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Sur la fructification du genre Callipteris

M. Ernst Weiss était probablement jusqu’ici le seul paléontologiste qui eût observé des échantillons fructifères du genre Callipteris Ad. Brongn. ; il décrit et figure la fructification du C. conferta comme étant recouverte parle bord replié de la pinnule, à la.manière des Pteris; mais le genre Callipteris est spécial au terrain permien, et il était fort peu probable que des Fougères appartenant à l’ordre des Polypodiacées se trouvassent dans des dépôts aussi anciens. Un échantillon recueilli à Lodève, par M. Vallot, ' : présente bien un indusium continu avec le bord de la fronde et rabattu à plat sous la face inférieure de cette fronde, comme dans les Pteris; mais de petites protubérances séparées, bien que très rapprochées les unes des autres, font saillie sous cet indusium. La ressemblance de position et de forme avec les fructifications d 'Odontopteris décrites et figurées par M. Grand’Eury est telle, que la comparaison s’impose d’elle-même, et que l’affinité naturelle des deux genres ne parait pas pouvoir être méconnue. Le genre Callipteris doit. être rangé dans l’ordre des Marattiacées, non loin des Odontopteris. Ce fait particulier est une nouvelle confirmation de cette loi paléontologique, mise en lumière surtout par M. Ad. Brongniart : les affinités des êtres les plus anciens doivent être cherchées dans les groupes naturels actuellement en voie de décroissance ou d’extinction.

78. — Premières traces de la présence du terrain permien en Bretagne.

{Comptes rendus de VAcadémie dès Sciences, séance du 13 juillet 1885.)

Pendant un voyage du cours de géologie du Muséum, exécuté par M. Stanislas Meunier en 1883, quelques fragments de végétaux fossiles furent trouvés, sous les yeux de l’auteur, dans un escarpement bordant la

route départementale n° 15, de Nantes à Gandé, à 1 kilomètre au sud de Teillé (Loire-Inférieure). Ces empreintes étaient dans une couche de grès intercalée dans des bancs de poudingue. Elles furent remises à M. Bureau, qui y reconnut deux espèces : le Schizupteris Gümbeli Gœppert, Fougère exclusivement propre jusqu’ici à l’étage permien inférieur, et un Cordaites représenté par des fragments de feuilles et un Arti$ia ou moulage de la moelle.

Les couches où ont été trouvées ces empreintes occupent la partie supérieure des terrains anciens compris dans le bassin de la basse Loire.

L’auteur doit ajouter ici, qu’en septembre 1885, il a obtenu l’autorisation de faire tirer quelques coups de mine dans cet intéressant gisement, et a pu y recueillir ainsi de nombreuses empreintes végétales. Parmi ces empreintes se trouve un nouvel échantillon de Schizopteris Gümbeli, mais aussi une petite série de Fougères qui d’habitude n’accompagnent pas cette espèce et indiquent plutôt le terrain houiller. Le genre Cordaites est représenté par des feuilles très abondantes et des inflorescences assez rares. Ces matériaux seront décrits et figurés dans la flore fossile du bassin de la basse Loire.

79. — Note sur les plantes fossiles de la butte du Trocadéro,

(Bulletin de la Société botanique de France, 1866, t. XIII, p. 263.)

Les travaux entrepris à la butte du Trocadéro ont mis à découvert une couche géologique intéressante par l’abondance des fragments de végétaux fossiles qu’elle renferme. On y remarque des fruits appartenant à un genre voisin des Nipa et désigné sous le nom de Nipadites, de grandes feuilles simples se rapportant probablement à quelque plante du groupe des Potamées, un Pin à feuilles groupées par cinq, un Cinnamomum, un Nerium, diverses Protéacées, etc.; en tout tO à 12 espèces. Le niveau de cette couche a pu être exactement déterminé : elle est située à la base du calcaire grossier moyen. La flore fossile qu’elle représente offre, d’après M. le comte G. de Saporta, une grande analogie avec celle des gypses d’Aix en Provence.

80. — Études sur la flore fossile du calcaire grossier parisien.

fossiles du calcaire grossier parisien, dont six très insuffisamment connues, jusqu’ici et une tout à fait nouvelle. Le Fucoides Beaumontianus Pomel est rapporté par l’auteur au genre Nitophyllum. Le Flabellaria parisierisis Sternb. est étudié sur l’échantillon type et sur un autre mieux conservé découvert depuis. Le Flabellaria maximà Ung. est représenté, par des fragments de feuilles qui ont tous les caractères du genre Sabal, et qui pourraient bien avoir été portées par le tronc désigné par Ad. Brongniart sous le nom de Palmacites annulatus. L ’Yucca Roberti Bur. a une histoire singulière ; ce fossile avait été Nettement signalé comme appartenant au genre Yucca par le D r Eug. Robert, et. très exactement figuré par Decaisne cinquante-huit ans avant le présent mémoire ; il était resté cependant sans nom spécifique. Les échantillons types avaient disparu, et celte découverte était tombée dans l’oubli. M. Bureau en ayant reconnu un magnifique échantillon de plus d’un mètre de long dans une vitrine .du Musée pédagogique,

