‹ Notice sur les travaux scientifiquesChapitre 1 sur 31 · DIABÈTE LIÉ A L’ALTÉRATION DU PANCRÉAS · texte numérisé non relu

DIABÈTE LIÉ A L’ALTÉRATION DU PANCRÉAS

DES DIABÈTES

Le rôle du pancréas dans la digestion, — ou mieux, dans la préparation des aliments en vue de l’absorption, — est connu depuis longtemps. Mais cette glande joue un autre rôle, bien plus important, dont la connaissance a été révélée à l’auteur par l’observation clinique et anatomo-pathologique.

En 1877, ayant constaté chez l’homme la coexistence d’un diabète grave et d’une altération profonde du pancréas, le D’ Lancereaux rapproche ces deux faits, voit entre eux une relation de cause à effet non soupçonnée jusque-là, et donne la preuve que l’altération du pancréas a produit le diabète. 11 communique à l’Académie de Médecine cette découverte qui, au point de vue physiologique et médical, a une importance pour le moins égale à celle que fit Addison lorsqu’il rattacha la maladie bronzee à Valteration des capsules surrénales.

Poui' donner à sa découverte l’appui expérimental, l’auteur en fait part à Cl. Bernard et ce grand physiologiste se proposait de détruire ou d’extirper le pancréas chez les animaux, lorsque la mort vint interrompre ses travaux.

L’auteur lui-même et quelques-uns de ses élèves, entre autres le D' Ch. Uemy, tentent d’extirper cette glande, mais sans succès, à cause des difficultés considérables d’une pareille opération, à une époque où les règles de l’asepsie n’étaient pas encore bien établies.

D’un autre côté, l’auteur poursuit ses recherches cliniques et anatomo-patho-

logiques sur ce sujet, et, en 1888, il rapporte à l’Académie de Médecine de nouvelles observations qui viennent confirmer ses vues antérieures.

Dans cette communication, l’auteur considère le diabète sucré, non plus comme une entité morbide, ainsi qu’il était alors regardé et étudié, mais comme un syndrome pouvant reconnaître des causes diverses, et il décrit trois principales formes de diabète, qui diffèrent les unes des autres par l’intensité de leurs manifestations et par leur évolution, è savoir :

1” Un diabète lié à l’altération du pancréas, diabète ‘pancréatique ou diabète maigre;

2“ Un diabète héréditaire constitutionnel ou diabète gras;

3» Un diabète consécutif à un ébranlement du système nerveux, à un violent traumatisme, è une tumeur bulbaire, diabète nerveux ou de Cl. Bernard.

C’est seulement eu 1889, onze années après la première communication de l’auteur à l’Académie de Médecine, que deux physiologistes de Strasbourg, Von Mering et Minkowski, guidés par cette communication, ainsi qu'ils le reconnaissent eux-mêmes, réussirent à extirper le pancréas chez le chien et à réaliser le diabète pancréatique expérimental, confirmant de tous points les recherches cliniques et anatomo-pathologiques de l’auteur.

Ainsi, arriva pour le diabète pancréatique ce qui était arrivé déjà pour la maladie bronzée : l’observation clinique précéda et provoqua l’expérimentation, dont les résultats ne furent qu’une preuve de plus, à l’appui de ceux que la clinique avait fournis.

Depuis Von Mering et Minkowski, de nombreux expérimentateurs se sont proposés de trouver le mécanisme par lequel le pancréas agit sur la glycogé-

Le D' Lancereaux et son élève, le D'Thiroloix, ont pris part à ces recherches (1891 et 1892). Ils ont présenté, à l’Académie de Médecine et à l’Académie des Sciences, des chiens chez lesquels, après avoir greffé le pancréas sous la peau de l’abdomen et avoir séparé cet organe de l'intestin, ils n'obtenaient de glycosurie qu’autant que la greffe tout entière était détruite. Ils ont ainsi contribué à la démonstration du fait que le pancréas possède une sécrétion interne et que c’est à la suppression de cette sécrétion qu’est lié le diabète pancréatique.-

Alcoolisme ».

L’article Alcoolisme, du Dictionnaire encyclopédique des Sciences médicales, est une étude générale de cette maladie, étude originale et personnelle à

Four la première fois, — car Magnus Hüss ne s’était occupé que des troubles fonctionnels de l’alcoolisme, — sont décrites les lésions de l’estomac, la stéatose du foie, celle des reins, des testicules, du cœur et des systèmes musculaire et osseux; puis, aussi, la paralysie douloureuse des extrémités, que, plus

permis de constater que les essences des Labiées sont extrêmement nocives et plus dangereuses que celles des Composées et des autres familles.

En résumé, l’auteur s’est avancé aussi loin que possible, par une étude personnelle, longue et méthodique, dans la connaissance de l’alcoolisme, de sorte qu’aujourd’hui, grâce à ses recherches, un médecin instruit, mis en face d’un alcoolique, peut diagnostiquer à coup sûr et malgré les dénégations du malade, les habitudes de celui-ci et préciser, non seulement le genre de la boisson préférée, mais encore celle de toutes les boissons dont il fait usage.

En attirant, dès 1868, l’attention sur les rapports intimes qui existent entre l’alcoolisme et la tuberculose, en Insistant â maintes reprises sur l’importance de ces rapports, le D' Lancereaux croit avoir payé un sérieux tribut à la question si brûlante de la prophylaxie de la tuberculose.

Le côté social de la question ne lui a pas non plus échappé, et en 1878, au Congrès de tempérance, il a étudié Xalcoolisme héréditaire.

Il a montré que les enfants des alcooliques ont une excitabilité réflexe exagérée et sont sujets, — surtout les enfants d’absinthiques, — à l’hystérie convulsive. Il a signalé leur appétence innée pour les boissons alcooliques et le besoin impérieux qui, à un certain âge, même en dehors de tout mauvais exemple, les entraîne à en user.

L’alcoolisme héréditaire, dit encore l’auteur, se manilesle aussi par des désordres matériels; il atteint, en effet, les centres nerveux pendant la vie fœtale et dans les premiers temps de l’existence, et cause des malformations diverses : anencéphalie, hémiatrophie, etc., ou, pour le moins, un certain degré d’infantilisme avec diminution de la taille.

L’alcoolisme crée, en quelque sorte, une race spéciale, riche d’infirmités physiques et de tendances morales vicieuses, qui se continue pendant un certain temps mais qui est incapable de se perpétuer. C’est ainsi qu’il devient un facteur de dépopulation ; et il l’est doublement, puisque, d’un autre côté, il favorise le développement de la tuberculose.

La prophylaxie de l’alcoolisme a été visée par le D' Lancereaux aussi bien que sa pathologie.

Après avoir fait l’histoire do l’alcoolisme dans les temps passés, l’auteur décrit les manifestations de l’alcoolisme aigu et les altérations qu’il fait subir aux organes et que l’on constate à l’autopsie.

Puis il étudie l’alcoolisme chronique, et l’on remarque, en raison do leur nouveauté, ses recherches relatives aux altérations produites dans la structure du cœur, — celles qui ont trait à la gastrite, — à la tuberculose des poumons, — à la stéatose du foie, des reins, des testicules, des systèmes musculaire et

On remarque aussi la distinction établie par l’auteur entre la cirrhose alcoolique, la cirrhose syphilitique, la cirrhose des fondeurs en cuivre, distinction ..considérée

Page 1