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D. - RECHERCHES SUR LES ALCALOÏDES

Les alcaloïdes naturels forment une série de corps dont la constitution est encore peu connue, et qui sont, depuis quelques années, l’objet

RECHERCHES SUR LES ALCiLOÏDES. 21

de nombreuses recherches. J’ai voulu apporter quelques données à la connaissance de ces corps, en décrivant les relations de la morphine et de la codéine.

En examinant les propriétés de la morphine, sa solubilité dans les alcalis, son action sur le perchlorure de fer, son pouvoir réducteur, j’ai été amené à penser qu’elle renferme un oxhydrile phénolique. Comme la codéine est l’homologue de la morphine et cependant ne présente aucun caractère phénolique, il m’a semblé qu’elle pouvait représenter un éther méthylique de la morphine, considérée comme phénol. Il y avait donc lieu de tenter la transformation de la morphine on codéine par les procédés qui permettent d’obtenir les éthers de phénols. En effet, en dissolvant la morphine dans la soude alcoolique et la chauffant avec de l’iodure de méthyle, on constate la production de

L’identité de la codéine artificielle et de la codéine naturelle a été mise hors de doute par l’analyse, la solubilité, le point de fusion, la détermination de la forme cristalline due à M. Friedel, la détermination du pouvoir rotatoire.

La morphine est donc un composé phénolique, dont la codéine est l’éther méthylique : ces relations sont représentées par les formules

C"H“AzO«(OH), C”H'‘AzO‘(OCH>).

Ce travail est devenu le point de départ de la préparation industrielle de la codéine, que l’on obtient par un procédé analogue en remplaçant l’iodure de méthyle par le chlorure de méthyle.

I.a morphine devant être considérée comme un phénol, on comprend qu’on peut obtenir un nombre considérable de bases nouvelles, analogues à la codéine, en remplaçant l’hydrogène phénolique par d’autres radicaux alcooliques. C’est ainsi que j’ai obtenu l’éther éthylique Oücodéthylme C"H'*AzO“(OC’‘H'>), fusible à 83», l’éthylène-dimorphine fC'’H“Ay.O% toutes deux bien cristallisées, la propyl-

morphine, l’amylmorphine, etc.

De plus, la morphine et ses éthers appartenant à la série aromatique, j’ai essayé l’action des aldéhydes en présence d’acide sulfurique. Dans ces conditions, avec l’aldéhyde ordinaire, le méthylal, l’essence

d’amandes amères, on observe des colorations spéciales et il se forme des bases nouvelles d’un poids moléculaire élevé.

L’étude de l’iodométhylate de codéine m’a amené à la découverte d’une nouvelle série de bases, renfermant un groupement alcoolique dans le noyau de la morphine. Quand on traite cet iodométhylàte par l’hydrate d’argent, il fournit un hydrate d’ammonium quaternaire, qui, par simple évaporation, perd les éléments de l’eau et donne une nouvelle hase, la méthocodéine ou codéine méthylée

C‘’H”(CH«)AzO*,OCH»,

qui cristallise très bien.

De même, la codéthyline, dans les mêmes condilic hase cristallisée

C‘’H”(CH‘)AzOSOC’H*.

s, fournit une

Les bases de cette famille sont caractérisées par l’action de l’acide sulfurique qui les colore, après addition de quelques gouttes d’eau, en violet pensée intense.

Cette réaction, qui est générale, présente un grand intérêt; M. von Gerichten, en l’appliquant à la méthocodéine elle-même, a obtenu de la propylamine et un dérivé du phénanthrène, ce qui rattache la morphine au phénanthrène.

M. Bochefontaine a étudié les propriétés physiologiques des deux isomères, la méthocodéine C”H”(CH’')Az’’0’, CH*, et la codéthyline C”H'*Az*0’, C*H* ; il a reconnu que la première est vomitive et narcotique et se rapproche de la morphine, tandis que la codéthyline est convulsivante.

L’ensemble des recherches sur la morphine a donc permis d’établir ses relations avec la codéine, de réaliser la synthèse de celle-ci et d’obtenir un nombre considérable de bases rattachées à la morphine.

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