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II. — STRATIGRAPHIE

1. Note préliminaire sur les dépôts jurassiques du Nord de l’Alsace. Bull.

Soc. Géol. Fr., 3e sér., t. XIV, p. 47-63. Paris, 1886.

2. Die geologischen Verhâllnisse der Neocomabiagerungen der Puezalpe bei

Corvara in Südtirol. Jahrb. d. k. k. geol. Reichsanst., t. XXXVII, p. 245- 280. Vienne, 1887.

3. Sur la géologie des chaînes subalpines comprises entre Gap et Digne. C. R.

Ac.Sc.,iS mars 1889.

4. Lias, bajocien et bathonien dans les chaînes subalpines entre Digne et Gap.

avril 1889.

5. Observations à la suite de deux notes de M. Toucas. Bull. Soc. Géol. Fr.,

3e sér., t. XVIII, p. 374 et 63o. Paris, 1890.

6. Les chaînes subalpines entre Gap et Digne. Contribution à Phistoire géolo¬

gique des Alpes françaises. Bull. Serc. Carte géol. Fr., t. V, n» 21, 197 p,.,

4 pl. Thèse de doctorat. Paris, 1891.

7. Sur l’étage aalénien. C. R. séances Soc. Géol. Fr., p. glxxiv-glxxvi,

5 déc. 1892.

8. Le Permien de Saint-Girons (Ariège). C. R. somm. séances Congr. géol.

intern. Zurich, 3o août 1894.

9. Portlandien, Tithonique et Volgien. Bull. Soc. Géol. Fr., 3® sér., t. XXVI,

p. 197-228. Paris, 1898.

10. Sur le Cénomanien de Diego-Suarez (Madagascar). Ibid., 3® sér., t. XXVÏI,

p. 396-397. Paris, 1899.

11. Les géosynclinaux et les aires continentales, contribution à l’ctude des

transgressions et des régressions marines. Ibid., 3« sér., t. XXVÏII, p. 617- 711. Paris, 1900.

12. Sur l’âge des couches à Nummulites contortus et Cerithium Bifàtoli.Ibîd.,

4e sér., t. II, p. 483-498. Paris, 1902.

points différents dans la Hamada qui s’étend au S.W. de Beni^Abbès.

L’Extrême-Sud Oranais peut être dès à présent considéré comme la région du monde où les niveaux les plus élevés du Dévonien ont fourni les plus riches séries de fossiles.

Système carbonifère

marins en zones caractérisées chacune par une ou plusieurs espèces d’Aminonoïdés a été appliquée d'abord au système jurassique par Oppel. Plus tard une classification basée sur le même principe fut proposée par E. von Mojsisovics pour le Trias, par Kilian et de Grossouvre pour le Crétacé, par Frech pour le Dévonien. J’ai pensé que, puisque les Ammonoïdés ne

Ayant recueilli de nombreuses empreintes végétales, lors d’une première visite à la « mine de charbon », .en 1888, j’ai pu conûrmer cette assim> lation (II, 3). Mes déterminations assignent au gisement un âge carbonifère supéiieur; le Houiller de Barles occupe le même niveau que celui de la Mure (Isère), situé comme lui dans la « première zone alpine » de Ch. Lory.

Plus tard (III), la construction d’une route m’a permis de constater avec certitude une légère discordance angulaire entre le Houiller et le Trias

Système permien

plusieurs localités où elle n’était pas soupçonnée (les Touisses, Rochebrune, Saint-Etienne-d’Avançon, Entrais, etc.) et dans des conditions tectoniques insolites sur lesquelles je reviendrai plus loin. Le faciès est celui des Quartzites, si bien développé dans le Briançonnais. J’ai également reconnu de nombreux affleurements du Muschelkalk. Leur principal intérêt réside dans le fait que les calcaires ont, en beaucoup d’endroits, été ultérieurement transformés en gypse par un phénomène dont M. Marcel Bertrand a fourni une intéressante interprétation. J’ai donné de nombreux exemples de .cette transformation (le Laus, Remollon, Turriers, etc.).

