‹ Notice sur les travaux scientifiquesChapitre 20 sur 29 · Sur l’origine des Bilobites striés · texte numérisé non relu

Sur l’origine des Bilobites striés

0 Comptes rendus de l'Acadtmie des Sciences, séance du 4 juillet 1887. Cette note a été réunie à la précédente, en tirage à part, avec 1 planche.)

L’auteur, par l’examen de nombreux moulages de Bilobites, établit que ces fossiles ne sont pas des Algues, mais résultent du remplissage de pistes d’animaux par du sable, passé plus tard à l’état de grès. On voit, sur les moulages, des systèmes de sillons se dirigeant, à partir de la ligne

médiane du fossile, de dedans en dehors et d’avant en arrière. Chacun de ces systèmes est formé par un coup de patte, et cette patte était pourvue d’une vingtaine d'appendices. Les différences qu’on a signalées entre les diverses espèces décrites de Bilobites sont dues à des modifications dans le mode de progression de l’animal. Dans la piste du Cruziana Prevosti Trom. et Lebesc., les coups de patte sont séparés; l’animal s’est avancé à grands pas, en traçant sur la vase une suite de talus. Dans la forme C. rugosa d’Orb., l’animal a encore appuyé fortement sur la vase et y a imprimé des ondulations; mais les coups de pattes sont plus allongés et empiètent l’un sur l’autre. Dans la forme C. furcifera d’Orb., l’animal a moins appuyé, et il n’ÿ a pas d’ondulations, mais l’entrècroisement des systèmes de sillons est tel, qu’ils forment un réseau irrégulier. Dans la forme C. goldfussi Trom. et Lèbesc., non seulement les sillons d’un même, système sont parallèles entre eux, mais ils sont parallèles aux sillons des systèmes voisins ; c’est la progression la plus régulière.

Parfois on voit, près de la ligne médiane du moulage de Bilobite, dé longs sillons longitudinaux; ils ont été formés par une patte dont l’extrémité s’était rapprochée du milieu du corps et se portait d’arrière en avant, afin de donner un nouveau coup d’avant en arrière et de dedans en dehors.

On rencontré assez souvent des Bilobites qui semblent sortir brusquement du grès. La piste en creux montre que, dans ce cas, les sillons tracés par lès pattes. sont transversaux. Ces empreintes ont été faites par des animaux qui se lançaient tète baissée au fond de l’eau, pour' chercher les vers dont ils se nourrissaient ét dont on voit de nombreuses tracés sur la roche. Pour se diriger ainsi verticalement, ils devaient porter leurs pattes tout à fait en dehors, dans un plan longitudinal passant au milieu de l’épaisseur du corps, du côté droit au côté gauche.

Sur le moulage du G. Goldfussi particulièrement, on voit, de chaque côté, un sillon mince manifestement tracé par le bord d’une carapace.

Un animal pourvu d’une carapace en forme de bouclier, et de pattes portant de nombreux appendices, ne pouvait appartenir qu’à la classé des Crustacés et à l’ordre des Phyllopodes.

67. — Note suri’existence du terrain dévonien supérieur en Bretagne.

(Bulletin de la Société géologique de France, 1869, ? série, t. XVI, p. 862.)

Jusqu’ici le terrain dévonien supérieur n’avait pas été reconnu dans l’ouest de la France. Il s’y trouve avec ses fossiles caractéristiques. ÿ

68. — Note sur l'existence de trois étages distincts dans le terrain dévonien de la basse Loire.

(Bulletin de la Société géologique de France, 1860, 2* série, t. XVII, p. 789, avec tme coupe.)

Le dépôt de la basse Loire est un des exemples les plus complets du terrain dévonien què nous ayons én France. Le but de cette note est d’indiquer la superposition régulière des trois étages qui le composent, ainsi <jue leurs subdivisions. Elle est accompagnée d’une figure représentant une coupe transversale de l’ensemble du terrain.

69. — Observations sur le terrain dévonien de la basse Loire. (Bulletin de la Société géologique de France, 1861, 2* série, t. XVIII, p. 337.)

L’auteur donne quelques détails sur la disposition des carrières d’Erbray, dans lesquelles F. Gailliaud a découvert un mélange de fossiles siluriens et dévoniens; il signale aussi la présence de formes siluriennes dans le calcaire dévonien inférieur situé au sud de la Loire; enfin il indique quatre niveaux fossilifères distincts dans ie calcaire dévonien supérieur de Cop-choux.

