Essai sur t'appareil locomoteur des oiseaux
583 pages in-8, 4 planches. 1874.
Cet ouvrage est la synthèse de tous les travaux de l’auteur sur l’appareil locomoteur des vertébrés.
Le but qu’il a poursuivi dans ce travail étant d’arriver a une conception du type idéal de l’appareil locomoteur des oiseaux, il s’est efforcé d’y parvenir, d’une part en déterminant avec exactitude les analogies qui rattachent cet appareil à celui des autres vertébrés et les différences qui l’en distinguent, et d’autre part en cherchant les relations qui existent chez les oiseaux entre la conformation de leurs organes et les mouvements qu’ils exécutent.
L'ouvrage est en conséquence divisé en trois parties : la première, où l’on décrit le type idéal de l’appareil locomoteur dans les quatre classes de vertébrés ; la deuxième, consacrée à la description spéciale de l’appareil locomoteur des oiseaux et comprenant deux chapitres dont l’un est consacré à la description du squelette et des ligaments, l’autre à celle des muscles ; la troisième, où l’on applique à la théorie des mouvements les notions fournies par les dispositions anatomiques.
Chaque chapitre est précédé d’un résumé historique des divers travaux publiés sur le même sujet depuis Aristote jusqu’à nos jours, résumé dans lequel on : s’est efforcé de montrer la sui te des idées qui se sont succédé et les modifications qu’elles ont subies dans la série des
Ainsi la première partie, précédée d’un historique des travaux relatifs à l’anatomie philosophique, contient une description synthétique du squelette chez les mammifères, les reptiles, les poissons et ensuite chez les oiseaux, dont les grands traits.sont décrits comparativement avec ceux des autres classes afin d’établir par cette comparaison quels sont les signes qui caractérisent les oiseaux. On en déduit que les oiseaux forment bien une classe à part, qu’ils ne réalisent pas un type interné-
diaire'entre les reptiles et les mammifères, mais que, si l’on part des reptiles! ils représentent une forme divergente.
De cette comparaison on tire aussi cette loi, que deux types qui divergent l’un de l’autre de manière à ne jamais se rencontrer peuvent offrir des perfectionnements analogues par rapport à un troisième type inférieur à tous les deux, mais que dans ces perfectionnements mêmes la divergence se manifeste encore pctv,,des signes particuliers.
Le premier chapitre de la seconde partie est précédé d’un historique sur les travaux relatifs à l’ostéologie des oiseaux. On y montre comment la nomenclature s’est modifiée peu à peu pour arriver au point où elle en est aujourd’hui, principalement pour l’os coracoïdien, l’os carré, les ptérygoïdiens, le sternum, le bassin.
La description détaillée de la tête des oiseaux comprend celle de l’intérieur du crâne, des fosses nasales et des cornets olfactifs, des mâchoires et de leurs mouvements.
Cette description, qui contient déjà quelques faits particuliers à certains oiseaux, est suivie d’un résumé comparatif des caractères offerts par la tête dans les différents ordres. En cherchant à apprécier la valeur de ces caractères, on voit que, quelle que soit leur importance, ils ne peuvent pas suffire a eux seuls pour distinguer tous les oiseaux appartenant à un même groupe, puisque, si l’on se bornait à certains de ces caractère;, on pourrait unir les perroquets aux rapaces nocturnes,’les martins-pêcheurs aux hérons, les flamants aux palmipèdes lamellirostres.
Elle montre que si, dans certains cas, un caractère isolé peut nettement faire distinguer un genre ou même un groupe (bec des flamants, palatin des perroquets), il n’en est pas ainsi le plus souvent et que c’est plutôt par un ensemble de caractères que l’on peut établir les véritables affinités.
L’examen delà tête des oiseaux confirme les grandes divisions établies d’abord par les zoologistes sur la seule considération du bec et des pattes.
Elle montre qu’il y a véritablement des rapaces, des passereaux, des gallinacés! des échassiers, des palmipèdes, mais elle fait voir en outre qu’il y a d’autres groupes qui ne rentrent pas dans ces formes principales. Ainsi, les psittacidés forment bien un groupe à part que l’on peut placer en tête de la classe des oiseaux ; les rapaces nocturnes se distinguent nettement des rapaces diurnes ; les pigeons ne peuvent
etrb confondus ni avec les passereaux, ni avec les gallinacés ; l’ordre des échassiers et celui des palmipèdes contiennent chacun plusieurs groupes bien distincts les uns des autres.
Les caractères fournis par la colonne vertébrale, le sternum, le bassin et les membres conduisent aux mêmes résultats.
La description du membre thoracique contient une analyse particulière de l’épaule des struthidés, où l’on montre la’signification de chacune de ses parties.
Cette description est suivie d’une description détaillée des articulations et de leurs ligaments et d’une analyse du jeu des surfaces articulaires de l’épaule, du coude et du poignet.
Enfin, la description des rémiges, de leur mode d’insertion et des li- " gaments qui les maintiennent termine ce chapitre.
La description des os du membre abdominal est également suivie de celle de leurs ligaments. Les articulations du genou sont particulièrement étudiées.
Le chapitre consacré à la myologie est précédé d’un résumé historique des travaux publiés depuis Aldrovande jusqu’à nos jours.