Les gypses triasiques et les cargneules qui les accompagnent presque toujours

telle que l’on pourrait croire qu’ils sont normalement intercalés dans les terrains jurassiques. J’étais tout d’abord, comme mes prédécesseurs, tombé dans cette eiTcur (11,6), mais n’ai pas^tardé à la rectifier moi-même (III, Sy).

par des argilolitbes rouges et vertes, localement transformées en ardoises par les pressions qu’elles ont subies lors des mouvements orogéniques. Elles avaient été signalées par Garnier à Barles, mais placées par cet auteur

Classification du Trias.— La classification du Trias adonné lieu, il y a un certain nombre d’années, à de très vives polémiques, dont j’ai fait connaître les phases au public français, sans me préoccuper bien entendu de ce qu’elles avaient de personnel (V, 5; V, 6). Je ne me suis pas contenté d’exposer les faits d’une manière objective, j’ai pris résolument parti pour les auteurs que préoccupait le problème du parallélisme entre les diverses subdivisions du Trias alpin et celles du Trias germanique. J’étais convaincu que les documents paléontologiques sont suflisants pour permettre de suivre d’une province à l’autre certains horizons, qui fournissent des repères

que chacun d’eux renferme des genres et des espèces propres. L’horizon supérieur, connu sous le nom de « couches à Trigonia naçis », ne m’a pas

complète qui ait été donnée de sa faune.

Je n’ai apporté que peu de renseignements nouveaux sur la zone à Harpoceras Murchisonœ, qui fait suite à la précédente et par laquelle les géologues français font d’ordinaire débuter le Bajocien. Par contre, j'ai été le premier à faire connaître en Alsace la zone suivante, à Harpoceras concavum, dont j'ai découvert un gisement assez riche, renfermant notamment les espèces suivantes : Belemniks ellipticus. Bel. Mœschi, Bel. insoulptas, Harpoceras cornu, Grj'phœa calceola, etc.. C’est un niveau dont je devais plus tard signaler l’existence dans diverses régions de l’Europe, où sa présence avait passé inaperçue.

La zone à Harpoceras concamm est surmontée, dans le Nord de l’Alsace, par des calcaires bleus, qui ont fourni plusieurs espèces de Sonniuia et de Witchellia non décrites. Puis viennent des calcaires bruns oolithiques, dont j'ai également étudié la faune et qui représentent les zones supérieures du Bajocien,

Jurassique des Basses et Hautes-Alpes. — Lorsque, sur les conseils de mon collaborateur et ami M. Küian, j’abordai en ,1888 l’étude des

doctorat (II, 6), les terrains jurassiques des environs immédiats de Digne étaient seuls connus, grâce aux beaux travaux de Garnier et de M. Charles Vélain. Il importait donc d'étendre au nord les observations de ces auteurs ; d’autre part, l’étude paléontologique détaillée du Bajocien et du Bathonien de la région promettait de donner des résultats intéressants.

La réalisation de la première partie de ma tâche rencontrait de singulières difficultés, par suite de l’extraordinaire uniformité des faciès et surtout

conservation. J’ai pu cependant signaler, en particulier dans les environs de Gap, la présence d’un certain nombre d’horizons fossilifères précédemment

dans une assez large mesure, l’étendue de nos connaissances sur les faunes alpines, en particulier sur celles du Jurassique inféiieur et moyen. Je citerai notamment, parmi ces gisements (i), celui de la zone à Pkylloceras ibex de Saint-Firmin-en-Valgodemar, indiqué pour la première fois dans les Alpes françaises; ceux de la zone à Deroceras Davœi, du Rousset et de la

Beaumont, près Digne. J’ai publié

connues à Ammonites ferrugineuses de une révision détaillée de sa faune.

La zone supérieure du Bajocien et la zone inférieure du Bathonien avaient souvent été confondues, j’ai réussi à faire le départ de leurs faunes et à montrer quelles n’ont en commun qu’un petit nombre d’espèces.

Dans tous ces niveaux les Phylloceras sont particulièrement abondants, par suite de la profondeur relativement considérable à laquelle se sont

effectués les dépôts. Je me suis efforcé d’en bien fixer les différentes espèces, en suivant les modifications qu’elles présentent au cours de leur évolution individuelle, de manière à permettre la détermination d’exemplaires de toute taille, car souvent on avait éprouvé des difficultés à identifier les petits moules internes ferrugineux et les grands écliantillons calcaires d’une môme espèce.