70. — Recherches sur la structure géologique du bassin primaire; de la basse Loire.

(Bulletin de Ut Société géologique ie France, 1883, 3' série, p. 165, avec une coupe.)

Ce bassin s’étend en très grande partie au nord de la Loire. Le pays qu’il occupe offre tous les caractères du Bocage vendéen, dont il est la continuation. Les affleurements y sont rares, et ce sont les tranchées ouvertes par de grands travaux publics et privés qui ont permis d’ajouter aux connaissances stratigraphiques acquises.

L’auteur reprend, avec les données ainsi obtenues, la description sommaire du grand bassin de la basse Loire. Le bord nord est formé par le silurien supérieur. Le bord sud ne présente que des traces de cet étage; le niveau silurien qui affleure surtout est celui des grès et schistes à Tigillites, qui appartient au silurien moyen. Dans ce bassin silurien reposent (es trois étages du terrain dévonien et le terrain houiller. L’auteur signale seulement ici l’étage inférieur de cé dernier terrain; mais il a reconnu depuis,

en différents points du bassin, les étages houillers moyen et supérieur.

Dans une coupe nord-sud passant par Ancenis (Loire-Inférieure), on trouve le grand bassin partagé en deux cuvettes par le relèvement des schistes et grès à Tigillites.

La cuvette méridionale contient les trois étages du terrain dévonien et des couches assez anciennes de l’étage houillér inférieur. Ce sont : 1° des schistes renfermant des Mollusques lamellibranches et quelques plantes; 2° des grès rougeâtres ou d’un vert-olivè, superposés à ces schistes et contenant de nombreux Stigmaria, le Bornia transitionis, le Lepidodendron Vellheimianum et quelques Fougères du genre Diplothmema. A ce niveau, la flore est pauvre en espèces. .

La cuvette septentrionale est entièrement remplie par des couches appartenant au terrain houillér inférieur, mais plus élevées dans la série que celles contenues dans la cuvette précédente. Les schistes et psammites, qui sont les roches principales, fournissent une belle flore fossile, dont l’auteur énumère les espèces.

« Les caractères de cette flore, dit-il, sont très nets : par l’absence de Cardiopteris, la présence de nombreux Lepidodendron et de très nombreuses Sphénoptëridées appartenant aux genres Diplothmema et Calymmaio* ' theea, elle se place non seulement bien au-dessus des flores du Roannais, du terrain de transition des Vosges et des schistes de Moravie et de Silésie, qui appartiennent au Culm tel que le définit M. Grand’Eury; mais au-dessus, il me semble, de celle des anthracites de la Baconnièrè (Mayenne), où l’on a trouvé le Cardiopteris polymorpha Schimp., et qui , n’ont fourni aucune Lépidodendrée.

« Les affinités paraissent plus étroites avec la flore de la formation de Saint-Laurs (Deux-Sèvres), et avec celle des schistes d’Ostrau et deWaK denburg (Silésie), qui appartiennent à l’étage désigné par M. Grand’Eury sous le nom de grauwacke supérieure : la majeure partie des espèces sont les mêmes, et, comme dans ces deux gisements, il y a absence du genre Cardiopteris, propre aux couches contemporaines du calcaire carbonifère ou immédiatement postérieures à ce dépôt. Mais la flore de la basse Loire se distingue de toutes celles que nous venons d’énumérer par sa richesse plus grande en individus et en espèces de Lépidodendrées. Ce caractère là rapproche de la flore de l’étage infra-houiller, avec laquelle cependant l’abondance du Bornia transitionis Roem. et du Lepidodendron Veltheimianum Ung., ainsi que la présence de quelques Fougères anciennes : Neuropteris antecedens Stur, Calymmatotheca moravica Stur, etc., ne permettent pas de la confondre.

« Je pense donc que la flore de la basse Loire appartient à la partie la plus élevée de la grauwacke supérieure, et qu’elle a précédé immédiatement la flore infra-houillère, qui ouvre la série des flores houillères moyennes. »

71. — Carte géologique détaillée de la France, n° 105, feuille d'Ancenis, 1891. (En collaboration avec M. Louis Bureau.)

Dans cette carte, M. Ed. Bureau s’est chargé plus spécialement du terrain houiller, dont il a recueilli et étudié les végétaux fossiles, et dont il a reconnu et délimité les différents niveaux énumérés dans le mémoire précédent.

Page 1