Sur la classification des Sarcoptides plumicoles
(Bull. Soc. Enumol. de France, 1897, p. 419.)
De nouvelles recherches et particulièrement la connaissance des Sarcoptides qui vivent dans le tuyau des plumes, me portent à modifier la classification proposée en 1883 (Voyez 56).
Je forme un petit groupe à part de ces Sarcoptides sous le nom de Syriiigobiés, et j’y place les genres Thecarthra (détaché de Pteroliclms), Neumannia, Syringobia, Dermoglyphus (dont Paralges devient synonyme), et Sphœrogastra. Ces Syringobiés, dont j’indique les caractères distinctifs (et qui correspondent aux Dermoglypheœ de Canes- TniNi, 1899), forment une série parallèle aux Ptérolichés qui vivent en dehors des plumes ou ne se rencontrent qu’accidentelllement dans le tuyau. Le genre Cheylabis est supprimé et rentre dans le grand genre PteroUchus.
58. — Sur les Acariens qui vivent dans le tuyau des plumes des Oiseaux.
(C.-iï. Académie des Sciences de Paris, XCIX, 1884, p. 1130.)
Je montre combien est fréquente la présence de Sarcoptides dans le tuyau des plumes, surtout à l’époque qui précède la mue de l’Oiseau. Les Acariens pénètrent par l’ombilic supérieur, et c’est après une station plus ou moins longue dans le tuyau, qu’ils s’introduisent sous la peau, où on les trouve souvent sous forme de nymphes hypopiales : c’est par l’ombilic inférieur que se fait cette dernière migration.
Outre les Sarcoptides plumicoles, il est une autre espèce d’Acariens, qui est très commune dans le tuyau des plumes, chez un très grand nombre d’Oiseaux. C’est le Syringophilus bipectinatus, Cheylétien dégradé par le parasitisme et sur lequel je reviens dans d’autres notes signalées ultérieurement (Voyez 59).
Le SyringoUa chclopxis, dont il est question dans le mémoire précédent, est dévoré dans le tuyau des plumes par un Acarien carnassier, le Cheyktus Norneri qui s'y introduit b. sa suite. Pour lui échapper, surtout pendant les mues et métamorphoses où les Syringobies restent
inertes, incapables de tout mouvement, ceux-ci se cachent dans les peaux de mues abandonnées par d’autres individus de leurespècedans le même tuyau. L’extrémité postérieure du corps seule dépasse, mais elle est défendue par des glandes volumineuses jouant le rôle de foramina repugnatoria, et sécrétant un liquide odorant au moindre attouchement.
62. — Les Sarooptides plumicoles ou Analgésinés I. Les Ptérolichés. — En collaboration avec M. Mécxin.
Ce mémoire est une monographie du groupe des Ptérolichés, le plus important peut-être des Sarcoptides plumicoles. Les genres Freyana, PleroUchus, Falciger, Bdellorhynchus, Paralges et Xoloptes, avec leurs sous-genres, sont caractérisés avec soin. Ces Sarcoptides vivent sur les ailes des Oiseaux de grande taille (Rapaces. Echassiers, Gallinacés, Palmipèdes, Perroquets et Passereaux des deux groupes des Grimpeurs et des Syndactyles). La synonymie de toutes les espèces est donnée et les espèces nouvelles, qui sont en majorité, sont décrites et souvent figurées. Le nombre de ces espèces nouvelles dépasse 90, celui des espèces précédemment connues étant de 60 environ. Les espèces nouvelles appartenant à la faune européenne ont toutes été figurées, d’après mes préparations, par M. le Prof. A. Berlese, dans son bel ouvrage : Acari, Myriopodi Scorpionesque Ilaliani.
63. — Note sur la Classification des Analgésiens (Analgésinæ) et diagnoses d’espèces nouvelles (Analgésés et Proctophyllodés).
(BtlII. Soc. d-Etudes Scientifiques d’Angers, iSSS.)
Ce mémoire est une suite abrégée du précédent, en ce sens qu’il renferme la description des espèces nouvelles de ma collection appartenant aux deux autres groupes de la sous-famille (Analgésés et Proctophyllodés).
Les Analgésés vivent sur des Oiseaux de tous les ordres, mais sur la partie antérieure du corps (tête, cou, épaules, poignet de l’aile) et non dans les rémiges, comme les représentants des deux autres groupes. Les genres Pteronyssus, Megninia, Analges, Analloptes et Xolalgesm font partie.
Les Proclopliyllodés remplacent les Pterolichés sur les petits Passereaux, et vivent comme eux sur les plumes des ailes. Tels sont les genres Alloples, Allanalges, Pierocolus, Pterodectes, Proctophyllodes et Pterophagus. — Les Dermoglypliês forment un groupe à part qui sera étudié plus complètement dans un travail ultérieur.
Le nombre des espèces nouvelles décrites dans chacun de ces groupes est considérable.