8 obtenu du Ministre de l’Instruction publique le transfert de cette pièce importante au Muséum d’Histoire naturelle,.en a fait une étude complété: et confirmé l’existence du genre Yucca à l’époque du calcaire grossier. Il montre dans le même .mémoire que le Nymphæa dvMa Watelet appartient au genre Nuphar, non encore signalé à l’état fossile; enfin, il décrit un Pandanus nouveau : P; lutetianus. C’est la première espèce de ce genre dont on constate la présence dans le terrain éocène.

81. — Sur. la présence d’une Araliacée et d’une Pontédériacée fossiles, dans le calcaire grossier parisien.

i Comptes rendus de l’Académie des Sciences, séance du 26 décembre 1892.) .

L’auteur étudie dans cette note deux plantes fossiles provenant des fouilles faites à la butte du Trocadéro. Elles appartiennent à deux familles non encore signalées dans la flore du calcaire grossier parisien.

L’une, représentée par un échantillon unique, est une foliole d’Araliacée. On reconnaît même, par la comparaison avec l’herbier, qu’elle appartient à la section Uacropanaæ du genre Aralia. Cette espèce reçoit le nom d 'Aralia (Macropanax) eocenica.

L’autre, dont on connaît de nombreuses feuilles, avait été attribuée successivement aux genres Potamogelon, de la famille des Potamées, et Ottelia, de la famille des Hydrocharidées. L’auteur fait ressortir les différences de nervation des feuilles fossiles avec celles des deux genres ci-dessus, et montre, au contraire, les rapports les plus frappants avec le

genre Monochoria, de la famille des Pontédériacèes. Il donne en conséquence à l'espècè le notil dê Monochoria parisiensis, et, grâce au nombre des empreintes, il peut en reconstituer le port êt lé mode de végétation. C'était une herbe aquatique ayant deux sortes de feuilles : les unes larges, dressées au-dessus de l’eau; les autres étroites et flottantes oü submergées.

82. — Sur les prétendues Fougères fossiles du calcaire grossier parisien.

{Comptes rendus de l’Académie des Sciences, séance du 24 juillet 1893.)

Les Fougères signalées par Watelèt, dans le calcaire grossier parisien, sous le nom de Tæniopteris, non seulement ne sont que des feuilles de Lauriers rosés, mais appartiennent toutes à une seule espèce : le Nériitm parisiense Sap. Les feuilles des Lauriers roses actuels tarient considérablement de taille et de forme. Il en était de même pour l’espèce éoCène. La forme lancéolée a été décrite par Watelet sous les noms de Tæniopteris Micheloti et de Podocarpus suessionensis ; la forme obfuSe, par le même auteur, sous le nom de Tæniopteris obtusa; la forme linéaire, par Ad.

. Brongniart, sous le nom de Phyllites linearis. Une quatrième forme, plus singulière, a été décrite et figurée par Watelet sous le nom dé Tæniopteris lobata; elle est présentée par des feuilles dont le limbe est élrànglé de distance en distance. M. Bureau a observé la même déformation sur les deux espèces vivantes : le Nerium Oleander L. et le N. odorum Ait. ; elle parait même plus fréquente Sur ce dernier, qui se rapproche plus du . fossile. Cette déformation est due à la piqûre d’une cochenille : VAspidiotus Nerii Bouch.; on est donc conduit indirectement à reconnaître la présence de ces Hémiptères parasites à l’époque éocène moyenne.

Par la suppression dés Tæniopteris de Watelet, ie groupe des Fougères disparait de la flore fossile du calcaire grossier parisien. Il y avait pourtant des Fougères à cètte époque : on en trouve dans les dépôts de l’éocène moyen d’Angleterre, qui sont des dépôts d’eau douce. .

83. — Études sur une plante fossile phanérogame (Cymodoceites parisiensis) de l'ordre des Naiadées, qui vivait dans les mers de l'époque éocène. '

{Comptes rendes de l’Académie des Sciences, séance du 25 janvier 1888.)

Il y avait jusqu’ici, en botanique fossile, peu de questions

brouillées que l’histoire des Nàïadées éocènes. Cela tenait, entre autres difficultés, à ce que la plupart des matériaux d’études étaient fournis par. le calcaire grossier parisien, dans lequel la conservation des fossiles végétaux laisse beaucoup à désirer, L’auteur a fouillé à trois reprises le gise-, ment d’Arthon (Loirè-lnférieure) et y a recueilli, dans un petit lit d’un calcaire argileux très fin, une série d’empreintes permettant de reconstituer dans tous ses organes de' végétation le type de Naïadée qui parait avoir été le plus répandu à l’époque éocène, le Caulinües parisiensis Ad. Brongn.

