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De la végétation à l'époque houillère

(Revue des Cours scientifiques, n" du 5 et du 19 janvier 1867, aveo 41 ligures dans le texte.)

73. — Sur des plantes fossiles recueillies dans le bassin de la basse Loire.

(Bulletin de la Société botanique de France, 1861, t. VIII, p. 690.)

Ces plantes étaient alors attribuées à l’étage dévonien supérieur. Les caractères des flores primaires sont aujourd’hui mieux connus; il en résulte que la flore de la basse Loire doit être considérée comme un peu plus élevée, èt attribuée à l’étage houiller inférieur.

74. — Sur la présence du genre Equisetum dans l’étage houiller inférieur.

(Comptes rendus de l'Académie des Sciences, séance du 6 janvier 1886.)

On ne connaissait pas de véritable Equisetum au-dessous du terrain triasique. L’espèce que décrit M. Bureau provient de la mine de Beaulieu (Maine-et-Loire), et appartient à la grauvacke supérieure, c’est-à-dire à la partie la plus élevée de l’étage houiller inférieur. On voit sur une même plaque de schiste quatre petits rameaux cannelés, articulés et pourvus de gaines terminées par des dents, ayant en un mot la taille et l’aspect des rameaux d 'Equisetum actuellement vivants. C’est avec Y Equisetum debile Roxb., de l’Inde, que l’espèce fossile paraît avoir le plus de rapports. A côté des rameaux, on aperçoit quelques traces d’épis brisés en travers.

« Ainsi, dit l'auteur, à l’époque houillère^ -dans les Équisétacées comme dans les Fougères et les Lycopodiacées, on trouve, à côté dé formes gigantesques, de petites espèces analogues pàr leur port à la plupart de celles qui vivent maintenant. Tandis que les types les plus robustes en apparence n’ont pas tardé à s’éteindre, Ces types, plus humbles et d’un aspect plus frêle, ont agrandi peu à peu leur rôle d’abord subordonné-, et, à travers les différentes phases de l’évolution du Règne végétal, sont parvenus jusque dans la flore actuelle. »

75. — Sur la présence dé l’étage houiller moyen, en Anjou. . ■ ■

On avait signalé depuis longtemps en Anjou plusieurs petits lambeaux de terrain houiller très rapprochés du grand bassin hmiiller inférieur de la basse Loire .et courant parallèlement à lui; mais ils n’avaient été l’objet d’aucune étude paléontologique. L’auteur, en 1884, a reconnu et exploré deux de ces bassins. Dans celui de Rochefort-sur-Loire, situé au nord du grand dépôt houiller, il signale ; « Feuilles de Cordaites en abondance, appartenant à trois espèces ; Cordaites borassifolius Geinitz, C. Goldenbergianus Weiss, et surtout C. principalis Geinitz, qui parait le plus, commun; deux formes d’infloréscence de ce même genre Cordaites, dont une, certainement, est une inflorescence mâle, qui se rapporte très bien à celle représentée par Feistmantel, pi. XII, fîg. 1 de son ouvrage sur les fossiles des gisements houillers de la Bohême, sous le nom de Cordailanthus commuais. Nombreuses espèces de Fougères ; Neoropteris, Alètho -, pteris Serlii GOepp., Prepecopleris plumosa Grand’Euryj Sphenopteris furcala Ad. Brongn., S. artèmismfolia Sternb., S. Ilaidingeri Ett., S.stipulata Gutb., S. Sauveurii Crép„ S. distans Sternb,; enfin deux Asterophyllites : A. longifolius Ad. Brongn. et A. hippuroides Ad. Brongn., et un Calamite. » Une exploration nouvelle, faite en 1885, a ajouté à la listé précédente le Sphenopteris intermedia Ett. L’ensemble de cette flore indique le terrain houiller moyen.

Dans le petit bassin houiller de l’Écoulé, situé au sud du grand bassin principal, l’auteur a recueilli Cordaites borassifolius Geinitz et Dictyoplèris sub-Brongniarti Grand’Eury. Ces.deux espèces indiquent encore l’étage houiller moyen, et donnent même lieu de penser que le dépôt est un peu plus récent que celui de Rochefort-sur-Loire.

■ Vers Doué (Maine-et-Loire), un petit lambeau houiller, placé en disçor-

dance sur le hoüiller inférieur, a fourni jadis ie CannophyUÙes Virletii, plante fossile remarquable qu’on sait aujourd’hui appartenir à la partie moyenne du terrain hoüiller supérieur.

Les conclusions de la note sont les suivantes : « 1° Dans le grand sillon silurien bordant au nord les roches cristallines de la Vendée et du sud de la Bretagne, et connu sous le nom de bassin de la basse Loire, des dépôts se sont effectués pendant presque toute l’époque houillère; 2° ce bassin est partagé, dans une partie de son étendue, par des plissements siluriens, en cuvettes longitudinales et parallèles, et ces cuvettes ont été successivement le siège de dépôts houillers; 3“. ces dépôts sont d’autant plus étendus et d’autant plus puissants qu‘ils Sont plus anciens; 4' le premier dépôt s’est fait dans la cuvette centrale, pendant la seconde moitié de l’époque houillère inférieure ; le second, dans la cuvette nord, vers le milieu de l’époque houillère moyenne ; le troisième, dans la cuvette sud, probablement vers la fin de cette même époque; et enfin, le dernier, le lambeau de Doué, dans la partie sud-est du grand bassin, par-dessUs le terrain hoüiller inférieur déjà relevé et plissé, vers le milieu de l'époque houillère supérieure,

« Le bassin de la basse Loire est, croyons-nous, la seule région de la France qui présente à la fois les trois étages dü terrain hoüiller, »

76, — Note sur les plantes fossiles du dépôt hoüiller de la Rhune (Basses-Pyrénées).

(Bulletin de la Société géologique de France, 1866, î 1 série, t. XXIII, p. 846, pl. 14.)

M. Louis Lartet, pendant une des excursions faites par la Société géologique de France, lors de. sa session extraordinaire de 1866, découvrit à la Rhune (Basses-Pyrénées) une couche remplie de végétaux fossiles. Aidé de M, Tardy, il choisit rapidement quelques échantillons et, à son retour à Paris, communiqua cette petite collection à M. Bureau.

Voici la liste des espèces et des formes végétales non spécifiquement déterminables que celui-ci put reconnaître : Pecopteris Nestleriana Ad. Brongn., Pecopteris Lartetii h. sp., Dictyopteris neuropterotdes v. Gutbier, Annularia brevifolia Ad. Brongn., Asterophyllites, Calamites Cistii Ad. Brongn., Sigillaria , Noeggeralhia.

Il y a encore sur les échantillons plusieurs débris très incomplets indiquant qu'on trouvera à la Rhune d’aujres formes végétales que celles énumérées ci-dessus; mais, quels que puissent être les résultats des recherches futures, la liste précédente suffit pour démontrer d’une manière

incontestable la présence si controversée du terrain houiller dans les Pyrénées. Cette liste autorise même à aller plus loin dans les déductions et à fixer d’une manière plus précise l’époque du dépôt : l’absence ou la rareté relative des Lépidodendrées et des Sphenopteris, la présence des Sigillaria, Dictyopteris et Annularia, ainsi que de formes du genre Pecopteris étrangères aux couches carbonifères inférieures, sont des raisons qui doivent faire regarder les couches de la Rhune copune s'étant déposées vers le milieu ou vers la fin de la période houillèrp.

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