptes rendus des séances de VAcadémie des Sciences, et en quatre lignes dans le Bulletin.
M. Maumené ne peut pourtant s’abstenir d’en signaler l’importance.
Lorsqu’un hydrocarbure, C S H' par exemple, brûle dans une atmosphère pauvre en oxygène, il ne donne pas de l’eau et de l’acide carbonique, comme dans l’oxygène pur et de quantité indéfinie. On n’a pas, on ne peut pas avoir
C’H‘-i-0* = 2 CO , + 4HO.
Mais quels produits peuvent prendre naissance? La Chimie classique
La Théorie générale donne seule une réponse précise et certaine à cette question si intéressante pour l’étude de la combustion et de toutes les actions du même genre, c’est-à-dire des actions de toutes les vapeurs mises en présence, l’une dans un excès de l’autre, à des températures suffisamment hautes. Elle donne ainsi la solution mathématique d’un des plus vastes problèmes de la Chimie.
M. Maumené le prouvait en montrant que C a H’ brûle avec un poids égal d’oxygène, d’après l’équation
aO -t- C*H* = C s H i O ï .
Il doit se produire de l’alcool monénique ou esprit-de-bois.
M. Maumené a obtenu cet alcool, facile à caractériser par son éther oxalique, et il a cité en même temps d’autres expériences d’une certitude incontestable, relatives à d’autres combustions.
Cette grande preuve de la force de la Théorie générale n’a pas encore ouvert les yeux des chimistes. M. Schützenberger seul a cité le fait de la production d’esprit-de-bois dans son Traité de Chimie, mais sans parler de la grande généralité du calcul des combustions incomplètes.
XC. — Réfutation de la prétendue substitution cfcKCl à H* dons le sucrale de chlorure de potassium.
Comptes rendus de l’Académie des Sciences, t.LXXVI, p. 54g (simple mention).
Jamais, peut-être, l’erreur profonde à laquelle la pensée des substitutions condamnait les chimistes ne s’est montrée plus clairement.
Tandis que le sucre peut s’unir au chlorure de sodium en cristaux nets, en une espèce dont les actions chimiques sont des plus précises (LXXV), il est extrêmement douteux qu’on puisse l’unir au chlorure de potassium.
Cependant un chimiste affirmait cette union, et, au lieu d’une formule i'addition analogue à celle du sucrate de chlorure de sodium, il prétendait pouvoir attribuer à un composé douteux une formule de substitution : 2*1 d’hydrogène du sucre auraient été enlevés par KC1!
M. Maumené, par des expériences nombreuses, a démontré l’inanité du fait et le danger des idées de substitutions dont toutes les conséquences sont des erreurs.
XCI. — Théorie générale (vingt-cinquième Mémoire). — Observations sur l'action des effluves électriques.
Comptes rendus de l'Académie des Sciences, t. LXXVI, p. 1146 (simple mention). - Bulletin de la Société chimique, I.XIX, p. 089. - Les Mondes, p.5i 9 ; 1873. - Théorie
généralo do l’action chimique, p. 331.
Un Travail du regretté P. Thénard et de son fils, Arnould, entrepris dans les idées classiques, avait fait espérer de produire des synthèses organiques nombreuses par l’action modérée des effluves. L’exemple
choisi était C 2 H' et2C0 2 ; d’après les arrangements de formules, dont la Chimie classique était forcée de se contenter, en dehors de la Théorie générale, on espérait obtenir (A) C ! H‘h-2 CO ! =C‘H‘OS
c’est-à-dire la synthèse de l’acide diédique (acétique).
On l’espérait avec tant de confiance que Dumas lui-même, après les expériences absolument négatives de P. et A. Thénard, déclarait devant l’Académie que le produit plus ou moins solide obtenu « ne pouvait être que de l’acide acétique condensé ».
M. Maumené exposait que l’étude se limitait à un cas particulier du grand problème résolu par lui pour les combustions incomplètes (LXXXIX). En vain, disait-il, vous avez mêlé des volumes égaux de C 2 H* et de CO 2 pour essayer de réaliser l’équation (A), l’action a lieu par les poids égaux et vous avez fait agir, malgré tout, ti™ 1 de C 2 H* et seulement 4”' de CO 2 . Vous obtenez une masse de trois corps for-
Cette masse,, formée en présence d’un excès, 7 , ° 1 de CO 2 , produit des actions secondaires et par conséquent d’autres composés dont M. Maumené donnait le calcul.
Malgré la ressemblance évidente de ces composés, indiqués par la Théorie génér ale, avec ceux dont P. et A. Thénard donnaient une description des plus laborieuses, mais suffisamment approximative, le silence a été fait sur le Travail de M. Maumené comme sur tous ceux qui fournissaient des preuves brillantes de la sûreté de la Théorie générale.
Le Bulletin de la Société chimique ne lui a pas accordé plus de cinq lignes, où rien ne dit l’étendue et la netteté des explications données par cette Théorie.