Observations sur la faune de la Grande-Comore
(En commun avec M. A. Milne Edwards. Comptes-rendus de [Académie des Sciences, 1S35
t. Cl, n* S, p.2i8.)
72. — Observations sur quelques espèces d’Oiseauæ récemment découverts dans Vile de la Grande-Comore.
(En commun avec M. A. Milne Mwarfs. Anmtes^^s Sciences naturelles. Zoologie. 1887, 7
73. — Etudes sur les Mammifères et les Oiseaux des îles Comores.
(En commun avec y. A. Müne Edwanis, Nouvelles Archives du Muséum dmstoire naturelle, 1888, 2« série, t. X, p. 21S), et pis 4, ,8, 6, 7, 8 et 9.)
Les principaux éléments de ce Mémoire nous ont été fournis par les recherches de M. Humblot qui a rapporté successivement des îles Comores, de 1884 à 1886, trois collections très importantes dans lesquelles le Muséum a pu faire choix d’une nombreuse série de Mammi fères et d’Oiseaux que nous nous sommes empressés d’étudier et de comparer avec les Oiseaux des terres voisines et surtout de la grande île de Madagascar. Nos recherches nous ont conduit à des résultats intéressants dont quelques-uns avaient déjà été exposés dans une communication faite à l’Académie des sciences, en 1885, et dans un Mémoire inséré dans les Annales des Sciences naturelles, en 1887. D’une part nous avons trouvé dans les collections'formées par M. Humblot les types de plusieurs espèces ou variétés nouvelles appartenant aux genres Coracopsis, Circus, Leptosomus, Cinmjris, Zosierops, Tardas, Qraacolas, Terpsiphone, HypsipJes, Foadia, et à un genre nouveau (Humbloha) de la famille des Musoicapidés, de l’autre nous avons pu répondre en partie à une question controversée. Les naturalistes admettent, en effet, que l’île de Madagascar se prolongeait autrefois fort loin vers le Sud et qu’une partie du continent s’était peu à peu enfoncée sous .les eaux de l’Océan, mais ils n’étaient pas d’accord
sup la question de savoir si cette grande terre s’étendait également vers le nord en englobant les îles Comores, Cosmoledos, Farquhar, etc. Or nous avons reconnu quo.si les Comores possèdent deux Lémuriens, deux Perroquets Vazas, des Autours, des Courols, un Eurystome, un Guêpier, des Martinets, des Soui-Mangas, des Zosterops, des Drongos, des Choucaris, des Foudis, des Pigeons-Founingos et des Tourterelles identiques ou alliées à celles de Madagascar,elles sont privées des formes malgaches les plus caractéristiques,, telles que l’Aye-Aye, le Cryptoprocte, les Brachypteracias, les Atelornis, les Euryceros, les Mesites, etc. En revanche elles ont ce Gobe-Mouche particulier dont je parlais plus haut, VBumblotia flavirostris et deux espèces du genre Merle qui n’est représenté ni à Madagascar ni aux Seychelles mais qui existe sur la terre d’Afrique.
Nous avons conclu de nos observations que les Comores sont indépendantes de Madaga.çcar depuis une époque reculée.
74. — Note sur la faune ornithologique éteinte des lies Mascareignes. (d’après des documents inédits).
(Bulletin du Muséum d'Histoire naturelle, 1896, t. II, n» 6, p. 220, avec dg ).
75. — Notice sur la faune ornithologique ancienne et moderne des lies Mascareignes et en particulier de Vile Maurice.
(d’après des documents inédits).
(Annales des Sciences naturelles, Zoologie, 1897, 8« série, 62" année, t. III, o» 1.)
Grâce aux recherches de Strioklandet Melville, d’Owen, deSohlegel, d’Hartlaub, de Gadow, de sir Edward Newton, d’Alfred Newton et d’A. Milne Edwards on sait que la faune des îles Mascareignes était jadis beaucoup plus riche qu’elle ne l’est aujourd’hui et qu’elle s’est appauvrie successiveincnt par l’extinction de divers animaux que la lourdeur de leurs formes et i'imperfection de leurs organes de locomotion rendaient moins capables que d’autres d échapper à la poursuite de l’homme. En même temps qu’ils détruisaient les Tortues géantes, les équipages des navires hollandais et les premiers colons anéantissaient les ûi’ontes, diverses espèces de Pigeons, des Poules d’eau de petites dimensions, des Râles, des Perroquets et même des Oiseaux de proie.Pourchassés comme gibier, sans trêve et sans merci, et privés de leurs retraites naturelles par le déboisement graduel, ces.Oi-
seaux ont disparu dans l’espace d’un ou deux siècles. Heureusement leur histoire a pu être reconstituée en grande partie, d’abord par l’étude des ossements exhumés des marécages et des couches superficielles du sol, particulièrement à l’île Rodrigue et à 1’^ Maurice, ensuite par l’examen de divers documents. Ces document consistent d’abord dans une série de tableaux et de de.ssins exécutés d’après le vivant par des artistes qui avaient pu voir quelques représentants des espèces actuelleiviont éteintes ; ensuite dans les relations manuscrites ou impriniées d’anciens voyageurs dont F. Léguât est l’un des plus célèbres. Toutefefois il y avaitdeux sources de renseignements où l’on n’avait pas encore puisé jusqu’il ces dernières années, c’était d’une part la liasse de dessins et de notes (celles-ci malheureusement très succinctes) laissés par le voyageur français Commerson et conservés à la Bibliothèque du Muséum ; d’autre part quelques manuscrits provenant de J. Dosjardins, fondateurde la Société d’histoire naturelle de l’îlo Maurice, mort en 1840, manuscrits qui étaient devenus la propriété do M. A. Milne Edwards.
C’est à l’aide de ces matériaux que j’ai rédigé une Notice dans laquelle j’ai mis on lumière un assez grand nombre de faits nouveaux concernant la soi-disant Huppe du Cap (Frerjilupus varius) qui est en réalité une sorte d’Etourneau habitant autrefois l’île Bourbon, la Perruche aujourd’hui éteintede l’île Rodrigue {Palœornis eœsul), la Perruche verte de l’ile Maurice (P. eques), laPerruche il tête grise (Agapornis cana)^ et un Hibou qui était complètement inconnu des naturalistes et que j’ai nommé Scops Commersoni. C’est vers 1840 qu’ont dû être tués les derniers représentants de cette espèce dont on retrouvera peut-être bientôt les restes dans les couches superficielles de l’île Maurice, en même temps que ceux d’un Calao dont il est fait mention dans les relations des anciens voyageurs hollandais sous le nom de Corbeau indien.
J’ai pu fixer, plus oxactemont qu’on ne l’avait fait jusqu’alors, les dates do l’extinction de dix-huit espèces qui manquent actuellement à la faune de l’tle Maurice et de l’introduction d’autres espèces qui sont venues s’ajouter ii la faune indigène et j’ai fourni des détails circonstanciés surladistribution ancienne dans les îles Mascareignes de quelques Rapaces, d’une foule de Passereux, de divers Pigeons, et d’un certain nombre d’Echa.ssiers, d’Oies, de Canards, de Procellariens.de Sternes et de Totipalmes. Mes recherches ont porté sur 89 espèces.
Gnics à des envois faits au Muséum par M. Bastard, j’ai pu compléter la description de V Üratelomis chimœra^ Oiseau très remarquable de la famille des Coraciidés, gui avait été découvert à Madagascar peu de temps auparavant, mais dont on ne connaissait encore que la femelle.