64. — Monographie du genre Freyana et description des espèces nouvelles du Musée d’Angers. — En collaboration avec M. Mégxin.
(le Naturaliste, 1884, avec 6 fig. ; — Bail. Soc. Eludes Scient, dlAngers, 18æ, avcc,6flg.)
Le genre Freyana est remarquable parle polymorphisme des mâles, tandis que les femelles présentent une organisation beaucoup plus uniforme. Les sous-genres Halleria, Microspalax, Michaelichus, sont fondés précisément sur le dimorphisme sexuel des mâles, très différents de leurs femelles, tandis que, dans Freyana proprement dit, les différences se bornent à quelques détails dans la forme des poils. Ces Sarcoptides vivent sur les Palmipèdes et les Echassiers du groupe des Ibis, des Spatules et des Flamands. Ils sont généralement vivipares. Les mâles de plusieurs espèces sont de grande taille relativement aux autres Sarcoptides : Freyana capul-medusœ et Freyana gigas sont
65. — Les Acariens parasites des Calaos -.ïOttstaleiia pegasus.
{La Nature, 13 Juin 1885, 2" Sem., p. 24,1 Hg.)
Je donne ta description et la figure d’une grande espèce de Sarcoptide plumicole pour laquelle je crée, dans le genre Plerolichus, un sous-genre â part sous le nom à’Oustaktia pegasus. Le mâle est surtout remarquable par un luxe inusité de poils dilatés en forme de feuilles transparentes comme du verre ou du mica. Deux de ces feuilles insérées sur les flancs, figurent des ailes. Ces poils dilatés sont des organes de tact chez ces animaux aveugles.
66. — Diagnoses d’espèces nouvelles de Sarooptides Plumicoles (Analgesinæj, et notes sur les Sarooptides du tuyau des plumes.
Je décris les espèces nouvelles que j’ai découvertes depuis mes premiers mémoires (N”* 62 et 63). En même temps, je donne de nouveaux renseignements sur le séjour de ces Sarooptides dans le tuyau des plumes (V. 58, 59), sur le,polymorphisme des mâles, et je définis les termes de mâle hétéromorphe et de mâle homéomorphe. Je montre que la première forme (mâle hétéromorphe) doit seule être considérée comme le type spécifique. Les espèces nouvelles décrites, au nombre de 60, appartiennent aux genres Freyana, Pterolichus, Pseudalloptes, Bdellorhynchus, Paralges, Pleronyssns, Megninia, Analges, Protalpes,iVealpes(genrenouveau), Analloptes, Xolalges, Allanalges, Alloptes, Pterocolus, Pterodecies, Proctophyllodes, Dermoglyphus. Je montre que la caractéristique de ce dernier genre doit être modifiée d’après le mâle hétéromorphe, M. Mégnin n’ayant connu que le mâle homéomorphe, lorsqu’il a créé ce genre en 1877.
67. — Diagnoses d’espèces nouvelles de Sarooptides Plumicoles (Analgesinæ) ; 2" Note. — En collaboration avec M. le Prof. G. Neomann.
1888, avec.epl. englyptographie.)
Dans ce mémoire, qui fait suite aux précédents, nous donnons la description et la figure de 50 espèces nouvelles de Sarcoptides plumicoles découvertes de 1886 à 1889. Les genres ou sous-genres Syringobia, Neumannia, Amsicudion, Mesalges sont nouveaux. Les planches, dessinées par M. Neumann, sont reproduites par la glyptographie et représentent un grand nombre d’espèces. En outre deux planches, également en glyptographie, sont la reproouclion directe de photographies microscopiques représentant les deux principales variétés do Freyam caput-medusæ. Dans l’introduction, nous donnons une liste systématique des familles ornithologiques dont les Sarcoptides plumicoles sont connus et une liste des espèces européennes de ce groupe, toutes figurées par M. le Prof. Berlese dans ses Acari, etc. italiani. — Nous terminons par quelques indications sur la manière de faire de bonnes photographies des Sarcoptides.
Ce nouveau genre diffère surtout de FalcuUfer par ses palpes qui ont leurs articles soudés et sont transformés chez le mâle hétéromorphe en véritables cornes, tandis que les femelles et les mâles homéomorphes ont des palpes normaux. Le type (Cheiloceras laurus) vit sur les Pigeons australiens et polynésiens du genre Carpophaga. Une seconde espèce (Cheiloceras cervus) a les palpes bifurqués comme un bois de Cerf et vit sur Calœms nicobarica de la Nouvelle-Guinée. — J'attribue ce caractère sexuel secondaire à la migration dans le tuyau des plumes, ces mâles hétéromorphes se servant de leurs chélicères (dans FalcuUfer), de leurs palpes cornus (dans Cheiloceras), pour déblayer l’orandic supérieur et pénétrer ainsi dans le tuyau, suivis parles femelles et les jeunes de leur espèce.