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CHARBON

Sur l'atténuation de la bactéridie charbonneuse et de ses germes, sous l’influence des substances antiseptiques. En commun avec M. Chaubebusd. (Compte

la bacteridie charbonneuse cultivée on bouillon, a la température de 5ü“, donne rapidement des spores. Ces spores, très résistantes aux

lence. pour modilier celle-ci, il faut empêcher la formation des germes, de lacon que dans la culture il y ait seulement des bactéridies filamenteuses beaucoup plus sensibles aux actions modificatrices. .MM. Pasteur, Chamberlandet Roux ont montre, qu’à la température de 42”,S, le bacille du charbon ne fait jias de germes et que, dans ces conditions, il perd peu à pou de sa virulence. Cette expérience a été le point de départ des études sur l’atténuation des virus et la vaccination charbonneuse.

11 est possible d’obtenir par d’autres procédés des cultures de char-

bon sans spores. L’addilion de certaines substances antiseptiques au bouillon de culture donne de bons résultats. Ainsi, le bacille du charbon croît, ,à la température de 35’, dans du bouillon additionné de 1/1200 à 1/800 d’acide phénique, mais sans faire de germes. Avec une proportion d’antiseptique inférieure à 1/1200", les spores se forment. La bactéridie qui reste ainsi .à l’état mycélien perd peu à peu sa virulence.

Si, dans cette culture sans germes, on fait à diverses époques des prises do semence et qu’on porte celles-ci dans du bouillon ordinaire, on obtient une série de cultures filles ; la virulence de chacune d’elles est celle de la culture mère au moment où la prise de semence a été faite. Ces cultures nous fournissent des cultures charbonneuses de plus en plus atténuées, et comme elles donnent des germes, chacune d’elles conserve indéfiniment la virulence atténuée qui lui est propre. On crée ainsi des races atténuées de bactéridies qui peuvent servir à vacciner les bœufs et les moutons contre le charbon.

Des cultures de charbon en bouillon additionné de bichromate de potasse restent aussi sans spores et s’atténuent peu à peu. Ces bactéridies transmettent à leur descendance leur virulence atténuée.

Au cours de ces expériences nous avons obtenu des bactéridies qui avaient perdu définitivement la propriété de faii-e des spores. Elles tuaient encore les animaux et pouvaient passer un grand nombre de fois dans le corps des cobayes et des lapins sans rc[)rendre la propriété de sporuler. Elles consliluent une race nouvelle asporogène.

De l’action de la chaleur et de l’air sur les spores du charbon.

{Annales de l'instilut Pasteur, aoùl 1887.)

I.os spores du charbon résistent, en milieu humide, pendant 10' à une température de flu’; elles sont tuées en moins de 5' lorsqu’on ]cs chauffe

charbonneuses n’y germent plus, les bactéridies filamenteuses s’y développent facilement.

Vaccination des lapins contre le charbon. En commun avecM, Chajideeusd.

(Annales de l'Inslilut Pasteur, novembre 1887.)

Il est très utile de savoir immuniser les petits animaux de laboratoire contre le charbon, afin de pouvoir multiplier les expériences sur l’immunité. L’inoculation du premier, puis du second vaccin, telle qu’elle est pratiquée sur les moutons et les bœufs, no réussit pas avec les lapins et les cobayes. Ces animaux succombent le plus souvent à l’inoculation du second vaccin. Pour immuniser les cobayes et les lapins, il faut répéter plusieurs fois l’injection du premier vaccin avant de donner le second, ou même injecter successivement trois ou quatre virus d’activités croissantes intermédiaires entre celles du premier et du second vaccin employés pour les moutons.

Un procédé qui réussit bien sur le lapin, c’est l’injection intra-veineuse de fortes doses de premier vaccin. On répété ces injections trois fois a huit jours d’intervalle et l’on injecte ensuite le second vaccin sous la peau. Le premier vaccin injecté ainsi dans les veines des lapins ne reste pas dans le sang. ,4pràs quelques heures, on le trouve dans le foie et dans la rate. Les bactéridies ne pullulent pas dans ces organes et sont contenues dans l’intérieur des phagocytes. Nous nous sommes demandés si l’immunité acquise dans ces circonstances n’était jias due à la destruction des corps bactéridiens dans l’organisme.

Bactéridie charbonneuse asporcgène.

(Anna/es de l'Institut Pasteur, janvier 1890.)

La propriété de donner des spores est très caractéristique de la bactéridie charbonneuse. Cependant, ce microbe peut la perdre sans retour. Dans ce mémoire, nous indiquons des procédés qui permettent d’obtenir sûrement la bactéridie asporogène. Celle-ci peut êlre très virulente, renforcée par passages à travers les animaux elle tue rapidement les moutons, elle reste cependant privée de la propriété de faire des spores. Si l’on atténue cette bactéridie asporogène par les méthodes habituelles, on obtient un microbe inolfensif pour les animaux, ne donnant pas de spores et que le bactériologiste le plus exercé ne pourrait reconnaître comme le descendant de la redoutable bactéridie du charbon.

C’est là un exemple saisissant des modifications que les microbes peuvent subir, ils sont pour ainsi dire plastiques et peuvent êlre façonnés au gré de l’expérimentateur.

la vaccination charbonnense.

(Conférence faite au comice ayricole du département de l'Aube, avril 1882.)

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