RECHERCHES SUR LES COMPAS ET ROUSSOLES
1. Détermination des déviations par des mesures de force horizontale
{Comptes rendus, t. LXXVI, p. 1197, t8 7 3; Journal de Physique, t. IJ, 1873 ; Annales hydrographiques, t. XXXVI, p. 485( i8 7 3).
2. Considérations sur les compas et boussoles {Recherches chronomé¬
triques, 12'Cahier, p. i5t; 1878. Imprimerie nationale).
3. Note sur les épreuves à faire subir aux instruments de navigation
acquis par le Dépôt de la Marine {Recherches chronométriques, t. II, p. 242).
4. Nouveau dygogramme, dit dygogramme n° 2 modifié (Note insérée dans le livre de M. le commandant Guyou sur les instruments nautiques).
On sait que l’objet de la régulation des compas est de déterminer la déviation que subissent les boussoles marines sous l’influence du fer employé dans la construction des navires. Les progrès de l’Architecture navale ont eu pour conséquence d’exiger une plus grande précision dans ces déterminations, en même temps que l’emploi plus général du fer dans la construction et les trépidations dues à des moteurs plus puissants accroissaient les causes de perturbation.
Les recherches de 1 auteur ont porté d’abord sur la détermination des déviations quand on ne peut pas observer de relèvements astronomiques ou terrestres. Il a proposé l’emploi d’aimants pour observer les variations de la force horizontale; les valeurs trouvées, introduites dans les équations générales, telles qu’elles ont été tirées des formules de Poisson par les auteurs du Manuel de l’Amirauté anglaise pour les déviations du compas, permettent de calculer les coefficients variables des déviations et d’en dresser le tableau complet, soit par le calcul, soit par l’emploi d’une construction graphique.
Cette méthode permet, à l’aide d’observations fort simples, de déterminer la valeur approchée de la composante horizontale du magnétisme terrestre en un point quelconque des mers du globe : elle a donc un intérêt à la fois pratique et scientifique. Elle a été expérimentée avec succès sur les bâtiments de la marine nationale et sur ceux de la Compagnie transatlantique : elle a donné lieu, en 1880, à l’addition d’aimants supplémentaires dans les compas réglementaires de la flotte.
La construction graphique, indiquée sous le nom de dygogramme dans le Manuel de l’Amirauté anglaise , n’était pas applicable aux cas de plus en plus fréquents où le fer n’est pas distribué symétriquement par rapport au plan longitudinal passant par le centre du compas.
L’auteur l’étendit à tous les cas et en fit la base même de la détermination des déviations. C’est en partant de là et en employant cette construction, non seulement pour la détermination des déviations, mais encore pour la démonstration et pour les opérations de compensation au moyen de pièces auxiliaires d’aimants et de fer doux, qu’il
put, sans rien sacrifier de la rigueur des méthodes, réduire la science des déviations à un degré de simplicité qui permettait de l’exposer en un petit nombre de leçons. Elle se trouve ainsi presque complètement débarrassée des développements algébriques qui, si élémentaires qu’ils soient, en général, ont l’inconvénient d'effaroucher beaucoup de marins et de compliquer en apparence les résultats. La solution de tous les problèmes se réduit à construire une ellipse au moyen des données de l’observation; cette ellipse, une fois tracée pour uncompas donné, tous les problèmes ultérieurs reviennent à la placer sur une rose des vents, de telle manière que sa position satisfasse aux conditions données par l’observation, ce qui se fait, soit par des constructions de Géométrie élémentaire, soit par des tâtonnements faciles, remplaçant la résolution d’équations compliquées.
Nous n’insistons pas sur les recherches relatives à la mécanique du compas et à ses conditions de stabilité et de sensibilité : un modèle de rose, calculé d’après les données de la théorie, avait pourtant donné de bons résultats, mais l’emploi, de plus en plus général, de l’admirable compas Thomson a fait arrêter ces expériences.