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TUBERCULOSE

La phtisie est une maladie de la civilisation.

A la civilisation, le devoir de la prévenir par des lois réglant la construction des habitations, la largeur des rues, la quantité d’air qui doit être allouée à l’ouvrier dans l’atelier, au soldat dans la caserne, au collégien dans son lycée, au concierge dans sa loge, au prisonnier dans sa cellule. A la civilisation, le devoir de combattre l’alcoolisme.

En 1890, devant l’Académie de Médecine, le D' Lancereaux soutient les mêmes idées.

Indépendamment des influences pathologiques qui ont pour résultat la débilité de l’organisme, la misère physiologique, deux circonstances principales favorisent le développement de la tuberculose : l’alcoolisme et l’aération insuffisante. — « L’air sain, autant et plus que l'eau pure, est indispensable à la vie de l’homme » : aux pouvoirs administratifs de le lui fournir; à eux aussi, de prendre des mesures contre l’alcoolisme.

Ces moyens que propose l’auteur pour combattre la tuberculose, lui paraissent devoir être plus efficaces que les mesures prophylactiques réclamées par la Commission de l’Académie et qui visent surtout le bacille, la cause efficiente de la maladie.

« Dans les conditions d’agglomération où nous vivons, des mesures ne s’adres- « sant qu’au microbe seront toujours vaines... La propreté, celle qui consiste « à détruire les crachats des phtisiques, est une mesure qu’il importe de signa- « 1er au public; mais ce moyen, si utile qu’il puisse être, ne parviendra Il jamais à faire disparaître complètement le bacille de Koch des milieux où

Après avoir inspiré un des premiers travaux sur la contagion de la tuberculose (Thèse de Compin, 1869), le D' Lancereaux en est arrivé à douter de la fréquence de ce mode de contamination. Sur 2 192 malades observés par lui, 182 ont des tuberculeux dans leur famille, et parmi ces 182, il en est 46 seulement pour lesquels il n’a pas trouvé de causes prédisposantes à la tuberculose, et pour lesquels la contagion a paru exister.

Sur cette question de la contagion, l’expérimentation est-elle plus avancée que la clinique? — Certainement, on rend tuberculeux un lapin ou un cobaye par l’inoculation du bacille de Koch; il n’en résulte pas cependant, que la tuberculose soit contagieuse ù distance. « Les expériences pratiquées sur les animaux inférieurs, le plus souvent placés dans de mauvaises conditions hygiéniques, ne sont pas absolument applicables à l’homme.A part les circon-

stances rares dans lesquelles l’homme est appelé à avaler les crachats de son semblable ou à recevoir du tubercule sous son épiderme, la contagion s’opère chez lui par l’air. A-t-on jamais vu un lapin ou un cobaye atteint de bacillose transmettre sa maladie à un animal de même espèce? Et ne sait-on pas que la syphilis, maladie microbienne par excellence, se transmet par simple contact et non à distance? » (Corn, à T Acad., 1890, et Leç. Clin, méd., 1892, p. 302.)

Au Congrès de Reims, en 1880, l’auteur s’est occupé de la phtisie héréditaire. Il a dépeint l’aspect des descendants de phtisiques.

L’ensemble de leur organisme, frappé d'un arrêt de développement, est remarquable par son cachet d’infantilisme, de féminisme; et c’est à l’époque de la puberté que se révèlent les principales modifications apportées par cette hérédité.

Ces individus sont prédisposés à la tuberculose : pour les en préserver, il faut les soumettre à une hygiène préventive, tant au point de vue de l’alimentation que de l’aération et des exercices corporels.

Le 0' Lancereaux enseigne que le siège et la forme de la localisation anatomique, l’évolution de la maladie, varient avec la nature de la cause prédisposante qui a facilité son développement.

Le buveur est atteint de phtisie granuleuse et porte sa lésion au sommet droit et en arrière. L’homme sédentaire, l’homme privé d’air aura une pneumonie caséeuse avec lésion prédominante au sommet gauche et en avant. Chez le phtisique héréditaire, les deux poumons sont d’ordinaire simultanément atteints, et si l’un d’eux est plus altéré, c’est, en général, le poumon droit; la lésion pulmonaire se rapproche de celle qu’a décrite Laënnec, sous le nom d’infiltration gélatineuse.

La phtisie acquise procède par poussées, par saccades successives ; la phtisie héréditaire a, au contraire, une marche lente et régulière.

M. Lancereaux a décrit, le premier, Vartérite tuberculeuse (périartérite noueuse, article Artékite du Dictionnaire, voir ci-dessus n» 131),la myosite tuberculeuse (Traité d’Anat. path., t. III, p. 289).

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