Marées et Artocarpêes de ta Nouvelle-Calédonie
(Amollit des Sciences naturelles, S* série, 1869, t. XI, p j 364, pl. 6, et 1872, t. XIV, p. 246.)
L’ensemble de ces deux familles présente sept genres, dont trois pour les Morées et quatre pour les Artocarpêes ; mais le genre Ficus contient à lui seul à peu près quatre fois autant d’espèces que tous les autres réunis. M. Bureau a dû remanier profondément les genres Malaisia, Fatouae t Cudrania. Chacun des deux premiers ne renferme,.à son avis, qu’une seule espèce, et il en est de même du genre Pseudomorus, qu’il a fondé pour une partie des Mûriers à périgone de la fleur femelle non accrescent. Dans le genre Cudrania, il a réuni aussi plusieurs espèces nominales en une seule. Cette réunion provient de l’enrichissement des herbiers; qui présentent maintenant de nombreux intermédiaires entre les formes regardées jadis comme distinctes.
« Au point de vue de la géographie botanique, les Morées et Artocarpêes de la Nouvelle-Calédonie confirment les faits déjà reconnus dans la flore de ce pays pour d'autres famille* : on trouve parmi ces plantes un mélange de formes indiennes, australiennes, polynésiennes, mêlées à des types tout à fait spéciaux et qui s’écartent même notablement des genres avec lesquels ils ont l’analogie la plus prochaine.
« Ainsi le genre Malaisia, le Morus Brunonania Endl., qui devient le
type du genre nouveau Pseudomorus, le genre Fataua, le Cudrqniajavanmsis se retrouvent dans une ou plusieurs des régions voisines : l’île de Norfolk, les Sandwich, l’Australie, les lies Viti, le Japon, la Chine, l’Archipel Indien et même l’Inde. Mais à côté de ces formes présentant une grande extension géographique se trouve un genre spécial et très intéressant, puisque c’est le genre le plus voisin des Ficw que l’on connaisse jusqu’ici, bien que les différences soient encore assez profondes. M. Bureau l’a appelé Sparattosyce (figue déchirée), pour indiquer un de ses caractères les plus remarquables. Les fleurs mâles et les fleurs femelles sont enfermées dans des réceptacles distincts; les étamines sont extrorses, et les styles sortent longuement par l’ouverture supérieure du réceptacle femelle, par ce que l’on peut appeler l’œil de la figue. A la maturité, tous ces réceptacles se déchirent de haut en bas, s’étalent et prennent peu à peu l’apparence de réceptacles de Dorstenia. Quant aux vrais Ficus, les uns se retrouvent dans l’Indé ou dans l’Archipel Indien, d’autres dans quelques îles de la Polynésie, d’autres enfin en Australie, et, parmi les espèces nouvelles, qui sont nombreuses, la plupart viennent se placer près de types appartenant à l’une des régions indiquées plus haut. » (Bulletin de la Société botanique de France, t. XIX, 1872 ; Revue bibliographique, p. 160.)
Les espèces du genre Ficus sont au nombre de 26 ; 17 sont nouvelles.