Les débris végétaux réunis à Arthon dans une même couche, et parfois en connexion les uns avec les autres, se rencontrent aussi dans lé calcaire grossier des-environs de Paris, mais isolés, de telle sorte qu’il était difficile de reconnaître leurs véritables relations, et qu’on les a pris en partie pour des Polypiers où pour des Algues.

La plante fossile reconstituée, comparée aux Naïadées vivantes, se rapproche.du Posidonia Caulini Kœn. de la Méditerranée, des Ilalophila de l’Océan Indien, mais surtout du Cymodocea ciliata Forsk. de la mer Rouge et de la mer des Indes; elle forme donc un genre particulier ayant, des analogies, par ses caractères de végétation, avec plusieurs genres , actuels. L’auteur propose pour ce genre le nom de Cymodoceiles. L’espèce unique reconnue jusqu’à présent s’appellerait Cymodoceiles parisiensis

La note se termine par une description détaillée, et par cette observation que le genre Cymodoceiles vient confirmer les affinités indiennes de la flore éocène, affinités déjà décelées par l 'OHelia, le Mpadites, le Neriùwi parisiense, etc, .

84. — Prémices de la flore éocène du Bois-Gouët (Loire-Inférieure)'.

(Bulletin de la Société géologique de France, 1881,3” série, t IX, p. 586,1 planche.) ' ' ;

La localité nommée le Bois-Gouët est située dans la commune deSaffr'é,. (Loire-Inférieure). M. G. Vasseur, dans.une fouille pratiquée en ce point, pour résoudre une question de stratigraphie, lors de ses recherches sur les terrains tertiaires de l’Ouest, a rencontré un banc d’une ■sortdj.de grès micacé grisâtre, à cassure terreuse, rempli de menus débris de végétaux. ; AU milieu de ces fragments se trouvaient-quelques feuilles bien. Conservées que l’auteur a étudiées, sur la demande de M. Vasseur. Il y a reconnu : deux Nerium : N. sarthacense Sap. et une espèce pour laquelle^ il a proposé le nom de N. Vasseuri; un Piteporare ne se distinguant par

aucune différence notable du P. Tobira, qui vit actuellement en Chine et au Japon ; et une feuille (Buphorliophyllum?) rappelant celles de certaines Euphorbes des Canaries de la section Pachycladœ.

L’une des feuilles de Nerium sarthacense porte un Champignon para- ' site, que M. Cornu a reconnu pour un Æcidium. Ce genre n’a pas encore été rencontré à l’état fossile et ne se trouve pas sur les Nerium vivants.’ L’auteur n’a pu rapporter Y Æcidium du Bois-Gouët à aucune des espèces' actuelles, et le décrit sous le nom d Æcidium Nerii.

Cette petite flore, contemporaine de celle du calcaire grossier supérieur de Paris, ne lui est cependant pas identique. Elle semble avoir un caractère spécial, comme la flore occidentale actuelle. :

85. — Additions à la flore éocène du Bois-Gouët (Loire-Inférieure).

(En collaboration avec M. N. Patouillard.)

(Bulletin de la Sociélé de» Sciences naturelles de l’Ouest de la France, t. III, 1893, p. 261,

L’examen d’une collection recueillie par M. Davy, ingénieur à Chàteaubriant, a amené M. Bureau à reprendre l’étude de la flore du Bois-Gouët. Il donne de nouveau, avec leurs diagnoses, les espèces trouvées par M. Vasseur, et intercale dans cette énumération deux espèces nouvelles pour la science, dues aux recherches de M. Davy. L’une est une Bambusée : Bambusites occidéntalis, représentée par une gaine de feuille; l’autre un Champignon parasite ; Dothideites Nerii, que décrit M. Patouillard. Les différences se maintiennent entre la flore du Bois-Gouët et celle du calcaire grossier parisien. Les conditions. géographiques, peut-être même les conditions climatériques, étaient différentes dans les deux régions.

(Comptes

roche d’ôriginê végétale. (En collaboration avec M. J. Poisson.)

A son retour de Plie Saint-Paul et pendant une de ses explorations botaniques dans les parties élevées de l'ile de la Réunion, M. de l’isle voyageur naturaliste attaché à l’expédition pour le passage de Vénus, apprit par des gardes forestiers l’existence de deux cavernes dont le sol était corn-

bustible. Il se fit conduire à la moins éloignée, située dans la plaine des Palmistes, à la base du Piton des roches, à 1200 mètres d’altitude. Tout le sol de cette grotte est, en effet, formé sur plus d’un mètre d’épaisseur par une ibstance d’une teinte d’ocre jaune, très légère, se réduisant facilement en poussière par la pression et brûlant, lorsqu’elle est sèche, avec une flamme très courte. Cette substance, vue au microscope, est composée

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