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TEMPÉRATURE DE DÉTONATION DES SUBSTANCES EXPLOSIVES

Chargés récemment, comme membres adjoints de la Commission des substances explosives, de suivre des études expérimentales sur les explosifs propres à assurer la sécurité des mines à grisou, nous avons été conduits (' ), M. H. Le Chatelier et moi, à chercher à calculer la température de détonation d’un explosif de composition connue. Il est en effet évident que la température à laquelle sont portés, après la détonation, les produits de la décomposition d’un explosif est l’élément capital à connaître pour apprécier la probabilité que l’explosif allumera ou non le grisou de la mine.

Nous avons résolu cette question, en nous servant de la loi de variation des chaleurs spécifiques gazeuses que nous avions déduite de nos recherches. Connaissant les chaleurs spécifiques à toute température, ainsi que les chaleurs de combinaison données par les recherches de MM. Berthelot, Sarrau, Vieille, etc., rien n’est plus aisé que de calculer la température de détonation. Il faut seulement renoncer à appliquer aux gaz la loi de Mariotte et lui substituer la loi de Clausius et de M. Sarrau, qui se simplifie dans le cas actuel, à cause des valeurs très élevées des températures et des pressions, et peut se réduire à

P, T étant la pression et la température absolue du gaz au moment où vient de se produire la détonation dans le volume \;p„ et c 0 étant la pression et le volume du même gaz ramené à zéro; u le covolume du gaz.

/peut être considéré comme représentant la force de l’explosif, et la pression P sera donnée, pour une densité de chargement A = 5, par l’expression

La température étant connue, la formule précédente donne P et l’on peut comparer les nombres ainsi calculés à ceux qui résultent des belles recherches de MM. Berthelot, Sarrau et Vieille. L’accord s’est trouvé très satisfaisant, et presque inespéré dans des questions de cet ordre. Ainsi se trouvait confirmée, par une voie très indirecte, l’exactitude de nos résultats en ce qui concerne les chaleurs spécifiques gazeuses.

En étudiant cependant (') avec attention les écarts entre les résultats du calcul et ceux de 1’eXpérierice, nous avons vu qu’on était amené à modifier ' légèrement, principalement en ce qui regarde la vapeur d’eau, les formules destinées à représenter la variation des chaleurs spécifiques moléculaires à volume constant. Les formules, déduites des expériences de MM. Sarrau et Vieille, seraient alors

(CO 1 ) c = 6,5o + o,00387Z,

gaz parfaits 0 = 4,76 + 0,001221.

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