Zones DE l’Aalénien ET DU Bajocien. — Mes études sur la succession des faunes à Céphalopodes de l’Alsace et des Alpes françaises devaient forcément me conduire à appliquer les résultats obtenus à d’autres régions de l’Europe occidentale. En comparant entre elles les successions observées par moi dans les pays que j’avais plus spécialement étudiés et celles que d’autres auteurs avaient établies en Souabe (Quenstedt), en Angleterre (Buckman), en Normandie (Munier-Chalmas), j’ai été amené à modifier, sur certains points, la classification des couches terminales du Lias et celle du Bajocien (li 6; II, 7). J’ai pu m’assurer que plusieurs niveaux, loin

est complète. Mes études paléontologiques sur les genres Harpoceras, Dumortieria, Sonninia, etc. me permettaient de donner à certains parallélismes toute la précision nécessaire en pareil cas et, de plus, j’ai pu fixer très exactement la répartition verticale des genres et des espèces d’Ammonites dans la série des terrains s’étendant du Lias moyen au Bathonien. Ce travail m’a permis d’établir la limite supérieure du Lias sur des données paléontologiques, alors que la plupart des auteurs l’avaient basée sur des faits stratigraphiques locaux, d’ou les plus grandes divergences dans sa

par Lytoceras jurense et par Dumortiera pseixdoradiosa difl’éraient totalement. Dans la zone inferieure dominent les Lillia, les Haagia, les vrais Grammoceras;.ils ne s’élèvent pas dans la zone supéiûeure. Dans celle-ci le genre Dumortieria et le groupe de Harpoceras aalense font brusquement leur apparition; ils s’élèvent ensuite jusque dans la zone à Harpoceras concamm. Gomme cette apparition brusque d’une faune nouvelle a lieu simultanément en Angleterre, en Normandie, en Alsace, en Souabe, il m’a semblé qu’il y avait lieu de placer entre les deux zones précitées une limite paléontologique importante. J’ai donc distrait la zone à Dumortieria pseudoradiosa du Toarcien ou Lias supérieur, pour faire commencer par elle un étage spécial, auquel le nom d’Aalénien, proposé autrefois par Mayer- Eymar, convient parfaitement et qui se trouve constitué par les zones suivantes :

I» Zone à Dumortieria pseudoradiosa,

2» ,) Harpoeeras opalinum,

30 » » Mnrehisonœ,

J’ai eu particulièrement à m’occuper de la répartition géographique de cette dernière zone qui, avant mes recherches, n’était connue qu’en Angleterre, si bien que Buckman avait nié son existence sur le continent. Je l’ai signalée en Alsace, dans le Jura Bernois, dans la Haute-Saône, dans les environs de Digne et de Gap, etc.

C’est seulement au-dessus de la zone à Harpoeeras concamm que je fais commencer le véritable Bajocien. J’ai également suivi dans toute l’Europe occidentale la répartition des zones qui composent cet étage, et j’ai retrouvé partout la succession que j’ai indiquée plus haut pour les Basses-Alpes, sauf dans les points où, comme en Normandie, il existe des lacunes dans la sédimentation.

J’ai attribué à la zone à Witchellia lænuscula, signalée pour la première fois en Angleterre par Buckman et à May (Calvados) par Munier-Chalmas, les calcaires oolithiques de la forêt de Haye, près Nancy, les « calcaires bleus » d’Alsace, la partie supérieure des « ^otuerùri-Schichten » de Souabe, les couches à Witchellia Sayrd des environs de Toulon.

Je me suis occupé plus particulièrement de la zone à Witchellia Romani et j’ai étudié sa faune dans le Nord de l’Allemagne, en Souabe, en Alsace, à Digne, etc.

PORTLANDIEN, Tithonique ET VoLGiEN. — La question des limites entre le Jurassique et le Crétacé, ainsi que celle des équivalents méditerranéens et boréaux du Portlandien du bassin anglo-parisien, qui en est connexe, ont donné lieu, jusque dans ces dernières années, à maintes controverses. Ce n’est que par des comparaisons paléontologiques rigoureuses, et en

à une solution satisfaisante (II, 5; II, 9). ’ ^ espérer arnvei

De grandes divergences de vues existaient au sujet de la limite entre le Kimeridgien et le Portlandien dans la région méditerranéenne, je me suis donc tout d’abord attaché à résoudre cette question. En partant de l’attribution au Kimeridgien supérieur (Virgulien) des couches sous-jacentes .è Reineckeia pseudomutabilis et Eudoxas, j’ai été conduit à attribuer au Portlandien intérieur les couches à Oppelia lithographica et Waagenia Reckeri du bassin du Rhône et les célèbres couches de Solenhofen, qui étaient précédemment rangées dans le Kimeridgien par la généralité des auteurs. La présence de Stephanoceras Mus, espèce caractéristique de la

de ce synchronisme. Les trois termes de Portlandien inférieur (ou Portlandien s. str.), de Tithonique et de Volgien inférieur désignent, dans la province occi-. dentale, dans la province méditerranéenne et dans la province boréale, des couches rigoureusement de même âge.