Dans la description des muscles de la colonne vertébrale et du tronc en général, l’auteur s’est efforcé de déterminer les véritables homologies des muscles des oiseaux en les comparant avec ceux des mammifères et des reptiles. Ses principales idées sur ce sujet avaient déjà été exposées dans une note présentée à la Société philomathique en 1867 ; le temps et la réflexion l’ont amené à y faire quelques modifications.
C’est ainsi qu’il a été amené à considérer l’accessoire du fléchisseur perforé comme répondant à une partie du couturier ; à reconnaître chez les oiseaux le muscle homologue du long supinateur ; à comparer l’accessoire coracoïdien du sous-scapulaire à l’épicoraco-huméral des ornithodelphes. Les principaux muscles du membre thoracique dont il s’est appliqué à discuter la signification spnt le grand dorsal, le système deltoïdien, le sous-épineux, le sus-épineux, le coraco-brachial, le biceps, le brachial antérieur, les muscles métacarpiens palmaires et dorsaux, les extenseurs et les fléchisseurs des doigts.
Il ressort de cette discussion, que l’ensemble des muscles du membre thoracique des oiseaux ne peut pas être comparé directement aux muscles du membre thoracique des mammifères, mais à un type idéal
teur externe.
La comparaison avec les lézards démontre que l’anneau fibreux sur lequel se réfléchit le tendon du muscle biceps doit être considéré comme la tête bifurquée du muscle jumeau externe.
Parmi les autres muscles dont la signification est discutée dans ce travail, nous nous bornerons à citer le jambier antérieur, le soléaire tibial, le jambier postérieur, les fléchisseurs profonds des doigts, et enfin les fléchisseurs superficiels, dont la constitution permet de diviser les oiseaux en ectomyens, entomyens et homœomyens.
La comparaison avec les chéloniens permet de démontrer que chez ces reptiles le grand trochanter est divisé en deux tubercules, que l’on a pris à tort pour deux trochanters. .
11 résulte de la comparaison des muscles des oiseaux avec ceux des reptiles que, sous certains rapports, ils ont plus de ressemblance avec les tortues, sous d’autres avec les crocodiles, sous d’autres encore avec les lézards, mais que l’on ne peut pas dire que l’un de ces trois types soit plus voisin dès oiseaux que les deux autres par l’ensemble de ses caractères.
La troisième partie, précédée d’un résumé historique des travaux relatifs à la locomotion des oiseaux à partir d’Aristote, traite de la locomotion aérienne, terrestre et aquatique.
La théorie du vol est d’abord examinée à. priori sous la rapport du vol
ramé et du vol à voile, en tenant compte du rôle des ailes, de celui de la queue et de celui du centre de gravité.
Au sujet du vol ramé, l’auteur établit qu’il y a deux temps dans l’abaissement de l’aile : i°.un temps préparatoire où l’aile se porte en avant pour chercber son point d’appui; 2“ un temps effectif où l’aile donne un coup sec en déployant toute sa force.
Une fois déterminées à priori les conditions du vol, la structure des organes montre à posteriori comment ces conditions sont remplies ; comment la nature a obtenu la solidité, la légèreté, la puissance ; comment elle évite à l’oiseau une fatigue inutile en substituant à propos aux éléments musculaires des ligaments élastiques ; comment une partie de l’aile, soumise A la nécessité mécanique, exécute ses mouvements d’une manière invariable et prévue d’avance, tandis que, sous d’autres rapports, on voit apparaître la variété et la liberté.
La structure de l’aile démontre qu’en s’étendant et en se repliant elle se tord et se détord. La structure de l’articulation scapulo-bumérale fait voir que l’aile, au moment où elle achève son abaissement, est obligée de tourner sa face ventrale en arrière, et la théorie d’après laquelle l’aile frapperait toujours l’air d’arrière en avant se trouve ainsi réfutée.
La forme et la structure du tronc sont également en rapport avec les conditions de la locomotion aérienne ; on le remarque surtout dans l’appareil respiratoire, et la faculté qu’ont les oiseaux defermer hermétiquement l’orifice de la trachée explique le pouvoir qu’ils possèdent d’accumuler dans leurs vésicules et dans les espaces qui en dépendent une quantité considérable de fluide aérien.
Dans l’analyse des mouvements relatifs à la marche, on tient compte des oscillations verticales et latérales du corps de l’oiseau.
Enfin, on signale sous le nom de phyllobatisme le mode particulier de locomotion des jacanas, qui trpuvent comme un plancher solide dans les feuilles flottant à la surface de l’eau.
48. — Sur les organes locomoteurs des oiseaux au point de vue de la navigation aérienne.
[Bulletin de la Société philomathique, 1875 .)
Parmi les conditions remplies par l’appareil locomoteur des oiseaux, il en est que l’on peut imiter, soit en les atténuant, soit en les amplifiant ;
ports, en sorte que l’on pourrait ici suivre les prescriptions d’une loi que l’on appellerait la loi du rapport inverse.
Ainsi, chez l’oiseau, l’étendue est attribuée aux ailes et refusée au corps; tandis que, dans les appareils artificiels, ce sont les organes moteurs qui doivent avoir le moins d’étendue.