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CHAPITRE I

Les difficultés que présentaient, dans les minéraux et les roches, la production et la mesure des courbes isothermes, ont longtemps empêché d’accorder aux phénomènes de conductibilité calorifique l’importance qu’ils ont : i° pour la détermination pratique des espèces minérales; a 0 pour l’étude théorique des propriétés physiques des corps cristallisés.

J’ai cherché à réaliser ce double but en perfectionnant les procédés destinés à fournir une source de chaleur et en imaginant un appareil permettant d’exécuter sur tous les corps, quel que soit le système auquel ils appartiennent, une mesure précise des conductibilités rela-

On connaît le procédé de Senarmont, qui consistait à percer d’un trou les plaques soumises à l’étude et, après les avoir enduites de cire, à faire passer par le trou une tige dont on chauffait une extrémité. La chaleur détermine la fusion de la matière grasse, et celle-ci, après son refroidissement, dessine des bourrelets qui ont la forme d’ellipses ou de cercles qu’on peut appeler isothermes, puisque tous leurs points sont à la même température.

Mais percer les plaques nécessite des précautions très nombreuses et délicates; il est nécessaire, en effet, que le trou soit rigoureusement normal aux deux faces de là plaque. De plus, le procédé est inapplicable à des échantillons peu volumineux ou fragiles.

Aussi, Senarmont n’a-t-il pu examiner que quelques minéraux. Ce petit nombre d’espèces lui a suffi pour établir ce fait fondamental que la chaleur se conforme, comme la lumière, à la symétrie générale d’un cristal, c’est-à-dire qu’il y a coïncidence entre les lignes de symétrie cristalline et les directions des lignes principales de conductibilité;

Mais, parmi les corps qu’il a examinés, étaient le calcaire et le feldspath, qui ont des propriétés très particulières, de sorte que le célèbre minéralogiste a regardé comme fortuit un ensemble de relations entre la conductibilité et les clivages, relations qui, au contraire, constituent de véritables lois, Sur plus de cent vingt espèces que j’ai examinées, je n’ai pas rencontré dix exceptions, dont la plupart peuvent déjà recevoir une explication plausible.

Les plus importantes de ces lois sont les suivantes ;

\° Lorsqu un cristal possède un plan de clivage et un seul, c’est sur ce plan qu’est la direction de conductibilité maxima.

Cet énoncé montre qu’on ne peut pas prévoir la direction de la conductibilité maxima; on peut, au contraire, indiquer à l’avance la direction de la conductibilité minima :

« La direction de conductibilité minima est normale au plan unique de clivage. »

2° Lorsqu’un cristal possède plusieurs plans de clivage, si l’on détermine la résultante de ces clivages, d’une façon analogue à celle qu’on emploie pour composer des forces, la résultante des clivages est celle de conductibilité maxima.

Mais que se passe-t-il dans les substances qui ne présentent pas de clivages? On peut remarquer d'abord que c’est là un cas très rare pour les minéraux; dans presque tous on a, depuis longtemps, reconnu des clivages. Ainsi, dans les systèmes quadratique et hexagonaux ou j'ai examiné tous les minéraux dont les dimensions étaient suffisantes (une dizaine seulement ne s’est pas prêtée à l’essai), sur soixante et

sition où la courbe examinée est vue avec la plus grande netteté; il est, en effet, difficile d’apercevoir les courbes en les regardant normalement, tandis qu’on discerne très bien leurs contours en se plaçant sous une incidence oblique.

Les axes ainsi déterminés et mesurés, il faut encore fixer leur position sur la plaque, c’est-à-dire connaître l’angle qu’ils font avec des lignes remarquables de la plaque prises comme points de repère (le plus souvent des arêtes). Il suffit d’amener devant le fil horizontal du réticule successivement l’axe de la courbe et la ligne de repère et de mesurer l’angle dont il a fallu faire tourner le cercle divisé A; et de la sorte on n’a pas besoin de centrer la plaque.

Si la courbe, au lieu d’être elliptique est circulaire, la direction de

la ligne d’intersection II' demeure toujours la même ( fig. 4 ). C’est là ce qui permet de reconnaître l’ellipticité, même dans le cas où elle est très faible.

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