Q = CT
Q étant la chaleur de combustion, C la chaleur spécifique, entre o° et T, du mélange gazeux formé par la combustion; T la température de combustion.
On peut d’ailleurs obtenir de nombreuses équations de condition, en s’arrangeant pour faire varier la nature des gaz après la combustion, la densité de la masse gazeuse, etc. Nous sommes arrivés ainsi aux résultats suivants :
i° Jusqu’aux températures les plus élevées, les -chaleurs spécifiques gazeuses à volume constant sont, au moins très sensiblement, indépendantes de la pression.
2° Les chaleurs spécifiques moléculaires à volume constant des gaz parfaits (O, Az, H, CO, C 1 H) restent toujours très sensiblement égales entre elles jusqu’aux températures les plus élevées, sauf pour Cl H qui subit une dissociation vers 2400°. Le chlore fait exception à la règle.
3 ° Les chaleurs spécifiques moléculaires à volume constant des gaz par-
faits augmentent, quoique très lentement, avec la température, contraire^ ment à ce qu’on avait déduit d’expériences faites entre o° et 200°. La loi de la variation peut être représentée, quoique avec réserve, par la formule
4° Les chaleurs spécifiques de l’acide carbonique, de la vapeur d’eau et du chlore augmentent assez rapidement avec la température. Les deux premières peuvent être représentées, entre o° et t°, par les formules suivantes :
(CO*) C ; = 6,26 -t-o,00367t.
(H*0) C = 5,6i+o,oo33«.
Nous avons évalué l’exactitude relative de nos résultats à 2 ou 3 pour 100 environ. Ces résultats ont d’ailleurs été confirmés, au moins dans les traits principaux, par un ensemble de recherches dû à MM. Berthelot et Vieille.
Avant nos expériences, et bien que Régnault eût déjà constaté un accroissement notable de la chaleur spécifique de l’acide carbonique entre o° et 200 0 , on croyait généralement, sur la foi de vues théoriques assez vagues, que, au moins à partir d’une certaine température, les chaleurs spécifiques gazeuses devaient rester indépendantes de cet élément. Comme, d’autre part, les valeurs obtenues aux températures ordinaires pour les chaleurs spécifiques des gaz assignent aux différents mélanges gazeux des températures de combustion évidemment beaucoup trop fortes et sans rapport avec la réalité, on attribuait à la dissociation seule la diminution, d’ailleurs de grandeur inconnue, qu’il fallait nécessairement faire subir aux nombres considérés comme théoriques. Nos recherches ont démontré que l’influence de la dissociation, quoique certaine et même, en certains cas, très importante, ne joue cependant pas dans le phénomène le rôle principal, et que celui-ci doit être attribué, comme l’avait déjà soupçonné M. Berthelot, à l’accroissement que les chaleurs spécifiques subissent avec la température, accroissement considérable, puisque la chaleur spécifique de l’acide carbonique fait plus que doubler entre o° et 2000°.
Les formules que nous avons données ont d’ailleurs permis de résoudre un' problème qui se présente à chaque pas dans les applications in-, dustrielles et qui était resté inabordable, celui qui consiste à calculer la température de combustion d’un mélange gazeux dont la composition est donnée.