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B. — RECHERCHES SYNTHÉTIQUES SUR LA SÉRIE URIQUE

classique de Liebig et Wôhler, et les belles recbercbes de M. Bæyer qui les avait rattachés à la série des uréides. Mais la synthèse d’aucun de ces corps n’avait été réalisée, sauf celle de l’éther éthylique de l’acide oxalurique due à M. Henry. De plus, on ne connaissait aucun corps comparable à céux que fournit le dédoublement de l’acide urique, et dont l’ensemble constituait un groupe isolé dans la chimie. Dans les recherches qui m’ont occupé sans relâche pendant cinq années, je me suis proposé non seulement de reproduire par synthèse tous les dérivés décrits par Lichig et Wôhler, mais encore d’obtenir des composés analogues à ces dérivés et de faire voir ainsi que les dérivés uriques n’ont rien de spécial, mais appartiennent au groupe des uréides à radicaux d’acides polyatomiques. J’ai réussi à réaliser ce programme.

Tout d’abord, il y avait lieu de s’adresser, pour les essais de synthèse, aux dérivés uriques les moins complexes, comme l’oxalyluréc (acide parabanique). J’ai d’abord essayé l’action de l’acide cyanique sur i’oxaméthane, pour réaliser une transformation analogue à celle du cyanate d’ammonium en urée; mais on n’obtient ainsi qu’un isomère ressemblant beaucoup à l’éther oxalurique, mais en différant par son dédoublement, et qui constitue le cyanurate d’oxaméthane.

Cette expérience prouve que Tacide cyanique agit autrement sur les amides que sur les amines véritables et qu’il n’y a pas moyen d’arriver par cette voie à la production d’urées composées renfermant des radicaux acides.

Le premier pas dans la voie de la synthèse a été fait par la transformation de l’acide oxalurique on oxalylurée, sous l’influence de l’oxychlorure de phosphore; la constitution de Tacide oxalurique étant connue, on en a déduit celle de Toxalylurée, restée douteuse jusque-là.

Pour arriver à la synthèse totale de tous les dérivés uriques, j’ai d’abord essayé de produire des composés analogues aux dérivés uriques et renfermant, comme les principaux de ceux-ci (alloxane, acide dialurique, etc.), des noyaux d’acides à trois atomes de carbone. Je me suis adressé à Tacide pyruvique CH“-CO-CO“H, dont l’action sur Turée a été étudiée dans des conditions variées. Il se forme un grand nombre de dérivés dont les réactions et les transformations réciproques ont été établies. I,e plus important est la diuréide pym-

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vique C'H’Az*0% qui se forme par union des constituants avec élimination de deux molécules d’eau. Avec parties égales d’urée et d’acide pyruvique, il se forme la iriuréide dipyruvique C"H'’‘Az“0=.

La diuréide pyruvique est un véritable homologue de l’allantoïne par ses propriétés et sa transformation sous l’influence des alcalis. Traitée par Tacide chlorhydrique étendu, elle se double avec perte d’urée pour donner la triuréide dipyruvique. Avec l’acide chlorhydrique concentré, elle se convertit en mono-uréidepyrurique C‘H‘Az“OL et avec l’acide azotique elle fournit le dérivé nitré de cette uréide, C*H’(AzO“)Az-0“.

Ces réactions, analogues à celles de l’allantoïne, font voir que les uréides pyruviques sont comparables aux dérivés de l’acide urique; elles constituent les premiers corps de ce genre qu’on ait obtenus artificiellement.

Les uréides pyruviques présentent encore cet intérêt qu’on peut les rattacher à la série urique en les transformant en un terme commun avec cette série, l’acide parabanique, en soumettant la mono-uréide pyruvique nitrée C‘H“(AzO“)Az'0® à l’action du brome et de l’eau. Elle se dédouble alors en bromopicrine et acide parabanique ou oxalylurée, dont la synthèse se trouve réalisée au moyen de l’acide pyruvique et de l’urée.

11 se forme, en outre, par un excès d’acide pyruvique sur l’urée, des corps amorphes constituant des uréides pyruviques à poids moléculaires élevés et possédant les propriétés des corps colloïdaux.

Les uréides pyruviques sont comparables aux dérivés uriques proprement dits et ont permis de réaliser une synthèse totale de l’oxalylurée; mais les termes les plus importants de la série urique proprement dite sont ceux qui renferment, comme l’alloxane, des résidus d’acides à trois atonies de carbone. Pour en réaliser la synthèse, j’ai pensé à préparer les uréides de l’acide malique, espérant obtenir une uréide malique C'’H''Az“0‘ que l’oxydation convertirait en alloxane ou malonylurée, de même que l’acide malique se transforme, par oxydation, en acide malonique. En faisant réagir l’asparagine sur l’urée, on obtient, en effet, une amide malyluréique C’H'Az’O* qui, par l’action de l’acide chlorhydrique, se convertit en acide malyluréique C‘H'‘Az‘0\ Ces deux corps, bien cristallisés, sont de véritables uréides d’acides polyatomiques comparables aux dérivés uriques proprement dits.

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L’action des oxydants n’a pas permis de les transformer en alloxane, mais, chauffés avec le brome, l’acide malyluréique donne, suivant les conditions de l’expérience, cinq dérivés bromés différents, dont deux possèdent des propriétés très remarquables qui rattachent les uréides maliques aux dérivés uriques.

En effet, ces dérivés bromés, chauffés doucement avec de l’eau de baryte, donnent un sel de baryum violet, qui possède les propriétés du dialurate de baryum; ce sel, chauffé avec quelques gouttes d’acide azotique, fournit une solution pourpre, qui présente tous les caractères des solutions de murexide. L’ammoniaque, agissant sur ces dérivés, donne également des solutions pourpres.

Un examen attentif des corps obtenus avec l’eau de baryte ou l’ammoniaque m a montré qu’ils sont identiques avec les iso-alloxanates décrits par M. Hardy et obtenus au moyen de l’alloxanc. Par ce terme commun, les uréides dérivées de l’acide urique et les uréides de l’acide nialique sont reliées entre elles, mais il n’a pas été possjble de remonter des iso-alloxanates à l’alloxane.

J’ai enfin réussi à réaliser la synthèse de tous les dérivés uriques en prenant l’acide malonique eomme point de départ, et en cherchant à préparer d’abord la malonylurée; l’alloxane, l’alloxantine, la malonylurée peuvent, en effet, se convertir l’une dans l’autre et fournir, par des transformations résulieres. tous les dérivés de la série alloxa-

Un mélange d’acide malonique et d’urée, chauffé seul à laS”, donne une faible quantité d’un produit qui se colore en pourpre par l’action successive de l’acide azotique et de l’ammoniaque, mais la réaction est limitée, la plus grande partie de l’acide malonique se décomposant sans réagir. En employant l’oxychlorure de phosphore comme déshydratant et le chauffant avec un mélange d’urée et d’acide malonique, on obtient une masse jaune, qui, dissoute dans l’acide azotique, puis traitée par l’hydrogène sulfuré, dépose lentement des cristaux d’alloxantine, qu’on a pu convertir en alloxane et en murexide.

La réaction est plus nette quand on chauffe lentement à loo" le mélange d’oxychlorure de phosphore, d’acide malonique et d’urée; on peut isoler le produit de la réaction, qui n’est autre que la malonylurée; les solutions jaunes qui se forment en même temps et qui se

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