Sur une nouvelle plante réviviscenle
{Comptes rendus de VAcadémie des Sciences, séance du 17 février 1890.)
Cette plante a été envoyée des États-Unis à l’état sec, par M. Le Métayer de Guichainville, à M. de Quatrefages, commé étant nouvelle et présentant les propriétés hygrométriques de la Rose de Jéricho. Elle n’est pas nouvelle ; c’est la Polypodiumincanum Pluck., et le phénomène signalé, loin d’être une simple hydratation, est une véritable réviviscence. Les deux pieds donnés à l’auteur par M. de Quatrefages ont été mis en expérience. L’un a été placé pendant dix jours ' dans une étuve qui a été portée à 55 degrés. Il pesait 8® r ,528 et a perdu 2* r ,680. L’autre a été mis pendant le même temps sous la machiné pneumatique, en présence d’acide sulfurique concentré. Il pesait 2*',580 et a perdu O 8 ',223. Tous*deux étaient devenus d’un gris brun et d’une fragilité extrêmë. Plongés dans l’eau, ils ont reverdi, le premier en trente-six heures, le second en neuf heures seulement, et nous pouvons ajouter que, plantés au Muséum, ils continuèrent à’ végéter.
50. — Sur la structure des tiges de lianes de la famille des Sapindacées.
(.Bulletin de la Société philomathique de Paris, 1870, t. VII, p. 56.)
Dans les Paulünia, la structure parait normale.
Dans les Ürvillea, la formation ligneuse s’arrête sur trois points où les rayons médullaires sont plus rapprochés et plus visibles. Tantôt on n’ob-
serve qu'une simple inégalité de développement, et le bois ne forme qu’une seule masse trilobée; tantôt les trois lobes se séparent, emportant dans leur angle interne une partie de la moelle, et l’écorce pénètre, par les intervalles qui séparent les lobes, jusqu’au centre de la tige.
Dans les Serjania , il y a plusieurs corps ligneux distincts : un central, toujours pourvu d’une moelle, et d’autres plus petits placés autour du premier et tantôt présentant une moelle, tantôt n’en présentant pas. II est fort probable que ces corps ligneux périphériques sont formés par des portions de bois qu’ont détachées du corps ligneux central dès prolongements d’écorce, et qui sont devenues cylindriques depuis leur sépa- . ration, par ja formation de nouvelles couches ligneuses. En admettant ce mode d’origine, ils doivent être pourvus de moelle lorsque l’écorce a détaché des segments allant jusqu’au centre, et en être dépourvus lorsque la séparation s’est borpée à quelques faisceaux superficiels du corps ligneux central. Cette explication devra être confirmée par l’examen du développement de la tige sur la plante vivante.; mais on doit abandonner l’opinion des botanistes qui regardent les corps ligneux périphériques comme des branches qui se sont séparées du corps central sans s’isoler ni devenir libres, et qui restent confondues sous une même écorce avec la tige qui leur a donné naissance. Des préparations faites par M. Corrèa de Méllo, et dans lesquelles le bois a été séparé de l’écorce sur la plante fraîche, montrent qu’à chaque nœud il y a un échange de faisceaux entre les corps ligneux périphériques et entre ceux-ci et le corps central, ce qui n’aurait certainement pas lieu si les corps ligneux périphériques étaient des branches.