Tandis qu’aucune objection sérieuse n’a été faite à cette nouvelle manière de concevoir les équivalents du Portlandien inférieur, il n’en est pas de même en ce qui concerne le parallélisme que j’ai admis entre le Portlandien supérieur ou Purbeckien du bassin anglo-parisien, le Berriasien des régions méridionales et le Volgien supérieur. L’accord n’est pas encore complet à ce sujet et le Berriasien est parallélisé par M. Kilian avec le Valanginien inférieur et placé par conséquent à la base du Crétacé, tandis que j’ai insisté en faveur de son attri-

Système crétacé

Crétacé inférieur du Tyrol méridional. — Lors d’un voyage dans les Bolomies du ïyrol, en août 1886, j’ai eu l'occasion de visiter les quelques rares lambeaux de Néocomien que la dénudation a épargnés dans cette région et j’ai étudié plus particulièrement ceux de l’Alpe Puez, près Corvara, dans la vallée d’Abtei (II, 2).

Sur les calcaires triasiques à Megalodon de cette localité repose une brèche qui passe insensiblement vers le haut à une dolomie verdâtre. Il est probable que ces couches représentent le Tithonique inférieur transgressif, car elles supportent immédiatement des marnes lie de vin, qui renferment à la fois des espèces de l’horizon de Stramberg et des types valanginiens. C’est au-dessus de ce niveau que s’élève la série des marnes et des calcaires siliceux, avec lits de gros nodules calcaires, d’où proviennent les fossiles néocomiens et barrémiens dont j’ai publié la monographie (I, 4). J’ai pu m’assurer que la partie inférieure renferme des espèces hauteriviennes, telles que Holcostephanus Astierianus et Hoplites angulicostatus ; que la riche faune barrémienne occupe la partie moyenne et que les couches supérieures, plus marneuses, contiennent des formes aptiennes, en particulier de gros Ancyloceras.

Des comparaisons basées sur l’étude des Céphalopodes m’ont permis de mettre en évidence les grandes affinités que présentent ces faunes succès-

et j’y ai reconnu également l'existence des marnes de l’Aptien supérieur (II, 6);. Ce lambeau de Crétacé inférieur passait pour être le dernier que l’on rencontrât en se dirigeant vers l’intérieur de la chaîne : nous avons cependant découvert, M. Kilian et moi. bien plus à l’est, au Chapeau de Gendarme, près Barcelonnette, des calcaires néocomiens à Belemnites subfnsiformis, Aptychus Didajyi, Rhynehotheatis sp. (III, a3).

Dans la Haute-Savoie, je me suis surtout occupé de la répartition géogra-

valanginiennes dans la chaîne des Aravis et j’ai trouvé ainsi un nouveau gisement d’Ammonites pyriteuses au-dessus des chalets de Doran, à 2.000 mètres d'altitude.

ramas labiatas près de Thoard, au nord de Digne, dans une région où rien ne permettait de supposer que le Crétacé supérieur se fût déposé (II, 6).

CÉNOMANIEN DE DiEGO-SuAREz (Madagascar). — Grâce à l’obligeance de M.,Coridon, j’ai eu à ma disposition une série de fossiles cénomaniens recueillis par lui dans les environs de Diego-Suarez, à la pointe septentrionale de Madagascar, où avaient déjà été signalés plusieurs horizons du Crétacé supérieur (II, 10).

Un premier lot comprend des Céphalopodes de grande taille, que j’ai

en: 1898 (III, 3^) des calcaires et des grès à grandes Nummulites, appartenant à un horizon qui n’est pas représenté à Faudori. C’est lè niveau i millecaput (complanatas) et à Nummulites aturicus (perforatus)- Lucasanas, connu seulement en un petit nombre de points des Alpes occidentales : dans les enTirons de Nice, dans les Bauges, dans les Alpes suisses.

du Mourre-Haut, de Talon, des Séolanes, du Caire, généralement en contact

avec les mêmes grandes Nummulites, intercalés dans le Flysch, par suite de dislocations intenses, à Champanastays, à Champcontier et même à Saint- Clément, dans la vallée de la Durance.

