PALUDISME
Des recherches cliniques cl anatomo-pathologiques ont conduit le D'Lancereaux à reconnaître que le paludisme comporte detix phases : l’une, — qui peut faire défaut, — se manifeste par des accidents aigus (fièvres paludéennes); l’autre, — qui ne succède pas fatalement à la première, — est caractérisée par des lésions à marche chronique et par les symptômes auxquels donnent lieu ces lésions.
L’auteur s’est particulièrement attaché à l’étude du paludisme chronique.
Dès 1865, il fait des recherches sur l’une de ses principales manifestations,
Quelques observations d’oblitération artérielle suivie de ramollissement cérébral, éparses çà et là dans les auteurs et demeurées, pour ainsi dire, inconnues,
C’est alors que l’auteur établit dune façon précise, par tobservation clinique
1“ Le ramollissement de l’encéphale se lie presque invariablement à une altération ou à une obstruction des artères cérébrales ;
2“ A la suite de l’oblitération artérielle, la substance nerveuse est, d’abord, rouge et à peine ramollie, puis devient pulpeuse et jaunâtre, et enfin, blanche et diffluente dans une troisième phase, pendant laquelle elle est résorbée et laisse à sa place une simple cicatrice. Le ramollissement rouge, le ramollissement jaune, le ramollissement blanc ne sont donc pas, comme on le croit en Allemagne et en France, des lésions distinctes; ce sont des degrés plus ou moins avancés d’un même processus pathologique.
L’auteur prouve, ensuite, qiie les altérations, récemment décrites sous le nom d’infarctus dans les viscères, de gangrène sèche dans les membres, ont
« moindre, ils ont leur surface légèrement opaline, injectée, parsemée de granu- « lations plus ou moins régulières entre lesquelles existent, dans certains cas, « des kystes du volume d’un pois ; leur consistance est terme et résistante, la sub- « stance conjonctive est épaissie au pourtour des glomérules ou même des tubuli ; Il les cellules épithéliales de ces derniers sont granuleuses... — 2* Lorsque Il l’endartérite entraîne à sa suite l’oblitération d’un tronc ou d’une branche arté- II rielle, il en résulte des lésions... connues sous le nom de ramollissement Il cérébral dans l’encéphale, d’infarctus dans les viscères de l’abdomen, de Il gangrène sèche aux membres. Mais, en somme, c’est partout le même pro- II cessus, caractérisé, comme je l’ai signalé ailleurs (Thèse de doctorat et Bull, de <1 la Soc. amt., 2" série, t. VII, p. 113), par la métamorphose régressive des Il éléments propres de l’organe ou de la portion d’organe privée de sang. »
Après avoir ainsi étudié l’artério-sclérose et ses conséquences, M. Lanccreaux en cherche la cause, et, dans ce même article Artébite de 1866, il écrit (p. 293) : Il En général, une eause interne préside au développement de l’endartérite et celte lésion ri est souvent qu’une manifestation du rhumatisme ou de la goutte. » Et il appuie cette opinion sur des relations d’autopsie. Il remarque aussi que « l’endartérite existe chez des individus dont les ascendants seuls ont subi des atteintes de goutte ou de rhumatisme » ; et il met en relief (p. 292 et 293) la « coïncidence fréquente de l’endartérite avec la néphrite interstitielle
Ces divers arguments plaident en faveur d’une cause interne, productrice de l'artério-sclérose, et ils permettent encore à l’auteur de dire ; « Dans do semblables conditions, on conçoit facilement que l’cndartérite puisse être hérc-
L’auteur est le premier qui signale le saturnisme comme cause possible de l’endartérite noueuse. Mais il nie que Xalcoolisme soit une cause d’artério- sclérose : « Dans plus de trois cents autopsies d’alcoolisés, dit-il, je n’ai guère observé que des dégénérescences graisseuses. »
En somme, dès 1866, l’auteur avait fait, dans toutes ses parties essentielles, l’histoire de l’artério-sclérose, même au point de vue étiologique, puisqu’il note la coexistence de l’artério-sclérose, du rhumatisme et de la goutte, que depuis, il a rattachés à l’herpétisme.
APLASIE ARTÉRIELLE
L’étroitesse congénitale des artères ou aplasie artérielle, avec toutes ses conséquences : sclérose rénale, hypertrophie cardiaque, et, parfois même,hémorrhagie cérébrale, constitue un complexus pathologique entièrement ignoré avant les recherches du D' Lancereaux. C’est lui qui a créé ce type morbide et l’a séparé de la chlorose, avec laquelle il est généralement confondu.
BIBLIOGRAPHIE
Dans cet article, l’auteur fait connaître des affections ignorées avant lui ; entre autres, la néphrite interstitielle des jeunes gens atteints i’angustie con-
génitale du système artériel.
Dans sa communication, l'auteur qui démembre la maladie de Bright, met en évidence la néphrite liée à l’aplasie artérielle.
104. — Discussion à propos de la communication de M. le Professeur Dieulafoy. Étude sur le brightisme : brightisme goutteux, syphilo-brightisme, chloro-
M. Lancereaux dit, entre autres choses, que les chlorotiques qui deviennent albuminuriques, sont des individus dont le système artériel est congénitalement peu développé.
105. — La néphrite artérielle chez les personnes jeunes (hérédité, aplasie
110. — Note sur l’intoxication saturnine par la fabrication du cordon ou mèche à briquet.
Cette intoxication est due à l’absorption des poussières de chromate de plomb. L’auteur rappelle que l’intoxication saturnine donne lieu à des hémorrhagies cérébrales, à des lésions rénales, dont l’origine passe souvent inaperçue à cause de leur apparition tardive.
111. — Néphrite et arthrite saturnines; coïncidence de ces affections; parallèle avec la néphrite et l’arthrite goutteuses.
L’auteur montre, une fois de plus, que le saturnisme chronique est la cause d’une néphrite spéciale qui, souvent, coexiste avec des dépôts d’urate de soude dans les articulations. 11 démontre que la néphrite et l’arthrite saturnines, la néphrite et l’arthrite goutteuses sont identiques. Or leur cause première n’est pas la même. Donc leur mode pathogénique est nécessairement le même : chacune d’elles est le résultat d’un trouble primordial de l’innervation