Il n’existe nulle part, dans les Alpes françaises, de niveau éocène plus ancien que ces couches à Nummulites millecaput, qui représentent la partie supérieure du Lutétien. Elles sont recouvertes dans l’Ubaye ^îar des schistes calcaires très puissants, blancs ou gris, quelquefois verdâtres (« Flysch calcaire »>. Lorsque les couches à grandes Nummulites font (Jéfaut, ces schistes reposent directement sur le Jurassique, comme par exemple à Gournier, près Réallon, à Châteauroux et à Guillestre, dans la vallée de la Durance. A Saint-Appolinaire et à Orcières. les bancs les plus compacts de cette série de schistes calcaires montrent sous le microscope des quantités de Foraminiferes, parmi lesquels j’ai pu reconnaître des Globigérines, des ïextulaires et une espèce qui est généralement considérée comme crétacée, Palvinulina iricarinata. Par leur position stratigraphique, ces couches ne peuvent êtres crétacées, comme je l’avais pensé, elles représentent un type éocène, hartonien, de la boue à Globigérines des mers actuelles. M. Kilian et moi nous avons retrouvé ces mêmes schistes calcaires,.

et représentent le Priabonien.

seulement dans les synclinaux. Dans le sud de la région, les grès prédominent; dans le nord, par contre, en particulier dans le massif élevé de plus de 3<ooo mètres du Mourre-Froid et de Couleau, les intercalations schisteuses

Il semble que, dès l’Oligocène, les deux massifs cristallins du Pelvoux et du Mercantour aient formé des îles présentant un certain relief, car nous avons trouvé, M. Kilian et moi, des galets de micaschistes et de granité aussi bien dans le « Flysch noir » que dans le grès d’Annot.

Gastropodes et les Lamellibranches se prêtent mal à l’établissement de zones paléontologiques ; dans les Alpes ils sont d’ailleurs presque .toujours

fossiles caractéristiques, aussi divers auteurs, tels que Max von Hantken, Ph. de la Harpe ‘et, plus récemment, M. ■ Henri Douvillé, ont-ils essayé d’établir une « échelle » des Nummulites, constituée par une succession d’horizons, qui renferment chacun un groupe ou un couple caractéristique. J’ai cherché à appliquer ces diverses tentatives à la série nummulitique des Alpes françaises, mais je me suis heurté à des difficultés résultant des divergences entre les différentes échelles et de leur trop grande complication en ce qui concerne l’étage parisien.

Je me suis trouvé conduit à simplifier la série des horizons et à proposer l’échelle suivante (V, 5 ; 11, i3) :

Tongrien : Zone à Nummulites intermedius — Fichteli.

1 Zone à Nummulites contorius — striatas.

Parisien j » » aturicns (perforatus) Lucasanus.

, ' » » lœvigatus — Lamarcki.

Sue.ssonien j ^ Nummulites planulatus^ - elegans.

Je me suis attaché particulièrement à caractériser le niveau à Nummulites coniortus-striatus, qui renferme également Nummulites variolarius, espèce caractéristique du Parisien supérieur ou Bartonien des environs de Paris. De grandes divergences d’opinion se sont fait jour au sujet de la position stratigraphique de cet horizon. Tandis que beaucoup d’auteurs en font du Bartonien, M. Henri Douvillé l’assimile au Priabonien, étage que d’autres identifient avec la zone k Nummulites intermedius - Fichteli. La

rieurement, dans la haute vallée du Drac. M. David Martin est partisan convaincu de l’unité de la période glaciaire, il nie l’existence de plusieurs glaciations successives, séparées par des phases ^de retrait, tandis que mes recherches m’ont conduit à admettre, avec M. Penck et ses collaborateurs, la réalité de ces grandes oscillations. J’ai pu reconnaître, dans le bassin de la Dui'ance, en plus de la glaciation de la fin du Pliocène supérieur, non pas deux glaciations pléistocènes successives, comme on le fait généralement dans les Alpes, mais trois, d’importance décroissante.

C’est d’ailleurs un fait bien connu que la première glaciation {iléistocène a été la plus étendue. Elle a déposé les « moraines externes » et recouvre souvent les alluvions de la « haute terrasse ». A la Freissinouse, ses moraines se sont étendues par-dessus les dépôts fluvio-glaciaires pliocènes ( « Deckenschotter ») ; au sud de Seyne elles se sont, par contre, déposées en contre-bas d’une terrasse pliocène, dont on retrouve les traces jusqu à

sables. On est ici incontestablement en présence de dépôts elVectués entre deux grandes phases d’avancée du glacier de Gap; ce sont de vraies formations interglaciaires.

J’ai attribué, par analogie, le même âge aux cailloutis du Koc d’Embrun, dont la nature interglaciaire a été reconnue par M. Penck. Les dépôts morainiques qu’ils supportent appartiennent aussi à la troisième période glaciaire pléistocène.

On connaît d’ailleurs actuellement, dans de nombreuses régions de l’Europe centrale, des dépôts correspondant à cette troisième phase, que l’on a quelquefois

signalé l’existence dans les Alpes françaises (V, 8).

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